Archives pour la catégorie Revue de presse

Les routes s’affaissent, le modèle belge aussi

Vous avez peut-être lu l’éditorial de Béatrice Delvaux du 19.09.17  dans le quotidien « Le Soir ». L’intérêt de cet éditorial Comment ajouter du chaos au chaos vaut son pesant d’or car en face, de l’autre côté de la frontière, les éditorialistes regardent les événements soit effarés d’incompréhension soit comme le chat observant la souris. A cet effet, veuillez trouver en annexe un article du Tijd assez interpellant : Les routes s’affaissent, le modèle belge aussi
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Pour une collaboration renforcée avec la France

On ne peut pas encourager des synergies entre l’armée belge et l’armée hollandaise puis fermer la porte aux propositions de collaboration venant de la France : interrogé ce soir par Eddy Caekelberghs sur la Première, André Flahaut, qui exerça pendant plus de huit ans les fonctions de Ministre de la Défense, a mis en évidence le parti pris flamand de ses successeurs. Cette interview faisait suite à une carte blanche du même André Flahaut, publiée notamment sur les sites du Soir et du Vif/L’Express. Nous sommes autorisés à en reproduire le texte.

Remplacement des F-16 : une opportunité européenne à saisir

Dans l’actuel contexte stratégique, le gouvernement fédéral et les entités fédérées ont tout intérêt à examiner sérieusement, et de façon conjointe, l’offre de partenariat formulée par la France en marge de la réunion européenne qui s’est tenue ce jeudi 7 septembre à Tallinn (Estonie).

Outre le remplacement de nos anciens F-16 par les Rafales de Dassault Aviation, la proposition du gouvernement français ouvre de nouvelles voies pour la Défense belge, mais aussi pour l’Europe. En effet, la coopération structurante qui nous est offerte vise, par-delà la fourniture d’avions de combat, le développement, le partage et l’amélioration réciproque des « capabilités techniques » ayant trait à des aspects opérationnels, de formation et de soutien. Florence Parly, Ministre française des Armées, pointe aussi les « possibilités de coopération industrielle et technique » qu’un partenariat de ce type viendrait alimenter pour les entreprises de nos deux pays.

Tandis que le Royaume-Uni négocie sa sortie de l’UE (prévue pour mars 2019), ce qui la met de facto en retrait de la Politique européenne de Sécurité et de Défense (au sein de laquelle elle a d’ailleurs souvent représenté un frein), une redéfinition du paysage militaire et stratégique s’impose plus que jamais aux acteurs de l’Europe unie. Il va nous falloir faire face à des mouvements de personnel et de matériel au sein des 22 pays qui sont aujourd’hui à la fois membres de l’OTAN et de l’UE. Sans doute y a-t-il ici une chance à saisir pour remettre à flot la Défense de l’Europe : la rendre plus efficace, plus cohérente, et surtout plus lisible. L’enjeu s’avère d’importance à l’heure du Brexit et de Trump. Le partenariat « de gouvernement à gouvernement » proposé par la France constitue, à cet égard, un jalon notable et une occasion à saisir.

Au moment où la France et l’Allemagne cherchent, semble-t-il, à relancer la coopération européenne en matière de Défense en l’élargissant à d’autres États – l’Italie et l’Espagne, notamment -, l’offre française, qui pourrait également concerner le Luxembourg, représente une opportunité unique de participer à un tel processus de relance. Ceci étant, l’Europe de la Défense que j’appelle de mes vœux doit être pensée comme complémentaire à l’OTAN, et non dans une optique de concurrence. Il en va de notre sécurité commune. C’est dans ce sens qu’il faut œuvrer ensemble.

Comprenons bien : le fait de partager les coûts, de mettre en commun les formations, de faire jouer les synergies dans un maximum de domaines représente, en matière de Défense, une voie privilégiée vers l’efficacité. En l’occurrence, le but est de dépenser mieux (non pas de dépenser plus), tout en s’attachant à rencontrer des priorités sociales, concrètes et en prise avec les exigences du temps. Il s’agit aussi d’être capable de répondre avec originalité et audace aux défis du futur – la lutte contre la pauvreté, par exemple. Une pauvreté qui, dans bien des cas, est source d’insécurité et d’instabilité à l’échelle internationale.

Cette façon d’opérer permettrait, à l’évidence, de questionner le besoin (ou peut-être l’absence de besoin) qu’a notre pays de se doter d’une flotte aussi importante d’avions de chasse. La sagesse n’est-elle pas, en effet, de s’inscrire dans une démarche fermement européenne où l’intégration et la coopération doivent primer ? C’est ce que nous avions fait au sein du gouvernement Verhofstadt lorsqu’il s’était agi de remplacer les avions-transporteurs C-130 Hercules et d’acquérir – via un projet européen – des Airbus A400M Atlas.

Cet aspect du problème est d’autant plus pertinent que les conflits classiques cèdent aujourd’hui du terrain face aux guerres asymétriques ou hybrides, et à la lutte contre le terrorisme. Dès lors, ne conviendrait-il pas de privilégier la prévention, le renseignement et la lutte contre tous les trafics (êtres humains, armes et drogue) qui, le plus souvent, transitent par des voies maritimes ? L’avenir est peut-être là. Enfin, les équipements électroniques dans le renseignement et les drones armés sont amenés à se développer, ce qui pourrait reléguer la chasse classique à l’arrière-plan.

Il n’en reste pas moins que le partenariat ambitieux et constructif proposé par la France constitue, à plus d’un titre, une exceptionnelle opportunité pour nos entreprises. Elle ne manquera pas d’offrir de nouvelles perspectives d’emploi dans nos Régions. Mieux, si l’accord devait se concrétiser, il viendrait renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe en diminuant, au sein de l’OTAN, notre dépendance à l’égard des États-Unis. Lesquels souhaitent, de très longue date, un meilleur partage des charges financières et des risques opérationnels de part et d’autre de l’Atlantique.

Le gouvernement fédéral doit viser l’intérêt général de la Belgique et de toutes ses Régions. II est par ailleurs indispensable qu’il travaille à consolider l’Europe dans toutes ses dimensions par des actes concrets et pas uniquement par des discours.

André Flahaut

En France, on invente le futur

« En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées. » Cette phrase de Giscard d’Estaing, prononcée après le choc pétrolier de 1973, est bien plus qu’une formule incantatoire. Sans remonter au temps de Colbert et à la création de l’Académie des sciences (ni à Denis Papin qui, après avoir exploré avec Huygens les possibilités d’un premier moteur à explosion, fut le véritable inventeur de la machine à vapeur, dont les Anglais surent tirer profit), constatons que la France occupe une position de pointe dans l’industrie nucléaire, à laquelle on cherche aujourd’hui des alternatives pour d’évidentes raisons de sécurité. Le coût environnemental étant davantage pris en compte en France qu’aux Etats-Unis, il n’est pas question d’y exploiter le gaz de schiste. Avec le projet international ITER, développé sur le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, on cherche à passer de la fission nucléaire à la fusion nucléaire, avec la perspective de produire beaucoup plus d’énergie et beaucoup moins de déchet. Mais on semble en droit d’attendre une avancée plus rapide et moins coûteuse dans le secteur des biopiles et, cette fois, sans produire aucun déchet. Là aussi, la France fait la course en tête, ce qui lui permet d’attirer les jeunes chercheurs étrangers.

L’article qui suit a été publié dans le magazine Le Vif/L’Express du 8 septembre 2017.

Une biopile pour la voiture de demain

Alors que s’ouvre, à Francfort, le 12 septembre, le salon de l’automobile, en France, des chercheurs du CNRS ont mis au point un prototype de biopile, sans platine, pour alimenter les voitures électriques à hydrogène. Une technologie prometteuse : coûts de fabrication réduits, « zéro émission » et une production d’hydrogène utilisant la biomasse. Autant d’arguments capables de séduire les gouvernements qui misent sur le « tout-électrique ».

