Les chiffres inquiétants de la productivité et du P.I.B. wallon

Notre ami Georget Blaivie de Binche attire notre attention sur le courriel envoyé de France par Pierre Mélot.

Le cinéma de chez nous a, entre autres célébrités de Wallonie, les Frères Dardenne. L’Alliance Wallonie France a les frères Mélot. L’un se prénomme Pierre et d’Ardèche ou de Liège, il suit la situation de la Wallonie avec vigilance. L’autre se prénomme Paul qui inlassablement répond aux invitations que lui envoient des responsables d’associations qui ont leur siège en Wallonie. Avec sa conférence-débat intitulée : « L’avenir de la Wallonie : thriller ou réalité ? », Paul Mélot parcourt la Wallonie d’est en ouest et de sud au nord afin d’informer la population wallonne qui veut cesser de garder la tête dans le sable.

Aujourd’hui, c’est « l’Echo » qui s’inquiète des chiffres de la productivité et du P.I.B. wallon par habitant.

Nous pouvons dire que l’Alliance Wallonie France a joué son rôle de mouvement citoyen lanceur d’alerte, dans un premier temps avec le professeur Jules Gazon de l’Ulg, et dans la foulée aujourd’hui avec Paul Mélot, enseignant et ancien vice-président du C.P.A.S. de Liège.

Paul D.

  1. le courriel de Pierre Mélot

Bonjour,

Le message ci-dessous est à lire avec grande attention et à diffuser.

Les discours béats sur l’état de la Wallonie des hommes politiques wallons au pouvoir actuellement à la Région et à l’échelon fédéral et de ceux qui, naguère bien installés à ces postes mais maintenant déchus, souhaitent y revenir, sont à prendre avec beaucoup de prudence.

Pour rappel (ce que beaucoup ignorent ou négligent) : de par la volonté de la Flandre (réforme de l’Etat de 2011), les transferts financiers nord-sud (dont la Flandre a largement bénéficié en sens inverse dans tout son tissu économique et social depuis la création de l’Etat belge en 1830 jusqu’au milieu des années 1970), prendront fin progressivement sur une période de dix ans à partir de 2025. La solidarité interrégionale et interpersonnelle (déjà bien entamée par la scission de certains pans de la Sécurité sociale) aura vécu. Dès la première année de ces réductions de transferts, le choc sera violent pour les Wallons. Tous les services publics, tous les citoyens seront lourdement touchés dans leur quotidien.

J’ajoute qu’il est vain, pour la Wallonie, d’espérer un retournement favorable de situation dans le rapport de forces démographique, politique et économique existant avec constance entre la Flandre et la Wallonie. Par sa domination de l’Etat belge à tous points de vue, la Flandre capte et continuera à capter la plupart des entreprises, des services publics nationaux et internationaux et des emplois publics et privés.

Dans cette conjoncture défavorable et nullement imaginaire, la Wallonie ne peut que devenir l’esclave – au mieux le client – politique, économique et même culturel de la Flandre, en somme son vassal. Ce processus délétère est déjà bien avancé et le rouleau compresseur de la Flandre ne fera pas marche arrière.

Merci de vous intéresser de très près à notre sort commun et de réfléchir à une issue acceptable pour la Wallonie. Bonne lecture et bon approfondissement !

Cordialement,

Pierre Mélot, Mas du Barsac, Ardèche, France

2. Le courriel de Paul Mélot

Les chiffres inquiétants du PIB par habitant

Les éléments statistiques du rapport de la Commission européenne (voir l’article)  confortent les analyses développées dans mes exposés que je peux produire, quand cela m’est permis,  à savoir :

1) que l’écart de croissance du PIB selon les régions ne cesse de croître et donc que la situation économique de la Wallonie est loin des communiqués triomphants ( le dernier en provenance de DI RUPO)  qui font état de son « redressement. »,

2) qu’à l’horizon 2025, moment où progressivement les effets négatifs de la Loi de financement  – votée en 2014 par DI RUPO, le MR, le CDH et l’abstention d’ECOLO,  suite à la sixième réforme de l’Etat de 2011 – se feront sentir d’une manière catastrophique sur les finances wallonnes . Ceci étant délibérément  occulté par les partis politiques wallons !

3) qu’entre 2011 et 2025, cette période devait être mise à profit pour remonter la pente n’a en rien tenu les routes que le législateur pensait être prévues… ceci pesant d’autant plus dès 2025 !

4) que la théorie Bart MADDENS – politologue de la KUL et sympathisant très actif de la N-VA ( la Flandre n’a plus besoin de réforme de l’Etat : la Wallonie s’écroule d’elle-même ) n’a rien de l’utopie que les derniers belgicains affirment. Donc que la Wallonie devra tout accepter de la Flandre !

5) que les objectifs climatiques fixés aux régions , donc pour la Wallonie dans le cas présent ne pourront non seulement être tenus faute d’argent public, mais qu’en plus, les sanctions alourdiront l’ardoise…

6) qu’il importe, POUR AUTANT QUE L’HONNETETE POLITIQUE  SOIT PRESENTE, non seulement de soutenir toutes  initiatives culturelles et économiques en rapport avec les traités signés entre la France et la Wallonie , mais en plus de sonder les perspectives du rapprochement de la Wallonie vers la France.

Merci de ne pas se priver de transférer ce message et l’article de L’ECHO de ce 7 mars qui fait suite et bien cordialement,

Paul Mélot , Tohogne, Wallonie


De : L’Echo – La matinale
Date : jeu. 7 mars 2019 à 07:54

La matinale Jeudi 07 Mars 2019
Cher lecteur,

▶️ Si l’on scrute les chiffres de l’économie belge, certaines données
inquiètent, comme le PIB par habitant à Bruxelles et en Wallonie, ainsi que
la productivité.

En termes de création de richesse, la Flandre a mieux résisté à la crise de
2008, selon la Commission européenne.
C’est un des éléments statistiques du dernier rapport de la Commission
européenne relatif aux réformes structurelles consacré à la Belgique. Les
disparités régionales, voire provinciales, demeurent très importantes en
termes de richesse produite dans notre pays. Et elles ont de quoi
interpeller les pouvoirs publics à Bruxelles et en Wallonie.

La Commission utilise un indicateur, notamment pour orienter ses aides au développement économique : le PIB par habitant par rapport à la moyenne européenne. Méthodologie: on prend la moyenne européenne, on la
ramène à 100 et on compare, province par province.

Que voit-on pour Bruxelles? Le PIB y est toujours très élevé, ce qui n’étonne pas vu son statut de capitale. Le PIB par habitant s’y établit au double de lamoyenne européenne (200) en 2016 mais ce chiffre enregistre la baisse la
plus importante du pays puisqu’en 2009, il était à 220.
Le PIB de la Région bruxelloise a augmenté moins vite que celui de la
Belgique.

Ce phénomène peut être lié à une croissance démographique plus rapide
que la croissance économique, mais, relève la Commission, « le PIB de la
Région de Bruxelles-Capitale, qui représentait 18% du PIB de la Belgique en
2016, a augmenté de 0,2% par an entre 2009 et 2016, ce qui est nettement
inférieur à la moyenne nationale qui est de 0,8%« . En d’autres termes,
l’évolution de l’activité économique est pour le moins défavorable pour la
capitale. Les récents départs d’entreprises importantes peuvent alimenter les inquiétudes à cet égard.

« Les provinces belges dont le PIB par habitant était supérieur à la moyenne de
l’UE avant la crise se sont non seulement redressées, mais dépassent la
croissance moyenne de l’UE, exception faite de Bruxelles et d’Anvers. En
revanche, les provinces dont le PIB par habitant était alors inférieur à la
moyenne de l’UE tendent à stagner, voire à reculer« , ajoute la Commission.

Fin de la solidarité nationale

Cette analyse met en lumière les meilleures performances de la Flandre
 par rapport aux deux autres régions, à l’exception notoire du 
Brabant wallon, seule province wallonne où l’on constate une
augmentation du PIB par habitant par rapport à la moyenne européenne.

La productivité inquiète également la Commission. « Entre 2010 et 2016, la
productivité de la main-d’œuvre a augmenté de 2,6% au total en Belgique alors
que sur la même période, elle a diminué de 0,5% en Région bruxelloise et n’a augmenté que de 0,74% en Wallonie« , ajoute-t-elle. Elle constate que cette dernière « s’est avérée moins résiliente que le reste du pays dans le sillage de la crise« .

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’à l’horizon 2025,
les mécanismes de solidarité qui équilibrent le financement des trois
Régions viendront à échéance suite au vote de la sixième réforme de l’Etat. Celle-ci doit responsabiliser les entités fédérées en matière budgétaire et
donc atténuer les transferts entre Régions.

Mathieu Colleyn,
Journaliste
Source: L’Echo

Où en sommes-nous ?

Par Valmy

«Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme avec courage et volonté !». Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794) modifié par votre serviteur.

Le site du RWF publie, le 16-02-2019, une carte blanche de Paul Henry Gendebien, ancien député européen, «Vlaanderen boven ! Pour une concertation des Wallons et des Bruxellois» (Le Vif Express, 16 février 2019) dans laquelle il brise une lance pour une concertation des Wallons et des Bruxellois face à la montée en puissance de l’hégémonie de la Flandre au sein du Royaume de Belgique et en prévision des élections de mai 2019 aux accents «confédéraux», avoués chez les NVA/Vlaams Belang et insidieux chez les VLD/CD&V/SPA/Groen.

Certes, Monsieur Gendebien pose correctement le problème, «Le récif électoral de mai 2019 est en vue et le bateau belge, à cette occasion, pourrait subir de nouvelles avaries. On ne peut plus se complaire dans un certain déni de la réalité. Reconnaissons-le : la ‘question nationale’ posée par la Flandre est toujours présente et ne cessera pas de miner l’État». Il pointe également avec justesse que l’hégémonie de la Flandre put se développer encore plus rapidement et largement sous «les gouvernements Di Rupo et Michel. Il est reconnu par des observateurs objectifs. Il s’est même aggravé».

Il observe qu’«En Flandre, dans les partis, dans la presse, dans les milieux patronaux et en particulier les PME, dans les universités, on compte beaucoup de monde pour penser que c’est désormais la Belgique elle-même qui coûte cher, trop cher, à la Flandre, et pas uniquement la Wallonie.»

Et (ndlr : très heureux de pas être le seul à le répéter), «tout ce monde en Flandre estime que Bruxelles est décidément gérée comme un artefact féodal, brouillon, remarquable par ses dysfonctionnements.» De plus, d’insister, «Même aux yeux des cercles flamands modérés, la Belgique fédérale et sa capitale sont ressenties comme des charges et des freins au développement harmonieux du pays flamand.»

Il appréhende avec clairvoyance qu’«Une instabilité gouvernementale prolongée se soldant par une coalition hétéroclite et impuissante serait insupportable aux responsables économiques flamands. On pourrait alors assister à une jonction supplémentaire entre le pilier politique autonomiste et le monde des affaires, connivence fondée sur le constat commun de l’inefficacité de l’État belge ?»

En conclusion il en appelle à renouer avec l’indispensable concertation francophone, au-delà des rivalités électorales quelque peu dérisoires alors même que sont en jeu les intérêts réels des Wallons et des Bruxellois, concertation qui devrait aboutir à une véritable « Realpolitik ».

Malgré tout mon respect pour Monsieur Gendebien et mon admiration de lecteur, il semble qu’il ne parvienne pas à se distancier de son historique prédécesseur Alexandre. Dommage car désirer lier les destins bruxellois et wallon relève d’une nostalgie belge semblable à un certain chagrin français pour son héritage carolingien perdu sous Charles Quint, qui rompit les derniers liens vassaliques unissant le Comté de Flandre au Royaume de France par le traité de Madrid (1526). La Flandre devint alors l’une des Dix-sept Provinces (l’actuel Benelux).

En toute honnêteté, l’analyse politique de Monsieur Gheude touchant la Région de Bruxelles relève, elle, d’un réalisme basé sur des considérations de rapports de force et de possibilités concrètes. D’ailleurs, il vient de publier, à ce sujet, sur le site de Doorbraak, le 16/02/2019, un article percutant : WalloBrux : een hersenschim (WalloBrux: une chimère).

«Une enquête réalisée par RTL-Ipsos-Le Soir en mars 2013 montre que 68% des Bruxellois plaident pour un statut indépendant au cas où la Belgique se décomposerait. En revanche, 61% des Wallons veulent une Belgique recomposée de la Wallonie et de Bruxelles.»

Cette option peut, bien sûr, tenter les nostalgiques de la monarchie mais cette rêvasserie ne tient pas compte des réalités flagrantes de l’Histoire européenne. Tout d’abord, en Europe, les empires, les monarchies, les Etats bicéphales ont TOUS disparus tels l’Autriche-Hongrie, la Tchécoslovaquie.

Aujourd’hui, les Wallons et les Flamands doivent tout de même constater que Bruxelles a acquis la stature et le sens d’une région à part entière. A la N-VA, des responsables de haut rang l’admettent : les Bruxellois sont préparés à leur propre identité parce qu’ils constituent, au bout deux bonnes générations, une communauté de destin dissemblable de celles de la Nation flamande et de la Wallonie, cette branche encore séparée de la Nation française. Ainsi, Hermann Bode, de la N-VA, proche de De Wever et de Jambon, dans le Vif du 22/12/2018, s’exclame : «Quant à Bruxelles, elle ne fait, à mes yeux, plus partie de la Flandre. C’est devenu une tout autre ville depuis bien longtemps, avec une autre dynamique, d’autres défis, une répartition différente de la population. Bruxelles a une autre finalité. Elle doit enfin remplir son rôle de capitale de l’Europe.»

Et, navré pour nos impénitents belgicains du PS, MR, CDH et ECOLO, les additions de capitaux, d’implications budgétaire et économique de style « wallobrux » ne peuvent camoufler l’HEUREUSE VERITE : avec des populations très différentes sur le plan sociologique et humain, avec des sensibilités différentes. Bruxelles et la Wallonie ne pourraient pas former un État cohérent. D’autant que la construction ne montrerait pas d’homogénéité géographique puisque Bruxelles est une enclave en Flandre et que Madame Homans, comme tous ses prédécesseurs, y veille jalousement.

Comme l’indique Monsieur Gheude, il paraît «impraticable d’organiser les pouvoirs et mesurer le poids respectif de Bruxelles et de la Wallonie» ; «il est déjà difficile pour les Wallons et les Bruxellois de former une seule et même entité» ; «les ultra-régionaux wallons détestent la communauté française» et «en outre, il faut quand même compter avec le droit international : si un État disparaît, afin de ne pas déstabiliser les pays voisins, le droit international applique le principe de l’uti possidetis juris : vous posséderez ce que vous possédiez. Cela rend les limites externes inattaquables.»

«La seule manière d’échapper à ces divisions politiques sera un modèle confédéral. Et cela arrivera plus vite qu’on ne le pense. Pas parce que la N-VA va soudainement engranger 50% des voix mais parce que c’est la seule solution possible pour sortir du chaos» (cfr Hermann Bode).

Conclusion : Si « Bruxelles a une autre finalité, elle doit enfin se transformer comme la Flandre et la Wallonie en Région autonome et s’établir en Ville-Etat (cfr les exemples en Allemagne) et remplir un rôle de capitale de l’Europe à discuter avec la France.»

En réclamant une régionalisation à quatre entités autonomes dans un plan d’une Belgique confédérée, vidée et nettoyable de tous pouvoirs, les ultra-régionalistes wallons sauveront la Wallonie… et entreront dans l’Histoire comme leurs devanciers liégeois principautaires de 1793.

« Le Soir » s’offusque …

Grandes compétitions sportives ou sport professionnel et politique ont, hélas, toujours fait bon ménage. Dois-je revenir sur l’exemple des jeux olympiques disputés en Allemagne sous le IIIème Reich ?

Sans aller jusqu’à cet extrême, n’est-ce pas « Le Vif-L’Express » qui, lors de la campagne brésilienne des footballeurs « Red Devils » faisait sa Une de ce titre vindicatif : « Les Diables Rouges, arme anti N-VA » ! Nous connaissons la suite. Aux élections suivantes, la N-VA devenait le premier parti belge.

Nous devons bien avouer que le football professionnel, particulièrement, regorge d’exemples où le mélange des genres est criant. Le mot « respect » que portent les joueurs sur la manche de leur maillot est d’un risible incommensurable.

Petite anecdote : c’est Robert Collignon, ancien Président wallon, qui me confiait : « Nous ne pouvons que nous réjouir de voir Eden Hazard à la tête d’une équipe belge qui pratique un football de qualité, mais ne nous trompons pas. Si il est indéniable que les joueurs belges jouent en équipe, qu’ils soient wallons, flamands ou bruxellois, quand ils rentrent chez eux, les Wallons et les Bruxellois emportent avec eux le noir, jaune, rouge tandis que les Flamands n’emportent que le noir et le jaune laissant le rouge dans les vestiaires. » A méditer…!

Réduire le sport au football professionnel serait bien sûr une erreur. Tous les autres sports souffrent d’ailleurs de cette sur-exposition d’un sport qui les écrase.

Mais revenons au fait qui provoque l’indignation du « Soir ».

Maarten Bauwens n’a fait que suivre la même ligne que bien d’autres sportifs en affichant ses convictions. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Il a tout simplement réaffirmé son penchant pour le nationalisme flamand. La belle affaire ! Cela mérite-t-il les cris d’orfraie de la gazette bruxelloise ? Pour ma part, à tout prendre, je préfère celles et ceux qui se permettent le politiquement incorrect à celles et ceux qui ont des attitudes différentes selon l’interlocuteur ou le public auquel elles/ils s’adressent.

Là, au moins, les choses sont claires !

Paul D.

Ci-après, vous trouverez l’article du site du « Soir »

Un Belge champion d’Europe de jiu-jitsu pose avec le drapeau flamingant sur le podium

Maarten Bauwens sur le podium des championnats d'Europe de jiu-jitsu
Maarten Bauwens sur le podium des championnats d’Europe de jiu-jitsu – © Capture d’écran: Nieuwsblad.be

La performance est belle mais la célébration l’est beaucoup moins. Ce samedi, Maarten Bauwens est devenu champion d’Europe de jiu-jitsu en moins de 85kgs, battant l’Espagnol Rogelio Andres Gonzalez Roja en finale. Newsletter sport

Une superbe performance pour le combattant de 29 ans. Mais au moment d’aller recevoir sa médaille d’or, l’athlète de Tamise (près de Saint-Nicolas) est monté sur le podium avec un drapeau flamingant entre les mains (les ongles du lion sont noirs contrairement aux ongles rouges du lion du drapeau de la Flandre) préférant donc un drapeau régional et non national sur un podium international.

Une célébration que Maarten Bauwens répète fièrement lors de chacun de ses podiums, comme il est possible de le voir sur les réseaux sociaux du combattant. 

Les Belgicains sont des nationalistes qui s’ignorent

Alors que les bons Belges que nous appelons belgicains sont toujours prompts à parler de flamingants quand ils font allusion à des Flamands qui aspirent à une Flandre qui travaille à son autonomie, ils s’octroient les vertus de modérés, de démocrates, d’humanistes. N’allez surtout pas leur dire qu’ils sont chauvins. Ils revendiquent leur amour de la monarchie belge, des frites belges, de la bière belge, de la culture belge (sic), du surréalisme belge, d’une bonhomie que leur envient leurs voisins français. Quel plaisir pour un journaliste belge de faire exprimer à un invité français qu’il aime cette attitude belge de ne pas se prendre au sérieux ! (sic)

En fait, ces belgicains sont de vrais nationalistes belges !

Là se situe le véritable drame wallon.

Est-ce à la Belgique unitaire que certains veulent revenir aujourd’hui ? Cette Belgique unitaire a-t-elle jamais été un exemple d’unité et d’harmonie ?

Kevin De Laet pose deux excellentes questions. L’article qu’il développe dans Knack vaut le détour. Bien sûr, nous ne pouvons être d’accord avec sa vision communautariste qui nie l’existence de la Région de Bruxelles. Vous savez que nous nous inscrivons dans un avenir régionaliste pour la Wallonie avec quatre Régions aux compétences identiques (Flandre, Wallonie, Bruxelles, Région de langue allemande), étape indispensable avant l’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française.

Paul D.

Vlinks aspire à une Flandre sociale, juste et inclusive, avec une autonomie maximale.

Vlinks est un mouvement nationaliste proche du SPa (socialistes flamands)

Opinion publiée dans Knack ce 2 mars 2019. Traduit du néerlandais

« Ceux qui sont encore stupides aujourd’hui avec cette Belgique unitaire qui n’a jamais existé et a de moins en moins de chances d’exister, est essentiellement nationaliste », écrit Kevin De Laet de Vlinks.

La Belgique est un pays complexe, nous le savons. Sur une parcelle relativement petite, nous avons environ six gouvernements, trois régions et trois communautés, et quelque part un comité communautaire commun. La situation pourrait être pire: la Suisse compte trois millions d’habitants de moins, mais 27 parlements, gouvernements et constitutions au total. Mais on dit souvent que la Belgique est un pays désespérément complexe. C’est pourquoi dans les médias des voix doivent souvent simplifier tout cela. «Retour» à un État unitaire, avec un gouvernement et un parlement, et tous les pouvoirs régionaux fédérés à nouveau. Cette vision peut paraître amusante sur le papier, une telle simplification merveilleuse ! Mais faites attention au «retour à un État unitaire». Cela présuppose un passé belge de paix et de libertés unitaires auxquelles nous pouvons revenir avec ne fut-ce que cinq minutes de courage politique. Le problème est que la Belgique a à peine existé.

Nous parlons d’une Belgique unitaire avec un droit de vote unique universel pour tous les citoyens. Il est important de souligner le droit de vote. Après tout, dans l’existence d’une Belgique unitaire, la majorité de la population a longtemps été exclue du pouvoir de décision, ce qui a permis d’interdire assez longtemps les conflits communautaires dans la politique officielle belge. La majorité de la population, qui parlait le vernaculaire local, n’était pas représentée au parlement. Lors des premières élections en Belgique «démocratique», en 1831, lorsque la loi électorale existait, seules 46 000 personnes étaient autorisées à voter. Ce n’est qu’en 1948, lorsque les femmes ont également obtenu le droit de vote général, que le droit de vote plus ou moins normalisé que nous connaissons aujourd’hui existait. La première réforme de l’Etat a eu lieu en 1970, donc seulement 22 ans plus tard (ou : une génération). La Belgique véritablement unitaire, dotée du droit de vote unique universel, n’existe donc que depuis quelques décennies.

Discorde communautaire

Est-ce un bon moment maintenant où l’unité et l’harmonie belge prévalent de revenir à « la Belgique unitaire » ? Non ! Rappelez-vous : Nous avons vécu quasi une guerre civile avec la question royale, puis il y eu les marches sur Bruxelles, il y a eu la question de la mine de charbon de Zwartberg et il y a eu la bataille pour Louvain flamand. Dans tous ces cas, la scission de la Belgique était en réalité beaucoup plus grande qu’elle ne l’a été au cours des décennies qui ont suivi « la Belgique unitaire ». Les gens sont sortis dans la rue en masse, se sont disputés, ont commencé à tuer, à fomenter des émeutes. Ils se sont battus avec la gendarmerie. À cet égard, la situation est particulièrement calme depuis quelques décennies en Belgique, malgré les divisions institutionnelles plus importantes. Quiconque rêve d’un « retour » à la Belgique unitaire harmonieuse peut s’attendre à un réveil douloureux : cette Belgique n’a jamais existé.

Et aujourd’hui ? Après tout, les temps changent et le conflit linguistique a été largement combattu. Une « Belgique unitaire » serait-elle possible aujourd’hui ? Les temps changent et la situation est devenue beaucoup plus difficile. Après tout, la Flandre et la Belgique francophone se sont déjà beaucoup dispersées. En termes de langue, ce ne sont pas les Flamands qui sont convaincus, mais les francophones.

Est-ce la Belgique unitaire que certains veulent aujourd’hui retrouver, avec un tel exemple d’unité et d’harmonie ?

Par exemple, alors que le français est encore une matière obligatoire pour tous les élèves néerlandophones, l’inverse n’est pas le cas en Wallonie. Dans de nombreuses écoles, le néerlandais n’est qu’une matière à option et de plus en plus d’élèves abandonnent le néerlandais pour l’anglais. Ceci alors que tous les Flamands doivent encore apprendre le français pendant quelques années à l’école (la qualité de ce français par rapport à ce Flamand est une question différente). C’est un cliché, mais cela reste valable : réunissez cinq Belges flamands et un Belge francophone, et le français est la langue officielle. Rassemblez cinq Belges francophones et un Flamand, et il y a de grandes chances pour que ce dernier se tourne vers le français (bien qu’approximatif) dès le début.

La prochaine génération de Wallons apprendra probablement moins le néerlandais et, lentement, la Belgique deviendra un pays où les deux parties du pays devront communiquer entre elles dans une troisième langue étrangère. A partir de là, il n’est plus question d’une nation, si jamais elle a existé.

Nous sommes déjà en pratique des Etats différents, si ce n’est en nom. Cela n’a qu’un petit rôle à voir avec la scission institutionnelle. C’est une donnée linguistique d’efficacité. La Wallonie et la Flandre sont en fait du même ordre de grandeur, selon les normes européennes. Deux parties plus ou moins égales du pays. Toutes deux sont parfaitement capables de créer un espace public totalement différent, avec une Wallonie qui deviendra peut-être imbriquée dans la France tandis que la Flandre le sera avec les Pays-Bas. Chaque région du pays peut disposer d’un espace culturel presque entièrement développé, qui répond à tous les besoins culturels. Plus besoin de culture soi disant « belge ». Au cas où la Flandre et la Wallonie soient jugées trop petites, nous pouvons simplement nous inspirer de cultures en provenance de l’étranger.

Les programmes de télévision, l’industrie de la musique, les journaux et magazines, la radio, s’appliquent tant bien que mal : soit nous pouvons subvenir à nos besoins, soit nous importons tout à coup directement à l’espace international (à domination américaine). De quoi d’autre avons-nous besoin ensemble ? Les romantiques nationalistes belges peuvent appeler spontanément «bière», «chocolat», «frites» et «Diables Rouges». Mais à l’exception de ces derniers, ces choses seront aussi bonnes sans la « Belgique ». (Nous n’avons même pas le monopole en tant que ‘Belgique’ de toute façon.) Et au-delà ? Regardons les choses en face : combien de Wallons célèbres de la génération actuelle peuvent citer de Flamands célèbres ? Et vice versa ? Et combien d’entre eux ne sont que des hommes politiques qui ne connaissent la frontière linguistique que parce qu’ils sont des hommes politiques belges ? Quel pourcentage de la population lit encore les journaux de l’autre communauté ? Quelles télévisions regardent nos populations à partir de cette constatation ?

Dans l’esprit, ce pays a longtemps été divisé. Il serait en fait réactionnaire et extrêmement conservateur d’essayer de revenir en arrière.

Des minorités

De plus, il y aurait encore des problèmes politiques qui apporteraient un herunitarisering « avec elle. Allez Wallons mais encore une fois expliquer qu’ils maintenant juste une minorité dans ce pays où les Flamands dominent. L’état belgo-Flamand est toujours un cauchemar là – bas. Allez Bruxelles expliquer encore une fois leur terrain de jeu de la « capitale » devrait disparaître et que Bruxelles est à nouveau seulement une ville en Belgique au lieu d’une région à Entière partiel soit « . Et d’ ailleurs, que la cinquième ville de la population, à moins qu’ils ne met en œuvre encore une fusion municipale. Une Belgique unitaire donnerait fait beaucoup plus Flemings possibilité aux exigences de fonds propres pour faire demi – tour. Je pense que les Belges francophones sera le premier à ‘ »appeler s’ils réalisaient ce que cette Belgique unitaire signifie réellement.

Des avantages?

Ce qui compte pour l’espace culturel l’est aussi pour l’économique. La Belgique a-t-elle des avantages par rapport à la Flandre et à la Wallonie? Le niveau « Belgique » peut-il faire quelque chose que les autres niveaux ne peuvent pas prendre en charge en temps voulu? L’avantage d’échelle est souvent cité. Mais honnêtement, y a-t-il une telle différence d’échelle? La Belgique a à peu près la même population que la Grèce, la Flandre ressemble beaucoup au Danemark. Pas vraiment une différence d’échelle qui peut être considérée comme remarquable.

Ce que la Flandre ou la Wallonie ne peuvent faire seules, elles le peuvent probablement mieux dans d’autres contextes qui offrent des économies d’échelle significatives: au niveau européen ou pourquoi pas au niveau du Benelux. Le climat et l’environnement sont l’un des arguments classiques en faveur de la «nouvelle fédéralisation», mais c’est précisément sur ces thèmes que la coopération avec les Pays-Bas serait plus utile que avec la Wallonie, car la Flandre et les Pays-Bas ont plus en commun. Curieusement, si vous dites cela à certains rêveurs belges, vous voyez parfois apparaître l’aversion nationaliste la plus primitive. En tout état de cause, même dans ce domaine, la Belgique n’offrira plus aucun avantage. En fait, il n’ya guère d’arguments rationnels pour maintenir la Belgique.

Sentiment romantique

Ce qui reste est dans tous les sentiments romantiques concernant un passé unitaire belge glorifié (qui n’existait donc pas). Parfois, ils le résument avec l’argument d’une « marque forte », mais il s’agit principalement de symboles et de mythes nationaux. Dans ce domaine, le rêve belge ne diffère pas vraiment du nationalisme flamand romantique. Il ne reste plus vraiment beaucoup de « Belges », dans le sens de : des choses que nous devons encore faire ensemble directement. Cela contraste avec le véritable espace social flamand ou francophone existant. Soyons honnêtes: quiconque adore encore aujourd’hui cette Belgique unitaire, qui n’a jamais existé et qui existe de moins en moins, est fondamentalement nationaliste. Vous pouvez, bien sûr, ne pas être d’accord, mais ne soyez pas si hypocrite de le nier.

Kevin De Laet est le membre principal de Vlinks.

« Vous ne dites rien aux multinationales »

« …mais vous envoyez des coaches climat dans les écoles. » Ainsi s’expriment les jeunes face aux politiciens.

Nouvelle marche pour le climat ce jeudi. Hier, une rencontre entre les élèves du secondaire et les représentants des partis politiques était organisée à Namur. Et les jeunes n’ont pas mâché leurs mots…

Ça continue dans la foulée de la COP21 ° de Paris. (NDLR)

La ville d’Anvers accueille ce jeudi la cinquième marche des jeunes pour le climat depuis le début de la mobilisation en Belgique. 2.500 marcheurs sont présents. Cette fois, il ne s’agit pas d’une initiative locale (Anvers a pour maire le leader de la Nouvelle Alliance Flamande) (NDLR), mais du grand événement organisé par Youth for Climate et l’une de ses initiatrices Anuna De Wever. L’activiste suédoise de 16 ans Greta Thunberg est également présente, comme à Bruxelles la semaine dernière.

 C’est la huitième semaine consécutive que des actions sont organisées dans toute la Belgique contre le réchauffement climatique. L’événement est organisé avec Students for Climate, la plateforme pour le climat des étudiants du supérieur.

Si les participations en nombre sont variables selon les dates et les localisations ( participation beaucoup plus importante en Wallonie et à Bruxelles, les jeunes de Flandre restant beaucoup plus frileux) NDRL, la mobilisation ne faiblit pas. Ce mercredi, Namur, capitale de la Wallonie (NDRL) en a encore été témoin.

Ils étaient 300 jeunes à s’être déplacés jusqu’à Namur ce mercredi après-midi à l’invitation des directeurs des écoles du secondaire. Leur présence n’est pas anodine. Après plusieurs semaines de mobilisation et de revendications pour dénoncer l’inaction du monde politique face au réchauffement climatique, ces jeunes étudiants du secondaire venus des quatre coins de la Wallonie et de Bruxelles ont représenté leurs écoles lors d’un débat hors du commun avec les représentants des 6 partis politiques de langue française (NDRL) organisé dans un auditoire de l’Université de Namur.

Face à eux, les partis avaient envoyé leurs spécialistes climat ou leurs grandes figures médiatiques avec des Jean-Luc Crucke (MR, Mouvement Réformateur), Carlo Di Antonio (cdH, Centre démocratique humaniste), Raoul Hedebouw (PTB, parti des travailleurs de Belgique), Paul Magnette (PS, parti socialiste), Olivier Maingain (DéFI) et la seule femme du panel, Sarah Schlitz (Ecolo)

À quelques semaines des élections, ce « face à face » s’annonçait sur papier comme un premier grand rendez-vous électoral pour les représentants des partis qui n’ont pas hésité tout au long des échanges à revenir, face aux interpellations, sur une série de mesures prises face à l’urgence climatique.

Le tempo des échanges, animé par Marie-Martine Schyns, la ministre de l’Enseignement en Communauté française (NDLR), est ponctué par des chahuts (NDLR) avec des applaudissements pour certains et des huées pour d’autres. « Ce qui se passe depuis 2 mois a fait bouger les lignes comme elles n’ont jamais bougé depuis 5 ans. La loi climat (déposée au Parlement fédéral) pourrait aboutir« , s’est réjouie la représentante d’Ecolo. Jean-Luc Crucke, président wallon (NDLR), leur dira même de continuer le combat. « Nous pouvons être fiers d’avoir une jeunesse comme la vôtre. Continuez la pression au-delà des élections. Mais rien n’est simple. Les solutions sont plus complexes que les yaka. Personne ne détient la vérité suprême si ce n’est le timing et l’urgence.« 

Cash dans leurs questions, les jeunes vont jusqu’à bousculer les responsables politiques. Ils prouvent surtout au monde politique qu’un besoin urgent de pédagogie et de réponses concrètes est nécessaire pour expliquer les démarches entreprises par les gouvernements. « On n’est pas là pour parler politique mais pour du concret et qu’à la fin, on puisse se dire que cette réunion a servi à quelque chose« , lance un étudiant. « Pourquoi parlez-vous tout le temps et pourquoi n’agissez-vous pas?  » interpelle un autre. « Êtes-vous réellement conscients de la problématique du climat ? Si vous l’aviez été, vous n’auriez pas attendu qu’on commence à gueuler dans la rue« , lâche un autre.

Sans les juger, les jeunes s’interrogent sur la voie à suivre. « Vous ne dites rien aux multinationales mais vous envoyez des coaches climats dans les écoles.«  Lancé sur la thématique, Raoul Hedebouw n’a cependant trouvé personne pour soutenir la fin du modèle capitaliste qui, aux yeux du leader communiste, freine le combat climatique.

« Moi aussi je n’aime pas le capitalisme mais si on doit attendre que le capitalisme ne soit plus là, ce sera foutu. Nationaliser Electrabel-Engie (NDLR) n’est pas une bonne idée« , lui répond Paul Magnette (PS). Jean-Luc Crucke, qui croit aux vertus du marché, n’hésite pourtant pas à interpeller le monde patronal. « Par rapport à la loi climat au Fédéral, je ne comprends pas que la N-VA,(Nouvelle Alliance Flamande) premier parti belge (NDRL) et les employeurs comme la FEB (Fédération des entreprises belges) ne comprennent pas qu’il faut changer le système.« 

François-Xavier Lefèvre, Journaliste Source : l’Echo

° La COP est une conférence internationale sur le climat qui réunit chaque année les pays signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC). L’ édition 2015 (COP21) a été organisée par la France. L’ Accord de Paris qui y a été adopté marque un tournant dans la lutte contre le réchauffement climatique puisqu’il engage tous les pays du monde à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à maintenir le réchauffement sous la barre des 2°C d’ici à 2100.

N.B. : pour une meilleure compréhension de nos nombreux lecteurs français, nous avons ajouté quelques éléments dans le texte du journaliste François-Xavier Lefèvre en indiquant chaque fois (NDLR)

L’humour de nos « frères » de Flandre…

(Mis en ligne le 26/02/2019 dans le SOIR « volé »)

Pour Hendrik Bogaert, le «régime francophone» tente «d’exterminer» la culture flamande en Belgique
Il compare le génocide au Congo à un « ethnocide anti-flamand ».

La question du de « génocide » commis au Congo par « le régime belge francophone » a un prolongement : la tentative « d’ethnocide » commis par le même régime contre la culture flamande en Belgique, a indiqué mardi le député Hendrik Bogaert (CD&V) en commission de la Chambre. Comme pour le Congo, il pose la question de l’opportunité de présenter là aussi des excuses.

Avec sa collègue Vlaams Belang Barbara Pas, le député interrogeait mardi le Premier ministre Charles Michel au sujet de l’évolution de travaux de recherche portant sur la question des soldats « fusillés pour l’exemple » durant la guerre de 14, pour désertion ou insubordination. Faisant débat dans d’autres pays comme la France ou le Canada, cette question prend en Belgique une tournure communautaire alors que des défenseurs de la cause flamande ont régulièrement, à travers l’histoire, évoqué les récits de soldats flamands persécutés par des officiers francophones, une narration qui a d’ailleurs participé au mythe fondateur du Mouvement flamand.

Dans un autre dossier, celui des affres de la colonisation, pour lequel un comité d’experts de l’ONU requiert des excuses de la Belgique, la droite flamande s’est elle limitée à en circonscrire la responsabilité au régime du roi Leopold II, au XIXe siècle.
« Tentative d’extermination d’une culture »
Pour Hendrik Bogaert, les faits qu’il dénonce en 14 et ce qui s’est produit au Congo au XIXe siècle, ont la même origine : le « régime belge francophone » auteur d’un « génocide » au Congo, puis d’une tentative « d’ethnocide » anti-flamand en Belgique.

« Nous sommes en train d’examiner ce que nous devons faire, si nous devons, oui ou non, présenter des excuses pour le génocide commis au XIXe siècle au Congo par le régime belge francophone. Je dis que cette question a un prolongement, à savoir l’ethnocide que ce même régime belge a tenté de perpétrer à l’égard de la culture flamande néerlandophone en Belgique », a indiqué le député chrétien.

« Un génocide n’est évidemment pas un ethnocide, mais il s’agit bien ici clairement de la tentative systématique d’extermination d’une culture, de la langue d’une autre communauté », a-t-il précisé. « Nous ne sommes plus alors au XIXe siècle mais, dans le prolongement, au XXe, lorsque des soldats furent condamnés, alors qu’ils n’avaient pas pu s’exprimer dans leur propre langue », a-t-il conclu. Avant de demander en vain au Premier ministre si là aussi des excuses seront présentées par la Belgique pour des faits qui à l’entendre ont toujours « une signification aujourd’hui ».

( ndlr : un témoin anonyme aurait aperçu Béatrice Delvaux en pleurs au pied de la statue du cardinal Mercier…Je blague)

Valmy

L’avenir de la Wallonie passera par le régionalisme

Dans sa dernière brochure, l’A.W.F. aborde les choix qui s’offriront bientôt à la Wallonie et note ce qui suit :

a) la Belgique confédérale est inévitable. M. Robert Collignon notant au passage que ce confédéralisme portera encore plus mal son nom que notre fédéralisme porte le sien. Bart de Wever présidera le gouvernement flamand et la classe politique flamande imposera sa volonté pour les matières restant de la compétence fédérale.

b) coupée des transferts nord-sud, tous les économistes s’accordent à démontrer qu’une Wallonie indépendante n’est pas viable sauf à accepter de sacrifier deux générations sur l’autel d’une Belgique évanescente. Nos enfants et petits-enfants devront-ils payer le prix de politiques qui n’ont pas voulu prévoir le prévisible ?

c) un Wallo-Brux, Belgique résiduelle, n’est pas réalisable pour des raisons politiques. Elle est rejetée par 70 % des Bruxellois qui affirment leur identité bruxelloise et ne veulent pas d’un avenir avec la Wallonie. N’est-ce pas le Président de la Région bruxelloise qui plaide en faveur d’un enseignement qui réponde aux besoins des francophones bruxellois ?

d) une Belgique à 4 Régions jouissant des mêmes pouvoirs permettra de belles économies d’échelle en mettant fin à ce monstre surréaliste belge composé d’une pléiade de gouvernements. Pour la Wallonie, ce choix assurera la transition qui permettra d’entamer les négociations avec la France afin de parvenir à une Wallonie autonome intégrée à la République française. Par cette intégration-autonomie, les Wallons retrouveront la signification d’une vraie solidarité nationale, principe qui fait obstacle aux conflits entre régions françaises.

Paul D.

« Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme avec courage et volonté !». Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794) modifié par votre serviteur.

Le site du RWF publie, le 16-02-2019, une carte blanche de Paul Henry Gendebien, ancien député européen, « Vlaanderen boven ! Pour une concertation des Wallons et des Bruxellois » (Le Vif Express, 16 février 2019) dans laquelle il brise une lance pour une concertation des Wallons et des Bruxellois face à la montée en puissance de l’hégémonie de la Flandre au sein du Royaume de Belgique et en prévision des élections de mai 2019 aux accents « confédéraux », avoués chez les N-VA/Vlaams Belang et insidieux chez les VLD/CD&V/SPA/Groen.

Certes, Monsieur Gendebien pose correctement le problème, « Le récif électoral de mai 2019 est en vue et le bateau belge, à cette occasion, pourrait subir de nouvelles avaries. On ne peut plus se complaire dans un certain déni de la réalité. Reconnaissons-le : «la question nationale » posée par la Flandre est toujours présente et ne cessera pas de miner l’État ». Il pointe également avec justesse que l’hégémonie de la Flandre put se développer encore plus rapidement et largement sous « les gouvernements Di Rupo et Michel. Il est reconnu par des observateurs objectifs. Il s’est même aggravé ».
Il observe qu’« En Flandre, dans les partis, dans la presse, dans les milieux patronaux et en particulier les PME, dans les universités, on compte beaucoup de monde pour penser que c’est désormais la Belgique elle-même qui coûte cher, trop cher, à la Flandre, et pas uniquement la Wallonie. »
Et (ndlr : très heureux de pas être le seul à le répéter), « tout ce monde en Flandre estime que Bruxelles est décidément gérée comme un artefact féodal, brouillon, remarquable par ses dysfonctionnements. » De plus, d’insister, « Même aux yeux des cercles flamands modérés, la Belgique fédérale et sa capitale sont ressenties comme des charges et des freins au développement harmonieux du pays flamand. »
Il appréhende avec clairvoyance qu’« une instabilité gouvernementale prolongée se soldant par une coalition hétéroclite et impuissante serait insupportable aux responsables économiques flamands. On pourrait alors assister à une jonction supplémentaire entre le pilier politique autonomiste et le monde des affaires, connivence fondée sur le constat commun de l’inefficacité de l’État belge ? »

En conclusion il en appelle à renouer avec l’indispensable concertation francophone, au-delà des rivalités électorales quelque peu dérisoires alors même que sont en jeu les intérêts réels des Wallons et des Bruxellois, concertation qui devrait aboutir à une véritable « Realpolitik ».

Malgré tout mon respect pour Monsieur Gendebien et mon admiration de lecteur , il semble qu’il ne parvienne pas à se distancier de son historique prédécesseur Alexandre. Dommage car désirer lier les destins bruxellois et wallon relève d’une nostalgie belge semblable à un certain chagrin français pour son héritage carolingien perdu sous Charles Quint, qui rompit les derniers liens vassaliques unissant le Comté de Flandre au Royaume de France par le traité de Madrid (1526). La Flandre devint alors l’une des dix-sept Provinces (l’actuel Benelux).

En toute honnêteté, l’analyse politique de Monsieur Gheude touchant la Région de Bruxelles relève d’un réalisme basé sur des considérations de rapports de force et de possibilités concrètes. D’ailleurs, il vient de publier, à ce sujet, sur le site de Doorbraak, le 16/02/2019, un article percutant :

WalloBrux : een hersenschim (WalloBrux: une chimère).

« Une enquête réalisée par RTL-Ipsos-Le Soir en mars 2013 montre que 68% des Bruxellois plaident pour un statut indépendant au cas où la Belgique se décomposerait. En revanche, 61% des Wallons veulent une Belgique recomposée de la Wallonie et de Bruxelles. »
Cette option peut, bien sûr, tenter les nostalgiques de la monarchie mais cette rêvasserie ne tient pas compte des réalités flagrantes de l’Histoire européenne . Tout d’abord, en Europe les empires, les monarchies, les Etats bicéphales ont TOUS disparus tels l’Autriche-Hongrie, la Tchécoslovaquie.

Aujourd’hui, les Wallons et les Flamands doivent tout de même constater que Bruxelles a acquis la stature et le sens d’ une région à part entière. A la N-VA, des responsables de haut rang l’admettent : les Bruxellois sont préparés à leur propre identité parce qu’ils constituent, au bout de deux bonnes générations, une communauté de destin dissemblable de celles de la Nation flamande et de la Wallonie, cette branche encore séparée de la Nation française .

Ainsi, Hermann Bode, de la N-VA, proche de De Wever et de Jambon, dans le Vif du 22/12/2018, s’exclame : « Quant à Bruxelles, elle ne fait, à mes yeux, plus partie de la Flandre. C’est devenu une tout autre ville depuis bien longtemps, avec une autre dynamique, d’autres défis, une répartition différente de la population. Bruxelles a une autre finalité. Elle doit enfin remplir son rôle de capitale de l’Europe. »

Et, navré pour nos impénitents belgicains du PS, MR, CDH et ECOLO, les additions de capitaux, d’implications budgétaire et économique de style « wallobrux » ne peuvent camoufler l’HEUREUSE VERITE : avec des populations très différentes sur le plan sociologique et humain, avec des sensibilités différentes. Bruxelles et la Wallonie ne pourraient pas former un État cohérent. D’autant que la construction ne montrerait pas d’homogénéité géographique puisque Bruxelles est une enclave en Flandre et que Madame Homans, comme tous ses prédécesseurs, y veille jalousement.

Comme l’indique Monsieur Gheude, il paraît « Impraticable d’organiser les pouvoirs et mesurer le poids respectif de Bruxelles et de la Wallonie » ; « Il est déjà difficile pour les Wallons et les Bruxellois de former une seule et même entité. » ; « En outre, il faut quand même compter avec le droit international : si un État disparaît, afin de ne pas déstabiliser les pays voisins, le droit international applique le principe de l’ uti possidetis juris : vous posséderez ce que vous possédiez. Cela rend les limites externes inattaquables. »

« La seule manière d’échapper à ces divisions politiques sera un modèle confédéral. Et cela arrivera plus vite qu’on ne le pense. Pas parce que la N-VA va soudainement engranger 50% des voix mais parce que c’est la seule solution possible pour sortir du chaos » (cfr. Hermann Bode,)

Conclusion : Si « Bruxelles a une autre finalité. » Elle doit enfin se transformer comme la Flandre et la Wallonie en Région autonome et s’établir en Ville-Etat (cfr les exemples en Allemagne) et remplir un rôle de capitale de l’Europe à discuter avec la France . »

En réclamant une régionalisation à quatre entités autonomes dans un plan d’une Belgique confédérée, vidée et nettoyable de tous pouvoirs, les régionalistes wallons sauveront la Wallonie…et entreront dans l’Histoire comme leurs devanciers liégeois principautaires de 1793.

Valmy

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde