Quand passons-nous devant le notaire ?

Malades des coupes budgétaires, les musées fédéraux sont exsangues
(Belga Publié le 31/12/2018)

Victimes de coupes budgétaires de 13 à 30 % en dix ans, les musées fédéraux sont exsangues, confrontés à « une situation impossible », « une crise majeure », « un pourrissement sur pied », confient divers directeurs dans Le Soir lundi.

Les Musées royaux des beaux-arts (MRBAB) ont perdu 19 % de leur personnel de 2007 à 2017, et leur dotation est passée de 4,5 millions en 2011 à 3,4 millions en 2018. Une perte de 25 % en six ans. « Grosso modo, on a perdu 20 % de notre personnel, 25 % de notre dotation », résume son directeur Michel Draguet.

13% de budget en moins pour le Museum des Sciences naturelles
Le Muséum des sciences naturelles a perdu 13% de ses budgets en cinq ans. Aux Musées royaux des beaux-arts, la dotation a diminué de 25% en six ans. Bien que récemment rénové, le musée de l’Afrique centrale de Tervuren a perdu un quart de son budget, presque un quart de son personnel. Son directeur Guido Gryseels parle de « crise majeure ».

Les saignées budgétaires sont mises en cause mais aussi les normes comptables européennes « SEC2010 » contraignant à l’équilibre budgétaire parfait pour chaque exercice. L’interprétation de celles-ci par la Belgique a pour impact concret d’empêcher tout achat d’œuvre d’art de plus de 30.000 euros par exemple. En outre, la Loterie nationale n’est plus la béquille budgétaire qu’elle était, et le privé n’est pas à même de pallier les déficiences de l’État en l’absence d’incitants fiscaux en faveur du mécénat.

Quand passons-nous devant le notaire ?

Valmy

Les « gilets jaunes » laissent la population flamande quasi indifférente

Au début du mois de décembre, le député Herman De Croo (Open VLD) annonçait en direct, et non sans fierté, qu’il ne toucherait pas aux 376 000 € d’indemnité de départ auxquels il a droit. Sa décision faisait suite à la vague de critiques que s’étaient attirés, quelques jours plus tôt, le ministre flamand de la santé, Jo Vandeurzen (CD&V), et son collègue de parti Pieter De Crem annonçant leur retrait politique. Les deux hommes avaient indiqué qu’ils ne se priverait pas du joli bonus auquel ils avaient droit. Des sommes considérables qui ont indigné une partie de l’opinion publique flamande plus affectée par ce généreux régime de sortie que par la hausse des prix des carburants.

L’agence BELGA notait :  » alors qu’au Sud, le mouvement des « Gilets Jaunes » a enflammé la presque totalité des provinces wallonnes, force est de constater qu’il a laissé la population flamande quasi indifférente.

« On ne vit décidément pas dans le même pays » entendait-on ici et là, en réaction à ce contraste. Cette affirmation devient de plus en plus difficile à contredire.

Les raisons mêmes de l’absence de contestation en Flandre illustrent les fortes disparités interrégionales. En Wallonie, les salaires sont moins élevés, les travailleurs bénéficient bien plus rarement d’une voiture de société et donc d’une carte essence, le réseau des transports en commun y est moins développé, les distances à parcourir sont plus élevées rendant souvent l’usage du vélo plus aléatoire, le parc automobile wallon est plus ancien rendant les véhicules diesel plus présents.

Au niveau médiatique, certaines rédactions flamandes ont donné l’impression de parler du mouvement wallon des « Gilets Jaunes » comme d’un sujet d’actualité internationale.

L’éditorialiste du site NEWSMONKEY, Wouter Verschelden, commente :  » la Belgique francophone (sic, ndlr) est politiquement et culturellement une sorte de périphérie parisienne plutôt qu’une entité belge » (resic).

Le journaliste politique va jusqu’à évoquer un « manque d’identité belge » en Wallonie, une situation qui, selon lui, est due en grande partie à la manière dont les médias fonctionnent des deux côtés de la frontière linguistique, et à la différence de moyens financiers consacrés aux productions propres. Résultat : alors que les Flamands sont moins à l’écoute de ce qui se passe chez leurs voisins des Pays-Bas, les « francophones » ont toujours les yeux plus rivés vers la France, d’où provient le mouvement des « Gilets Jaunes ».

Wouter Verschelden pointe « l’absence d’émissions d’actualité de qualité en Wallonie et à Bruxelles » et constate que « le débat public en Belgique francophone est bien plus souvent mené depuis les studios parisiens qu’à Bruxelles ». Ces considérations ne manqueront pas de ravir les directions des médias public et privé francophone .

Le journaliste flamand termine comme suit : « si, en Belgique, les Communautés linguistiques semblent vivre dans des bulles politiques, économiques et médiatiques (j’ajouterai culturelles -ndlr) distinctes, les Flamands ne seront pas pour autant protégés des éventuelles conséquences de la contestation wallonne. Des retombées que les défenseurs de l’autonomie régionale en Flandre ne se priveront pas d’ajouter à leur liste d’arguments.

Pourquoi ce « semblent », M. Verschelden ? Les Régions, et non les Communautés linguistiques comme vous le mentionnez, vivent déjà dans des réalités (et non des bulles) politiques, économiques, médiatiques et culturelles différentes.

La seule question à se poser est la suivante : quand nos responsables politiques et sociétaux wallons voire bruxellois vont-ils avoir le courage de reconnaître cette évidence ? Quand auront-ils cette étincelle de courage ? Quand cesseront-ils de vivre la peur au ventre le regard tourné vers la Flandre ?

Le citoyen wallon a, inconsciemment, déjà franchi ce pas. Son attrait pour ce qui se passe en France est bien réel. Il lui reste à trouver des dirigeants qui emprunteront la route de tous les espoirs pour l’avenir de la Wallonie.

Saumane

Flamands de France et de belgique


Récemment en visite à Dunkerque, un responsable touristique me déclara    » nous sommes flamands ici « .
Ma réponse fut très rapide:   » Personne n’ignore l’existence de la Flandre flamingante, alors répondez-moi en néerlandais « . Fin du dialogue !
Les Flamands de France et de Belgique ne doivent pas se bercer d’illusions, la France s’est toujours battue pour Dunkerque et ne l’abandonnera pas de sitôt, tenant compte des intérêts colossaux que cela représente.
Quant à Lille, malgré l’écusson au lion jaune à l’épaule gauche des gendarmes, celle-ci se trouve en Flandre wallonne ou française. Rappelez-vous, il y a quelques années lorsque des activistes flamands, venus de Belgique, se voulurent un peu trop menaçants la France déploya des unités d’intervention, qui effectuèrent dans les bâtiments de la mairie de Lille un exercice de « nettoyage ».
Le message fut clairement perçu de l’autre côté de la frontière.
Il existe bien évidemment une poche ethnique et dialectale flandrienne entre la frontière belge, le cours d’eau l’Aa et la Lys. Cela signifie plus ou moins 60.000 locuteurs potentiels fin du XXe siècle. Et, nos voisins de la Région flamande dépensent beaucoup d’argent en soutien à l’enseignement du néerlandais.

Valmy

Advienne que pourra !

Par Valmy

Lorsque Alexander De Croo, le président de l’Open VLD, décida de débrancher la prise de Leterme II, le 22 avril 2010, celui-ci perdit des plumes aux élections suivantes. Mais, sauf erreur, la NVA représente tout autre chose pour les électeurs de Flandre que le VLD, héritier du parti libéral bourrés de fransquillons depuis 1830.

Ce pays, il ne faut pas se leurrer, la N-VA n’est pas la seule à désirer le faire disparaître. La seule différence, elle, comme le VB, ne joue pas l’hypocrisie à la mode des vieux partis belgicains dépassés par la réalité du suffrage universel.

Depuis 1874, le Mouvement Flamand mène le tempo et demeure la mémoire, toujours active, de la résurgence du peuple de Flandre. D’ailleurs, si tout relève du communautaire en cet Etat cela signifie bien que Wallons et Flamands n’appartiennent au même monde.

« Tout ce qui parle français m’appartient » clamait Henri IV.

« Tout ce qui parle allemand appartient à l’Empereur ».

Traduit aujourd’hui : « Tout ce qui parle néerlandais appartient à la Grande Néerlande ». Il ne faut pas feindre d’oublier qu’Antwerpen fut la première capitale de l’Union d’Utrecht soit la première confédération néerlandaise avant la lettre !

Ironiques, ne trouvez-vous pas, les retours de l’Histoire ! D’autant plus, que personne, dans ce royaume ne veut se rappeler qui a assemblé cet Etat de bric et de broc. Merci, Messieurs les Anglais, retournez donc sur votre île !

La Belgique pourrait-elle survivre à cette crise ?

Bonne question. Laurette Onkelinx et Paul Magnette peuvent le rappeler en boucle : Celui qui, au PS, proposerait une alliance avec la N-VA se ferait ramasser ! Mon Dieu, ce que ces demandeurs de rien frisent le ridicule.

Comment agiront-ils, lorsqu’ils n’auront pas d’autre choix que de se retrouver à la même table de négociations face à la NVA, soutenue par le VB ?

S’imaginent-ils comme Charles Michel pouvoir contrer le projet confédéraliste de la Flandre ?

Ils en sont toujours à courir après le fantôme d’Albert Ier alors que Gaston Eyskens (un CVP) déclara, au perchoir du parlement, la mort de la Belgique de papa !

Advienne que pourra !

Bricolage belge !

Par Jean-Luc Lefèvre, Jambes

Bricolage bien belge !

J’ai assisté ce mardi 18 décembre, sur la VRT, aux débats retransmis en direct. Sur la forme, il convient de féliciter la chaîne néerlandophone davantage soucieuse d’informer le citoyen. Après tout, récemment, Béatrice Delvaux avait mis le doigt sur la déshérence des francophones. Sur le fond, je profite de l’interruption de séance pour vous dire ce que je pense. Même si l’avis d’un citoyen lambda peut vous paraître superflu. De nombreux silences dans la déclaration du premier ministre : le mot N-VA a été soigneusement évité, comme aussi la mention d’un éventuel cahier Atoma et ses accords secrets, comme aussi la demande d’un vote de confiance. En fait, comme certaines équipes à la coupe du monde de football, il a voulu jouer la montre, gagner du temps en sauvant les meubles jusqu’en avril. Pour ce faire, il n’a pas hésité à lancer trois défis aux députés : celui de la responsabilité (pas de blocage institutionnel, de grâce, en ces temps troublés!), celui de l’unité (la majorité de rechange, se mettre d’accord entre vous… en si peu de temps!) et celui de la coopération (« bâtisseur de ponts »). Trois défis, mais autant de chantages implicites. Sur le fond, la coopération avec la Chambre pour réaliser en quatre mois ce qu’il n’a pas fait en quatre ans ! Tout en récupérant le discours des « gilets jaunes »…

C’est triste, très triste car cela ressemble beaucoup à du bricolage. Bonne réflexion!

Echec et mat… ?

Par Jules Gheude

Charles Michel II en affaires courantes pendant quelques mois : pas de quoi en faire un foin ! Lorsque Alexander De Croo, le président de l’Open VLD, décida de débrancher la prise de Leterme II, le 22 avril 2010, celui-ci poursuivit en affaires courantes durant 541 jours, et d’aucuns firent observer que les choses n’allaient pas plus mal. Car, ne l’oublions pas, nous sommes au pays de René Magritte. Et ceci n’est pas un pays !

Ce pays, la N-VA entend d’ailleurs bien le faire disparaître, comme le précise l’article 1er de ses statuts, qui évoque l’avènement d’une République flamande.

Quand ? Bart De Wever a choisi la stratégie « évolutive ». Celle qui consiste à passer par une avant-dernière case – le confédéralisme – en vue de dépiauter la Belgique au profit de de la Flandre et de la Wallonie. Ce qui amènerait la Belgique à disparaître d’elle-même. J’espère que ce sera en 2025, a précisé Liesbeth Homans, la ministre de l’Intérieur (N-VA) au sein du gouvernement flamand.

En entrant dans la « suédoise », la N-VA s’était engagée à ranger le communautaire au frigo durant la législature. Mais on sait qu’en Belgique, le communautaire est présent dans chaque dossier : le survol de Bruxelles, la construction d’un stade national, la manière de concevoir la politique d’asile,… C’est d’ailleurs sur ce dernier point que vient de chuter le Premier ministre, la N-VA s’étant opposée au pacte migratoire de l’ONU.

La manière dont Charles Michel s’est efforcé d’éviter la crise fut, il faut le dire, pitoyable. Comment a-t-il pu penser qu’en poursuivant avec une coalition remaniée et ultra-minoritaire, il pourrait, en pleine sphère électorale, compter sur l’appui de l’opposition ? L’image qu’il a donnée, ce 18 décembre, les bras tendus et suppliants, était tout simplement pathétique.

La Belgique peut-elle survivre à cette crise ?

Laurette Onkelinx l’a annoncé et Paul Magnette l’a confirmé : Celui qui, au PS, proposerait une alliance avec la N-VA se ferait ramasser ! Quant à Charles Michel, il a déjà lancé un appel aux responsables francophones pour contrer le projet confédéraliste.

Examinons le dernier baromètre politique.

En Flandre, la N-VA demeure le premier parti, avec 28,3%. Suivent le CD&V (18,7), l’Open VLD (17,5), Groen (16) la SP.A (9,2), le Vlaams Belang (7,6) et le PVDA (2,5). Le Nord, comme on peut le constater, se situe majoritairement à droite.

En Wallonie, c’est la PS qui domine, avec 25,4%, suivi par le MR (19,9), Ecolo (19,7), le PTB (14), le CDH (10,4) et le Parti populaire (5,1). Le Sud, on le voit, vote majoritairement à gauche.

Ceci ne fait que confirmer le constat de Bart De Wever : La Flandre et la Wallonie constituent deux démocraties. Le confédéralisme s’impose donc, afin que chacun puisse être financièrement responsable de ses propres choix politiques.

On peut comprendre ce raisonnement après avoir pris connaissance du dernier classement Eurostat concernant le PIB des régions de l’Union européenne pour 2016.

On constate, en effet, que la Flandre se situe à 120, l’indice de comparaison étant fixé à 100. Seule, la province du Limburg est en-dessous, avec 97.

Pour la Wallonie, en revanche, la situation reste inquiétante, avec un indice de 85. Seul le Brabant wallon, qui profite du dynamisme économique de la Région bruxelloise, dépasse la moyenne européenne, avec 133. Les provinces de Liège, de Namur, du Hainaut et de Luxembourg affichent respectivement 85, 81, 76 et 75.

Jusqu’ici la Wallonie a pu bénéficier des transferts financiers en provenance de Flandre, soit quelque 7 milliards d’euros par an, mais on sait que ceux-ci sont amenés à s’éteindre progressivement.

L’actuelle coalition wallonne MR-CDH, en place depuis un an et demi, s’efforce de remédier à une gestion qui, durant près de 35 ans, a consisté à vivre largement au-dessus de ses moyens.

Un an et demi, cela ne suffit évidemment pas pour renverser la situation. Mais une chose est sûre : si la Wallonie, livrée à elle-même, devait être gouvernée par la coalition « progressiste » qu’Elio Di Rupo appelle de ses vœux, on n’ose imaginer dans quel pétrin budgétaire elle se trouverait ! Et cette évolution ne manquerait évidemment pas de compliquer, voire de rendre impossible, la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.

Jusqu’ici, on a toujours vu les francophones, « demandeurs de rien », finir par ployer. 

Qu’en sera-t-il au lendemain des prochaines élections ?

Le confédéralisme, il faut le rappeler, n’est pas l’affaire de la seule N-VA. Elle n’existait pas lorsque l’idée en fut lancée, au début des années 90, par le ministre-président flamand Luc Van den Brande, un démocrate chrétien, qui précisait : Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme. Et le Parlement flamand avalisa la chose en 1999.

En s’opposant aujourd’hui à la N-VA, le CD&V adopte une attitude assez lamentable. Car c’est tout de même l’un des siens, Yves Leterme, qui porta en 2004 le cartel avec la N-VA sur les fonts baptismaux.

C’est aussi l’actuel président du CD&V, Wouter Beke, qui, dans une interview accordée au journal québécois « Le Devoir » en 2007, déclara : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Il y a donc aujourd’hui, dans le chef du CD&V, une grande hypocrisie, qui s’explique uniquement par le fait que ce parti est largement distancé par la N-VA

Les responsables francophones feraient, en tout cas, bien de méditer ces propos tenus par l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck : Il y a toujours eu, en Flandre, deux forts courants : la démocratie chrétienne et le nationalisme flamand démocratique. Ensemble, ils représentent un sentiment très majoritaire en Flandre. Ils sont complémentaires.

La Belgique pourrait, très rapidement, être mise échec et mat !

Jules Gheude sur le site de « La Libre.be »

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.

Belgique : rien ne va plus !

Par Jules Gheude

Les évènements de ces derniers jours sont-ils de nature à réconcilier le citoyen avec le politique ? Rien n’est moins sûr.

L’impression qu’ils laissent, est celle d’un grand magouillage : réticente à la signature du pacte de l’ONU sur la migration, la N-VA quitte la « suédoise », mais le Premier ministre évite la crise en poursuivant à la tête du gouvernement amputé et devenu minoritaire (il ne dispose plus que de 52 sièges sur 150 à la Chambre). En deux coups de cuillère à pot, l’équilibre linguistique est rétabli et les compétences sont redistribuées. Tenu à l’écart des tractations, le Roi n’a plus qu’à signer les arrêtés requis.

Sur les plateaux de télévision, les ministres N-VA démissionnaires apparaissent sereins et réagissent de façon relativement calme. Du côté du MR, on les remercie pour la collaboration qu’ils ont apportée depuis 2014. Le président Olivier Chastel va même jusqu’à déclarer : Je n’exclus pas de toujours gouverner avec la N-VA.

Charles Michel entend profiter des cinq mois qui le séparent des élections législatives pour prendre des mesures tangibles en ce qui concerne l’économie, la sécurité et le climat. Il compte sur le sens des responsabilités de l’opposition pour des soutiens au cas par cas. Il n’imagine pas que la N-VA puisse entraver la bonne fin de projets qu’elle a soutenus jusqu’ici.

Des engagements ont-ils été pris entre Charles Michel et Bart De Wever ? La chose n’est pas à exclure, encore que l’on voie mal les nationalistes flamands ne pas se radicaliser sur le plan communautaire en vue du prochain scrutin. Si l’immigration/sécurité constitue l’un de leurs thèmes privilégiés, il ne faut pas perdre de vue que l’article 1er des statuts de la N-VA prévoit l’émergence d’une République flamande souveraine.

Une chose, en tout cas, est sûre : Bart De Wever ne peut se permettre quatre ans supplémentaires de frigo communautaire. Jan Jambon a d’ailleurs rappelé que la mise en place d’un système confédéral restait la priorité.

Pour réaliser cette mutation institutionnelle d’envergure, il est nécessaire qu’une déclaration de révision de la Constitution intervienne avant la fin de la législature. La N-VA aurait-elle reçu des assurances à ce sujet, en échange d’appuis sporadiques à l’actuelle coalition orange-bleue ? La question mérite d’être posée.

Bart De Wever a toujours dit qu’il n’envisageait pas un processus révolutionnaire, mais évolutif. Le confédéralisme participe de cette logique : on commence par vider l’Etat de toute substance avant de le considérer comme totalement superflu.

Il y a un autre argument dont Bart De Wever a dû tenircompte : la N-VA est proche du milieu patronal flamand, lequel a clairement fait savoir qu’une chute du gouvernement entraînerait des conséquences désastreuses pour le monde entrepreneurial.

Le dernier baromètre politique a révélé que la N-VA restait le premier parti du pays, avec 28% d’intentions de vote (+3). Pour la première fois, cette progression ne se fait pas au détriment du Vlaams Belang, qui passe 11,3 à 11,7%.

Ce baromètre confirme, une fois de plus, que le Nord et leSud constituent deux démocraties opposées, qui pourraient rendre la Belgique totalement ingouvernable.

Lors de la crise de 2010 – 541 jours sans gouvernement de plein exercice -, un rapport de la Commission de l’Intérieur de l’Assemblée nationale française avait d’ailleurs conclu que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins certaine.

On a vu, lors du débat à la Chambre, le chef de groupe de la N-VA, Peter De Roover, se montrer d’une très grande fermeté. Lors d’une soirée-débat du Vlaamse Volksbeweging, le 14 octobre 2016, il avait déclaré : Si la N-VA et le Vlaams Belang obtiennent la majorité, ils réclameront l’indépendance de la Flandre. On se souvient aussi des propos tenus, en janvier 2016, par Liesbeth Homans, la ministre de l’Intérieur (N-VA) au sein du gouvernement flamand : Nous ne sommes pas demandeurs d’une énième petite réforme de l’Etat, donc je pense qu’en 2019, il s’agira d’autre chose. La scission de la Belgique ou en tout cas le transfert aux Régions et entités fédérées d’un maximum de compétences, ce qui amènerait la Belgique à disparaître d’elle-même. J’espère qu’elle n’existera plus en 2025 !

Dans la mesure où il considère que la coalition remaniée s’inscrit dans la continuité de la précédente, Charles Michel ne voit pas l’utilité de suivre la coutume qui veut qu’en pareille circonstance, un vote de confiance intervienne à la Chambre. Mais il se trouve face à la motion de confiance que l’opposition tout entière – N-VA comprise – a déposée. Qu’en sera-t-il vraiment ? Pour Théo Francken, l’homme le plus populaire de Flandre, les choses sont en tout cas claires : Gouverner encore avec le MR ? Oui, à condition de sortir du pacte migratoire. Un pacte dont la signature doit intervenir à New-York le 18 décembre…

 Elections anticipées ou non, le Royaume de Belgique apparaîtbel et bien en sursis. Pour le sauver, les responsables francophones ont toujours fini par quitter leur posture de « demandeurs de rien ». Cèderont-ils à nouveau ?

Du côté socialiste, Elio Di Rupo est bien déterminé à reprendre la main en Wallonie, à la tête d’une coalition dite « progressiste ». Un scénario qui ne pourrait qu’amener de l’eau au moulin des nationalistes flamands.

Le MR sera-t-il disposé à entamer des négociations sur le projet confédéral ? Un projet qui, il convient de le rappeler, a été porté au début des années 90 par le ministre-président flamand (CVP), Luc Van denBrande, et adopté en 1999 par le Parlement flamand. Interrogé, en 2007, par le journal québécois « Le De Devoir », Wouter Beke, l’actuel président du CD&V, avait d’ailleurs précisé : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

En termes de flamingantisme, les démocrates-chrétiens flamands ont suffisamment montré qu’ils n’avaient rien à envier à la N-VA. Souvenons-nous de Jan Verroken lors de l’affaire de Louvain, d’Eric Van Rompuy à l’égard du FDF dans le gouvernement Martens, de Luc Van den Brande et de son méprisant «Mijnheer H » lors de la crise fouronnaise… N’est-ce pas aussi Yves Leterme qui porta, en 2004, le cartel CD&V/N-VA sur les fonts baptismaux ?

Les options d’avenir ne sont pas légion. Soit la Belgique devient confédérale et, réduite à l’état de coquille vide, est très vite considérée comme inutile, soit elle devient ingouvernable et disparaît.

Dans un cas comme dans l’autre, la Wallonie se retrouvera livrée à elle-même, financièrement responsable de ses choix politiques. Une situation qui deviendra très vite intenable et entraînera une baisse drastique des prestations sociales.

L’enjeu, on le voit, est de taille !

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