C’est la rentrée des classes

Nous trouvons savoureuse cette façon de voir la rentrée politique en Communauté française signée par le journaliste Nicolas De Decker dans la rubrique « opinion » du site « Le Vif ».

La rentrée du petit Benoît

Après des vacances très agitées, c’est enfin la rentrée des classes pour Benoît, 47 ans, et pour tous ses petits camarades présidents de parti. Le Vif/L’Express a tenté d’imaginer ce que seraient ses confidences, recueillies au bord du bac à sable de la cour de récréation politique.

« Aujourd’hui, c’est la rentrée. J’ai passé de très chouettes vacances. Je me suis super bien amusé avec quelques copains. Et cette année, c’est sûr, je serai le roi de la cour de récréation. Au mois de juin, j’ai décidé de changer de meilleur ami. Avant, c’était Elio, un copain qui vient d’une famille très pauvre, mais qui est dans une bande très forte, qui était mon ami. C’est la cousine Joëlle, qui habite Bruxelles, une très grande ville, qui me l’avait présenté. Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé d’elle, elle parle toujours beaucoup, mais moi je ne l’écoute jamais. Avant, je l’aimais bien, elle aussi, mais maintenant, bon. Aujourd’hui, mon meilleur ami, c’est Olivier. Son papa, un monsieur très grand et très chauve, avec un costume bleu et des lunettes, fait un métier très important, mais il ne m’aime pas beaucoup. Quand j’ai décidé de changer de meilleur ami, tous les autres ont dit de moi que j’étais bête. J’étais bien content de changer de meilleur ami, parce que depuis que je suis tout petit, tout le monde dit que si Elio ne m’aidait pas pour faire mes devoirs et s’il ne me donnait pas une de ses tartines de choco le midi, je serais resté dans la classe des petits. Mais moi je sais que ce n’est pas vrai, et maintenant que c’est la rentrée vous allez voir. Pendant toutes ces vacances, j’ai fait croire que c’était parce qu’il était malhonnête et qu’il ne faisait rien qu’imiter Raoul que j’avais décidé qu’Elio ne serait plus mon ami. C’est un gros mensonge, mais comme il y a plein de gens qui pensent comme moi je fais comme si je pensais comme eux. Le seul problème c’est l’autre Olivier -quel prétentieux, celui-là !. Il n’arrête pas de se moquer de moi. S’il continue à se moquer de moi, je lui mettrai un coup de poing sur le nez, comme celui que j’avais mis il y a trois ans au monsieur très gros qui est devenu très mince et qui parle une langue que je ne comprends pas. Et puis, je dirai à tout le monde que lui aussi est un malhonnête qui ne fait qu’imiter Raoul, et que c’est à cause de lui qu’Elio peut encore rester dans la cour de récréation. Tant pis si ce n’est pas vrai, tant que tout le monde le croit, c’est moi qui passerai pour le plus courageux de la classe : je suis sûr que ça se verra dans le prochain bulletin que nous donnera Dedicated Research ou IPSOS. Au fait, je vous ai déjà parlé de ma classe ? Il y a plein de copains dedans.

« Il y a Olivier, celui dont le papa est très riche, très grand, très chauve, et avec un costume très bleu. Il ne veut jamais travailler, Olivier, et ça a l’air de l’amuser quand je lui fais ses devoirs. D’ailleurs le papa d’Olivier, qui a un travail important à Bruxelles, mais qui ne m’aime pas beaucoup parce qu’avant j’avais été méchant (j’ai grandi depuis, mais il n’a pas l’air de me croire), eh bien le papa d’Olivier a voulu que je termine vite le devoir de vacances d’Olivier, et que je lui donne mes billes, mon pistolet à eau, le petit seau et le petit ballon orange que je prenais pour aller à la plage. Alors je lui ai tout donné parce que c’est mon nouveau meilleur ami, et aussi parce que j’ai un peu peur du papa d’Olivier. Puis Olivier est parti en vacances avec ses copains et mes jouets et un petit sourire méchant, et il m’a dit de m’occuper de l’autre Olivier, qui lui aussi était en vacances, pour préparer la rentrée. Parfois, je me dis que ça les amuse, Olivier et son papa, de voir que l’autre Olivier et moi on se dispute tout le temps. On dirait qu’ils sont contents de voir que je supplie l’autre Olivier de venir jouer avec nous, et encore plus contents de voir que l’autre Olivier ne veut pas. On dirait que ça les arrange que je m’humilie après leur avoir donné mes jouets. Bon, moi, je me dis que ce n’est qu’un mauvais moment à passer, et qu’après ça, dans deux ans, je pourrai aller m’amuser avec Olivier, son papa, et surtout le monsieur qui était très gros, mais qui est devenu très mince et qui parle une langue que je ne comprends pas. En tout cas Olivier et son papa me l’ont promis. Mais je ne sais pas pourquoi je ne suis pas sûr que je peux vraiment les croire. (…) »

La suite de l’article est à lire sur le site du Vif/L’Express.

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Le Boerenbond et l’ Afsca

Bien sûr, Mme De Becker. Je comprends votre souci. Il est important que le Boerenbond, son parti favori, le très flamand CD&V (parti social-chrétien flamand) et le bancassureur flamand KBC dont vous êtes administratrice (conflit d’intérêt ?) maintiennent une main bien ferme sur l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) sous pavillon belge (c’est fou ce que vous l’aimez cette Belgique quand elle sert vos intérêts).

Vous évitez de répondre à la question :  » l’agriculture flamande  est très différente de l’agriculture wallonne « .

Permettez dès lors que je ne partage pas votre avis. Le mouvement citoyen, l’ A.W.F., s’intéresse avant tout à l’avenir et à l’intérêt de la Wallonie. Nous préconisons dès lors sans ambiguïté la régionalisation de l’Afsca.

  • A remarquer aussi que le fipronil est interdit dans plusieurs pays (dont la France) pour tout ce qui concerne la production alimentaire.

Paul Durieux

Lire ci-après l’interview de la présidente du Boerenbond parue sur le site du quotidien « La Libre » :

La présidente du Boerenbond : « Régionaliser l’Afsca, c’est une mauvaise idée » 

Sonja De Becker s’exprime sur la crise des œufs et sa gestion, sur l’état et l’avenir de l’agriculture flamande.Sonja De Becker est la toute première femme à occuper le poste de présidente du Boerenbond, le puissant syndicat agricole flamand. Elle jette un regard averti sur les agricultures wallonne et flamande et estime que l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) a correctement réagi à la récente crise des œufs.

La Flandre a perdu les deux tiers de ses exploitations agricoles entre 1980 à 2015. Comment voyez-vous le futur de l’agriculture flamande ?

Elle emploie encore 60 000 personnes et a un avenir solide. Notre sol et notre productivité sont bons; nous sommes bien positionnés pour les exportations. Si le nombre de fermes a chuté, ce n’est pas le cas de la production ni de la surface agricole. Les fermes sont devenues plus grandes, plus spécialisées, plus professionnelles. Le problème, ce sont les coûts de production qui augmentent et que l’on ne peut pas répercuter sur les consommateurs.

L’agriculture en Flandre est différente de celle pratiquée en Wallonie : des fermes plus grandes, plus tournées vers l’intensif, le grand export. Est-ce encore un modèle pertinent ?

L’agriculture flamande est très diversifiée, avec aussi de petites exploitations qui sont dans les circuits courts, et c’est sa force. Il y a beaucoup de possibilités, de flexibilité.

Une autre grosse différence Nord-Sud, c’est le bio. La Wallonie concentre la plupart des fermes bio. En 2015 : 1 347 contre seulement 370 en Flandre. Ne serait-il pas temps de prendre le train en marche ?

Ça commence à se développer chez nous, mais pas aussi vite qu’en Wallonie. Je vois plusieurs raisons : notre agriculture couvre plus de produits agricoles différents, nous avons moins de surfaces agricoles et les réglementations sont très strictes. Mais le gouvernement flamand et le Boerenbond soutiennent le développement du bio.

La crise des œufs contaminés au fipronil, qui touche particulièrement la Flandre, ne va-t-elle pas entraîner une prise de conscience des consommateurs sur des pratiques agricoles industrielles un peu effrayantes ?

Cette crise n’a rien à voir avec les pratiques de production. En Belgique, il n’y a heureusement eu aucune contamination dans des exploitations bio, mais cela aurait pu arriver, comme c’est le cas aux Pays-Bas.

Les agriculteurs qui ont utilisé l’insecticide incriminé n’auraient-ils pas dû se poser des questions sur ce produit ?

Non. Ils ont été victimes d’une fraude par rapport à un insecticide qui aurait dû être biologique et ils demandent à savoir comment cela a pu arriver, malgré tous les contrôles.

Le système d’autocontrôle de l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) vous paraît-il efficace ?

Oui puisqu’il a permis de détecter en Belgique la présence de fipronil, contrairement aux autres pays.

Etes-vous favorable à une régionalisation de l’Afsca, comme cela a été suggéré au sud du pays ?

C’est une mauvaise idée. En cas de crise, il y aurait deux agences de gestion et ce serait trop compliqué. Pour être efficace, mieux vaut garder une seule agence fédérale. Historiquement, le Boerenbond n’était pas pour une régionalisation des compétences de l’agriculture mais vu les différences entre la Flandre et la Wallonie, il est tout de même important de pouvoir positionner ses propres accents dans la gestion.

En Wallonie, certains disent que l’Afsca ne défend pas assez les petits producteurs, qu’elle est plus à l’écoute du discours du Boerenbond. Etes-vous d’accord ?

Je ne vois pas de différence faite entre les petits et les grands producteurs, entre la Flandre et la Wallonie. L’Afsca ne fait qu’appliquer les mêmes règles à tout le monde. La santé publique ne fait pas de différence entre grands et petits, entre Nord et Sud.

Combien va coûter cette crise des œufs aux producteurs flamands ? Le gouvernement, comme en Région wallonne, va-t-il débloquer des budgets d’indemnisation ?

Notre estimation se monte à au moins 10 millions d’euros. Le gouvernement flamand a prévu des crédits-ponts et payera pour les analyses du fumier mais il n’y a pas de décision concernant d’autres indemnisations à ce stade. Nous espérons que les mesures d’aide prises par le fédéral, qui sont bonnes, seront suffisantes.

Le gouvernement fédéral a-t-il bien géré la crise ?

Oui. Nous avions rapidement demandé un entretien avec le Premier ministre et les ministres compétents et nous l’avons obtenu deux jours plus tard. Nous avons fait part de nos demandes et le paquet de mesures a été une réponse adéquate à toutes nos questions.

Mme De Becker, vous êtes la première femme à présider le Boerenbond. Est-ce difficile de s’imposer dans ce milieu très masculin ?

Non, pas du tout. Je n’ai jamais rencontré de problèmes de discrimination parce que je suis une femme. Les agriculteurs demandent juste la connaissance des dossiers et du métier.

Et quels sont vos objectifs en tant que présidente ?

Renforcer nos agriculteurs sur le plan économique en les aidant à améliorer leurs compétences d’entrepreneur.

Le Boerenbond était proche des sociaux-chrétiens flamands. Est-ce toujours le cas ?

Oui, avec le CD&V, nous partageons une philosophie, un intérêt fort pour l’agriculture, mais nous parlons avec tous les partis politiques, hormis le Vlaams Belang.

L’ancrage comme mot-clé

 Sonja De Becker est née le 21 mars 1967 à Erps-Kwerps dans le Brabant flamand, là où ses parents avaient une exploitation agricole. Elle y habite toujours, fidèle à sa terre d’origine. L’ancrage est un mot qui revient souvent chez cette juriste qui a étudié à Louvain, décrochant sa licence avec grande distinction. On la sent ancrée dans ce Brabant flamand où se trouve le siège du Boerenbond, la plus grande fédération agricole flamande rassemblant 16 000 agriculteurs et horticulteurs.

Elle parle aussi d’ancrage pour le bancassureur KBC dont elle est administratrice et où elle représente le MRBB (le véhicule financier du Boerenbond) actionnaire à concurrence de 11,6 % de la banque. « C’est très important de pouvoir assurer cet ancrage », nous explique-t-elle. Une alliance avec un groupe étranger est-elle d’office exclue ? C’est « une question pour le conseil d’administration », répond-elle. Sonja De Becker est aussi une femme prudente.

Isabelle Lemaire et Ariane van Caloen

Pierre Hazette sur le « Pacte d’excellence »

Il y a une semaine, le magazine Le Vif/L’Express publiait une carte blanche signée Pierre Hazette, qui exerça, faut-il le rappeler, les fonctions de ministre en charge de l’enseignement. Voici ce que cet homme sage, qui soutient l’AWF, a éprouvé le besoin d’écrire à propos du « Pacte d’excellence ».

Pacte d’excellence: « Prétendre à l’excellence sans mobiliser le travail, c’est mentir »

Peut-être s’est-il rouvert le champ des alternatives aux propositions accumulées dans ce qu’il est ou était convenu d’appeler le pacte d’excellence.

J’en salue la possibilité et je m’autorise quelques observations et suggestions que m’inspire l’expérience.

Je ne me réfère pas à un titre académique en psychologie, pédagogie ou psychopédagogie. J’ai été professeur, parlementaire, puis ministre dans le gouvernement de la Communauté française en charge de l’enseignement.

Cela, j’en conviens, il y a bien longtemps ! 

Voici une observation qui ne m’appartient pas en propre : elle s’impose en de multiples milieux ; elle est véhiculée par des institutions internationales : en Communauté française de Belgique, l’enseignement, quoique souvent réformé, va de mal en pis.

Aux résultats catastrophiques de nos étudiants en première année de l’enseignement supérieur, et singulièrement à l’université, s’ajoutent aujourd’hui les contreperformances des écoliers qui peinent à sortir du primaire.

Bref : cela ne va pas ; il faut faire mieux.

Il me semble que ce n’est pas en répétant de réforme en réforme les mêmes erreurs que la solution se fera jour. Mais où serait la solution ? Cherchons-la du côté de la vérité.

Le temps de travail proprement scolaire, c’est-à-dire le temps passé par l’écolier ou l’élève avec un instituteur ou un professeur s’est dramatiquement réduit. En deux générations, l’enseignement obligatoire est passé de 400 demi-jours par an à 180 jours qui comprennent les après-midis de congés, les journées blanches d’après examen, et les heures passées à la salle d’étude, faute de professeur remplaçant.

Or, il faut du temps pour enseigner, comme il faut du temps pour apprendre.

Conclusion

Il faut ajouter du temps au temps.

Je propose d’admettre dans l’enseignement primaire les enfants de cinq ans qui y resteront sept ans. Pour le reste, ce ne peut être le secteur des loisirs, ni l’industrie du tourisme, ni les centrales syndicales qui doivent dicter ou le moment, ou la durée des vacances scolaires. C’est tout simplement l’intérêt général, dont est dépositaire le gouvernement.

L’école est le lieu de la transmission des savoirs.

C’est dans ses murs que se situe l’apprentissage de la langue française, telle que nous l’ont livrée des auteurs exceptionnels, telle que l’ont préparée, pour les générations montantes, des grammairiens de génie.

Il n’y a pas de multiculturalisme qui tienne devant l’obligation qui s’impose à une communauté de langue et de culture françaises : la priorité, c’est la maîtrise de la langue, son respect, l’explication de ses subtilités, l’assimilation des particularités de son orthographe. C’est aussi l’ardente nécessité de faire naître et d’entretenir le plaisir de lire et de vérifier la compréhension du texte lu.

Un enseignement de qualité part de là. Comment concevoir, en effet, la compréhension des consignes en mathématiques ou en sciences, si le vocabulaire fait défaut, si les articulations du texte ne sont pas comprises ?

Dès lors qu’aucun compromis, aucun renoncement n’est admissible sur ce chapitre, il faut ouvrir le champ des possibles.

Enseigner aujourd’hui ne peut plus se concevoir sans une attention portée en permanence à des formes d’intelligence qui ont été ignorées ou méprisées par l’école traditionnelle.

A côté des enfants qui vont exceller dans l’usage de la langue ou que l’arithmétique fascinera, d’autres dessineront avec talent, trouveront à s’exprimer dans le travail du bois, les montages électriques ou les manipulations du clavier d’ordinateur, d’autres encore chercheront leur plaisir dans la musique ou les exercices sportifs. Les formes d’intelligence sont multiples et chacune peut ouvrir la voie à l’épanouissement personnel. Il n’y faut qu’une condition : L’enseignement fondamental, dès les premiers jours, doit être organisé pour les révéler toutes et leur assurer la même considération.

Mais « ouvrir le champ des possibles », c’est aussi offrir aux enfants, aux adolescents qui n’ont pas le français comme langue maternelle, qui ne le parlent pas et ne l’entendent pas à la maison, un enseignement qui tienne compte de ce handicap et s’emploie à le résorber par un horaire différent de celui appliqué aux autochtones. Sur ce point aussi, le renoncement est coupable même s’il se drape dans les plis d’une mixité sociale artificielle qui bafoue les libertés de choix de l’école, prérogative de la famille, contestée par l’idéologie régnante.

J’ai évoqué mon expérience ministérielle. Je puis, à ce titre porter témoignage. Des dizaines de professeurs du secondaire m’ont dit lors de ma tournée des écoles de Wallonie et de Bruxelles : 

– De grâce, Monsieur le Ministre, mettez un terme au passage automatique de première en deuxième année du secondaire.

Je les ai écoutés.

Or, l’orientation du prétendu pacte d’excellence allonge le tronc commun jusqu’à la fin de la troisième année du secondaire, avec l’intention de réduire les redoublements budgétivores.

Je suis convaincu que, sur rapport des instituteurs et au départ des observations fournies par les CPMS, tout le monde gagnerait à orienter les élèves vers des enseignements adaptés à leurs aptitudes. Il n’y a que du profit à tirer d’un adolescent bien dans sa peau devant un banc de menuisier, un banc de montage électrique, un bac de pâte à pain ou un plan de cuisine. C’est là que réside la solution au problème réel des redoublements excessifs.

Faut-il attendre que l’ado ait quinze ans et ait traîné son ennui, quand ce n’est pas sa rébellion, de classe en classe avant de lui ouvrir le champ des possibles ?

Faut-il imposer aux professeurs de cours généraux de freiner la marche de la classe pour tenter que des jeunes sans motivation rejoignent le groupe à l’arrêt ?

Faut-il continuer à sacraliser l’enseignement général et, par le fait même, mépriser les formations techniques et professionnelles, alors que la société prouve tous les jours leur utilité et leur nécessité ?

La vérité a des droits: un passage de classe se mérite, comme se mérite la rémunération d’un travail bien fait, mais on ne demande pas à un poisson de grimper à un arbre, ni à un oiseau de traverser un fleuve à la nage.

Imaginons donc des élèves bien dans leur classe, bien dans leur peau.

Tous les problèmes ne sont pas, pour autant, derrière nous.

Il est une équivoque qu’il faut lever.

La relation au savoir

Les connaissances ne sont pas figées ; elles évoluent à notre époque plus vite qu’à n’importe quelle autre. Les matières enseignées à l’école évoluent également. Il appartient au professeur d’assurer les connaissances de base indispensables à chacun, connaissances autour desquelles gravitent les innovations. C’est la mission fondamentale de l’enseignant. C’est en l’assumant qu’il établira les bases de son autorité. C’est la qualité de son savoir et la maîtrise de sa communication qui lui permettra d’intégrer les jeunes dans la continuité de la génération qui les précède, en d’autres termes de faire d’eux les acteurs en devenir de la société où ils sont appelés. Il ne s’agit pas d’endoctrinement, mais de susciter une adhésion critique, raisonnée, argumentée.

Le seul engagement requis des enseignants, c’est le ralliement, l’adhésion aux libertés constitutionnelles et aux droits de l’homme. Il n’y a là non plus aucun renoncement tolérable.

C’est là que se situent les réponses aux questions que lui poseront ses élèves, parfois désemparés par les problèmes de notre société.

Ceci posé, il appartient au gouvernement de restituer le professeur dans sa mission de transmission des savoirs et, par voie de conséquence, de l’aider, de l’inciter à construire sa personnalité, son identité professionnelles en s’intégrant lui-même dans un processus d’apprentissage tout au long de la vie.

La relation de l’école au pouvoir

La Communauté française a la compétence d’organiser l’enseignement francophone. Dépourvue du pouvoir fiscal, elle dépend pour son financement de l’Etat fédéral. Elle subventionne les écoles qu’elle n’organise pas elle-même. La loi de financement a été conçue pour contraindre la Communauté à une organisation moins coûteuse, en dépit même des évolutions, notamment dans l’enseignement supérieur, qui annonçaient des charges croissantes. Les difficultés financières sont récurrentes.

La suppression annoncée des provinces jette un éclairage nouveau sur la question. Si le pouvoir fiscal des provinces devait être transféré à la Région wallonne, la compétence de la Communauté en matière d’enseignement pourrait suivre la même voie.

Il y aurait dans cette réforme des moyens nouveaux affectables en Wallonie, tout au moins, aux besoins les plus évidents du secteur : les traitements, l’équipement, les bâtiments.

Je conclurai en citant un vieux sage Yazidi : « We have no other way to survive except through learning. »

Pierre HAZETTE, écrivain et ancien ministre de l’Enseignement de la Communauté française

Les nouvelles précieuses ridicules

En cette période d’un mois d’août pluvieux et d’une situation politique belge de langue française plutôt floue, rire un peu ne fera de tort à personne…

Est-ce vraiment rigolo ou… ?

A lire c’est croustillant on avance vraiment dans la bêtise.

L’éducation nationale fait des progrès dans la transmission de la langue française !!!……..

« Bloc mucilagineux à effet soustractif »… cela veut dire quoi?

Il est vrai que les femmes de ménage étaient devenues des « techniciennes de surface » et les aveugles des « non-voyants » (ben voyons), et les sourds depuis longtemps des malentendants…

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une  « évolution de la langue », mais de « prospective positive modernisée d’un mode de communication oral »… !

Déjà cet été, j’ai adoré les campings qui ne veulent plus qu’on les appelle campings parce que ça suscite instantanément dans l’esprit des gens l’image de Franck Dubosc en moule-boules ou de Roger et Ginette à l’apéro avec casquette Ricard et claquettes Adidas.

Donc les professionnels de la branche demandent que l’on dise désormais : « hôtellerie en plein air »… Ha ha, ça change tout !!!

J’ai aussi appris que je n’étais pas petite mais « de taille modeste » et qu’un nain était une « personne à verticalité contrariée ». Si, si !

Mais rendons à César ce qui lui appartient, l’empereur du genre reste le milieu scolaire et ses pédagos à gogo.

J’étais déjà tombée de ma chaise pendant une soirée de parents quand la maîtresse a écrit sur le tableau que nos enfants allaient apprendre à manier « l’outil scripteur » au lieu de tenir un crayon.

Je me suis habituée au fait que les rédactions sont des « productions  écrites », les sorties en groupe des « sorties de cohésion » et les élèves en difficulté ou handicapés des « élèves à besoins éducatifs spécifiques ».

Mais cette année, sans discussion aucune, la palme est attribuée au Conseil supérieur des programmes en France et à sa réforme du collège. Z’êtes prêts ?… Allons-y.

Donc, demain l’élève n’apprendra plus à écrire mais à « maitriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres ».

Il n’y aura plus de dictée, mais une « vigilance orthographique ».

Quand un élève aura un problème on tentera une « remédiation ».

Mais curieusement le meilleur est pour la gym…Oups pardon !!! pour l’EPS  (Education physique et sportive).

Attention, on s’accroche : courir c’est « créer de la vitesse », nager en piscine c’est « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête », et le badminton est une « activité duelle médiée par un volant ».

Ah ! C’est du sportif,  j’avais prévenu !…

Les précieuses ridicules de Molière, à côté, c’est de l’urine de jeune félidé (je n’ose pas dire du pipi de chat).

Alors, les amis, ne perdons pas ce merveilleux sens du burlesque et inventons une nouvelle catégorie : la « personne en cessation d’intelligence », autrement dit, le con.

Signé Martine Meunier, mère d’une élève. Ah ! non, re-pardon… Martine Meunier « génitrice d’une apprenante ».

Ben oui, un « outil scriptutaire », c’est un stylo, un « référentiel bondissant », c’est un ballon, et, pour finir et revenir à l’objet de ce courriel, un « bloc mucilagineux à effet soustractif », c’est… une gomme !

Je pense que les « zzzélites » qui ont inventé de telles conneries n’en resteront pas là avant d’être tous en hôpital psychiatrique pour, voyons, voyons… ah ! oui j’y suis : « remédiation de cessation d’intelligence »…

Une avicultrice prend la parole

Notre amie Henriette Havelange tient à remettre les choses en place.

Chers amis,
que de bavardages sans connaître le monde de l’aviculture! Vous dites ne manger que des œufs 0 ou 1. Savez-vous pourquoi les éleveurs ont dû employer un produit plus performant ? Rappelez-vous le mois de juin, il fait très chaud et l’AFSCA demande aux éleveurs de confiner leurs poules (la grippe aviaire). Or, imaginez-vous le sol des poulaillers couvert de poules qui salissent partout jusque dans leurs mangeoires! Ajoutez la chaleur, les poux rouges se multiplient rapidement et infestent la volaille. Alors que faire ?

Et c’est alors que passe un démarcheur qui a belle allure et qui vend un produit bio, le remède miracle… 

Vous connaissez la suite. Et bien moi je vous dis que mes poules en cages répondent mieux à tous les critères d’hygiène et de salubrité que l’on est en droit d’attendre actuellement. Tout le bavardage et les avis de GAIA and co ne sont qu’un écran de fumée, une tromperie diffusée par nos médias à l’affût des événements sensationnels.

Et pourquoi ne poursuit-on pas les coupables au lieu de promettre un dédommagement avec l’argent public ?

A bon entendeur… salut,

Henriette Havelange

Le scandale des œufs traités au fipronil

Mais c’est quoi, au fait, le fipronil ? 

C’est un anti-parasitaire très puissant, couramment utilisé dans des produits vétérinaires destinés aux animaux de compagnie. Il permet de lutter efficacement contre puces, poux, tiques et acariens. Ce biocide, synthétisé par le groupe français Rhône-Poulenc dans les années 1980, a été commercialisé à partir de 1993.

En 2004, la plupart des pays européens (dont la France) a interdit son utilisation dans l’agriculture – le fipronil était accusé d’entraîner une surmortalité des abeilles – mais il reste autorisé en Belgique et aux Pays-Bas. Son usage chez des animaux destinés à la consommation humaine, comme les poules, est néanmoins interdit dans l’ensemble de l’UE.

Mais comment je fais pour acheter de bons œufs ?

Vous voilà avec votre caddie, au rayon œufs, avec l’embarras du choix. Impossible de deviner lesquels sont contaminés, mais vous pouvez en savoir plus sur leur qualité grâce à un code imprimé sur chaque coquille. Le premier chiffre indique le mode d’élevage de la poule, suivi de deux lettres correspondant au pays où l’œuf a été enregistré (FR pour la France, DE pour l’Allemagne, NL pour les Pays-Bas, IT pour l’Italie, BE pour la Belgique…), puis trois caractères identifiant l’élevage d’origine et les deux derniers donnent le numéro d’identification du bâtiment.

Le premier chiffre (0, 1, 2 ou 3) est donc capital, voici comment les décrypter : 0 pour les œufs bio ; 1 pour les œufs issus d’élevages en plein air ; 2 pour les élevages « au sol », où les poules ne vont pas à l’extérieur ; et enfin 3 pour les œufs provenant d’élevages en cage.

Informations puisées dans francetvinfo

Commentaire de l’ A.W.F. : ne serait-il pas utile d’interdire les oeufs catalogués 3 et 2 ? Il y va du bien-être animal ainsi que la santé des humains.

Joyeux enfants de la Bourgogne…

Par Georges-Henry Simonis

On ne connait pas suffisamment l’importance des liens qui unissent la Wallonie et la Bourgogne, spécialement en Entre-Sambre-et-Meuse.

Sans remonter à Philippe le Bon, ou aux foires médiévales qui attiraient nos ancêtres à Dijon ou à Troyes, je constate les liens qui se sont tissés grâce à de nombreux jumelages : Philippeville  avec  Saulieu, Couvin avec Montbard, Walcourt avec Chatillon-sur Seine, Ciney avec  Semur-en-Auxois, Florennes avec Longvic (Dijon), Silenrieux (Cerfontaine) avec Recey-sur-Ouche, Tamines (Sambreville) avec  Nuits-Saint Georges

L’amour du bon vin n’y est certainement pas étranger avec, dans ce domaine aussi, une différence bien belge entre les Flamands, plus attirés par les vins de Bordeaux qui leur parvenaient par bateaux, et les Wallons plus proches de ces routes terrestres devenues pour beaucoup des itinéraires de vacances classiques par Couvin, Charleville, Poix-Terron, Mazagran, Vitry-le-François…

Il est une autre raison, non moins honorable : au début de la guerre de 1914, de nombreuses familles wallonnes ont fui les hordes allemandes qui faisaient preuve d’une violence inouïe. On n’a pas assez parlé des massacres de Dinant ou de Tamines qui ont fait des milliers de morts, hommes, femmes et enfants…  Les Wallons ont trouvé en Bourgogne  une hospitalité exceptionnelle qui a laissé de nombreuses traces dans le cœur des gens. D’où tous ces jumelages plus que folkloriques. Les territoires ont de la mémoire…

Aujourd’hui, enfin, les Wallons s’émancipent peu à peu de la Belgique artificiellement créée au XIXème siècle pour se rapprocher de leur mère-patrie. Il ne me déplairait pas que les maires des communes concernées, et les comités de jumelage, participent à ce rapprochement en marche. Qui plus est, pourquoi la Région wallonne, et son nouveau gouvernement impromptu, ne pourrait-elle encourager ces rapprochements et en susciter d’autres, spécialement avec les Régions françaises les plus proches et les métropoles voisines ?

Ainsi, si Liège est déjà jumelée avec Lille et Nancy, et Tournai avec Troyes, Charleroi aurait tout à gagner à se rapprocher rapidement de Reims et de Dijon, en profitant de l’amélioration sensible des liaisons routières qui se profile enfin vers le Sud et, espérons-le, demain à l’Ouest vers la Haute Sambre, Maubeuge et les autoroutes françaises.

Qu’on se le dise ! Vive la France et vive la Wallonie !

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde