Leçons de philosophie politique

Le 13 février dernier, la présence de Nicolas Dupont-Aignan à une manifestation de soutien au peuple grec n’a pas été appréciée par des militants d’extrême gauche : « Le candidat gaulliste a été expulsé manu militari par les trotskistes des abords de l’ambassade de Grèce où il escomptait manifester. », est-il écrit sur le site du magazine Marianne. « De cet incident (rapporté ici par RTL) , Roland Hureaux tire des leçons de philosophie politique sur le nouvel ordre mondial et ses vrais ennemis. »

Nul n’est tenu de partager l’analyse de Roland Hureaux, chroniqueur plus proche du gaullisme que de l’extrême gauche, mais il faut lire ce texte (aux accents marxistes tout de même) car il jette un éclairage inhabituel sur les enjeux de la mondialisation.

A lire ici.

Valmy au-delà du brouillard

Christian Darlot, chercheur au CNRS, militant souverainiste actif au Comité Valmy, a écrit en 2008, pour l’Observatoire de l’Europe, un article intitulé La crise politique belge et le droit international (à lire absolument ici).  Il nous envoie ce commentaire au texte de Jacques Lenain sur la façon dont Nice et la Savoie sont devenues françaises en 1861. La force de son propos, qui touche à l’avenir proche autant qu’au passé, nous pousse à lui donner plus de visibilité, ne serait-ce que pour nourrir la réflexion et le débat.

D’autres exemples illustrent les évolutions sociales décrites dans cet excellent article :
– Le Nord de la Picardie passa de la souveraineté française à la souveraineté habsbourgeoise, puis repassa dans l’autre sens un siècle après. Les élites furent constamment fidèles au prince, même lorsqu’elles changèrent de prince.
– La Franche-Comté fut conquise par les armes. Le peuple fut soulagé de ne plus devoir supporter les va-et-vients des armées espagnoles, mais les élites grognèrent de devoir abandonner leurs privilèges. La paix, et les dépenses de construction des fortifications qui donnèrent du travail et firent circuler de la monnaie, rallièrent les mécontents.
– La Lorraine, malgré une dynastie pluri-séculaire, se rallia au pouvoir qui assurait la paix.
– Plus caractéristique encore : l’Alsace, purement allemande jusqu’en 1648, subit les atroces dévastations de la Guerre de Trente Ans. Les soldats français furent, comme on dit, “les moins pires” et évitèrent le retour d’autres bandes armées. L’annexion progressive par la France, en un demi-siècle, soulagea les habitants dont la fidélité ne s’est depuis jamais démentie.

Mais des échecs fournissent des contre-exemples :
– En 1945, après un quart de siècle d’oppression, les habitants du Val d’Aoste auraient voté comme un seul homme en faveur de la France, au dire des observateurs de l’époque (le premier vainqueur du Tour de France n’était-il pas valdôtain ?). Mais les Anglo-saxons s’y opposèrent, tant pour ménager l’Italie que pour affaiblir la France. Un agrandissement territorial est en effet une preuve traditionnelle de victoire et de puissance, et les Anglo-saxons s’activaient à éliminer la France du Proche-Orient.
– Le régime politique colonial français n’était pas plus injuste que le régime de domination de classes en France métropolitaine, mais il s’exerçait sur des peuples différents, auxquels étaient imposées des “injonctions contradictoires”. La durée et l’âpreté de la guerre d’Algérie s’expliquent en partie par le fait qu’une proportion notable d’Algériens étaient en voie d’assimilation à la culture française, ce qui incita les gouvernements français à tenter chimériquement l’assimilation complète, et les nationalistes algériens à relancer sans cesse la politique du pire.

Pour préparer l’avenir, il faut considérer les relations sociales :
– Les classes dominantes françaises militent activement pour la vassalisation de la France à l’empire anglo-saxon et à ses relais européens, l’Union européenne et l’Allemagne. La disparition de l’Etat républicain leur paraît en effet indispensable pour maintenir leur domination sur le peuple. Elles rêvent de devenir anglo-saxonnes de langue et de culture pour se séparer du peuple. Depuis quarante ans, au nom de la “construction européenne”, les gouvernements français successifs ont constamment favorisé les intérêts de l’Allemagne, de l’Angleterre et des Etats-Unis. Au besoin, les classes dominantes françaises feront tout pour soumettre la France et nuire à ses intérêts nationaux.
– Au nom de l’internationalisme, les gens qui s’imaginent de Gauche soutiennent cette politique d’abaissement. Réfléchir à une situation réelle dépasse leurs moyens intellectuels. Envisager l’existence même d’intérêts nationaux les scandaliserait, au nom de l’idéal et des bons sentiments.
– Le désastre économique, politique, social, culturel et moral, qui est en cours en France comme partout en Europe et dans une grande partie du monde, a pour causes le libre-échange absolu, l’abandon de la souveraineté monétaire et l’émigration mentale des classes dominantes. Ce désastre n’est toutefois pas encore irréversible.
A moins d’un coup de force, l’euro et l’Union européenne vivent vraisemblablement leurs derniers mois, et la Belgique a peu de chances de survivre à l’euro.

Pour le moment, les personnalités capables de fédérer les énergies sont éliminées du champ politique par les médias. Mais des événements se déclencheront, sans que l’on puisse en prévoir l’origine, ni la date, ni la nature. Le principal risque est que le système politique soit déjà détruit lorsqu’ils se produiront, mais l’expérience politique des peuples palliera en partie ce manque.

Comme toujours, c’est une dynamique sociale et politique qui l’emportera, mais elle n’est pas prédéterminée, et les actes politiques compteront. Si l’on demandait aux Wallons et aux Bruxellois : “Préférez-vous la reine Paola ou la reine Carla ?”, la réponse serait évidente, mais ce n’est pas ainsi que les questions se poseront !

Bref, comme toujours, la question nationale et la question sociale auront même réponse.

Christian Darlot (France)

Note de l’AWF : A tous ceux qui voient dans la crise actuelle une opportunité pour approfondir la solidarité européenne et faire un pas décisif vers de futurs « Etats-Unis d’Europe », nous signalons que Franco Frattini, ancien Commissaire européen, Président de la Fondation Alcide De Gasperi, vient d’écrire un article intitulé L’Union européenne, un projet d’unification continentale, un projet d’avenir (à lire sur le site de la Fondation Robert Schuman : ici). Un condensé de cet article a été publié par Le Monde dans son édition d’aujourd’hui (ici). Perspective réelle d’une Europe enfin citoyenne ou discours incantatoire en marge de la réalité ? A chacun de se faire une opinion, dans l’attente d’y voir plus clair…

Sur l’Europe d’aujourd’hui, voici aussi l’avis de Jean-François Kahn : ici.

Le roi Baudouin s’adonnait-il à la fraude fiscale ?

Il n’entre pas dans nos intentions de nous laisser aller à un anti-monarchisme primaire, mais les questions que soulève le quotidien Le Soir relayé par le site du Vif-L’Express interpellent. Ce souverain jamais avare de discours moraux en qui certains voyaient un saint aurait été un vulgaire fraudeur ?

Pour des précisions, nous renvoyons aux sites du Soir (ici) et du Vif (ici). 

Le partenariat mutualiste franco-belge est une première

Tout ce qui amincit cette frontière artificielle entre notre Région et la France ne peut que nous réjouir. Nous savons que, pas à pas, la douce certitude des faits sera à nos côtés.

Paul Durieux

Sous la plume de Ricardo Gutiérrez, le quotidien « Le Soir » de ce mercredi 15 février nous annonce que la mutualité socialiste SOLIDARIS s’associe à la première mutuelle de santé française MGEN (mutuelle générale de l’éducation nationale).

Les partenaires comptent implanter une mutuelle dans un pays d’Europe centrale ou d’Europe du Sud et leurs affiliés bénéficieront de services transfrontaliers.

Ce sont deux mutuelles aux profils similaires qui s’associent : même envergure (3,1 millions d’affiliés chez SOLIDARIS; 3,5 millions à la MGEN), une offre étendue d’assurance complémentaire qui vient s’ajouter à l’assurance-maladie obligatoire, et un souci identique de peser sur le débat public.

« Il s’agit de proposer, ensemble, une nouvelle offre mutualiste qui puisse constituer une alternative aux assureurs privés« , souligne Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, rappelant que les mutuelles ne sont présentes que dans 15 des 27 Etats membres de l’Union européenne.

L’accord passe aussi par un échange d’expertise : la MGEN a déjà une expérience internationale, opérant depuis quelques mois au Portugal tandis que SOLIDARIS a une expertise accrue des soins à domicile et des projets d’éducation à la santé.

Un protocole de collaboration transfrontalière permettra aux 6,6 millions d’affiliés des deux organisations de se soigner de part et d’autre de la frontière aux mêmes conditions que dans leur pays de résidence.

Autre projet commun : la mise sur pieds d’un « observatoire mutualiste » afin de préparer les deux organisations aux mutations du système de santé.

Politiquement, les patrons des deux mutuelles défendent une même conception de « l’Europe de la protection sociale« .

Bilan de l’ A.W.F. au 11.02.12

Le texte qui suit avait été conçu à usage interne pour nos membres. A la demande de plusieurs de ceux-ci, nous le mettons en ligne pour information.

Il est bon de marquer ne fut-ce qu’un temps d’arrêt pour jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur d’une histoire : en l’occurence celle de notre mouvement, l’ A.W.F., né en 2011 et qui ne ressemble à nul autre.

 Nous nous donnions 5 objectifs qui, à la réflexion, s’enrichissent pour atteindre un autre nombre symbolique, celui de 7 objectifs, à savoir :

 1. Créer un maillon avec toute la mouvance wallonne unioniste/rattachiste et activer les réseaux qui sont les nôtres.

2. Collaborer avec les organisations qui nous donneront la parole.

3. Mettre sur pied des conférences-débats seul ou avec d’autres.

4. Ne pas oublier l’importance d’internet aujourd’hui.

5. S’adresser à la France depuis l’élu local (Conférence des Maires de France) à l’élu national (assemblée nationale et sénat) en passant par le Citoyen français sensibilisé par la problématique wallonne.

6. S’adresser aux Wallons qui ont choisi de s’établir en France durablement.

7. Devenir un mouvement populaire qui rassemble le plus possible de Wallons en puissance de peser sur l’avenir de la société wallonne.

 Après 10 mois d’existence, où en sommes-nous ? Je me permets de reprendre chacun des points :

 1. Des contacts ont été pris avec celles et ceux qui disent qu’il est urgent d’avoir aujourd’hui un projet pour la Wallonie dans l’optique de « L’après-Belgique » (les observateurs les plus optimistes situent la fin de la Belgique dans 10 ans). Nous sommes conscients de l’importance des égos des uns et des autres, mais aussi des approches différentes qui existent : certains raisonnent en termes d’échéance électorale pendant que d’autres se projettent dans le court et moyen terme sans souci électoral. Un beau succès toutefois : celui d’avoir obtenu la collaboration du GEWIF (groupe d’études pour une Wallonie intégrée à la France) grâce à l’ouverture d’esprit de Jules Gheude. Autre beau succès que celui d’avoir constitué un groupe de parrainage de plus de 30 personnes à ce jour et d’avoir reçu l’appui de M. Pierre Hazette.

A la lumière des informations importantes données par la presse (« Le Soir » et « La Libre »), nous avons pu établir des contacts prometteurs avec celles et ceux qui veulent forger un projet wallon sans oublier notre partenariat avec la région bruxelloise. A ce stade, nous devons garder un minimum de confidentialité.

 2. Ici, nous pouvons parler d’un premier succès avec des invitations de sections du P.A.C. (Présence et actions culturelles) et de Maisons de la Laïcité.

 3. Le colloque du 02 avril 2011 en la salle académique de l’ U.L.G., organisé par le Cercle Condorcet de Liège, fut un succès tant au niveau de la qualité des intervenants qu’au niveau du nombre de participants. Seul point noir : le boycott des médias. Nous nous attelons à résoudre ce problème.

 4. Peut-être est-ce ici notre plus beau succès. Notre site https://alliancewalloniefrance.wordpress.com connaît une progression constante en terme d’audience. Nous redoublons d’efforts pour qu’il soit vivant grâce aux contributions de nos membres, mais aussi de personnes extérieures à notre mouvement.

Né en mai, notre site a reçu plus de 18 500 visites à ce jour.

Le fait d’avoir incité nos visiteurs à faire suivre nos articles auprès de leurs contacts n’est certainement pas étranger à ce succès.

 5. Ici, le chantier reste immense, mais nous avons des projets ambitieux dans nos cartons.

 6. Ce travail a commencé. Le dernier membre en date est allé s’établir en Corse. D’autres sont en Languedoc, en Pays de Loire, en Région PACA, dans le Nord-Pas-de-Calais …

Je ne doute pas qu’ils soient nos ambassadeurs là où ils vivent aujourd’hui.

 7. Devenir un mouvement populaire qui puisse peser sur l’avenir de notre région signifie que nous devons nous compter par centaines, mieux encore par milliers de membres. C’est l’objectif qui est le nôtre pour la fin de cette année 2012. Fin 2011, nous avons eu la joie de lancer l’ A.W.F.-Charleroi grâce au travail de Georges Henry Simonis et de son équipe particulièrement efficace et sympathique.

 Merci aux membres qui ont déjà renouvelé leur adhésion pour 2012. Merci aussi aux nouveaux membres. Quant à celles et ceux qui n’ont pas encore repris leur adhésion, je me permets de leur rappeler les coordonnées de nos deux comptes :

 IBAN : BE26 0682 4499 3129 – BIC : GKCCBEBB de l’A.W.F. à 4130 Esneux

– Cotisation ordinaire : 20 €/an
– Cotisation de soutien : à partir de 25 €/an
– Cotisation réduite : 10 €/an (retraité, allocataire social, étudiant, membre d’une même famille)

Vous souhaitez soutenir l’A.W.F. de façon anonyme
– Versez votre soutien au n° de compte IBAN : BE55 0882 4070 0744 – BIC : GKCCBEBB de l’A.W.F. à 4130 Esneux

Il est bien certain que chaque adhésion ou renouvellement d’adhésion est un encouragement pour nous tous à continuer dans les sillons que nous avons tracés.

Continuons à bâtir l’avenir de la Wallonie avec la force de nos idées et les talents de chacun.

 Fraternellement,

Pour l’ A.W.F.,

Paul Durieux

COMMUNICATION

Je répare un oubli impardonnable, celui d’avoir omis de vous communiquer la parution du n° 44/2011 d’ « ECONOMIES ET SOCIETES » consacré à « l’après-Belgique »  aux Cahiers de l’ ISMEA.

Vous pouvez vous procurer ce très intéressant ouvrage en vous adressant au secrétaire du « Cercle Condorcet de Liège » dont l’adresse électronique est : jeancoignon@voo.be

Encore toutes mes excuses pour cet oubli.

Paul Durieux

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde