« Maintenant, la France, au secours ! »

Au Congrès National Wallon d’octobre 1945, une majorité relative avait d’abord voté la réunion de la Wallonie à la France. Ce fut le vote dit sentimental. Avant le second vote, dit de raison, en faveur du fédéralisme, le poète et romancier montois, Charles Plisnier, applaudi par l’assemblée debout qui chanta la Marseillaise, avait terminé en ces termes un discours prémonitoire : «Lorsque nous auront fait cette expérience ultime [celle d’une Belgique fédérale] et si, comme je le crains, cette expérience avorte, alors –j’entends le dire aujourd’hui – nous serions justifiés à nous tourner vers la France et aucun reproche ne pourrait nous être adressé, car cette expérience nous la ferons en toute loyauté et sans arrière-pensée d’aucune sorte.  Alors nous lui dirions : “Maintenant, France, au secours !” et, croyez-le bien, elle viendra ! »

Par la volonté des nationalistes flamands, désormais de plus en plus majoritaires, l’expérience ultime de la Belgique fédérale a avorté. Seuls l’ignorance, l’aveuglement partisan,  la mauvaise foi, l’intérêt lié à une rente de situation poussent encore certains Wallons à arborer le drapeau belge. Lorsque les Flamands auront obtenu leurs frontières nationales grâce à la scission de BHV, il ne fait aucun doute qu’ensuite ils dénonceront les transferts fédéraux. Oublieux que les Wallons les ont puissamment aidés jusqu’au milieu des années soixante, les Flamands ne veulent plus payer pour ceux qu’ils considèrent désormais comme des parasites.                                                            

Or, comme l’a prouvé le professeur Jules Gazon, la Wallonie indépendante n’est pas viable. Son marasme serait pire que celui de la Grèce. Faute d’avoir eu le courage d’anticiper, non seulement nous serions largués par les Flamands, dans le déshonneur, mais nous plomberions l’avenir de nos enfants.

La seule solution, celle du cœur et de la raison, celle de l’honneur et de la dignité, est la réunion de la Wallonie à la France.

                                   L’ALLIANCE WALLONIE-FRANCE

L’AWF veut regrouper des citoyens d’horizons politiques différents qui ont en commun de vouloir la réunion de la Wallonie à la France. Elleveut rassembler tous les réunionistes, quelles que soient leurs sensibilités politiques, pourvu qu’ils soient amis de la démocratie. L’AWF n’est donc pas un parti politique mais un mouvement qui se dissoudra une fois son objectif atteint.

L’AWF engage tous les réunionistes à s’unir quelles que soient leurs préférences sur le type d’union. Une fois le principe de l’union à la France acquis, il appartiendra aux Wallons de choisir puis de négocier avec la France un type d’union qui pourra aller de l’assimilation pure et simple à un statut prévoyant le maintien de certaines spécificités fédérales ou régionales wallonnes et, pourquoi pas, belges, comme le permet la constitution de la République française. Dans tous les cas de figure, la France reprendrait notre dette, assurerait la sécurité sociale et, au minimum, tout ce qui relève du fédéral.

L’AWF récuse tout projet de réforme des institutions belges, qui prolongerait de façon malsaine un État moribond. Un peu de dignité : finissons-en !         

L’AWF affirme que notre rang dans le monde, à nous Français, dépend de la force de notre rayonnement culturel, de celui de notre langue. Il faut maintenir le français comme langue de l’université, comme langue internationale de travail dans les institutions européennes, notamment à Bruxelles. Notre patrie, c’est la langue française.

L’AWF s’engage, pour les élections à venir, à soutenir tous les partis démocratiques et tous les candidats de n’importe quel parti démocratique qui auront dans leur programme la réunion dela Wallonie à la France.

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Interview de Jules Gazon par le KNACK

Merci à Jules Gheude pour la traduction de l’interview qu’a donnée Jules Gazon à la journaliste Han Renard.

Interview de Han Renard : KNACK

Jules Gazon, professeur émérite, HEC, Ecole de gestion de l’Université de Liège

Question : La grande opération d’assainissement des finances publiques belges (22 milliards d’ici 2015) ne risque-t-elle pas de mettre en péril la relance économique de la Wallonie et le niveau de vie des Wallons ?

L’assainissement de 22 mia des finances publiques belges est un objectif qu’il convient d’atteindre d’ici 2015, car il correspond grosso modo aux besoins de financement moyen de la Belgique de ces deux dernières années. En matière de finances publiques, l’objectif raisonnable à long terme de tout Etat est de générer un solde primaire, c’est-à-dire un solde avant prise en charge des intérêts de la dette publique, suffisamment positif pour couvrir précisément les charges d’intérêt de cette dette publique afin d’éviter l’effet «boule de neige». Bien évidemment, les besoins de financement de la Belgique d’ici 2015 vont aussi  dépendre fortement du taux de croissance de notre économie qu’il est bien difficile de prévoir dans les turbulences actuelles.

Ma note de réflexion que j’ai fait circuler la semaine dernière montre que le solde primaire à financer, trouve son origine  souvent exclusive dans le solde primaire wallon, la Wallonie étant perçue, pour le calcul, comme une entité autonome pour ses recettes et dépenses publiques. Celles-ci ont été calculées en ajoutant le solde primaire fédéral défédéralisé au solde primaire des Communautés et  Régions en tant qu’entités fédérées. En 2009, ces soldes primaires sont : Flandre : +863 mios ; Wallonie : -7803 mios ; Bruxelles : -687 mios.

Si l’on en tirait la conclusion que l’effort d’assainissement du solde primaire doit être supporté par les seuls Wallons, il est bien évident que cela engendrerait un appauvrissement de la Wallonie qui risque de créer un climat  insurrectionnel mettant en péril l’économie de tout le pays. Tant que la Belgique qui s’annonce maintient le lien solidaire entre ses Communautés et Régions, comme il sied pour tout Etat fédéral, l’effort d’assainissement doit être supporté par tous les Belges en s’attaquant prioritairement aux positions privilégiées, tant au niveau des recettes que des dépenses. Toutefois, la réflexion ne peut pas aujourd’hui évacuer l’avenir institutionnel de la Belgique et de ses Régions.  Dès lors, quel que soit le destin institutionnel  futur de la Wallonie, son intérêt prioritaire aujourd’hui est de s’attaquer avec rigueur aux causes de son déficit. Lorsqu’il faudra doser les efforts entre Flamands,  Wallons et  Bruxellois, j’invite donc les responsables wallons à privilégier, dans leur intérêt propre,  les choix susceptibles d’améliorer  de façon structurelle et définitive les comptes de la Wallonie dans le but de dégager à terme des comptes équilibrés sous l’hypothèse fictive ou réelle  d’une Wallonie autonome. Ce qui signifie, la capacité de générer un solde primaire non seulement positif, mais supérieur à la charge d’intérêt de la dette publique qui pourrait un jour lui être imputée pour éviter  l’«effet boule de neige».

Pensez-vous comme économiste, que cette course vers l’orthodoxie budgétaire soit nécessaire ? Va-t-elle rassurer les marchés et quid de la croissance économique ?

Lorsqu’un pays  est confronté à un déficit public important qui risque de s’aggraver en raison des intérêts d’une dette publique elle-même anormalement élevée, le problème est compliqué à résoudre car inévitablement, la solution met en présence deux forces économiques antagonistes : d’une part, la nécessité de résorber le déficit public et donc de réduire pour un temps le revenu disponible de nombreux  citoyens et d’autre part de favoriser la croissance, sachant que la demande intérieure dépendant du revenu en constitue un facteur déterminant.  Il faut trouver le chemin le plus adéquat entre ces forces contradictoires. Mais si, à court terme, une politique budgétaire contra-cyclique doit parfois s’imposer, à long terme,  l’orthodoxie budgétaire est nécessaire car on ne peut reporter indéfiniment l’effort sur les générations futures. La finance internationale dont on peut aujourd’hui critiquer et combattre la dimension spéculatrice, est salutaire lorsqu’elle rappelle aux gouvernants, par la hausse des intérêts sur la dette publique, que l’on ne peut s’endetter sans limite. On ne peut vivre indéfiniment au dessus de ses moyens comme on ne peut partager que ce que l’on crée.

La variable qui permet d’atténuer les effets pervers pour la population wallonne des mesures de redressement de ses finances publiques, c’est la durée pendant laquelle la Wallonie peut encore bénéficier de la solidarité nationale.  Les responsables wallons doivent donc profiter de la prochaine législature pour assainir les finances publiques en s’attaquant  prioritairement aux causes du déficit wallon évoqué. Ce faisant, ils ne contribueront pas seulement à éviter que la finance internationale ne s’attaque à notre pays, mais ils prépareront un avenir wallon prospère sous toutes les hypothèses institutionnelles envisageables.

La Wallonie, dans sa situation actuelle, est-elle capable d’aider la Belgique pour atteindre cet équilibre budgétaire en 2015 ?

La Wallonie souffre de plusieurs maux dont certains remontent au passé. Mais on ne peut imputer indéfiniment à l’Histoire la responsabilité du mal présent. Outre les mesures destinées à accroitre la compétitivité de nos entreprises et l’innovation,  ce qui implique, comme le propose Di Rupo, d’alléger le poids fiscal dans le coût salarial, je me limiterai à évoquer deux problèmes qui handicapent constamment la Wallonie et qui mériteraient d’être abordés autrement, ne serait-ce que pour rendre une crédibilité à la gouvernance publique.

Il faudrait s’attaquer prioritairement à l’hypertrophie politico-administrative non seulement en Wallonie, mais aussi à Bruxelles  et en Flandre.  Il faudrait réduire les dépenses politiques bien au-delà de ce que propose la note de Di Rupo.  Même s’il étonne, un objectif d’une réduction de  50% des dépenses publiques inhérentes à la fonction publique (les élus et leur cabinet) n’est nullement exagéré puisque nous resterions encore les champions du monde de ces dépenses politiques en les rapportant au nombre d’habitants ! Par ailleurs, on doit mettre  en adéquation les dépenses administratives avec des objectifs de productivité reconnus et mesurables.

D’autre part, s’il est un domaine où la révolution copernicienne s’avère nécessaire, c’est la politique de l’emploi.  Il est possible, sans qu’il n’en coûte plus à l’Etat que ce que ne coûte les allocations de chômage et autres avantages octroyés aux chômeurs, de leur substituer un contrat d’emploi, non subsidié, avec rémunération correspondant aux qualifications. Ce contrat d’emploi serait un contrat-formation, voire de coaching  pour les chômeurs de longue durée qui sont devenus inemployables. Mais une telle politique postule la mise en application d’un principe éthique, fondement de la démocratie, mais refusé par nos responsables politiques qui ne veulent pas  se défaire du clientélisme qui leur assure un marché électoral captif. Ce principe est : « Dès lors que le droit au travail est garanti, le devoir de travailler s’impose pour toute personne en âge de travailler et en bonne santé physique et psychique ».  Dans un premier temps, le boni budgétaire se réduirait à la suppression de toutes les politiques  d’emploi actuelles (souvent contreproductives!).  Mais, pour le futur, une nouvelle dynamique d’emploi verrait le jour. Je propose un contrat de formation qui serait un contrat en bonne et due forme, car remplaçant les allocations afin de ne pas stigmatiser ces personnes pendant leur remise à niveau obligatoire (*). Et on mettrait ainsi fin à cette dérive inégalitaire dont on connait l’origine, qu’engendre notre système depuis le milieu des années 70, à savoir le sas des chômeurs de longue durée (+/- 70% des chômeurs en Wallonie) dont ils ne sortiront jamais, leurs enfants étant programmés pour n’avoir comme horizon que la société d’assistance. On en est à la troisième génération ! N’est-ce pas un véritable déni de démocratie que d’empêcher des enfants d’avoir accès à la dignité et au travail en raison du milieu où ils naissent !

Pour conclure, si l’Histoire et les circonstances  permettent aux Wallons de vivre aujourd’hui au-dessus de leurs moyens, il faut savoir que cela ne peut durer et que plus tôt on changera de cap, moins grand sera l’effort du redressement.

(*) lire le livre de Jules Gazon : « Le chômage, une fatalité ? Pourquoi et comment l’éradiquer ? »

Manifeste d’un vieux militant

Le manifeste de Jean-Alexis D’Heur

« Il n’y a pas de Belges mais des Wallons et des Flamands » écrivait Jules Destrée en 1912.
Une évidence cachée aux Wallons par les profiteurs francophones du régime belge mais qui ne l’est pas au Nord tendant à donner un Etat à la nation qu’il est déjà.
Les Wallons doivent choisir leur avenir politique en dehors du cadre belge qui « s’évapore » davantage chaque jour.
Les Rattachistes veulent aider les Wallons à sortir de l’Etat Belgique comme on sort d’une maison qui s’effondre.
Ils continuent le combat entamé par le Mouvement wallon depuis plus d’un siècle et demi.
Libérés de l’Etat belgo-flamand tellement meurtrier pour eux, les Wallons vont se choisir le destin nouveau qui leur assurera la dignité et la prospérité qu’ils ont connues.
Les rattachistes leur proposent le grand destin qu’ils méritent dans la France retrouvée, cinquième puissance mondiale, dans une France décentralisée soucieuse du bonheur de toutes ses régions.
Les déroutes, les humiliations, les gifles, les capitulations qu’ont toujours permises les trahisons répétées de ceux qui devaient défendre les Wallons
                                                                     C’EST  FINI !
Le peuple wallon se lève.
Rien ne peut arrêter le destin d’un peuple dont l’heure à sonné.
     VIVE LA WALLONIE FRANCAISE.
 

                                        Ce que nous voulons 

1.  Dans l’ordre politique.
 
        Les rattachistes veulent le retour de la Wallonie dans la France.
        En conséquence, ils récusent tout projet de réforme des institutions belges qui ne ferait que prolonger la vie d’un Etat qu’ils ne veulent plus.
         Le statut de la Wallonie française sera négocié avec le Gouvernement de la République.
 
2.  Dans l’ordre moral.
 
         Les rattachistes suivent la direction morale et civique du service au peuple wallon.
          Cette fidélité exige un enrôlement, un ordre de marche, la volonté de se battre et de vaincre.
 
3.  Dans l’ordre social.
 
        Les rattachistes exigent le grand dégagement de chaleur sociale qui donnera aux Wallons le pacte social qui leur assurera une sécurité vitale minimum et améliorera le sort des plus déshérités d’entre eux.
        Les rattachistes proclament que la richesse d’un Etat est la richesse sociale.
 
4.  Dans l’ordre démocratique.
 
        Les rattachistesz veulent tous les renouveaux dont ceux de l’esprit démocratique et de liberté comme aussi celui du sentiment de responsabilité chez le citoyen et dans les institutions.
        La mentalité citoyenne gouverne toutes les activités publiques et individuelles.
 
5.  Dans l’ordre de l’enseignement.
 
        Parce que, comme le social, l’enseignement est la richesse d’un peuple, il est l’objet de la plus grande sollicitude.
        Il doit permettre à chacun d’acquérir les connaissances qu’il veut avoir.
        Aucun obstacle, y compris financier, ne peut arrêter la progression vers les savoirs.
        Dans chaque niveau d’enseignement seront présents un mécanisme de rattrapage et/ou de réajustement qui aideront à le franchir ainsi que les passerelles qui faciliteront le passage de l’un à un autre.
 
6.  Dans l’ordre culturel.
 
        Le public et le privé collaborent:
        –  pour améliorer l’apprentissage de notre langue française et sa pratique correcte.
           Le niveau social et intellectuel du peuple s’élève avec la possession des richesses de sa langue.
        –  pour maintenir les parlers wallons qui colorent notre français et reflètent la mentalité des populations wallonnes
        –  pour développer l’étude et la pratique des arts, en faire connaître les oeuvres et pour améliorer les conditions de vie de ceux qui les font.
 
7.  Dans l’ordre économique.
 
        Les rattachistes veulent l’économie qui amène la production grandissante de richesses profitables à tous les citoyens.
        L’enrichissement collectif devra s’accompagner d’une croissance sociale et d’une progression de l’emploi.
        La réalisation de ces objectifs liés doit amener de nouvelles égalités dont celle des sexes.
        Le développement économique respectera les équilibres naturels.
 
8.  Le préalable mobilisateur.
 
        Le préalable à tous les renouveaux de la Wallonie est son affranchissement de l’Etat belge.
 
     Dans sa lutte pour le conquérir, les rattachistes et les indépendantistes sont des alliés.
 
9.  La Wallonie dans la France.
 
        Dans la France, la Wallonie française jouira du statut qu’elle aura négocié avec les autorités françaises.
        Les négociateurs wallons exigeront qu’aux acquis obtenus par les Wallons dans leurs luttes sous l’ancien régime belge et maintenus dans ledit statut s’ajoutent ceux gagnés par leurs nouveaux compatriotes dans leurs propres luttes.
 
10. Nature de l’engagement rattachiste.
 
        L’engagement rattachiste est radical parce que l’honneur, la liberté et le bonheur d’un peuple ne se négocient pas.
 
11. L’avenir de la Région bruxelloise.
 
        Les rattachistes wallons respecteront le destin que la Région bruxelloise se choisira.
        Ils souhaitent qu’elle partage le destin français de la Wallonie.
        Quel que soit son choix ils l’assureront des solidarités qui lui seront nécessaires.
        Le choix de la Région bruxelloise ne pourra ni retarder ni modifier celui que la Wallonie aura décidé pour elle-même.
 
                                                                                

Et la Wallonie dans tout ça… ?

Ce n’est pas à nous qu’il faut reprocher de voir le monde à travers les mailles du drapeau belge.

Nous ne pensons pas que le royaume de Belgique est à préserver comme un patrimoine de l’humanité, ni que les Chinois se font du souci pour l’avenir d’Albert II de Laeken.

Ce site est dédié à la promotion d’une Wallonie française, il n’y a pas lieu d’y parler de tout, mais nous savons combien cette question elle-même est liée à un contexte international déstabilisant.

Nous ne pouvons pas faire abstraction des incertitudes actuelles, au niveau mondial. L’avenir prend forme sous nos yeux, mais voit-on ce qu’il faut voir ?

Un article intéressant publié par le journal Le Monde, dans son édition d’hier, met en cause « la stratégie chinoise du yuan (qui) ruine les finances en occident ».

La roue de l’histoire a déjà beaucoup tourné depuis le jour où, mis à genoux par les puissances occidentales, incapable de résister à leur impérialisme économique, l’empire chinois, deux fois millénaire, a disparu.

C’était il y a un siècle, au temps de l’Europe triomphante, quand des Wallons (rappelons-le) construisaient des lignes de chemin de fer en Chine et contribuaient, de la sorte, à son insertion (contrainte) dans le grand marché mondial. Mais le rapport de force a changé. La Chine se relève à toute vitesse et entend faire oublier son humiliation passée.  

Pour décrypter la situation actuelle : lire ici l’article du Monde.

La solution du professeur Gazon

Le CHÔMAGE, UNE FATALITE ?

Pourquoi et comment l’éradiquer

Livre publié chez L’Harmattan (Questions contemporaines), Paris, octobre 2008

Résumé appliqué à la Belgique

 

Le chômage endémique dans les pays de l’Union européenne est devenu la préoccupation majeure des gouvernants.

Les mutations technologiques et l’accélération de la mondialisation de l’économie ont amplifié le chômage structurel car la qualification des travailleurs n’a pas évolué au même rythme que les exigences du marché du travail. Il en est résulté un allongement de la durée du chômage à tel point qu’en Union Européenne, la moitié des chômeurs sont des chômeurs de longue durée.

L’option solidaire, dans son souci d’offrir une vie décente à ces exclus du marché du travail, a réduit de plus en plus la différence entre le revenu net du travail et les revenus nets octroyés aux inactifs. C’est « le piège du chômage » qui n’incite plus, ou peu, certains inactifs à rechercher un emploi et qui pousse les personnes au travail à réclamer des hausses salariales pouvant compromettre la compétitivité. Un cercle vicieux s’installe : plus le système est généreux pour combattre l’exclusion, plus on favorise le chômage de longue durée.

Ces chômeurs de longue durée, tout comme les autres inactifs non éligibles aux allocations de chômage, perdent leurs compétences et la motivation pour retrouver un travail. Ils deviennent progressivement inemployables. Leurs enfants sont formatés dès la naissance pour n’avoir d’autre horizon que celui de l’assistance.

Est-il moral de laisser ces personnes perdre jusqu’à l’estime de soi ? Est-il équitable de laisser des enfants naître et grandir en n’ayant d’autre perspective que l’exclusion du monde du travail ?  Est-il juste de dénier à ces enfants le droit à l’égalité des chances, fondement de toute démocratie, en raison du milieu où ils sont nés ?

Bien que problème économique, le chômage relève donc aussi aujourd’hui de l’ordre éthique et il n’y pas lieu de s’en étonner car l’objet du marché du travail est l’être humain et non une marchandise comme c’est le cas pour les autres marchés. Le fait que des chômeurs de longue durée et autres inactifs en âge de travailler se complaisent dans leur état d’assistés ne peut effacer la portée morale de l’inégalité au regard de la possibilité pour ces personnes et leur famille de mener une vie digne. Il ne s’agit pas de frapper d’ostracisme ces inactifs pour une paresse apparente ou réelle. Ce serait se tromper de cible. C’estla Société qui exclut l’individu et c’est Elle qui doit faire le choix éthique refusant que le chômage soit la variable d’ajustement du marché du travail.

Mais alors que le chômage est considéré comme inéluctable, le choix d’une société sans chômage serait frappé de naïveté et d’angélisme si on n’en montrait pas sa faisabilité économique.  C’est l’objet de ma proposition. Je me suis imposé trois conditions dans le but de ne pas perturber le bon fonctionnement du marché du travail. Premièrement, la solution n’engendre pas des dépenses nettes supplémentaires pour l’Etat. Deuxièmement, son dispositif atténue le risque de poussées inflationnistes. Enfin, la solution favorise davantage la flexibilité sur le marché du travail, car elle facilite la mobilité d’emploi à emploi par la garantie offerte par l’Etat du maintien d’un contrat d’emploi aux personnes en transition d’emploi.

Je propose de ne plus se focaliser sur le « piège du chômage », mais d’inverser le raisonnement en se posant la question de savoir quel serait le coût supplémentaire de la remise au travail par rapport au coût  des diverses allocations octroyées aux inactifs. D’après mes calculs fondés sur les statistiques de l’OCDE et de l’UE, ce coût est réduit : 20% en moyenne pour les 22 pays que je considère, et environ 13% pourla Belgique en 2006.

La remise au travail des chômeurs postule la création certaine de nouvelles activités au delà de ce que font aujourd’hui les entreprises et l’Etat. L’inactivité frappant d’abord les travailleurs peu qualifiés dans les pays où leur coût salarial est relativement élevé, Il faut susciter une demande des consommateurs intensive en travail peu qualifié, non soumise à la concurrence internationale et correspondant à des besoins non encore satisfaits. Les services de proximité tels l’aide ménagère et l’organisation de l’habitat, la garde d’enfants, l’aide aux personnes dépendantes, le transport des personnes, l’assistance scolaire, et même les services informatiques et de secrétariat à domicile sont à même de rencontrer des besoins non satisfaits si on veille à ce qu’ils ne concurrencent pas des activités préexistantes.

Mais comment assurer une demande de ces services alors que le marché ne l’a pas générée parce que l’utilisateur n’est pas prêt à payer le prix qui couvre le coût ? Autrement dit, tout en respectant la neutralité budgétaire de l’Etat, comment garantir une demande de services de proximité censée remettre au travail un quota suffisant de chômeurs pour dégager, grâce à la récupération des allocations de chômage, à la perception des impôts sur le revenu et des cotisations sociales, les ressources nécessaires pour le financement de la remise au travail du solde des chômeurs en dehors des services de proximité ?

Le dispositif consiste à transformer un certain pourcentage du coût salarial de chacun (mutatis mutandis pour les indépendants et les pensionnés) en un moyen de paiement, le « crédit de proximité » appelé CPR, destiné à l’achat de services de proximité.  

Le système engendre un accroissement certain de l’emploi (surtout peu qualifié) car chacun a intérêt à dépenser son « crédit de proximité » ou, s’il n’en a pas le besoin, à l’échanger contre monnaie au sein d’une bourse d’échange créée à cet effet.

Pourla Belgique(2006), il faudrait transformer 4,1% du coût salarial  en « crédit de proximité ». Pour un coût salarial moyen du Belge fixé à 100 unités monétaires, son salaire net est en moyenne de 42,9. Dans mon dispositif, il est d’abord ristourné au contribuable moyen belge 4,1 unités pour l’achat de services de proximité. L’assiette fiscale et sociale devenant 95,9  soit 100-4,1, son revenu poche monétaire se réduit de 1,3 pour passer de 42,9 à 41,6 unités. Mais son revenu disponible augmente pour devenir 45,7 au lieu de 42,9, à savoir 41,6 unités monétaires plus 4,1 unités de CPR pour l’achat des services de proximité.

Les services de proximité coûtent donc au consommateur environ 32% (soit 1,3/4,1 ou perte du revenu monétaire/gain en CPR)  de ce qu’ils valent sur le marché sans qu’il n’y ait de subvention.

Pour qu’il n’en coûte rien à l’Etat, il faut, en Belgique, que 65% des chômeurs soient engagés par les entreprises de services de proximité créées à cet effet. Avec le montant que l’Etat récupère (allocations de chômage, impôts sur le revenu des chômeurs remis au travail, leurs cotisations sociales etla TVA) il compense d’une part, le cadeau fiscal et social fait au contribuable en réduisant  l’assiette qui est passée de 100 à 95,9, et, d’autre part, il dispose des moyens nécessaires pour financer la remise au travail du « solde » des chômeurs, à savoir 35%, en dehors des services de proximité pour rencontrer, par exemple, les nombreux besoins insatisfaits exigeant diverses qualifications dans les domaines de la santé, de l’enseignement et de la formation, de l’environnement et de la culture.

La remise au travail concerne autant les travailleurs, parfois de haut niveau, qui sont en transition d’emploi suite à des restructurations d’entreprises que les autres inactifs devenus inemployables. Pendant leur remise à niveau obligatoire, ces inemployables sont rémunérés au salaire minimum.

La mise en application du dispositif se heurtera à différents problèmes. Parmi ceux-ci, l’un des plus épineux sera sans doute le déficit d’employabilité des chômeurs à remettre au travail. Les emplois-formation et le passage par l’économie sociale marchande constitueront une étape obligée pour beaucoup d’entre eux. Il est toutefois fondamental que tous les chômeurs en bonne santé physique et psychique soient dotés d’un contrat d’emploi, fût-il un contrat d’emploi-formation, qui remplace les allocations de chômage.

Qu’en sera-t-il de la gestion du dispositif? Si le privé, le public et l’associatif sont appelés à se manifester pour entreprendre ou étendre l’activité des services de proximité, la coordination doit être assumée par les pouvoirs publics. La transformation d’une partie du coût salarial en CPR relève du ministre des finances et l’organisation opérationnelle du dispositif, du ministre de l’emploi et de l’économie.

Enfin, ni chômage ni assistance implique, au plan individuel, le droit au travail et le devoir de travailler. Si le droit au travail inspire diverses constitutions européennes, il est resté jusqu’à présent au niveau des bonnes intentions, le droit au travail ne faisant peser sur les gouvernants qu’une obligation de moyens et non de résultats. Dès lors que la faisabilité d’une société sans chômage est démontrée, que le droit au travail est garanti, le devoir de travailler s’impose pour tout individu en âge de travailler et en bonne santé physique et psychique, ce qui permet de mettre fin aux allocations pour inactivité.

Ma proposition d’une société sans chômage n’est pas universelle. Elle est surtout adaptée aux économies avancées où l’assistance aux chômeurs représente un pourcentage élevé du coût salarial inhérent à une remise au travail. Un impôt sur le revenu peu progressif peut également en faciliter la mise en oeuvre.

Une société sans chômage rend à chacun sa dignité, élimine le gaspillage économique que constitue la sous-utilisation des ressources productives, augmente constamment le potentiel de l’économie et le capital humain par la remise à niveau de ceux qui perdent leur emploi. Mais outre ces résultats, elle génère, par rapport à la situation actuelle, des effets externes positifs considérables pour la société, en réduisant l’insécurité et les tensions sociales que favorisent l’oisiveté des jeunes en pleine force de l’âge et la discrimination raciale à l’embauche.

Nos décideurs auront-ils la volonté de changer de paradigme? Sauront-ils renouveler l’option solidaire pour l’adapter aux défis actuels? Dès lors qu’un contrat d’emploi est garanti dans des conditions convenables, sauront-ils imposer pour les personnes en bonne santé,  le travail en lieu et place de l’assistance, même si certains politiques pensent, à tort suivant des sondages, qu’ils peuvent tirer un profit électoral en aidant les inactifs mais néanmoins maintenus dans leur état de dépendance? Je fais le pari de l’imagination au pouvoir et de la capacité de nos décideurs de ne pas s’enfermer dans une société qui en ferait des « marchands d’assistance » par clientélisme politique.

Jules GAZON, Professeur émérite,

HEC Ecole de gestion de l’Université de Liège

00 32 (0) 43 77 59 82

jgazon@skynet.be

 

 

 

Football et culture

Eden Hazard, 20 ans, élu meilleur joueur du championnat de France de football, ne plaît guère au sélectionneur de l’équipe nationale belge. En cause : un peu de nonchalance et, dans le chef de l’entraîneur, un manque évident de psychologie. On ne va pas entrer dans la polémique. Il nous plaît seulement de relever la façon dont Georges Leekens justifie la mise à l’écart de ce joueur wallon promis au plus bel avenir : « Hazard est au top en France, mais ils ont des autres normes que nous. Nous travaillons en équipe nationale avec un groupe de 30 joueurs où le collectif prime sur l’individu. » Le travail et la discipline font-ils défaut dans la société française ? Leekens enfonce le clou : « Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est pas l’équipe de France qui est en grève. »

Trop français, Eden Hazard ? Trop wallon, sans doute aussi, car le travail et la discipline, hein valèt… Et la grève, oufti !

Bon, assez rigolé. A quand la naturalisation française d’Eden Hazard ?, peut-on lire sur un site français : ici.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde