Mépris démocratique

J’ai bien écouté la conférence du Président catalan. Je pense que son tort est d’avoir cru et de croire encore que l’Union européenne est une institution démocratique et aussi d’avoir cru que l’Espagne était devenue une démocratie.

J’ai aussi été frappé par « l’objectivité, l’écoute et la neutralité » des journalistes présents qui n’hésitaient pas à utiliser des termes comme  » vous et vos complices » ( sous-entendu : les millions de Catalans qui vous ont porté au pouvoir)…  Quel mépris !

Claude Thayse

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Grisailles d’automne… mais projets printaniers !

Par Georges-Henry SIMONIS

« La Wallonie doit sortir des clivages stériles pour relever la tête. Fièrement et d’urgence. Elle n’a plus le choix. »

J’emprunte cette phrase à l’article de Olivier MOUTON, journaliste au Vif/L’express, qui propose avec intelligence et grand talent une thérapie de choc pour la Wallonie  (n°24 du 03.11.17). J’ai l’impression que, depuis quelques mois, le temps s’est arrêté et que rien ne se dessine  à l’horizon de la Belgique. Il y a un an, j’avais écrit une petite plaquette sur « l’après-confédéralisme belge », où j’espérais des pistes structurelles nouvelles pour la Wallonie  et pour Bruxelles, notamment au prix d’un élargissement de la majorité gouvernementale de l’époque.

Certes, il y a eu un changement de majorité impromptu en Wallonie, les méandres liés à PUBLIFIN et son contexte provincialo-affairiste, ou encore le samu-social de Bruxelles : tout cela n’a pas éclairé le tableau !

Certes, il y a eu des progrès en matière de bonne gouvernance.

Il y a eu aussi des proclamations incantatoires sur la nécessité d’approfondir ou d’élargir le plan Marchal et d’accélérer le redressement de la Wallonie, mais rien de bien neuf. On dirait qu’il n’y a plus d’horizon ni de ligne de mire.

Rien de très visible sur les réformes institutionnelles : sénat, provinces, monarchie protocolaire, intercommunales. On pouvait les croire imminentes.

Rien sur la Fédération Wallonie-Bruxelles, malgré les disfonctionnements criants, et la nécessité de rapprocher enseignement et formation du monde des entreprises.

Rien sur l’élargissement de Bruxelles aux 25 communes, et à de nouvelles institutions régionales bruxelloises cohérentes.

Rien sur les conflits communautaires omniprésents : RER, SNCB, Zaventem, matériel militaire, politiques commerciales internationales des régions…

Le fédéral n’est pas en reste si on s’intéresse à la déstructuration organisée de la Justice, à l’absence d’indemnisation juste des victimes des attentats criminels, ou encore au manque de coordination des services de renseignements…

En outre, des échéances électorales se profilent, avec les risques de particratie étroite  et de mainmise excessive des présidents de partis comme on l’a vu cet été. Cela n’augure rien de bon pour des réformes structurelles dûment et calmement raisonnées.

Je retiens de ces derniers mois la conviction que les solutions dépendent largement des pouvoirs régionaux.

En Wallonie, et sans doute à Bruxelles aussi, peut-être faut-il s’inspirer de la nouvelle philosophie politique à la française surmontant les clivages anciens… Mais il y a peu de chance de voir en Wallonie un front commun associant socialistes, libéraux, écologistes, et autres…

Un  débat en profondeur sur l’avenir de la Wallonie risque de ne pas exister au sein du monde politique francophone.

Ne faut-il pas dès lors rendre la parole aux citoyens ?

Les gens sont inquiets, et souvent à juste titre, de la précarité dans laquelle ils sont contraints de vivre, et des menaces qui planent sur leur avenir et celui de leurs enfants.

Pour redonner une ligne directrice à la Wallonie, revendiquons du Gouvernement et du Parlement  de Wallonie l’organisation rapide d’états généraux de Wallonie.

Ce sera aussi pour nous, Alliance Wallonie France, citoyens qui ont fait le choix d’une intégration à la République Française tout en maintenant une certaine autonomie régionale wallonne, de faire entendre nos voix.

Tel est l’horizon nouveau que nous proposons avec conviction à la Wallonie pour Demain.

Et tant mieux si la région de Bruxelles, engluée dans le maintien d’une sorte de Fédération Wallonie/Bruxelles, réalise aussi des états généraux de Bruxelles.

Qu’en pensez-vous ?

G-H Simonis                                           04.11.17

La question catalane à Bruxelles

Non, la Catalogne n’est pas la Flandre. Celle-ci, majoritaire en Belgique, avec la main sur les principaux leviers de pouvoir, n’a pas de compte à rendre à un gouvernement central dont elle constitue le pilier principal. C’est à l’état belge de s’adapter aux volontés flamandes. Les ténors de la N-VA n’ont certes pas envie de se brûler les ailes mais il leur fallait quand même rappeler qu’ils ne sont pas insensibles à la cause des indépendantistes catalans. Et voici que la question catalane s’internationalise un tout petit peu.

Pour replacer cette actualité dans une perspective plus large, il n’est pas inutile de replonger dans cette analyse de Jacques Lenain. Ce texte, écrit il y a huit ans, garde aujourd’hui sa pertinence.

Un environnement européen faussement stabilisateur

Par Jacques Lenain

Il est courant d’entendre l’avis selon lequel l’Union européenne serait apte à faire et ferait réellement obstacle à une remise en cause de l’existence de l’Etat belge, dont les représentants osent prétendre qu’il est un modèle pour l’Union. Certes, il n’est pas douteux que les membres de l’Union sont désireux de voir l’Etat belge poursuivre son existence, même si ce devait être une existence toute d’apparence. Mais il n’est pas démontré que l’Union, en tant que telle, ait les capacités d’empêcher la scission d’un Etat, quel qu’il soit.

L’histoire des vingt dernières années nous enseigne bien au contraire que l’Union, d’une manière ou d’une autre, après un temps plus ou moins long, est toujours obligée d’accepter les séparations de type étatique, et d’accueillir par la suite en son sein les nouveaux Etats qui en sont issus. Rappelons que la Yougoslavie fédérale s’est décomposée, à la suite de la scission initiale de la Slovénie, puis celle de la Croatie, acceptées par l’Allemagne sans attendre l’accord de ses partenaires de l’Union, en cinq Etats (dont l’un, la Bosnie, et une fiction juridique, un protectorat européen de fait), puis six (Monténégro) et maintenant sept (le Kossovo), tous Etats (donc y compris la Macédoine et la Serbie) qui ont vocation à rejoindre l’Union. Que la Tchécoslovaquie fédérale s’est divisée rapidement dès que ses deux membres ont eu la liberté de le faire, lesquels sont très vite devenus des membres de l’Union. Que les trois Etats baltes ont pu quitter l’Union soviétique puis rejoindre aisément l’Union européenne. Et que l’entrée de Chypre dans l’Union européenne n’a pas abouti à la réunification espérée de ses deux parties grecque et turque.

En vérité, quand on retient que ces scissions auront précédé l’entrée dans l’Union européenne de tous les nouveaux Etats qui en sont issus, force est de constater que l’Union agit tout au contraire comme un déstabilisateur des Etats fragiles, ceux justement constitués de plus d’un peuple constitutif. Offrant la perspective d’un cadre sécurisant, l’existence même de l’Union encourage les mouvements nationaux/régionalistes européens à tenter, sans excès de prudence, la voie de l’indépendance. Normes démocratiques, marché économique commun, soutiens financiers, sont autant de garants européens de la réussite de la scission. Cet effet attractif et dissolvant s’exerce présentement sur les nations slaves d’Ukraine (menacée elle aussi de dislocation) et de Biélorussie, et s’étend jusqu’aux nations du Caucase. Mais il frappe aussi l’Ecosse britannique, le Pays basque et la Catalogne espagnols. Et donc également la Flandre belge.

Le discours mal maîtrisé et substantiellement imprudent de l’Union sur « l’Europe des Régions », largement instrumenté par les mouvements autonomistes et indépendantistes des Régions à forte identité, a encouragé ces orientations. Et, de fait, l’espace économique européen, la législation européenne, la monnaie commune aussi, sont autant de facteurs objectifs qui favorisent les indépendances des « petites nations », en rendant plus aisées les scissions, puis la mise en place et le fonctionnement des nouveaux Etats qu’elles engendrent. Ce que les milieux dirigeants flamands ne peuvent que constater.

Il n’est pas niable qu’une fraction importante du peuple flamand et la majorité de ses milieux dirigeants voient eux aussi dans l’édifice européen la demeure utile à l’accomplissement de leur rêve national indépendantiste. Fascinés par le succès des « petits » Etats européens, qui plus que les « grands », bénéficient du cadre européen, et tout comme les nationalistes écossais, basques, catalans, les Flamands nationalistes se voient à l’identique des Irlandais, des Danois ou des Luxembourgeois prospères, avec leur « petit » Etat bien protégé derrière les barrières européennes et transatlantiques (barrières institutionnelles, économiques, diplomatiques et militaires), tout en jouissant pleinement et sans réel devoir de partage de leurs avantages comparatifs propres (l’argument « francophone » souvent répété selon lequel le coût futur pour un Etat flamand indépendant de la solidarité financière européenne pourrait être comparable au coût actuel de la solidarité intra-belge n’a évidemment aucune base).

Quant aux Etats voisins de la Belgique, qui ont tous un passé de responsabilité dans la construction de l’Etat belge (Grande-Bretagne, France, Pays-Bas hollandais et Allemagne ex-prussienne), ils auront à cœur, certainement, de l’aider à se survivre. Pour autant, en cas de paralysie de son fonctionnement par suite d’un désaccord profond et persistant, leurs moyens d’action seraient limités voire nuls. Quels arguments pourraient-ils opposer aux résultats de referendums flamands et wallons soutenant largement la séparation (comme il en fut des referendums slovène et croate) ? Au mieux tenteraient-ils de préserver une entité bruxelloise « à leur main », tout en convenant du caractère inéluctable de la survenue du nouvel Etat flamand et en laissant à la Wallonie le choix de sa voie.

Qui plus est, le cadre juridique et institutionnel européen faciliterait grandement la scission de la Belgique, tant sur le strict plan technique que plus généralement sur le plan économique. Pas besoin de créer une monnaie. Ni un régime douanier. Garantie de maintien des échanges commerciaux avec tous les membres de l’Union, comme avec Bruxelles et la Wallonie. Et de la liberté de mouvement des capitaux et des personnes. Et aucun risque, contrairement à ce qui est dit souvent, d’être expulsé de l’Union pour un nouvel Etat flamand non désiré par les Etats membres de l’Union : qui (c’est-à-dire quelle force de l’Union) pourrait décider d’installer puis de gérer effectivement une barrière douanière entre la Flandre et la Wallonie ? Et pourquoi la France et les Pays-Bas hollandais voisins le feraient-ils ? Qui pourrait décider de mettre fin à la circulation de l’euro en Flandre et mettre en œuvre une telle décision ? Au pire, seuls les décideurs flamands et wallons pourraient organiser un contrôle du passage des personnes si leurs rapports étaient profondément dégradés. Ainsi, il faudrait donc bien que l’Union régularise la situation de « membre de fait » de la Flandre, et elle serait sans doute contrainte de le faire assez vite.

Ainsi, l’Union européenne apporterait à la Flandre, comme à tant d’autres entités nationales ou quasi-nationales, un cadre totalement sécurisant pour le nouvel Etat. Cadre dans lequel l’Etat flamand serait aussi souverain que tous les autres Etats. Souveraineté propre, flamande, qui sera préférée à celle de l’Etat belge quand les charges ou les contraintes imposées par lui seront considérées comme devenues inférieures aux maigres avantages qui lui restent.

En point final, notons que le mouvement de dissociation qui affecte la Belgique s’inscrit dans un mouvement historique, européen et mondial, de mise en cohérence des frontières politiques et des frontières linguistiques, après la quasi-disparition des empires multinationaux et des Etats autoritaires. A cet égard, il sera intéressant d’observer qui, de la Catalogne encore espagnole ou de la Flandre encore belge, accédera la première à l’indépendance. Même dimension (la Catalogne compte sept millions d’habitants). Même passé de contenu prestigieux. Même prétention identitaire, avec une langue propre. Même ouverture maritime, qui offre l’autonomie géographique indispensable. Même vitalité économique, qui donne l’assurance d’un pouvoir-agir propre. Même stratégie indépendantiste : une addition de faits accomplis successifs dont l’accumulation rendra un jour l’indépendance inéluctable, sauf à ce qu’il soit fait usage de la contrainte pour l’interdire. Parions cependant que la Flandre y parviendra la première car elle dispose d’un avantage majeur : son unification linguistique est achevée ou presque, alors que la Catalogne est encore loin d’un tel accomplissement. 

Et si on privatisait l’armée belge ?

VALMY revient à son tour sur la question du remplacement des F-16 de la « Composante Air » de l’armée belge.

Les éditorialistes du Mouvement flamand, moins toursiveux que les politiques, admettent que si les Wallons souhaitent acheter des Rafales, pourquoi les Flamands ne pourraient-ils pas acheter selon leurs choix ? (Lire ici l’article de Theo Lansloot dans le Doorbraak.) Alors que les « élites et gouvernants » restent au balcon, la Wallonie rattachiste se doit donc de faire entendre sa voix.

Georges-Henry Simonis pose la question d’importance : « …pourquoi ne pas rattacher complètement la marine belge à la marine néerlandaise… ? » Certes, « ça ressemble à une évidence géographique, et même historique qui engendrerait d’importantes économies » (pas de marine militaire avant la création de la section belge par Victor Billet en Grande-Bretagne en 1942), mais que faire des équipages wallons ?

Ne pourraient-ils choisir entre demeurer au service des héritiers de l’Amiral Michiel de Ruyter ou choisir les vaisseaux des héritiers de Surcouf ou de Jean Bart au sein de La Royale ? La Marine Nationale utilise les mêmes chasseurs de mines Tripartite; le commandement de la zone maritime Manche et Mer du Nord est basé à Cherbourg (autre chose que Den Helder…) et elle engage selon les mêmes critères. Ne pas perdre de vue que les navires et les installations portuaires « belges » sont de facto flamands. Les ports d’Antwerpen et de Zeebrugge, le Musée de l’Afrique à Tervuren, sont belges pour les investissements et flamands pour les retombées financières et le titre de propriété… Les Belges ne l’ont toujours pas compris !

Quant à la force aérienne belge, elle s’organise selon ses maîtres flamands à l’heure de l’OTAN et ceux-ci ne conçoivent pas les appels « à la sagesse la plus élémentaire ». Ils font tout pour se rapprocher des Néerlandais et ils n’ont cure de la « perspective européenne de défense ». Une escadre aérienne française se compose de 18 à 24 appareils. Aux experts wallons d’établir le nombre de Rafales à baser à Florennes. Cela permettrait d’insérer cette base wallonne dans le dispositif français de défense. Aux Flamands d’établir le nombre de F35 à acheter en tenant compte des désidératas néerlandais afin d’inclure Kleine-Brogel dans le dispositif néerlandais de défense. Rien d’alarmant, personne ne quitte l’OTAN !

La présente problématique contient en germe la régionalisation de l’armée belge. Inconcevable et horrifiant ? Non, évidemment, puisque toutes les armées de l’OTAN ne connaissent plus la conscription nationale et citoyenne (Valmy, c’est fini !) mais bien la « professionnalisation », soit une forme officielle de « mercenariat ». Voilà qui ouvre des perspectives plus qu’intéressantes ! De l’audace, encore de l’audace et…de l’imagination !

Pour Vincent Dujardin, professeur d’histoire contemporaine à l’UCL, « l’armée est importante pour notre sécurité mais aussi notre image à l’étranger »… « L’armée est l’instrument d’une politique. Vous n’avez pas de politique étrangère si vous n’avez pas aussi une politique de défense. » (Défilé du 21 juillet: RTBF La Première, publié le vendredi 21 juillet 2017 à 10h27). Si cela vaut pour les Belges, cela doit valoir aussi pour les Wallons et les Flamands qui détiennent déjà des compétences importantes en matière de politique étrangère. Compétences qui n’attendent que de se développer !

Ce serait aussi oublier qu’au cours des siècles, les Wallons ont constitué des unités militaires d’élite, au service de nations étrangères. « Aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, les régiments wallons ont contribué, pour une large part, à faire connaître le nom de Wallon à l’étranger » (Félix Rousseau, La Wallonie, terre romane – Namur, ville mosane). Au XVIIIe siècle, des Wallons servaient à la fois l’Empire espagnol, l’Empire d’Autriche, les Provinces-Unies et le Royaume de France. Au XIXe, on les retrouve au service de l’Espagne, de l’Autriche, dans les armées de la République française puis du Premier Empire et dans les rangs de l’armée hollando-belge à Waterloo (Histoire militaire des Belges, vicomte Charles Terlinden, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1966).

Voilà qu’en l’année 2000, « Pour ne pas briser l’équilibre Flamands-Wallons, le Ministre Flahaut est prêt à enrôler des étrangers. (…) Il est de plus en plus difficile de recruter des soldats en Flandre, le ministre de la Défense voudrait supprimer les quotas dans une armée qui doit être composée à 60 % de Flamands et 40 % de Francophones. (…) Mais ‘toucher à la répartition dans l’armée, c’est toucher à la clé de voûte de la Belgique. (…) On commence par l’armée et on continue avec le reste’, estime le politologue flamand Kris Deschouwer. (…) Il manque (…) ‘des soldats de base, mais aussi des informaticiens, des médecins, des ingénieurs’, reconnaît le syndicaliste militaire Emmanuel Jacob. Le ministre de la Défense estime qu’’il serait ridicule de refuser des soldats wallons’. Mais pour les Flamands, (…) cette mesure touche une corde très sensible. (..) Le ministre francophone a pensé enrôler des étrangers ‘européens et non européens’ (…). Selon lui, cela ‘pourrait préfigurer la future armée européenne’. (…) Les Flamands sont moins réticents à cette solution qu’à une éventuelle surreprésentation des Wallons. » (Sophie PERRIER — 8 novembre 2000 à 06:18 – Libération).

Alors, dans un confédéralisme intelligent, avant de parler d’indépendance, ne serait-il pas judicieux de donner à la Flandre et à la Wallonie le droit de choisir leur propre politique de défense ? Dans le cadre de l’OTAN bien évidemment. Mais il faut toutefois éviter les débats creux et coincés au Parlement. Un moyen subtil, qui devrait plaire aux Flamands adeptes de l’entreprise privée (ne vivons-nous pas au pays du surréalisme) consisterait à transformer l’armée belge, département public de la défense, en une société militaire privée (SMP) de type société anonyme. L’Etat belge deviendrait le client de l’armée qui lui fournirait des services dans le domaine de la sécurité et de la défense. L’état-major se transformerait en conseil d’administration (organe propre aux sociétés anonymes publique ou privée). Le lieutenant général, chef de l’armée, porterait le titre de Président du conseil et ses officiers supérieurs celui d’administrateurs. Les grandes unités deviendraient des entités de production de services. Des sociétés militaires privées existent en nombre aux USA et ailleurs dans des pays membres de l’OTAN. Il ne s’agirait pas exactement de mercenaires mais de contractuels au service de l’Etat belge comme sous l’Ancien Régime. L’intérêt de cette « astuce » résiderait dans la possibilité de se séparer d’une « unité de production de service » sans justification alors qu’envisager la régionalisation ferait hurler d’horreur les Belges et les hypocrites qui se cachent derrière cette étiquette. Il ne faut pas oublier qu’il existe en Belgique un précédant d’importance, largement ignoré par le bon peuple, la « Banque nationale de Belgique », société anonyme donc privée ! A partir de 1830, feu la Société générale de Belgique assura la fonction de banque centrale. La Banque nationale de Belgique fut créée le 5 mai 1850 sous la forme d’une société anonyme. Le capital social de la Banque est détenu à 50% par l’État belge. Les 50% restant sont cotées sur le marché Euronext Brussels. S’agirait-il d’une hérésie ? Pas du tout : au Québec, plusieurs établissements et institutions publics sont administrés par des conseils d’administration. Ces conseils peuvent être nommés par le gouvernement ou être élus en partie par la population. En conclusion : pourquoi pas l’armée qui se conçoit et se gère d’ailleurs comme une entreprise ?

Destination Ardenne

Les professionnels du tourisme de la province de Liège, de Namur, du Luxembourg et des Ardennes françaises collaboreront désormais autour d’une même appellation à destination du public international: l’Ardenne.

Cette nouvelle marque transfrontalière a été présentée vendredi par la fédération du tourisme de la province de Namur et le Groupement européen d’intérêts économiques ‘Destination Ardenne’.

Vivez une aventure au cœur de l’Ardenne

Certains découvrent la lune !

 Par Roland Douhard

  Depuis le début, l’enquête sur les tueurs du Brabant pose question, car, quels qu’ont été les enquêteurs depuis 34 ans, elle est apparue douteuse, voire orientée. De 1983 à 1985, les attaques meurtrières dans les magasins Delhaize firent 28 morts et de nombreux blessés.

  A l’aune des récentes révélations (*), il faut s’intéresser à l’épisode de l’attaque militaire, sous couvert d’un exercice commun de l’OTAN, de la caserne de Vielsam, en mai 1984, où un militaire belge fut tué, le sous-officier de garde, Carl Fresches. A l’occasion de cet « entraînement », des armes de combat ont été volées et des traces de ces armes, des douilles, semblent avoir été retrouvées plus tard sur d’autres scènes de crime.

  Il serait très utile d’analyser de plus près, enfin sans tabous, la présence de gendarmes de l’ex-Brigade Diane lors des attaques des magasins Delhaize et  les relations que l’Etat-major de la gendarmerie de l’époque, pour ne pas le nommer, le général Baurir et son entourage direct, entretenait avec des membres de la Sûreté de l’Etat ainsi que certains truands.

  Le témoignage interpellant du frère d’un des présumés meurtriers confirme ce que l’on savait, et non supposait, depuis longtemps; à savoir, le rôle joué par un groupe de gendarmes d’élite dans cette tragédie. Mais il faut voir cet épisode de plus haut et de plus loin.

  Relisons ce passage du livre d’investigation de Jean Mottard, avocat et homme politique liégeois, et René Haquin, journaliste au « Soir » de Bruxelles, tous deux décédés, « Les tueries du Brabant », Editions Complexe, 1990:

  « (…) L’ancien gendarme Lekeu et d’autres ont parlé d’une tentative de coup d’Etat. On trouve des indices qui donnent à penser à une oeuvre de longue haleine, orchestrée peut-être de l’étranger, destinée à contraindre le pays à se restructurer sur le modèle voulu par ceux qui ont organisé le complot. (…) »

  Il ne serait pas inutile non plus de mettre en parallèle les événements tragiques que se sont passés en Italie et en Belgique au cours des années fin ’70 et ’80. L’existence dans ces deux pays du réseau « Gladio », mis en place clandestinement après la Seconde Guerre mondiale, afin de pouvoir faire face à une éventuelle invasion des chars soviétiques.

  Les deux « ventres mous » de l’OTAN à l’époque, chacun le savait, c’était précisément l’Italie, où l’accession au pouvoir des communistes d’Enrico Berlinguer, en alliance avec la Démocratie chrétienne d’Aldo Mauro, le fameux « compromis historique », devenait possible, et la Belgique, Etat considéré comme déliquescent à Washington, gangréné à la fois par une guerre communautaire Nord/Sud et des syndicats marxistes; cela ne présageait rien de bon pour la solidité des forces atlantiques européennes.

  Les Brigades Rouges d’un côté, l’assassinat, entre autres, du président de la Démocratie chrétienne; l’extrême droite noire de l’autre et l’attentat de la gare de Bologne, qui fit 85 morts et plus de 200 blessés. Les Cellules Communistes Combattantes (CCC), avec l’attentat, parmi d’autres, contre le siège du patronat à Bruxelles, qui fit deux morts, deux pompiers; les Tueurs du Brabant wallons dans les magasins et sur les parkings Delhaize, dont on connait le bilan.

  A y regarder de plus près, les années qui suivirent ces séries d’attentats coïncident à Rome comme à Bruxelles avec l’augmentation très sensible des budgets alloués aux forces de l’ordre, Polizia di Stato et Gendarmerie, dès lors toutes deux considérées comme un Etat dans l’Etat sans réel contrôle démocratique. Pour la Belgique, il n’est pas inutile de rappeler que quelques années plus tard, le ministre socialiste flamand de l’Intérieur, de 1988 à 1994, Louis Tobback, proposa et décida de désarmer la gendarmerie, jugée trop dangereuse, elle-même fusionnée et donc dissoute par après avec la Police fédérale en 2001… Cherchez l’erreur.

  (*)  Un homme de Termonde, Flandre, a affirmé que son frère, un certain Christiaan Bonkoffsky, décédé il y a deux ans, ancien membre de la Brigade Diane de la gendarmerie, lui a confié sur son lit de mort,  qu’il était l’un des tueurs recherchés, mieux connu sous l’appellation du « géant ».

Y a d’la rumba dans l’air…

Par Georges-Henry Simonis

A juste titre, on se préoccupe grandement en Belgique du remplacement des avions de combat devenus trop vieux : des F16 américains, choisis à l’époque de préférence aux Mirages français. Militaires, politiques, industriels, financiers  s’en donnent à cœur joie. La presse aussi. De même que les spécialistes de l’éthique internationale et de la paix dans le monde.

Ni la Flandre indépendantiste, ni la Wallonie rattachiste ne peuvent rester étrangères aux débats. Quoi qu’en disent la Libre Belgique, le Premier Ministre, ou les ténors belgicains bien connus, la Belgique continue de se déliter.

Osons un comparatif entre les forces armées belges et françaises (chiffres wikipedia) :

Terre : Belgique 11.000 h/f et France : 120.000(h/f)

Mer : 1.500 (10 bateaux) et 43.000 (80 bateaux)

Air : 6.100 (68 avions ?) et 56.100 (874 avions)

Total : environ 30.000 et 200.350

La marine belge compte 2 frégates achetées aux Pays-Bas en 2005,  5 chasseurs de mines, 2 patrouilleurs, 1 navire de commandement : pourquoi ne pas la rattacher complètement à la marine néerlandaise avec qui des accords de coopération quasi complets existent déjà ? ça ressemble à une évidence géographique, et même historique (il n’y avait pas de marine belge en 1830…), qui engendrerait d’importantes économie.

Quant à l’armée de l’air belge, vu l’exiguïté du territoire, la sagesse la plus élémentaire serait d’intégrer ses quelques avions et hélicoptères aux 275 avions de combat qui existent en France. Dans une perspective européenne de défense, des accords de coopération internationale apparaissent comme plus que jamais nécessaires et souhaitables. Il faut dès lors profiter de l’ouverture exceptionnelle que fait la France sur le plan économique, et avoir le courage politique de choisir l’avion français de préférence à l’avion « made in Trump »

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde