Un peu de poésie…

Par nos racines latines, par nos étoiles voisines, par nos chemins fidèles, par nos récits
partagés, par nos lectures croisées, par nos écrits jumelés, par nos regards
complices, par nos mémoires communes, par nos rêves de lumière, par nos pierres
inachevées, par nos limites humaines, par nos forces pleines, par nos vallées
survolées, par nos chaumières écrasées, par nos collines évadées, par nos
fleuves reliés, par nos flux déliés, par nos luttes bord à bord, par nos
coulées contigues, par nos coudées fraternelles, notre amour de la vie et la
passion de la liberté, oui, sans honte et sans orgueil, je dis, j’écris que la
Wallonie est de France comme la France est de Wallonie, unies par l’histoire et
réunies par le destin.

Texte écrit par Roland Douhard.

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Ce matin, j’étais à Seraing…

Belle manifestation que celle qui s’est déroulée ce matin à Seraing. Plus de 10 000 manifestants, pas de casseurs, des discours mesurés et intelligents, pas de place laissée à des discours du personnel politique toujours prêt à récupérer l’événement.

Par contre, j’y ai senti  un souffle citoyen. J’ai apprécié la présence importante des deux principaux syndicats français : la C.G.T. et la C.F.D.T.

De leur côté, les délégations flamandes étaient plutôt maigres, n’en déplaise au P.T.B. (Parti des Travailleurs de Belgique) qui en est toujours au modèle fédéraliste belge complètement dépassé.

J’ai  particulièrement apprécié les discours qui réclamaient  l’urgence de créer une Europe sociale. Ils rejoignaient là toutes celles et tous ceux qui avaient dit majoritairement « non » au projet de constitution européenne lors des référendums en France, aux Pays-Bas et en Irlande.

Pour rappel, en Belgique, nous n’avions pas pu nous exprimer, et ce pour deux raisons :

1)     Notre personnel politique trouvait la chose trop complexe que pour proposer aux Citoyens de s’exprimer en une matière aussi  importante. (Rappelez-vous combien ils étaient en séance, eux, pour se prononcer …!!!)

2)     Tout référendum est interdit par la Constitution belge depuis « l’affaire royale » de 1950 (voir « Affaire royale » sur le net).

Nous sommes à un moment important de notre histoire et de l’histoire du monde (conséquences des révolutions arabes, crise de l’Europe qui aura des répercussions partout dans le monde (voir l’inquiétude de la Chine), surendettement des Etats-Unis et du Japon, choix de nouveaux modes de société, crise de l’Etat belge…)

Le meilleur comme le pire peuvent survenir. A chaque Citoyen de garder son esprit critique pour que ce soit le meilleur que nous puissions offrir à nos enfants.

Paul Durieux

Quand Bart de Wever parle aux nationalistes écossais

 Article de Michel Vandersmissen dans «De Morgen» du lundi 24 octobre

 Bart De Wever a assisté au congrès annuel d’automne du Scottish National Party (SNP).

 Dans son discours en anglais – un anglais bien meilleur que celui d’Elio Di Rupo -, il a expliqué comment les pays européens étaient devenus, via des chemins divers, des Etats souverains.

Pour bâtir une nation forte, il faut également une identité politique. Le nationalisme au 21ème siècle est une force positive et nécessaire quand il est basé sur la démocratie, la solidarité, les lois et les droits du citoyen.

Quand il parle de la Belgique, sa voix se fait plus forte. La Belgique n’est plus une démocratie. Au lieu de construire une démocratie en Belgique, les francophones ont développé une démocratie parallèle au sein de l’Etat belge et contre la majorité flamande. C’est pourquoi la Belgique est maintenant divisée en deux parties, en deux démocraties. Chacune avec ses propres médias, institutions et partis politiques. Nous n’avons plus rien en commun. Et pour donner plus de poids à ses paroles, il cite le commissaire européen Karel De Gucht : La Belgique est devenue une conférence diplomatique entre deux nations.

Le SNP veut organiser un référendum sur l’indépendance. Bart De Wever trouve cela très bien, mais il estime que le SNP joue gros. Et si on obtient un résultat négatif ? On risque de rendre le thème d’une plus grande autonomie inabordable pour des années. Avec le système électoral britannique – où le parti qui obtient le plus de voix obtient également le siège dans une circonscription électorale -, la N-VA aurait également la majorité absolue en Flandre et nous pourrions aussi, en théorie, proclamer l’indépendance ou organiser un tel référendum. Mais je ne pense pas que la Flandre soit prête pour cela. Je sais qu’il n’y a pas actuellement de majorité pour une indépendance flamande. Je suis partisan d’une évolution – accroître progressivement l’autonomie -, au lieu de la révolution. Nous  devons démolir calmement notre vieille maison au lieu de la flanquer tout de suite par terre. Dans le même temps, nous construisons une nouvelle maison en Europe. C’est pourquoi il vaut mieux tendre d’abord à une autonomie fiscale totale.

Que serais-je sans toi…?

« On va finir par leur dire merci si ça continue ! »

Ainsi commençait l’éditorial de Béatrice Delvaux, l’autre jour.  Explication : « Si la Wallonie a bougé ces dernières années, se modernisant, abordant ses tabous et croyant in fine en elle, c’est souvent sous les coups de boutoir des Flamands et la peur qu’ils inspiraient. C’est le couteau flamand sur la gorge que les Wallons ont régulièrement pris certaines décisions qu’ils auraient dû spontanément adopter. »

Donc : merci au couteau sur la gorge. Si celui-ci pouvait réellement susciter une réaction de fierté chez les Wallons, ne serait-ce que leur faire envisager, peut-être espérer, la fin de la Belgique, on serait presque d’accord avec Béatrice Delvaux. Mais ce que veut l’éditorialiste en chef du journal Le Soir, c’est au contraire enfermer la Wallonie dans une relation déséquilibrée avec la Flandre, dont les agressions sont légitimées par la mollesse de l’agressé.

Béatrice Delvaux renouvelle ses sophismes au gré des circonstances et de ses humeurs mais c’est toujours pour nous conduire à la même conclusion : l’important, c’est de rester belge.

Cet édito est à lire ici .

Indigné, je le suis !

Jean-Alexis D’Heur (Liège)

Nos grands cerveaux politiques sont ravis et radieux. Leurs petits replis tressaillent de bonheur. Pensez donc, ils sont des sauveteurs d’essentiel. Grâce à leur valeureux combat, les 93 % de Bruxellois francophones conservent la jouissance de droits démocratiques que menaçait le fanatisme belliqueux de leurs « chers amis flamands ». D’ici peu ils auront celle de continuer à parler français même en dehors de chez eux ! Quelle victoire ! Quel triomphe ! Les lauriers de la victoire poussent sur les têtes fatiguées des nuits à battre et rebattre les cartes biseautées du vieux jeu politique belge. La porte est ouverte à de nouvelles victoires, c’est pour elles que nos vaillants se réinstallent dans le même tripot.

Cette fois, il s’agit de faire survivre économiquement et socialement un Etat politiquement moribond. Quel bonheur pour nos fatigués de retrouver le terrain familier des vieux slogans idéologiques gauchistes et droitistes que l’on dut remiser trop longtemps. De nouvelles cartes sont dans les mains affolées des éternels perdants que les Wallons élisent depuis plus de cinquante ans avec une consternante continuité. Nos maquignons vont maquignonner à nouveau pour sauver le régime qui les nourrit, pour que survive le vieux marché où l’on se tape dans les mains, affaire conclue, après avoir fait semblant de se taper sur la tête. Ils reviennent à table en s’échangeant des « ayons confiance ». Confiance en qui, en quoi ? Ils ne le savent pas. Mais le répéter, même en l’air, donne du cœur aux ventres qu’il faut remplir.

Du courage, il leur en faudra pour affronter ceux qui savent ce qu’ils veulent et qui l’auront seulement parce qu’ils le veulent beaucoup. Ce qui tracasse nos fuyards, ce n’est pas les futures capitulations, c’est de trouver les tromperies qui les maquilleront en victoires. C’est aussi comment sauver « l’essentiel », le régime qui satisfait leurs nombreux grands appétits. Et peu importe le prix payé par les naïfs qui les élisent. Nos valeureux sauveteurs d’Etat vont à nouveau réunionner, tableronder, carrefourer à trois, à six. Plus à huit. Moins on est, plus les parts sont grandes ! Comme toujours, ceux du nord vont s’agiter, crier et menacer ceux du centre et du sud, qui vont solliciter, supplier et implorer. Ils se reposeront quelques heures par semaine quand le papillon-chef ira chez le Grand-Chef-Roi pour lui dire si tout est à point ou seulement à poings. L’important c’est que tout dure.

Et les Wallons ? Ne seront-ils jamais que les spectateurs distraits et indifférents à l’avenir que d’autres leur fabriquent ? Presque assoupis dans leur siège, continueront-ils à applaudir et rappeler les guignols-farceurs s’agitant sur les tréteaux du vieux théâtre belge qui va fermer ? N’écriront-ils jamais leur propre pièce qu’ils joueront ailleurs ? Si, ils l’écriront et la joueront. Ce sera demain, peut-être aujourd’hui s’ils le décident. Alors un nouveau rideau s’ouvrira sur une nouvelle scène où les Wallons joueront les rôles qu’ils se sont choisis…

Moi, j’étouffe…

Jean-Luc Lefèvre (Emptinne)

L’actualité apprend souvent davantage que les billets inspirés des politologues certifiés et des éditorialistes accrédités. Encore faut-il prendre du recul et, surtout, un peu de hauteur !

A Paris comme à Bruxelles, la Haute Assemblée vient de changer de main. Rien n’avait été prévu, ni un caillou électoral dans le moyeu du char présidentiel, ni une lueur dans le tunnel des «affaires courantes». A Paris, la prise du Palais du Luxembourg a été perçue comme une nouvelle chute de la Bastille, à Bruxelles, la défénestration de Dany n’a pas même suscité l’effervescence du comprimé dans le verre d’eau.

A Paris, tout est toujours possible, à Bruxelles, rien ne changera plus.

A Paris comme à Bruxelles, on prépare l’avenir et on fourbit les armes pour conjurer un destin incertain. On sait les échéances budgétaires, on connaît les enjeux du vieillissement.. A Bruxelles, on doit de surcroît trouver les raisons d’encore vivre ensemble dans un état écartelé.

A Paris, ceux qui se préparent au combat sont ceux du XV de France. Une large équipe donc, couvrant ainsi tout le spectre politique et offrant à l’électeur de réelles alternatives. A Bruxelles, on se contente d’un vestiaire bien plus confidentiel : ce sont les mêmes joueurs qui se retrouvent, toujours et partout, des salons feutrés de la Chambre aux studios de la RTBF ou de RTL-TVI, comme si le banc des réservistes était désert !

Souvent, trop souvent, leurs parents «jouaient» déjà dans la cour des Grands : les tactiques institutionnelles sont devenues pour eux une spécialité familiale. Quand  s’installe la mêlée  (les matches sont toujours très fermés en Belgique !), on ne parvient plus à distinguer les maillots. Si d’aventure l’un d’entre eux ose une percée, tous se précipitent alors sur lui, comme ces pré-minimes qui oublient d’exploiter toute la largeur du terrain.

A Paris, on aime un stade qui exulte. On associe les spectateurs ! Ce sont ces «primaires» qui permettent à chaque candidat d’annoncer la couleur, sa couleur, celle qui fait sa singularité et dont il est fier. Qui permettent aussi au candidat malheureux, entre les deux tours, comme aux législatives d’ailleurs, de dire à l’électeur le choix de son cœur…La liberté de chacun demeure entière.

A Bruxelles, rien de tout cela ! On y préfère le vase-clos, le «Huis clos» sartrien. A Bruxelles, on joue à bureaux fermés ! A Bruxelles, foin des sensibilités de chacun : le parti décide seul des alliances pré- et même post-électorales. En Belgique, seuls les électeurs néerlandophones savent les revendications institutionnelles de leurs candidats au moment de déposer leur bulletin dans l’urne ! A Bruxelles, le  pays s’arrête aux  joies et aux deuils familiaux des conspirateurs. En terre romane, avec le graal du gouvernement d’union nationale, sans opposition parlementaire donc, on rêve même d’un gouvernement en «affaires classées» après celui en «affaires courantes» !

A Bruxelles, des boutiquiers ont pris la place des visionnaires, de celles et de ceux qui ont toujours un projet d’avenir pour le pays. Et les débats de boutiquiers n’intéressent jamais, c’est bien connu, les citoyens… même en démocratie. Ils n’y comprennent rien ! A quoi bon les associer ?

Et ils reprochent encore aux autres d’avoir leur projet : aux Italiens avant-hier, aux Suisses et Sabena, hier, aux Hollandais et I.N.G., aux Français, surtout ces Français, avec BNP-Paribas, Suez-Gaz de France et Dexia…

Après le huis clos, «l’enfer, c’est les autres», Calimero !!!

Ils ont encore une dizaine d’années devant eux pour changer… pour initier la grande révolution copernicienne du sud du pays !

Courage, donc, et, surtout, croisons les doigts !

La foi, paraît-il, soulève les montagnes.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde