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Quand passons-nous devant le notaire ?

Malades des coupes budgétaires, les musées fédéraux sont exsangues
(Belga Publié le 31/12/2018)

Victimes de coupes budgétaires de 13 à 30 % en dix ans, les musées fédéraux sont exsangues, confrontés à « une situation impossible », « une crise majeure », « un pourrissement sur pied », confient divers directeurs dans Le Soir lundi.

Les Musées royaux des beaux-arts (MRBAB) ont perdu 19 % de leur personnel de 2007 à 2017, et leur dotation est passée de 4,5 millions en 2011 à 3,4 millions en 2018. Une perte de 25 % en six ans. « Grosso modo, on a perdu 20 % de notre personnel, 25 % de notre dotation », résume son directeur Michel Draguet.

13% de budget en moins pour le Museum des Sciences naturelles
Le Muséum des sciences naturelles a perdu 13% de ses budgets en cinq ans. Aux Musées royaux des beaux-arts, la dotation a diminué de 25% en six ans. Bien que récemment rénové, le musée de l’Afrique centrale de Tervuren a perdu un quart de son budget, presque un quart de son personnel. Son directeur Guido Gryseels parle de « crise majeure ».

Les saignées budgétaires sont mises en cause mais aussi les normes comptables européennes « SEC2010 » contraignant à l’équilibre budgétaire parfait pour chaque exercice. L’interprétation de celles-ci par la Belgique a pour impact concret d’empêcher tout achat d’œuvre d’art de plus de 30.000 euros par exemple. En outre, la Loterie nationale n’est plus la béquille budgétaire qu’elle était, et le privé n’est pas à même de pallier les déficiences de l’État en l’absence d’incitants fiscaux en faveur du mécénat.

Quand passons-nous devant le notaire ?

Valmy

Les réseaux sociaux : cancer de nos sociétés ?

POINT DE VUE. « Gilets jaunes » : peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ?

A l’heure des réseaux sociaux, « celui qui crie le plus fort aura le dessus, quelles que soient ses revendications », regrette le politologue Olivier Costa.

Une \"gilet
        jaune\" lors d\'une manifestation à Paris, le 17 novembre
        2018.

POINT DE VUE. « Gilets jaunes » : peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ?

Le politologue Olivier Costa, auteur de cet article, est directeur de recherche au CNRS, et enseigne à Sciences Po Bordeaux. La version originale de cet article a été publiée sur le site The Conversation, dont franceinfo est partenaire. Il s’exprime ici librement.

Les autorités de l’Etat et les élus (et pas seulement ceux de la majorité, ne nous leurrons pas) font face à une défiance d’une ampleur inédite, à laquelle il est bien difficile de trouver une réponse, tant les revendications sont à la fois hétérogènes et individualistes (une par sous-catégorie de la population), irréalistes et contradictoires (davantage de services publics, mais moins d’impôts ; plus de croissance, mais moins de concurrence ; plus de sécurité, mais moins de règles), et déconnectées d’enjeux aussi fondamentaux que le réchauffement climatique ou l’endettement du pays.

Comment expliquer qu’on en soit arrivé là aussi vite ? Le premier constat, c’est que un mal plus profond, celui qui a conduit au Brexit, à l’élection de Viktor Orban, Donald Trump, Matteo Salvini et Jair Bolsonaro, et qui garantit l’inamovibilité de Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.

Les causes de ce syndrome sont connues : déclin des idéologies, affaiblissement des corps intermédiaires, pessimisme généralisé, peur du déclin (social, économique, industriel, environnemental, culturel, religieux…), crainte des grands changements (mondialisation, migrations, concurrence internationale, terrorisme, métropolisation…) et opportunisme des marchands de peur et de rêve, qui attisent l’angoisse et la haine, fonds de commerce de leurs prospères PME populistes et médiatiques.

A cela s’ajoutent la toute-puissance des réseaux sociaux, qui bousculent les logiques traditionnelles des mobilisations, de la communication, de l’information et du fonctionnement de l’espace public.

Mobilisation et action

D’abord, ils permettent, sans le moindre moyen financier, humain ou logistique, d’organiser à large échelle l’action de citoyens qui ne se connaissent pas. Sans les réseaux sociaux, il aurait été impossible à des quidams de coordonner si rapidement une protestation de cette ampleur. Le mouvement des « gilets jaunes », parti de mobilisations très limitées et dépourvu de toute ressource, a pu acquérir en l’espace d’un mois une ampleur considérable, laissant penser à certains qu’il a désormais vocation à se substituer aux partis, aux syndicats, et même à la représentation nationale.

C’est le sens des un discours de protestation et de révolte. Chacun a pu s’en apercevoir : il est presque impossible d’y entamer un dialogue serein et argumenté. Facebook ou Twitter, c’est émotion contre émotion, colère contre colère, indignation contre indignation, outrance contre outrance. Il s’ensuit, soit un dialogue de sourds entre des gens peu capables d’écoute, sans cesse aiguillonnés par des trolls ; soit la constitution de sphères qui s’autonomisent, peuplées de gens qui partagent les mêmes convictions, ici des citoyens qui pensent que le gouvernement fait une politique pour le seul bénéfice des banquiers, là d’autres qui estiment que les « gilets jaunes » sont tous des ahuris.

Primat de l’émotion sur les faits

Ce primat de l’émotion a gagné la sphère publique et médiatique. Ce qu’on entend, ce ne sont pas des arguments ou des idées, mais des émotions (« je suis en colère », « y en a marre ») et des perceptions (« je pense que je gagne moins », « on se moque de nous »). Les faits n’ont plus grande importance. C’est le règne de la croyance sur la connaissance : croyance religieuse ou croyance sociale, il en va de même.

Que 2 et 2 fassent 4 importe peu si certains pensent que c’est 5 ou 7. Insister sur le fait que l’arithmétique établit clairement que c’est 4 sera perçu comme du mépris ou de la condescendance…Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS

La légitimité d’un mouvement semblant se mesurer au degré d’émotion de ses protagonistes, ils sont incités à l’outrance et à la surenchère dans les arguments, jusqu’à légitimer la violence : « Monsieur le juge, j’ai lancé un pavé sur le CRS, mais, faut comprendre, j’étais très, très en colère. »

Ce qui frappe aussi, outre les CRS et les casseurs, c’est un dévoiement de la logique démocratique. Celle-ci ne doit, en principe, s’appliquer qu’à des choix politiques : le peuple décide de faire ceci ou cela. Mais, de plus en plus, elle s’applique aussi à bien d’autres domaines : à l’art (« Maître Gims est le meilleur chanteur, car le plus écouté ») ou même à la science (« les Américains pensent que le réchauffement climatique n’est pas d’origine humaine ou que la Terre a 5 000 ans, et il faut respecter cela »).

Qu’une majorité de citoyens viennent à croire que l’on peut s’abstenir de rembourser la dette de la France et que cela n’aura aucune conséquence, et cela devient une vérité. Que l’idée de doubler le smic soit largement soutenue, et ça devient option réaliste. La faisabilité des réformes n’est plus un paramètre pertinent.

Au nom d’une démocratie caricaturée

Au nom d’une démocratie mal comprise et des impératifs de l’audimat, sur quelque sujet que ce soit, les médias consultent d’ailleurs l’homme de la rue ou le chroniqueur atrabilaire, plutôt que le savant. Sur le réchauffement climatique, la dangerosité du glyphosate ou la croissance économique, l’avis du citoyen vaut bien celui du prix Nobel. Prétendre le contraire, c’est mépriser le peuple.

Au nom d’une démocratie caricaturée, on estime ainsi que l’avis de chaque citoyen, en toute chose, a la même valeur. On considère aussi qu’une foule vociférante est le peuple souverain. Que les « gilets jaunes » aient voté à plus de 60% pour le Rassemblement national et la France Insoumise, selon un sondage, et ne représentent donc qu’une partie minoritaire de l’électorat, importe peu.

S’ajoute à cela la diffusion sans cesse plus grande des fake news par les réseaux sociaux : on aura rarement vu autant d’affirmations péremptoires et d’informations farfelues alimenter un mouvement social. Il est quasiment impossible d’endiguer ce flot, en raison du caractère émotionnel de la mobilisation, de l’hermétisme des sphères des réseaux sociaux qui ne diffusent que des informations conformes à la pensée qui y domine, et du temps nécessaire à la dénonciation d’une fake news.

S’il faut dix secondes pour affirmer (comme on l’a beaucoup entendu) que la France n’a plus de Constitution ou qu’elle va être « vendue » à l’ONU, il faut dix minutes pour expliquer d’où viennent ces idées grotesques et pourquoi elles sont fausses.Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS

En outre, la croyance prenant le pas sur la vérité, et la fin justifiant les moyens, quand bien même on démontrerait que, non, la police n’a pas tué 15 personnes lors de telle manifestation, le mobilisé n’en démordra pas, au nom du « ça pourrait être vrai, alors on peut le dire » ou du « les experts et les journalistes sont aux ordres du pouvoir et des banques ».

Ce rapport élastique à la vérité, qui est une constante du discours des populistes, se diffuse désormais à grande vitesse, y compris parmi des citoyens a priori accessibles à la raison.

Un terrain de jeu idéal pour manipuler l’opinion

Les réseaux sociaux sont aussi un terrain de jeu idéal pour les organisations ou officines qui cherchent à manipuler l’opinion. On sait aujourd’hui le rôle qu’elles ont joué dans la campagne du Brexit ou l’élection de Donald Trump. On connaît le soutien indirect apporté par la Russie à des candidats pendant la campagne présidentielle de 2017 en France.

On en saura sans doute plus d’ici quelques semaines sur le rôle des réseaux antirépublicains d’extrême gauche ou droite, royalistes, anarchistes ou ultra-catholiques, dans la mobilisation des « gilets jaunes » (ce qui n’implique pas, bien entendu, qu’ils souscrivent à leurs idées).

Il ne serait guère surprenant d’apprendre que des pays qui voient d’un mauvais œil l’existence d’un pays stable et progressiste comme la France – et d’un ensemble pacifique comme l’Union – se sont mobilisés sur le sujet aussi, pour favoriser la diffusion des revendications des « gilets jaunes » et soutenir leur mobilisation.

Effets de contamination et de surenchère

Les réseaux sociaux, comme certains médias à leur remorque, favorisent aussi les effets de contamination et la surenchère : les « gilets jaunes » protestent contre la hausse du gazole et obtiennent un moratoire ? Qu’à cela ne tienne, lançons-nous (lycéens, étudiants, agriculteurs, ambulanciers…) dans la bataille pour obtenir nous aussi la prise en compte de nos revendications, ou du moins éviter d’être les victimes collatérales des concessions obtenues par les autres – car chacun sait qu’il faut que quelqu’un paie.

Des
          \"gilets jaunes\" mobilisés à Toulouse, le 1er
          décembre 2018.

Les partis d’opposition et les syndicats sont déconcertés par un mouvement qui leur échappe ? A défaut de pouvoir en prendre le contrôle, mobilisons nos troupes pour surfer sur la vague du mécontentement et profiter de la faiblesse d’un gouvernement aux abois.

La logique d’argumentation qui domine les réseaux sociaux, et les médias d’information continue à travers ces plateaux où des chroniqueurs viennent mesurer leur capacité respective d’outrance et de démagogie, conduit à un relativisme du savoir et de la compétence qu’on a vu poindre aux États-Unis dès les années 1990. Les experts ne savent rien. Les (bons) journalistes sont des menteurs. Les élus des voleurs. Les ministres des incompétents…

On reconnaît, pour un temps encore, la compétence de l’électricien, du pilote d’avion ou du chirurgien (personne ne souhaitant qu’un citoyen lambda s’occupe de son installation électrique, prenne les commandes de l’Airbus où il est installé ou l’opère du genou), mais le haut fonctionnaire est un sot, le professeur un farfelu, le parlementaire un imposteur.

On méprise tout autant l’engagement associatif, partisan, syndical, et l’on nie la compétence et la légitimité de ceux qui donnent de leur temps, toute l’année durant, pour faire avancer des idées et des causes, et savent comment mener une mobilisation et une négociation.

Aujourd’hui, celui qui crie le plus fort aura le dessus, quelles que soient ses revendications.Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS

L’idée est que, puisque tous les responsables et élus sont réputés avoir échoué à régler les problèmes (réels ou fantasmés) de la France, Jacline Mouraud ou n’importe quel porteur de « gilet jaune » ne peut pas faire pire. Ils sont le peuple.

Face à tout cela, que pèsent la raison et l’argumentation ? Rien, ou si peu.

Le gouvernement a commencé à faire des concessions aux « gilets jaunes », mais les agriculteurs et les routiers, qui vont subir par ricochet les conséquences de ces décisions, se mobilisent à leur tour. Les lycéens et les étudiants en profitent pour lancer leur révolution quinquennale, avec une certaine fascination pour les méthodes extrêmes de certains « gilets jaunes ».

Le chacun pour soi, plutôt que l’intérêt général

Comment gérer une société dans laquelle chacun veut plus sans se soucier du fait que toute dépense publique doit être financée et que toute décision a des conséquences négatives ? Une société dans laquelle le sens de l’intérêt général a cédé la place au chacun pour soi ? Une société où l’on ne se soucie plus de la cohérence des discours et des revendications ? Une société où les citoyens s’en remettent au premier vendeur d’huile de serpent venu ?

L’optimiste pensera que les apprentis révolutionnaires vont tôt ou tard être confrontés à la réalité, aux difficultés bien concrètes de l’art de gouverner et de faire des arbitrages. Mais c’est oublier que, dans un système où priment émotions, impressions et semi-vérités, il est facile de renvoyer la responsabilité de ses échecs sur d’autres.Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS

Observons les populistes de tout poil partout dans le monde : leur impuissance est toujours imputée aux technocrates qui les empêchent de mettre en œuvre leur programme, aux journalistes qui déforment la réalité, ou à des groupes précis de la population qui nuisent aux intérêts du peuple (Mexicains, Polonais, réfugiés ou banquiers, peu importe).

Il faut garder à l’esprit qu’un nombre croissant de citoyens, en France comme ailleurs, pensent qu’il existe des systèmes politiques préférables à la démocratie (on ne dit jamais lesquels) et sont fascinés par les leaders autoritaires ou populistes. Les responsables qui persistent à attiser le conflit ont tort d’estimer que la démocratie est un acquis définitif et qu’ils seront capables de ramasser la mise électorale au terme de la crise. Les premiers sondages montrent qu’ils n’en tirent aucun profit. Ils ne font que le jeu des groupuscules antirépublicains qui ont compris très tôt le parti qu’ils pouvait tirer de ce mouvement social.


Nouvel espoir… ?

Un accord de principe existe entre la France et la Belgique pour remettre en service la ligne Dinant-Givet (Anaïs Stas -RTB INFO -27/11/18)
Où en sommes-où exactement ?

C’est la première fois, depuis l’abandon de l’exploitation de la ligne fin des années 80 – début des années 90, qu’il y a une volonté politique d’aboutir sur le dossier des deux côtés de la frontière.

La volonté politique est donc là mais ce n’est pas demain qu’on reverra des trains circuler. Actuellement, on en est au stade de l’étude de faisabilité.

Au niveau wallon, le dossier est porté par le Ministre-Président Willy-Borsus. « Il y a eu une avancée assez significative côté belge pour mener une étude très concrète qui va permettre d’indiquer quand, comment, avec quel budget et quelles perspectives… cette ligne pourrait être rééquipée. Dès la disponibilité de cette étude, je l’espère au plus tard au printemps 2019, nous pourrons alors prendre les décisions pour réactiver concrètement les travaux et les perspectives de cette ligne. »
Quel est l’enjeu de la réouverture de cette ligne ?

Il y a évidemment l’aspect « développement durable ». D’un point de vue socio-économique, cela permettrait aussi de désenclaver la région frontalière de la botte de Givet.

Au niveau local, on pense aux patients français qui se rendent à l’hôpital de Dinant et aux commerces. A l’échelon international, la réhabilitation du tronçon manquant permettrait de relier Bruxelles et Namur à Charleville-Mézières et Reims.
Quelle ampleur est le chantier ?

Le chantier est vaste. La ligne est désaffectée depuis 25 ans. Du côté belge, il y a 20 kilomètres de voiries à réhabiliter ; 3 côté français. A voir en fonction de l’ampleur des travaux si les subsides suivront…

Quand même !

On doit savoir qu’un Accord de coopération entre la Région wallonne et le Gouvernement de la République française, daté du 10 mai 2004, porte sur l’ensemble des compétences (présentes et à venir) exercées par la Wallonie.

Ainsi, la France est devenue, au moins virtuellement, la partenaire privilégié de la Wallonie.

Mais les autorités wallonnes sont très frileuses à l’idée de concrétiser cet accord par des mesures de collaboration réelle avec le pays dont la Wallonie est naturellement si proche.

Vu sur le site de la RTBF ce 15 septembre :

Nouvelle coopération Wallonie/Hauts-de-France

L’invité politique des fêtes de Wallonie, cette année, c’est la région voisine des Hauts-de-France. Ce samedi après-midi, Willy Borsus, le Ministre-Président wallon a accueilli à l’Elysette son homologue français, Xavier Bertrand. Les deux hommes ont signé une convention de partenariats.

Mobilité-Emploi-Environnement

Plusieurs domaines sont visés. Ils touchent en priorité au développement économique. La collaboration s’articule notamment sur l’aménagement du territoire et la mobilité : ce sont les dossiers de la liaison fluviale entre la Seine et l’Escaut et le désenvasement du canal Condé-Pommeroeul.

L’accord doit aussi permettre de coordonner des coopérations en matière d’emploi et de formation professionnelle.

Les deux régions se sont engagées à échanger des informations dans les domaines de l’énergie en regard de la lutte contre le réchauffement. Elles sont également censées se concerter pour la mise en œuvre de la Politique Agricole Commune.

Un bilan technique et politique de cette coopération sera dressé en septembre 2019.

Carl Defoy

La Wallonie doit retrouver de la fierté

L’éditorial du journal L’Echo de ce 7 septembre 2018, par Joan Condijts, Rédacteur en chef.

La Région wallonne est en train de renaître des cendres de ses bassins industriels, trop longtemps restés en friche. Mais pour tirer profit de leurs atouts, les Wallons doivent retrouver la fierté qui caractérisait leur âge d’or.

Le temps presse. En 2019 débutera la dernière législature pleine durant laquelle la solidarité interne au Royaume jouera. La décennie qui suivra cette échéance verra les transferts entre le Nord et le Sud du pays progressivement diminuer pour n’être plus, dans les années 30, qu’un vague souvenir… La Wallonie dispose donc de cinq bonnes années pour accélérer le mouvement. Non que rien n’ait été fait.

Depuis l’effondrement des grands bassins industriels qui faisaient et la fierté (on y reviendra) et la richesse de la région, après une période d’abattement et d’atermoiements compréhensibles, et à la faveur (sinon à cause) de la fédéralisation de l’État, la Wallonie s’est reprise. Les gouvernements régionaux ont successivement élaboré des plans de relance économique qui permettent de regarder le futur avec davantage d’optimisme que ne le permettaient les dernières années du siècle échu. Le taux de croissance de l’emploi au sein des PME, soit l’essentiel du tissu économique wallon, est supérieur à la moyenne nationale. Le taux de survie des entreprises est en croissance…

Le redressement est amorcé. Mais l’ampleur de la tâche est encore grande. Même s’il s’améliore, le taux de chômage demeure élevé et surtout préoccupant chez les jeunes (largement supérieur à 20%). Le nombre de PME par habitant se révèle également trop faible. Et parallèlement, le taux d’emplois publics reste à un niveau supérieur à la Flandre (environ 20% contre 15%).

La Wallonie dispose néanmoins d’atouts importants. L’espace notamment : plus de 2.000 friches industrielles représentant près de 4.000 hectares sont par exemple « mobilisables ». Des moyens aussi : les capitaux existent pour les projets prometteurs – même si les deniers publics sont surreprésentés.

Une chose essentielle manque cependant afin de transformer ce redémarrage en succès assuré. Un état d’esprit. Cette fierté évoquée plus haut, celle de créer, de briller, de grandir. Celle d’oser. Trop de timidité, trop de pusillanimité. Souvent. L’ambition d’innover, de réussir un projet n’imprègne pas suffisamment cette région qui présente pourtant des atouts certains.

Dans ce contexte, L’Echo veut apporter sa contribution à l’émergence d’une conscience entrepreneuriale plus forte, d’une ambiance plus propice à la créativité. C’est pourquoi, dès ce week-end, nous lançons une vague faite de rencontres avec ces entrepreneurs qui font bouger la Wallonie avant de partir à la découverte de pépites méconnues qui font rayonner la Région dans le monde. Surtout, nous avons demandé à un artiste de peindre sur la façade d’une usine carolorégienne désaffectée trois portraits de ces entrepreneurs (à voir sur http://www.lawallonieentreprend.be). Trois ambassadeurs de cette Wallonie en devenir qui émergent d’un symbole de cette Wallonie du passé. Un état d’esprit.

Quand MR et PS sont sur la même ligne

Personne n’ignore que je ne suis pas un sympathisant du MR. Toutefois, je suis totalement d’accord avec  le ministre wallon Crucke dans l’interview qu’il accorde à « La Libre » ce 10.06.18

1/ Il faut régionaliser l’enseignement : la communauté française est en « faillite », virtuelle aujourd’hui, réelle en 2025.

2/ Le  pacte d’excellence ne va rien résoudre, au contraire; il va diminuer la maîtrise des savoirs et creuser les inégalités.

3/ Il faut faire davantage confiance aux enseignants  et donc les consulter avant de mettre en œuvre cette réforme catastrophique.

Jules Jasselette,  Echevin  de l’instruction honoraire à la ville de Liège.

Interview du ministre wallon Jean-Luc Crucke

Une majorité avec le PS pourrait servir vos desseins régionalistes ?

Il y a des régionalistes dans tous les partis. Moi, je ne suis contre personne, mais à un moment donné, il faut dire les choses. Les provinces sont superflues, il faut le dire. La Fédération Wallonie-Bruxelles ne permet pas de travailler de manière cohérente avec la Wallonie. Nous devons avoir tous les leviers de l’enseignement et de la formation. Et je ne crois pas que le pacte d’excellence va résoudre quoi que ce soit.

S’ils arrivent à le faire aboutir ?

Je ne suis pas certain. Ce dont nous avons besoin, c’est de faire confiance aux enseignants. Je vis avec une enseignante et ils en ont leur claque de cette manière de faire réforme sur réforme. Il faut faire confiance au corps enseignant.

Elever l’Institut Jules Destrée à un rang politique ?

Mais Bon Dieu, pourquoi les Wallons la joue-t-il toujours en mode mineur alors que les Flamands se mettent en valeur ? 

Rubens, Bruegel, van Eyck… Ces nouveaux ambassadeurs flamands, la fine fleur de la peinture flamande enrôlée pour trois ans sous la bannière d’une Flandre avide de se faire connaître au monde entier.

« Pas le temps de souffler. Le centenaire de la Grande Guerre achève de se commémorer que déjà la Flandre remonte au front. Après ses champs de bataille de 14-18, pleins feux sur les génies de sa peinture d’antan, à leur tour mobilisés sous les couleurs jaune et noire.

« L’affiche en jette. Pierre Paul Rubens superstar en 2018; Pieter Bruegel l’Ancien à l’honneur en 2019; Jan van Eyck célébré en 2020. La crème de l’art flamand du XVe  au XVIIe siècle, l’orgueil de toute une région, est de sortie à dater de fin mai. Une triple occasion était à saisir : la réouverture, à Anvers, d’un Musée royal des beaux-arts remis à neuf et voué à être le phare de la politique muséale flamande; le 450e anniversaire du décès de Bruegel l’Ancien en 1569; enfin le retour en grande pompe dans la cathédrale Saint-Bavon à Gand du célébrissime Agneau mystique restauré. » (Pierre Havaux Journaliste, 21/05/18, Vif)

Et quid du voisin wallon ? Au balcon (aujourd’hui c’est le Doudou…) !

D’accord, pour 1918, Charleroi et Liège se préparent mais qu’en est-il d’un battage médiatique wallon comparé à celui de la Flandre et, comme de bien entendu, du Belgium récupérateur ?

Oui ! Mais magnifier le sacrifice des troupes de forteresses de Liège et de Namur qui permirent à la France de mener les contre-attaques en Wallonie comme à Charleroi et à Dinant éclairerait la turpitude du Régime belge qui décida d’ouvrir les « écluses pour permettre la marée allemande vers la France » sacrifiant d’autant plus la Wallonie au profit d’Antwerpen et des ports de la « Vlaamse kust » . On sait ce qui advint !

Sinon, comme toujours « inconsciente » de ses trésors admirés à l’étranger sous une autre identité, la Wallonie ne revendique pas ses artistes « ambassadeurs » comme la Flandre ose les glorifier à son avantage touristique, économique et politique.

Or, depuis la Lettre au roi de Jules Destrée (août 1912) qui ose encore ignorer que les Flamands, par l’entremise du Belgium, « (…) nous ont pris nos artistes. Le maître pathétique de Tournai, Roger de le Pasture, l’un des plus grands artistes du XVe siècle, est incorporé parmi les Flamands sous le nom de Vander Weyden. L’art flamand brille d’un éclat radieux. L’art wallon est ignoré. »

Où cache-t-on Robert Campin (Tournai) qui eut comme élève Roger de la Pasture (Tournai), toujours connu sous le nom de Van der Weyden lors de son installation à Brussel ou Joachim Patenier (Dinant) qui fit carrière à Antwerpen ou Henri Blès (Bouvignes) ayant également fait carrière à Antwerpen sous le patronyme de « Herri met de Bles » ?

A l’étranger et même en France (triste !), les artistes wallons sont catalogués flamands (ethniquement) par une confusion de langage due aux Italiens et aux Espagnols de l’époque alors qu’ils se classent seulement dans une école que l’on peut certes appeler flamande (pourquoi pas ?). Il ne s’agit pas, en matière d’art, de nier l’existence d’une Ecole flamande mais de clairement signaler les Wallons qui en firent partie à l’instar du mouvement artistique Cobra (graphie CoBrA) ou l’Internationale des artistes expérimentaux (IAE).

Qui au gouvernement wallon va s’atteler à rectifier l’imposture belgo-flamande et à « rapatrier » nos artistes ? Il ne s’agit pas, bien entendu, de rapatrier des œuvres, sauf celles détenues par les musées « fédéraux » belges, mais de rendre aux Wallons la paternité de leur patrimoine artistique, de leur patrimoine intellectuel.

Surtout, inutile de s’adresser à la Communauté française dont l’adjectif trompeur ne sert qu’à ignorer la Wallonie au profit du Belgium !

Ne deviendrait-il pas temps d’élever l’Institut Jules Destrée à un rang politique qui lui permettrait d’intervenir efficacement en Belgique comme à l’étranger, en tant qu’agence gouvernementale indépendante, à la reconnaissance de la Wallonie dans tous les domaines et à effacer les scories belges (certainement dans l’enseignement de la Communauté française …) issues d’un passé plus que révolu ?
Rien n’interdit à nos gouvernants wallons de voter un décret en ce sens puisque la matière appartient à leurs compétences.

Valmy