« On n’est pas loin de pouvoir fabriquer une biopile suffisamment puissante pour pouvoir alimenter en électricité une voiture électrique, sans utiliser de platine, mais de simples enzymes issues des bactéries, pour la catalyse », s’enthousiasme Ievgen Mazurenko, chercheur au CNRS. « Déjà, notre biopile peut parfaitement alimenter des ordinateurs portables ou des smartphones. C’est une nouvelle génération de pile à combustible que nous avons mise au point, grâce à la collaboration du CNRS et des universités d’Aix et Marseille. »

Pour rappel : la pile à combustible traditionnelle combine l’hydrogène à l’oxygène de l’air, pour produire de l’électricité. Un réservoir de dihydrogène liquéfié remplace la pesante batterie au lithium, qui grève la plupart des voitures électriques d’aujourd’hui. « Pour réduire encore les émissions de gaz à effets de serre, et obtenir un produit résolument écologique, nous allons utiliser l’hydrogène de la biomasse », souligne encore Ievgen Mazurenko.

Une nouvelle qui pourrait sacrément titiller le marché : aujourd’hui, la majorité des constructeurs de voitures électriques misent sur des batteries au lithium. C’est le cas de Tesla ou de Nissan. D’autres constructeurs, comme Honda, Hyundai et Toyota, parient, eux, sur l’auto à hydrogène, une espèce de « supervoiture électrique », qui fonctionne (pour l’instant) avec la fameuse pile à combustible au platine, capable de produire sa propre électricité, tout en ne rejetant que de l’eau. Le hic : le platine est rare. Et ce qui est rare est cher. C’est également le cas du lithium, utilisé dans les batteries.

Alors que la Wallonie, mais aussi la France, l’Inde ou le Royaume-Uni misent sur les voitures électriques, le Centre commun de recherche européen a récemment alerté du « risque de pénurie » en 2020 – 2030 des métaux stratégiques, comme le lithium ou le platine. En parallèle, la dépendance de l’UE par rapport aux importations chinoises ou sud-africaines n’a pas prévu de baisser. Dans ce contexte, la biopile à enzymes constitue un sacré « plan B ». Aujourd’hui, seulement 0,2 % du parc mondial automobile est électrique. Concrètement, cela ne concerne que deux millions de voitures.

 ROSANNE MATHOT

C’est la rentrée des classes

Nous trouvons savoureuse cette façon de voir la rentrée politique en Communauté française signée par le journaliste Nicolas De Decker dans la rubrique « opinion » du site « Le Vif ».

La rentrée du petit Benoît

Après des vacances très agitées, c’est enfin la rentrée des classes pour Benoît, 47 ans, et pour tous ses petits camarades présidents de parti. Le Vif/L’Express a tenté d’imaginer ce que seraient ses confidences, recueillies au bord du bac à sable de la cour de récréation politique.

« Aujourd’hui, c’est la rentrée. J’ai passé de très chouettes vacances. Je me suis super bien amusé avec quelques copains. Et cette année, c’est sûr, je serai le roi de la cour de récréation. Au mois de juin, j’ai décidé de changer de meilleur ami. Avant, c’était Elio, un copain qui vient d’une famille très pauvre, mais qui est dans une bande très forte, qui était mon ami. C’est la cousine Joëlle, qui habite Bruxelles, une très grande ville, qui me l’avait présenté. Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé d’elle, elle parle toujours beaucoup, mais moi je ne l’écoute jamais. Avant, je l’aimais bien, elle aussi, mais maintenant, bon. Aujourd’hui, mon meilleur ami, c’est Olivier. Son papa, un monsieur très grand et très chauve, avec un costume bleu et des lunettes, fait un métier très important, mais il ne m’aime pas beaucoup. Quand j’ai décidé de changer de meilleur ami, tous les autres ont dit de moi que j’étais bête. J’étais bien content de changer de meilleur ami, parce que depuis que je suis tout petit, tout le monde dit que si Elio ne m’aidait pas pour faire mes devoirs et s’il ne me donnait pas une de ses tartines de choco le midi, je serais resté dans la classe des petits. Mais moi je sais que ce n’est pas vrai, et maintenant que c’est la rentrée vous allez voir. Pendant toutes ces vacances, j’ai fait croire que c’était parce qu’il était malhonnête et qu’il ne faisait rien qu’imiter Raoul que j’avais décidé qu’Elio ne serait plus mon ami. C’est un gros mensonge, mais comme il y a plein de gens qui pensent comme moi je fais comme si je pensais comme eux. Le seul problème c’est l’autre Olivier -quel prétentieux, celui-là !. Il n’arrête pas de se moquer de moi. S’il continue à se moquer de moi, je lui mettrai un coup de poing sur le nez, comme celui que j’avais mis il y a trois ans au monsieur très gros qui est devenu très mince et qui parle une langue que je ne comprends pas. Et puis, je dirai à tout le monde que lui aussi est un malhonnête qui ne fait qu’imiter Raoul, et que c’est à cause de lui qu’Elio peut encore rester dans la cour de récréation. Tant pis si ce n’est pas vrai, tant que tout le monde le croit, c’est moi qui passerai pour le plus courageux de la classe : je suis sûr que ça se verra dans le prochain bulletin que nous donnera Dedicated Research ou IPSOS. Au fait, je vous ai déjà parlé de ma classe ? Il y a plein de copains dedans.

« Il y a Olivier, celui dont le papa est très riche, très grand, très chauve, et avec un costume très bleu. Il ne veut jamais travailler, Olivier, et ça a l’air de l’amuser quand je lui fais ses devoirs. D’ailleurs le papa d’Olivier, qui a un travail important à Bruxelles, mais qui ne m’aime pas beaucoup parce qu’avant j’avais été méchant (j’ai grandi depuis, mais il n’a pas l’air de me croire), eh bien le papa d’Olivier a voulu que je termine vite le devoir de vacances d’Olivier, et que je lui donne mes billes, mon pistolet à eau, le petit seau et le petit ballon orange que je prenais pour aller à la plage. Alors je lui ai tout donné parce que c’est mon nouveau meilleur ami, et aussi parce que j’ai un peu peur du papa d’Olivier. Puis Olivier est parti en vacances avec ses copains et mes jouets et un petit sourire méchant, et il m’a dit de m’occuper de l’autre Olivier, qui lui aussi était en vacances, pour préparer la rentrée. Parfois, je me dis que ça les amuse, Olivier et son papa, de voir que l’autre Olivier et moi on se dispute tout le temps. On dirait qu’ils sont contents de voir que je supplie l’autre Olivier de venir jouer avec nous, et encore plus contents de voir que l’autre Olivier ne veut pas. On dirait que ça les arrange que je m’humilie après leur avoir donné mes jouets. Bon, moi, je me dis que ce n’est qu’un mauvais moment à passer, et qu’après ça, dans deux ans, je pourrai aller m’amuser avec Olivier, son papa, et surtout le monsieur qui était très gros, mais qui est devenu très mince et qui parle une langue que je ne comprends pas. En tout cas Olivier et son papa me l’ont promis. Mais je ne sais pas pourquoi je ne suis pas sûr que je peux vraiment les croire. (…) »

La suite de l’article est à lire sur le site du Vif/L’Express.

Le Boerenbond et l’ Afsca

Bien sûr, Mme De Becker. Je comprends votre souci. Il est important que le Boerenbond, son parti favori, le très flamand CD&V (parti social-chrétien flamand) et le bancassureur flamand KBC dont vous êtes administratrice (conflit d’intérêt ?) maintiennent une main bien ferme sur l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) sous pavillon belge (c’est fou ce que vous l’aimez cette Belgique quand elle sert vos intérêts).

Vous évitez de répondre à la question :  » l’agriculture flamande  est très différente de l’agriculture wallonne « .

Permettez dès lors que je ne partage pas votre avis. Le mouvement citoyen, l’ A.W.F., s’intéresse avant tout à l’avenir et à l’intérêt de la Wallonie. Nous préconisons dès lors sans ambiguïté la régionalisation de l’Afsca.

  • A remarquer aussi que le fipronil est interdit dans plusieurs pays (dont la France) pour tout ce qui concerne la production alimentaire.

Paul Durieux

Lire ci-après l’interview de la présidente du Boerenbond parue sur le site du quotidien « La Libre » :

La présidente du Boerenbond : « Régionaliser l’Afsca, c’est une mauvaise idée » 

Sonja De Becker s’exprime sur la crise des œufs et sa gestion, sur l’état et l’avenir de l’agriculture flamande.Sonja De Becker est la toute première femme à occuper le poste de présidente du Boerenbond, le puissant syndicat agricole flamand. Elle jette un regard averti sur les agricultures wallonne et flamande et estime que l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) a correctement réagi à la récente crise des œufs.

La Flandre a perdu les deux tiers de ses exploitations agricoles entre 1980 à 2015. Comment voyez-vous le futur de l’agriculture flamande ?

Elle emploie encore 60 000 personnes et a un avenir solide. Notre sol et notre productivité sont bons; nous sommes bien positionnés pour les exportations. Si le nombre de fermes a chuté, ce n’est pas le cas de la production ni de la surface agricole. Les fermes sont devenues plus grandes, plus spécialisées, plus professionnelles. Le problème, ce sont les coûts de production qui augmentent et que l’on ne peut pas répercuter sur les consommateurs.

L’agriculture en Flandre est différente de celle pratiquée en Wallonie : des fermes plus grandes, plus tournées vers l’intensif, le grand export. Est-ce encore un modèle pertinent ?

L’agriculture flamande est très diversifiée, avec aussi de petites exploitations qui sont dans les circuits courts, et c’est sa force. Il y a beaucoup de possibilités, de flexibilité.

Une autre grosse différence Nord-Sud, c’est le bio. La Wallonie concentre la plupart des fermes bio. En 2015 : 1 347 contre seulement 370 en Flandre. Ne serait-il pas temps de prendre le train en marche ?

Ça commence à se développer chez nous, mais pas aussi vite qu’en Wallonie. Je vois plusieurs raisons : notre agriculture couvre plus de produits agricoles différents, nous avons moins de surfaces agricoles et les réglementations sont très strictes. Mais le gouvernement flamand et le Boerenbond soutiennent le développement du bio.

La crise des œufs contaminés au fipronil, qui touche particulièrement la Flandre, ne va-t-elle pas entraîner une prise de conscience des consommateurs sur des pratiques agricoles industrielles un peu effrayantes ?

Cette crise n’a rien à voir avec les pratiques de production. En Belgique, il n’y a heureusement eu aucune contamination dans des exploitations bio, mais cela aurait pu arriver, comme c’est le cas aux Pays-Bas.

Les agriculteurs qui ont utilisé l’insecticide incriminé n’auraient-ils pas dû se poser des questions sur ce produit ?

Non. Ils ont été victimes d’une fraude par rapport à un insecticide qui aurait dû être biologique et ils demandent à savoir comment cela a pu arriver, malgré tous les contrôles.

Le système d’autocontrôle de l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) vous paraît-il efficace ?

Oui puisqu’il a permis de détecter en Belgique la présence de fipronil, contrairement aux autres pays.

Etes-vous favorable à une régionalisation de l’Afsca, comme cela a été suggéré au sud du pays ?

C’est une mauvaise idée. En cas de crise, il y aurait deux agences de gestion et ce serait trop compliqué. Pour être efficace, mieux vaut garder une seule agence fédérale. Historiquement, le Boerenbond n’était pas pour une régionalisation des compétences de l’agriculture mais vu les différences entre la Flandre et la Wallonie, il est tout de même important de pouvoir positionner ses propres accents dans la gestion.

En Wallonie, certains disent que l’Afsca ne défend pas assez les petits producteurs, qu’elle est plus à l’écoute du discours du Boerenbond. Etes-vous d’accord ?

Je ne vois pas de différence faite entre les petits et les grands producteurs, entre la Flandre et la Wallonie. L’Afsca ne fait qu’appliquer les mêmes règles à tout le monde. La santé publique ne fait pas de différence entre grands et petits, entre Nord et Sud.

Combien va coûter cette crise des œufs aux producteurs flamands ? Le gouvernement, comme en Région wallonne, va-t-il débloquer des budgets d’indemnisation ?

Notre estimation se monte à au moins 10 millions d’euros. Le gouvernement flamand a prévu des crédits-ponts et payera pour les analyses du fumier mais il n’y a pas de décision concernant d’autres indemnisations à ce stade. Nous espérons que les mesures d’aide prises par le fédéral, qui sont bonnes, seront suffisantes.

