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Les caisses de l’AWEX sont vides

Là se situe le problème de la Wallonie qui ne fait que s’aggraver journellement et qui ne fera que s’aggraver plus encore après la prochaine réforme de l’Etat qui mettra progressivement fin à la solidarité financière déjà toute relative aujourd’hui entre la Flandre et la Wallonie.

Avez-vous vu ce reportage où un dirigeant d’entreprise située en Wallonie devait bien reconnaître que les fonds accordés à la Belgique par l’Europe pour l’ industrie aéronautique ne lui serait accordé que si il acceptait de transférer une partie de celles-ci en Flandre ou encore mieux de délocaliser l’ensemble de ses usines en Flandre ? A la question de la journaliste qui lui demandait ce qu’il en pensait, nous aurions pu attendre de ce monsieur un vent de révolte. Hélas, il répondit avec un sourire béat qu’il irait en Flandre…!

22/12/16 à 15:12 – Mise à jour à 15:12

Source: Le Vif

La réforme des aides à l’exportation en Région wallonne, voulue par le ministre Marcourt et mise en oeuvre en janvier dernier, est un grand succès. Un trop grand, même, puisque l’enveloppe de quelque huit millions d’euros prévus cette année est vide depuis la fin de l’été… et que les entreprises qui y ont droit ne percevront leurs subsides que l’an prochain.

Avant, c’était compliqué. Aujourd’hui, c’est simple. Du coup, tout le monde le fait. Et donc il n’y a plus de sous.

Jusqu’à la fin de 2015, un entrepreneur wallon qui désirait partir à la conquête des marchés étrangers pouvait se faire aider par l’Agence wallonne à l’Exportation. Mais pour cela, il devait choisir parmi une quinzaine d’incitants financiers possibles, rendre un dossier complet, contrôlé du début à la fin de la procédure, et pouvait ensuite, éventuellement, recevoir son écot. Le parcours était fastidieux, et en rebutait manifestement certains. Le ministre régional de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, à qui certains prêtent pourtant l’intention de faire du mal à l’AWEX, a voulu simplifier et faciliter les procédures.

Depuis janvier dernier en effet, d’une part, le versement du subside se fait sur simple déclaration de créance et d’un rapport commercial, et ce n’est qu’a posteriori que l’entreprise peut devoir produire les pièces justificatives, sur demande de l’AWEX.

Et, d’autre part, la quinzaine de catégories d’incitants a été réduite à cinq (l’accompagnement par un spécialiste, les campagnes de communication, la participation à des salons, la prospection en dehors de l’Union européenne, et l’implantation d’un bureau à l’étranger).

Les entreprises wallonnes se sont ruées sur cette nouvelle aubaine. Mais l’enveloppe budgétaire allouée, elle, est restée à la hauteur de l’ancien régime : 8.100.000 euros, qui ont très vite été distribués. « Depuis septembre, je ne sais plus quoi inventer pour faire patienter les entreprises qui y ont droit, et tout le monde ne le prend pas calmement », explique un agent de l’AWEX. « Nous n’avons effectivement plus rien déboursé depuis octobre », confirme-t-on au siège de l’agence, à Bruxelles. Depuis lors, il y en a pour quelque deux millions d’euros d’aides promises, et donc dues, qui n’ont toujours pas été déboursées. « Les années précédentes, lorsque ça arrivait, on trouvait toujours quelque part une ligne budgétaire pour assumer nos engagements. Mais ici, et avec cette ampleur, c’est du jamais-vu », s’énerve le même agent.

Régularisation en janvier

La direction de l’agence, elle, tient à rassurer ses employés comme ses clients : « Nous n’avions pas prévu l’ampleur de ce succès, c’est vrai, mais tout l’arriéré sera résorbé en janvier prochain. Et même si l’enveloppe prévue pour les années suivantes n’a pas été augmentée, la Région a pris conscience du problème, et a déjà prévu des budgets du Plan Marshall pour combler les éventuels dépassements pour les exercices 2017 et 2018. » La Wallonie ne s’arrêtera donc pas de conquérir le monde. Même si ça coûte plus cher que prévu.

15 novembre 2016 : jour de fête…!

La Wallonie altermondialiste

Lu ce vendredi sur le site du journal Le Monde :

André Antoine, président du Parlement wallon : « le débat sur le traité avec le Canada commence »

Le Parlement de la Wallonie a approuvé à une très large majorité, vendredi 14 octobre, une motion déposée par les deux partis de la majorité régionale (socialiste et centriste) prônant le rejet, par la Belgique, du projet d’accord commercial Union européenne-Canada (Ceta). Le texte adopté demande toutefois au gouvernement fédéral belge de renégocier cet accord – ou du moins sa « déclaration interprétative » – avant la signature définitive, prévue initialement pour le 27 octobre.

André Antoine, le président centriste de l’assemblée, détaille pour Le Monde, la position de la Wallonie, susceptible de mettre à mal tout le projet, dès l’instant où l’un des 28 États membres dirait ne pouvoir y souscrire.

Comment faut-il interpréter le vote ?

D’abord comme une victoire de la démocratie. Les traités sont généralement des enjeux pour les technocrates, les multinationales et les lobbies qui mènent des négociations dans la discrétion la plus totale. Puis, c’est aux parlementaires, privés de la capacité de négocier et de fixer des conditions, de voter le texte tel quel. Dans ce cas-ci, nous avons ouvert le capot du CETA, contrairement à d’autres – dont certains députés canadiens, j’ai pu m’en rendre compte.

Nous avons envoyé, dès le mois d’avril, un signal clair à nos amis Canadiens, Français et à la Commission européenne, en priant cette dernière de l’entendre. Nous avons ensuite étudié et réétudié les textes et, jeudi soir, nous avons découvert que la déclaration interprétative qui nous a été soumise par morceaux pouvait être contraignante, à condition toutefois d’être rédigée avec précision. Nous avons aussi découvert que nous pouvions encore ajouter des éléments de fond. Donc, à mes yeux, le débat sur le Ceta commence aujourd’hui.

Vous pensez réellement pouvoir infléchir ce traité ?

Oui. Nous sommes en quelque sorte des lanceurs d’alerte et j’espère vraiment que l’on nous entendra désormais. Des valeurs démocratiques sont en cause, et pas simplement des intérêts privés. Le Ceta est un traité d’une nouvelle génération, qui peut conditionner tous les traités futurs. Nous devons donc nous montrer inflexibles quant à certains principes. Nous ne pouvons, par exemple, accepter que des juges privés conditionnent le droit européen ou le droit national. Nous ne pouvons pas tolérer que, demain, nous puissions édicter des normes mais, pour cela, devoir procéder à des indemnisations. C’est heurtant pour la démocratie et pour les citoyens, qui élisent leurs représentants.

L’enjeu véritable est de savoir si la démocratie peut encore jouer son rôle face aux exigences de multinationales qui ont eu l’oreille de technocrates européens. On ne peut plus déterminer la destinée de nos sociétés sans entendre les représentants des citoyens, élus démocratiquement dans les parlements.

Vos amis du Parti populaire européen, comme les socialistes, admettent l’idée que ce traité est bon, peut-être même le meilleur jamais négocié…

Dès l’instant où il est d’un nouveau type, heureusement qu’il est meilleur que les précédents. Je le reconnais, nous avons parfois voté ceux-ci à l’aveugle, et je le regrette. Mais, désormais, il faut fixer des balises beaucoup plus nettes. Le principe de précaution, par exemple, qui est au cœur des traités européens, n’est pas suffisamment affirmé. Nous voulons, par ailleurs, que l’un continue à faire confiance aux juges nationaux pour trancher les litiges, sans donner l’impression à l’opinion qu’ils sont incompétents. L’exception agricole n’est, elle non plus, pas rencontrée et il est inacceptable que l’on obtienne la reconnaissance de quelques fromages en échange des importations de tonnes de viande produites dans des conditions sanitaires et de recherche de rentabilité incompatibles avec nos normes. Ce qui ne fera qu’aggraver les conditions, déjà difficiles, de nos agriculteurs.

Enfin, le rôle des services publics et des services sociaux doit beaucoup plus affirmé dans le texte.

Une élue de votre opposition libérale a évoqué le risque de voir la Wallonie devenir « la Cuba de l’Europe »…

Jolie formule mais même Cuba s’ouvre aujourd’hui, prouvant que la solitude n’est jamais définitive. Ce n’est pas parce que nous sommes seuls pour l’instant que nous ne pouvons pas partager nos convictions. D’ailleurs, nous avons entendu les réticences du chancelier autrichien ou de parlementaires néerlandais. Nous savons que, jusque dans les dernières heures, Roumains et Bulgares ont négocié ferme pour la question des visas qui leur étaient imposés. Nous avons aussi vu les Grecs batailler. La Wallonie ne doit pas avoir de complexes dès lors qu’elle a la force de justes convictions.

Le ministre-président de votre Région, Paul Magnette, devait discuter avec François Hollande après ce vote. Vous pensez que la France peut encore vous aider ?

Oui. Parce que s’ils manifestent, à juste titre, leur opposition au Traité avec les États-Unis, les Français doivent savoir que, par certains aspects, le CETA ressemble bel et bien au TTIP. Le président Hollande peut faire entendre une autre voix que celles des multinationales et de l’argent. Je me souviens d’ailleurs de sa promesse : « Je ne serai pas le président de l’argent ». Il a donc l’occasion unique d’être à nos côtés pour imposer ses valeurs.

Propos recueillis par Jean-Pierre Stroobants (Namur, envoyé spécial).

P.S. : Si le CETA est soutenu par les autorités françaises, il n’en provoque pas moins, en France, les mêmes réactions qu’en Wallonie. Ainsi, ce 15 octobre, les Economistes Atterrés (« un collectif de chercheurs, universitaires et experts en économie de gauche ») n’ont pas hésité à signer une tribune intitulée : Gloire aux Wallons!

Lire aussi : Rejet wallon du CETA, nouvel accroc pour le libre-échange sur le site du Monde diplomatique.

La Belgique n’aidera pas la Wallonie

Il semblerait que la Wallonie soit poussée à revoir son train de vie. Il y a pourtant des projets qui attendent un financement. Il y a le rôle économique et social de la Région. Il y a la concurrence avec le reste du monde. Il y a le poids des réalités, celui des chiffres et des contraintes. Il y a les premiers effets de la 6e réforme de l’Etat. C’est un appauvrissement collectif qui se dessine. Il faudra s’habituer… ou réagir ensemble.

Lu ce vendredi sur le site du journal L’Echo :

Le ministre du Budget prépare un plan pour améliorer l’état de la dette et éviter un abaissement de la note financière de la Région.

Un léger vent de panique souffle à nouveau sur les finances wallonnes. Après le trou budgétaire qu’il a fallu colmater au mieux pour boucler le budget 2017 sans trop laisser filer le déficit, le ministre du Budget Christophe Lacroix (PS) s’attaque à un autre gros morceau: la dette wallonne.

Après le big bang de 2014 et la requalification du périmètre de la dette wallonne par l’Institut des comptes nationaux pour voir celle-ci flirter autour des 21 milliards dus à l’intégration des dizaines d’entreprises et organismes publics imposée par l’Europe, la coalition PS-cdH, aux commandes en Wallonie, ne s’était plus trop penchée sur le dossier. Le problème refait aujourd’hui surface au point de voir le cabinet du ministre du Budget travailler sur un plan d’optimisation.

Pourquoi toute cette agitation aujourd’hui? La dernière visite de l’agence de notation Moody’s à Namur est l’élément déclencheur. Dans son dernier rapport transmis au cabinet du ministre du Budget cet été, l’agence américaine a tout bonnement dégradé la perspective de la notation de la Région wallonne de A1 perspective stable à A1 perspective négative.

« Un signal »

Moody’s souligne que, malgré l’autonomie fiscale dont dispose la Région, cette dernière n’a pas planifié de lever des recettes supplémentaires pour atténuer les déficits budgétaires. « C’est un signal à prendre en compte », dit-on dans l’entourage de l’Elysette. Moody’s n’en restera pas là! Ses experts ont programmé une nouvelle visite chez Christophe Lacroix en fin d’année. Et, sans un réel changement, la sanction pourrait être sévère. « Nous craignons que Moody’s abaisse notre note financière si rien ne s’améliore », fait savoir un proche du dossier. D’où ce vent de panique!

Dette directe

Les derniers débats politiques autour de la requalification des outils wallons et l’explosion inévitable de la dette globale de la Wallonie ont occulté un point fondamental de la situation financière de la Région: la dette directe. Elle représente les différences entre les recettes du Service public de Wallonie (SPW) et les dépenses du budget wallon. Moins médiatisée, la dette directe est en constante progression depuis plusieurs années. À 6,6 milliards en 2012 selon les calculs du Conseil supérieur des finances, elle ne cesse d’augmenter pour flirter aujourd’hui autour des 9 milliards d’euros. « Pour 2016 par exemple, la Région devra lever un milliard pour financer son solde primaire (c’est-à-dire la différence entre les recettes et les dépenses, NDLR)« , pointe un expert. Bref, la situation est délicate, même si, chez le ministre Lacroix, on relativise la charge de la dette directe. « En 2017, cela représentera 316 millions, soit 2,37% du budget. »

Si la Région a déjà pris quelques mesures pour diminuer son train de vie ces dernières années et limiter les déficits, cela ne suffit pas. « La situation n’est pas à minimiser, il faut agir », admet le cabinet Lacroix. « Des propositions politiques doivent être faites pour alléger et simplifier la dette. »

Parmi les pistes étudiées, on évoque un rapatriement des réserves de trésorerie des unités d’administrations publiques. Les montants ne sont pas négligeables. Des outils publics comme la SRIW, la Sowalfin ou les invests sont assis sur un paquet d’argent qu’on évalue à près de 1,2 milliard. « Cette trésorerie n’est pas prise en compte dans le calcul de la dette de Moody’s. Cette opération permettra d’améliorer la situation de trésorerie de la Région wallonne et impactera donc à la baisse la dette telle que calculée par Moody’s », souligne le cabinet du Budget.

L’autre solution est d’acheter des billets de trésorerie au sein de certaines entités publiques wallonnes. « Cette opération a l’avantage d’optimaliser l’utilisation du cash au sein de notre périmètre. Ceci permettra donc de diminuer le recours externe aux capitaux ». La mise en place de l’agence de la dette wallonne – dont le travail consistera à minimiser les coûts de cette dette – est aussi attendue avec impatience.

Il restera ensuite à attendre le verdict de Moody’s!

Il y a encore beaucoup de travail

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