« Un billet cinglant, antibruxellois et francophobe… »

Face à la douleur, à l’angoisse, au danger, resserrer les liens. Eprouver le besoin d’être ensemble. Une tragédie qui survient peut renforcer la cohésion d’un couple ou d’un groupe. Il arrive aussi qu’on se déchire en se rejetant la responsabilité du malheur. Dans le cas d’un pays, l’union sacrée est rarement faite pour durer, surtout quand les institutions ont failli, surtout quand les divisions sont institutionnalisées.

« La nation pour mieux vivre ensemble », écrivions-nous au lendemain des attentats de Bruxelles. Le moment est venu, pour les éditorialistes de la presse francophone, de réclamer une Belgique plus forte, plus soudée, plus efficace. Il n’est pas certain, toutefois, que l’Etat belge puisse répondre à leurs attentes à la fois légitimes et un peu ridicules. En Flandre, on ne tire pas forcément les mêmes conclusions de ce que l’on a vécu le 22 mars 2016. Que l’on en juge par un éditorial de Het Laatste Nieuws ou, plutôt, par la réaction de Marcel Sel à ce « billet cinglant, antibruxellois et francophobe, que l’éditorialiste Jan Segers a pondu pour son million de lecteurs flamands ». Hier, Marcel Sel en avait, des choses à écrire ; sa plume ne tenait plus en place, c’était une explosion de colère, une mise au point nécessaire.

Marcel SelLes 20 morts de la station Maelbeek, les 15 de Zaventem ne sont pas encore enterrés, près de 90 blessés sont toujours en traitement à l’hôpital, et voilà déjà qu’un éditorialiste flamand massacre Bruxelles. Et sa conclusion : nous, Bruxellois francophones, sommes collectivement coupables des morts de mardi dernier !

Bien sûr, les éditorialistes francophones n’oseront pas répondre sur un ton aussi godzillesque. Surtout ne pas choquer les Flamands, potverdekke ! On mettra plutôt les mensonges et autres réactions crétines du bourgmestre de la ville de Bruxelles Yvan Mayeur au même niveau que les innombrables provocations nationalistes qui y ont mené. Jan Jambon sacrifiant Molenbeek, puis Bruxelles, devant la presse internationale, dès après le 13 novembre ; Bart De Wever fanfaronnant que la frontière linguistique protège les villes flamandes des attentats ; le même comparant Bruxelles dans Der Spiegel à un marais malodorant (Sumpf, dans la version allemande), sinon à un trou à merde — un cloaque (cesspool, dans la version anglaise).

Et puis, 400 néonazis venus foutre le souk sur le lieu de mémoire que les Bruxellois avaient spontanément construit, déjà dépossédés d’une célébration nationale, humaine, commune, par la Flandre de Geert Bourgeois qui préféra commémorer ses morts de son côté. (…)

Pour lire cet article de Marcel Sel, aller sur son blog.

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Une réflexion sur “ « Un billet cinglant, antibruxellois et francophobe… » ”

  1. Au lendemain des attentats de Bruxelles. les éditorialistes de la presse francophone réclamèrent ( comme d’habitude) une Belgique plus forte, plus soudée, plus efficace. Il est bien certain (heureusement) que l’Etat belge n’est plus en mesure de répondre à leurs attentes « romantiques », aujourd’hui, un peu ridicules, à moins de nier l’évidence le nation flamande.
    « La nation pour mieux vivre ensemble », pour les Wallons, n’appelle pas la « nation belge », cet hologramme, cette supercherie publiquement démontée en 1912 par Jules Destrée !
    Pour le reste les éditorialistes de la presse francophone devraient, enfin, s’éveiller à la réalité et prendre en compte les statuts de la NVA, les exigences du Vlaams Beweging et les textes votés au parlement flamand, qui n’est pas un parlement d’opérette.
    Les problèmes des francophones bruxellois se situent là. Ils refusent la mort d’une existence, ce golem, vieille de deux siècles.
    Cela donne en conséquence un  » billet cinglant, anti-bruxellois et francophobe », de l’éditorialiste Jan Segers pour le million de lecteurs de Het Laatste Nieuws.
    En point final,Geert Bourgeois, le Président de Flandre, préféra commémorer les morts de son côté.
    Si les Bruxellois et Charles Michel ne comprennent pas la signification de cette cérémonie officielle à part, il est temps de tirer l’échelle.

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