Le gouvernement fédéral a-t-il bien géré la crise ?

Oui. Nous avions rapidement demandé un entretien avec le Premier ministre et les ministres compétents et nous l’avons obtenu deux jours plus tard. Nous avons fait part de nos demandes et le paquet de mesures a été une réponse adéquate à toutes nos questions.

Mme De Becker, vous êtes la première femme à présider le Boerenbond. Est-ce difficile de s’imposer dans ce milieu très masculin ?

Non, pas du tout. Je n’ai jamais rencontré de problèmes de discrimination parce que je suis une femme. Les agriculteurs demandent juste la connaissance des dossiers et du métier.

Et quels sont vos objectifs en tant que présidente ?

Renforcer nos agriculteurs sur le plan économique en les aidant à améliorer leurs compétences d’entrepreneur.

Le Boerenbond était proche des sociaux-chrétiens flamands. Est-ce toujours le cas ?

Oui, avec le CD&V, nous partageons une philosophie, un intérêt fort pour l’agriculture, mais nous parlons avec tous les partis politiques, hormis le Vlaams Belang.

L’ancrage comme mot-clé

 Sonja De Becker est née le 21 mars 1967 à Erps-Kwerps dans le Brabant flamand, là où ses parents avaient une exploitation agricole. Elle y habite toujours, fidèle à sa terre d’origine. L’ancrage est un mot qui revient souvent chez cette juriste qui a étudié à Louvain, décrochant sa licence avec grande distinction. On la sent ancrée dans ce Brabant flamand où se trouve le siège du Boerenbond, la plus grande fédération agricole flamande rassemblant 16 000 agriculteurs et horticulteurs.

Elle parle aussi d’ancrage pour le bancassureur KBC dont elle est administratrice et où elle représente le MRBB (le véhicule financier du Boerenbond) actionnaire à concurrence de 11,6 % de la banque. « C’est très important de pouvoir assurer cet ancrage », nous explique-t-elle. Une alliance avec un groupe étranger est-elle d’office exclue ? C’est « une question pour le conseil d’administration », répond-elle. Sonja De Becker est aussi une femme prudente.

Isabelle Lemaire et Ariane van Caloen

Le scandale des œufs traités au fipronil

Mais c’est quoi, au fait, le fipronil ? 

C’est un anti-parasitaire très puissant, couramment utilisé dans des produits vétérinaires destinés aux animaux de compagnie. Il permet de lutter efficacement contre puces, poux, tiques et acariens. Ce biocide, synthétisé par le groupe français Rhône-Poulenc dans les années 1980, a été commercialisé à partir de 1993.

En 2004, la plupart des pays européens (dont la France) a interdit son utilisation dans l’agriculture – le fipronil était accusé d’entraîner une surmortalité des abeilles – mais il reste autorisé en Belgique et aux Pays-Bas. Son usage chez des animaux destinés à la consommation humaine, comme les poules, est néanmoins interdit dans l’ensemble de l’UE.

Mais comment je fais pour acheter de bons œufs ?

Vous voilà avec votre caddie, au rayon œufs, avec l’embarras du choix. Impossible de deviner lesquels sont contaminés, mais vous pouvez en savoir plus sur leur qualité grâce à un code imprimé sur chaque coquille. Le premier chiffre indique le mode d’élevage de la poule, suivi de deux lettres correspondant au pays où l’œuf a été enregistré (FR pour la France, DE pour l’Allemagne, NL pour les Pays-Bas, IT pour l’Italie, BE pour la Belgique…), puis trois caractères identifiant l’élevage d’origine et les deux derniers donnent le numéro d’identification du bâtiment.

Le premier chiffre (0, 1, 2 ou 3) est donc capital, voici comment les décrypter : 0 pour les œufs bio ; 1 pour les œufs issus d’élevages en plein air ; 2 pour les élevages « au sol », où les poules ne vont pas à l’extérieur ; et enfin 3 pour les œufs provenant d’élevages en cage.

Informations puisées dans francetvinfo

Commentaire de l’ A.W.F. : ne serait-il pas utile d’interdire les oeufs catalogués 3 et 2 ? Il y va du bien-être animal ainsi que la santé des humains.

André Flahaut passe aux aveux

Valmy souhaite partager ceci avec vous :

Je viens de lire un article intéressant sur levif.be.

Écrit par César Botero González, Militant du PS – Licencié en sciences politiques et science des religions. Voici son opinion (31/07/17 à 10:18 – Mise à jour à 11:35)

André Flahaut passe aux aveux

André Flahaut: « Si Elio Di Rupo part, il n’y a plus de parti! ».
Il se trompe et les militants apprécieront. Lorsqu’il n’y a plus de parti parce que son président part, le parti n’est pas un parti, c’est une bande des thuriféraires se trémoussant au va-et-vient de leurs encensoirs. Mais le PS, dans sa grande majorité, n’est pas de cet acabit, c’est tout autre chose.
Voilà l’aveu inattendu de l’un des affidés du président du PS. « A l’insu de son plein gré », il apporte la preuve de ce que j’ai affirmé dans Levif.be du 13/02/17 : « Le camarade président est persuadé d’être l’homme providentiel, irremplaçable et indispensable qui mènera le PS à la victoire aux prochaines élections. […] Ces individus qui se croient indispensables sont têtus comme une mule. » Pour preuve, il n’excluait pas, en juin 2016 d’être candidat à sa propre succession à la tête du PS en 2019. Cela ferait 24 ans de présidence ou plus s’il décide de se représenter en 2024 ou encore en 2028.
Merci, André Flahaut, avec votre aveu vous apportez de l’eau à mon moulin et du grain à moudre aux militants qui se demandent si vous n’êtes pas tombé sur la tête.

Elio Di Rupo est devenu l’homme providentiel et irremplaçable aux yeux et à cause de son entourage, grâce à une stratégie simple : vous me soutenez, je vous soutiens ; tu nous soutiens, nous te soutenons. C’est pourquoi, dans un langage marin, des ténors et des… sopranos du PS nous annoncent une catastrophe si Elio part. Ce fut d’abord Laurette Onkelinx : « ce serait scandaleux, alors que le parti est dans la tempête, que le capitaine dise : « je m’en vais ». Ce genre de dégagisme pourrait désagréger le parti ». Et récemment André Flahaut : « Quand la mer est démontée, que le navire tangue, le capitaine reste à bord et se bat. [… ] Si Elio di Rupo part, il n’y a plus de parti. »

L’encens trouble la raison dans les espaces confinés des hautes instances du PS et sème l’inquiétude parmi les militants. Voilà donc la confirmation de ce que l’on veut nous faire croire : Elio Di Rupo est le PS. Le Président-Soleil peut parodier le Roi-Soleil et se dire : le PS c’est moi. Et sans lui, pas de PS.

Le départ d’Elio Di Rupo ne suffirait pas à remonter la pente, mais ce serait le signe fort d’un nouveau départ pour un nouveau PS.
C’est le contraire qu’il fallait dire. Sans le parti il n’y a plus d’Elio Di Rupo et encore moins d’André Flahaut et autres Grands Propriétaires du PS. Ils ne seraient pas ce qu’ils sont. Même Di Rupo l’admet lorsqu’il s’exclame dans son discours du 2 juillet au congrès de « Les Lacs de l’Eau d’Heure » : « J’ai coutume de dire que la force du PS, ce sont ses militants ».

Olivier Maingain va plus loin en adoptant la formule d’une ancienne cheffe de parti : « Antoinette Spaak a eu cette jolie formule et je la fais mienne aujourd’hui : « le parti ne me doit rien, c’est moi qui dois tout au parti. Je dois ce que je suis à la force collective de mon parti, j’ai toujours voulu préserver cette force collective, tant mieux si, demain, d’autres poursuivent cette aventure. »  Sont-ils sincères ?

La déclaration d’André Flahaut permet de dégager quelques conclusions :
1. Quand les hautes instances entendent monter la gronde des militants d’en bas, la cour panique et sonne le tocsin dans les médias à la manière d’un chantage.

2. Si Elio Di Rupo est le PS, c’est lui le principal responsable de ce qui arrive au parti. C’est lui qui fait tanguer le navire quand la mer est démontée.

3. Si le capitaine Di Rupo ne peut pas abandonner le navire en pleine tempête, personne d’autre que lui ne peut le piloter bien qu’il ait contribué à le faire tanguer. Bizarre comme raisonnement. Dans ce genre de situation, on change de capitaine.

4. La cour le soutient parce que sans Elio, pas de cour. Elle lui est redevable de l’avoir mise en lumière, de l’avoir aidée à faire carrière. D’autres le soutiennent parce qu’ils rêvent de rejoindre la cour.

5. La figure du capitaine à la barre, au milieu de la tempête, véhicule un autre message : celui qui opposerait sa candidature à la présidence du parti à celle de Di Rupo commettrait quelques fautes graves : crime de lèse-majesté, atteinte à l’unité du parti et déloyauté.

6. Imaginons que des dirigeants plus jeunes et plus récents tiennent ce raisonnement : et si je posais ma candidature à la présidence du PS. Ce serait bien. La démocratie suppose la possibilité de choisir. Et puis, j’ai quelques idées novatrices pour réinventer le socialisme, galvaniser les militants, proposer d’autres horizons à nos citoyens.

7. Eh bien, non. Notre presque candidat finira par se dire : ça n’ira pas. Celle-là soutient Di Rupo bec et ongles, parce que s’il tombe, elle l’accompagnera dans sa chute. Et celui-là non plus pour les mêmes raisons. Si je suis candidat et je perds, c’est fini pour moi, « adieu veau, vache, cochon, couvée ». Je dois donc adhérer à la candidature unique d’Elio s’il décide de se faire réélire en 2019 par plus de 93.6% de voix comme en 2014 ou 97,6% comme un 2011. Afin d’éviter des élections dont on connait les résultats à l’avance, pourquoi ne pas le nommer à durée indéterminée, avec pleins pouvoirs irrévocables ?

8. Le travail des militants… bof… des colleurs d’affiches, distributeurs de tracts, organisateurs de boudin-purée-compote. Seul compte le travail d’un groupe réduit qui décide sans consulter les militants.

9. Les groupes de réflexion qui surgissent un peu partout dans le but de trouver des solutions à la crise du parti ne valent rien puisque le PS est Di Rupo et Di Rupo est le PS. « démocratique ».
Puisque le parti c’est Elio avec sa cour, la démocratie interne est ce qu’elle est et cela malgré le chantier des idées.

Parlons-en :
1. Après avoir été débarqué une première fois par le MR, Elio lance le chantier des idées. Le but était de « rendre la parole aux militants ». Il reconnaît qu’ils ne l’avaient pas. Pendant le chantier des idées et après non plus. En revanche, il l’a donnée aux experts. Les militants qui n’étaient pas d’accord avec eux avaient 3 minutes pour les réfuter ou parfois deux comme au cours du dernier colloque sur la démocratie interne. Comble de l’ironie. Les débats contradictoires brillèrent par leur absence.

2. Le chantier commença le 22 mars 2015 et se termina le 22 octobre 2016. Aujourd’hui, 28 mois plus tard, aucun militant ne connaît les comptes rendus de ses 15 colloques.
Voilà pourquoi André Flahaut, Laurette Onkelinx et d’autres courtisans, nous prédisent la fin du parti si le président-soleil partait.
Le cas Di Rupo impose une solution pour l’avenir : limiter les mandats de président du parti et des fédérations à deux maximum.
Le départ d’Elio Di Rupo ne suffira pas à remonter la pente, mais ce sera le signe fort d’un nouveau départ pour un nouveau PS. Le parti semble oublier que les électeurs de gauche sont beaucoup plus nombreux que les militants et que leur méfiance à l’égard des socialistes augmenterait si son président ne part pas. Tous ceux qui choisissent le PTB dans les sondages ne le choisiront pas dans les urnes si le PS montre une réelle volonté de changer radicalement. C’est le message des sondages.

Ne pas l’oublier non plus : si le parti part, il n’y a plus d’Elio Di Rupo et compagnie. Et puis, si un parti s’effondre après le départ de son président c’est parce qu’il n’aurait jamais dû exister. Le socialisme est une chose, les partis socialistes une autre.

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