Archives pour la catégorie Francophonie

Comme les convoyeurs, Demotte attend

Valmy réagit à un article d’opinion publié le 27 juillet sur le site du Vif/L’Express.

La francophonie mondiale change de chef…              Et alors ?

Par Gaëtan van Goidsenhoven, député au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et membre de la Commission des relations internationales

Deux candidatures antagonistes se profilent en vue de l’élection du prochain patron de l’Organisation internationale de la francophonie cet automne.

Au grand désintérêt apparent de la Belgique francophone (…)

Cette question, qui ne semble soulever aucune émotion dans la partie francophone du pays, n’est pourtant pas anodine. En effet, deux candidatures largement antagonistes se profilent et l’élection de la nouvelle figure de proue de la francophonie internationale pèsera indubitablement sur l’avenir et le développement de l’OIF.

D’un côté, l’actuelle titulaire du poste, Michaëlle Jean, au bilan contesté (…). De l’autre, l’actuelle ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, dont la candidature suscite des inquiétudes (…) puisque l’anglais a supplanté le français dans l’enseignement depuis 2008.

Avancer les pions

Le Canada et le Québec ont déjà exprimé leur soutien à leur compatriote Michaëlle Jean. La France, de son côté, a exprimé une prédilection sans nuance en faveur de Louise Mushikiwabo (?). De plus, Louise Mushikiwabo a reçu le soutien officiel du Comité des candidatures de l’Union africaine, malgré les réticences à l’égard d’une candidature jugée trop anglophone.

La francophonie belge ne dit rien

La Fédération Wallonie-Bruxelles, pour sa part, et malgré son statut de gros contributeur de l’OIF (le plus important en nombre d’habitants), reste pratiquement muette dans un dossier jugé digne d’intérêt dans le reste de la francophonie.

Saine prudence ou fâcheuse pusillanimité ? Force est de constater que, pour l’instant, les hautes autorités de la francophonie belge ne disent que peu de choses.

Le très mesuré (sic) chef du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte, a déclaré en séance publique du parlement : « Pour nous, la stratégie de l’OIF prime sur le choix du futur ou de la future secrétaire. Nous attendons (sic) donc que cette stratégie soit clairement définie… » Soit.

Si cette prudence pouvait être audible à un moment où n’existaient aucune candidature plus ou moins officielle ni aucun soutien officiel de la part des principaux représentants de la francophonie, ce silence risque de devenir assourdissant et le sens que nous pourrions donner à un éventuel soutien de candidature, de moins en moins significatif.

Monsieur Demotte a annoncé récemment qu’il enverrait une liste de questions de fond aux candidats déclarés en leur demandant de se positionner quant à celles-ci. Il considère qu’il sera mieux à même de se prononcer lorsque les candidats se seront positionnés sur les différentes questions. Habile façon de postposer le moment où il faudra décider de l’attitude à adopter. Jusqu’à attendre la tenue du sommet d’Erevan, où notre Fédération se soumettra à l’opinion majoritaire des autres Etats membres, sans avoir eu le courage d’annoncer sa propre position ?

Un rôle de spectateur !

Certes, la position africaine doit également nous éclairer au regard du poids démographique de ce continent au sein de la francophonie d’aujourd’hui et de demain. Mais à l’heure où la posture des uns et des autres s’affirme toujours davantage, pouvons-nous, Belges francophones, nous contenter d’un rôle d’aimable spectateur face au jeu d’influences qui se déroule devant nos yeux ?

Devons-nous nous inscrire dans la volonté géopolitique du Président français visant à solder son contentieux historique avec le Rwanda à travers une candidature à la tête de l’OIF ?

Voulons-nous réaffirmer notre soutien à l’actuelle secrétaire générale dont les qualités étaient régulièrement louées à chacune de ses apparitions dans nos instances francophones belges ?

A moins que – mais cela est peu probable – le gouvernement francophone ne souhaite proposer une démarche singulière…

Face au silence persistant de Rudy Demotte, nous nous perdons en conjectures. A l’heure où la Fédération Wallonie-Bruxelles se positionne sur un nombre considérable de dossiers internationaux sur lesquels notre influence est limitée (voire nulle), il serait incompréhensible de rester muet sur les prochains enjeux de la francophonie, là où notre voix compte indéniablement et où il est de notre devoir de la faire entendre.

LA CONCLUSION DE VALMY :

Comme d’habitude, les Wallons tiendront encore le rôle de pigeons. Sur le front du Belgium comme sur celui de l’international, la Fédération Wallonie-Bruxelles, en réalité l’apparatchik Demotte, ne sert qu’à jeter de la poudre aux yeux et surtout l’argent des contribuables par les fenêtres. Le mutisme, que ce soit dans ce dossier, jugé digne d’intérêt dans le reste de la francophonie, ou dans tous les autres, en politique intérieure, ne cache même plus la mystification institutionnelle dont les Wallons sont victimes. La F-W-B est bien une mystification institutionnelle, soutenue hélas par toutes les factions politiques wallonnes, destinée à intoxiquer, désinformer et surtout cacher aux Wallons les objectifs inavouables de leurs dirigeants.

Le Liban et la Francophonie

Notre ami le journaliste Pierre André, infatigable animateur de l’excellent blogue « Liège28 » nous fait parvenir l’éditorial de Elie FAYAD dans le quotidien libanais « L’Orient-le Jour ».

La promotion de la Francophonie animée sans relâche par Monsieur Albert Salon,  ancien ambassadeur de la France, Président de l’avenir de la langue française (ALF) et soutien de l’AWF, intéresse au plus haut point notre mouvement.

Nous pensons que la France, mais aussi la Wallonie ont tout à gagner à développer des accords de coopération dans tous les domaines avec les Etats et les Nations qui ont en commun la langue française.

A ce titre, ce qui se passe au Liban ne peut nous laisser indifférents.

Franc(a)phonie

L’édito de Élie FAYAD dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour du 23 février 2018

La mention « Liban », en français, a disparu des nouvelles plaques minéralogiques. Un vague fonctionnaire en aura décidé ainsi…

C’est le dernier en date d’une suite d’actes, de transformations et de négligences qui s’inscrivent dans le cadre d’une entreprise de liquidation programmée de la francophonie dans ce pays.

Au vu des graves problèmes en tous genres qui assaillent le Liban, ce fait, minuscule en soi, peut certes paraître anodin, au point de passer presque inaperçu aux yeux de l’écrasante majorité des usagers. Il n’en témoigne pas moins, assez tristement, du processus par lequel une nation peut, en silence, perdre petit à petit une partie de son âme.

Car à côté de l’héritage arabo-levantin, duquel les Libanais n’ont guère à rougir, leurs aïeux ayant grandement contribué dès le XIXe siècle à sa renaissance et son éclat dans les arts et les lettres, la francophonie fut aussi pendant longtemps et reste une autre manière d’être libanais, nullement en rupture avec la première.

Quoi ! N’avoir bravement résisté aux assauts furibards d’un nationalisme arabe moustachu, étriqué et maussade, qui fit des ravages culturels, politiques, militaires et économiques dans toute la région, que pour voir aujourd’hui les digues céder face à l’idéologie utilitariste dominante et à l’uniformisation culturelle de la planète ?

Qu’au Liban le père Noël soit détrôné par Santa (prononcer sènèh…), ou que le « tink you » remplace désormais le « mércé » n’est pas le problème : collectivement, l’anglais, au même titre que le français, n’ira jamais très loin auprès des catégories populaires, tout comme à l’époque romaine, le grec de l’École de droit de Béryte et des élites de la côte n’avait jamais pu défaire l’emprise des langues sémitiques chez les habitants de la montagne et de l’intérieur.

La question ne se pose pas vraiment, non plus, dans les décisions gouvernementales ou administratives, malgré la multiplication des appellations, des références et des sites électroniques ministériels en anglais et surtout des transcriptions de plus en plus fantaisistes des noms de lieux (villes, villages, quartiers) sur les panneaux routiers.

Le problème réside plutôt dans l’attitude des élites francophones elles-mêmes, qui ne paraissent plus tellement convaincues de la nécessité de faire des efforts pour défendre ce qui est pourtant une partie essentielle de leur identité culturelle et de leur système de valeurs.

Car c’est cela la francophonie : un esprit, une façon d’être et aussi un élément fondamental de la spécificité du Liban. Les banques libanaises peuvent dissimuler leurs raisons sociales françaises d’origine derrière des sigles abstraits, comme on cacherait une maladie honteuse, un vénérable musée peut décider de passer à la trappe la langue de Molière pour faire des économies d’espace, au final, c’est la différence du Liban qu’on enterre ainsi peu à peu.

Combat d’arrière-garde ? Nostalgie déplacée ? Pas si sûr. Qui dit francophonie dit d’abord ouverture. Depuis des décennies, l’apprentissage – nécessaire – de l’anglais n’est qu’une simple formalité pour les écoliers francophones du Liban. En connaît-on beaucoup à avoir été recalés des universités anglo-saxonnes pour faiblesse en langues ? Peut-on en dire autant en sens inverse ? Si la francophonie est une arme, elle cible uniquement la sous-culture homogénéisée, uniforme, qui a envahi le monde. Pas Fitzgerald, Faulkner ou Kerouac…

Mais hélas, le Liban n’est pas seul à perdre cette bataille-là. Il y a du monde, et du beau, à ses côtés. De passage il y a quelques années dans les locaux de L’Orient-Le Jour, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, la Canadienne Michaëlle Jean, se plaignait amèrement du manque de combativité des Français eux-mêmes dans ce domaine (les efforts actuels d’Emmanuel Macron et de sa conseillère Leïla Slimani incitent toutefois à relativiser ce constat).

Quant à l’ancien ministre Michel Eddé, PDG du groupe L’Orient-Le Jour/Le Commerce du Levant et grand défenseur de la francophonie, il n’en revient toujours pas de ce qu’il lui est arrivé un jour à Grenoble, où il était invité à une conférence. Quelle ne fut sa (mauvaise) surprise en entendant, à son entrée, un tonitruant et maladroit « Welcome to Grenowbel » !

Si, quoi qu’on fasse, parler français est considéré comme ringard, alors ce journal, seul quotidien francophone à des milliers de kilomètres à la ronde, se fera un point d’honneur de continuer à afficher sa ringardise. Parce qu’à ses yeux, cela veut dire défendre sa différence… et celle du Liban !

Le français pour richesse

Le 20 mars c’est la journée internationale de la francophonie :

220 millions de locuteurs sur les 5 continents fêtent le français dont nous Wallons et Bruxellois de langue française.

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Unesco en français

Le 20 mars c’est la journée internationale de la francophonie : 220 millions de locuteurs sur les 5 continents fêtent le français http://on.unesco.org/2nqT8j7
En mars,
c’est le “ Mois de la contribution Wikipedia ” francophone…« Il nous faut sensibiliser la communauté francophone
de la liberté de contribution à cet outil de diffusion de savoir.

Dont le nombre d’articles en anglais est d’environ 15 millions,
en français de 3 à 4 millions ! » En mars,
c’est le “ Mois de la contribution Wikipedia ” francophone…

 » Il nous faut sensibiliser la communauté francophone
de la liberté de contribution à cet outil de diffusion de savoir. « 

Valérie Faisien

La Tunisie réaffirme son choix du français

Le dynamisme de l’Afrique francophone

Un sommet de la francophonie à Bruxelles

Le journal Le Soir publie aujourd’hui cette « carte blanche » de Gaëtan Van Goidsenhoven, député bruxellois et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, chef de groupe MR au Parlement francophone bruxellois.

Un sommet de la Francophonie à Bruxelles pour donner sens à nos valeurs

Membre de plein droit de la Francophonie, la Belgique n’en a jamais accueilli le sommet, qui se tient tous les deux ans depuis 1986. La capitale de l’Europe va-t-elle enfin saisir l’opportunité d’une candidature pour 2022 ?

Le 27 novembre dernier s’est clôturé le XVIe Sommet de la Francophonie. À cette occasion, dans la capitale malgache, 84 États et gouvernements ayant le « français en partage » se sont réunis. Si ces pays et collectivités représentent ensemble pas moins de 900 millions d’hommes et de femmes, notre langue compte en réalité (selon les chiffres de 2014) 274 millions de locuteurs répartis sur les cinq continents. Selon les projections, ils seront 400 millions en 2025, plus de 700 millions en 2050 et pourraient dépasser le milliard d’individus à l’horizon 2065.

Sans verser dans une forme d’optimisme béat sur l’avenir de l’espace francophone, force est de constater que son dynamisme contredit le défaitisme qui est trop souvent exprimé par les défenseurs de la langue française. Rappelons également que notre langue est la seconde qui soit la plus pratiquée dans les organisations internationales. Pour autant, si le français progresse au Sud, force est de constater que, sur le continent européen, il a été progressivement marginalisé à partir des années 90, au profit d’un recours unilatéral à l’Anglais. Dans le contexte de l’Union européenne post-Brexit, ce n’est pas tant la défense d’une langue contre une autre qu’il faut promouvoir mais bien celle du multilinguisme dans l’espace européen. Quel sens donner aux inquiétudes populaires face au Ceta et plus encore au TTIP si nous ne parvenons pas à agir en faveur de notre propre langue et, au-delà, au bénéfice d’une diversité culturelle à l’échelle européenne ?

Une candidature pour 2022 ?

L’Etat belge, tout comme la Fédération Wallonie-Bruxelles, sont des membres de plein droit de la Francophonie. Ils le sont respectivement depuis 1970 pour le premier et 1980 pour le second. Pour ce qui concerne la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous arrivons à 36 ans d’implication au sein des instances francophones dont elle est l’un des principaux contributeurs. Pourtant, alors que nous venons de clôturer le XVIe Sommet de l’OIF, il faut constater que jamais cet événement majeur ne s’est déroulé en Belgique. En 2018, ce sera le tour de l’Arménie et en 2020, celui de la Tunisie. Une candidature pour 2022 est donc largement envisageable, nous disposons de six ans pour la préparer. Qu’un pareil sommet soit par ailleurs accueilli au cœur même de la capitale de l’Europe, Bruxelles, ville cosmopolite ouverte sur le monde, serait riche de sens. Comme riche de sens serait cette occasion de rappeler la place de la langue française en Europe et l’importance du dialogue des cultures dans un monde de plus en plus globalisé.

Une occasion à ne pas manquer

Le ministre-président Rudy Demotte a dernièrement souligné que la Francophonie devait être irréprochable en son sein et intransigeante sur ses valeurs. Organiser un sommet à Bruxelles permettrait de donner une tribune extraordinaire à cette exigence de respect des droits humains, de tolérance et d’ouverture aux autres cultures. Ce serait une occasion unique de raffermir les valeurs portées par la Francophonie à l’heure où, de sommet en sommet, la multiplication des adhésions sans réelle attache avec cette dernière risquerait de vider l’institution de son identité. Le malaise est patent avec la demande d’adhésion de l’Arabie saoudite en qualité de membre observateur. Si la décision sur cette adhésion a toutefois été reportée, il semble temps de se pencher sur l’avenir de la Francophonie internationale. En tant qu’organisateur d’un prochain sommet à Bruxelles, nous aurions la possibilité de positionner la question des valeurs au centre du questionnement francophone comme nous pourrions porter haut la voix de la Francophonie au cœur même des institutions européennes. Qui oserait prétendre qu’une pareille occasion ne doit pas être saisie ?

Le Sommet de la Francophonie à Madagascar et la France

Nous en traitons en 2 temps. Ici : aspects institutionnels et géopolitiques. Ultérieurement : décisions et retombées politiques, sociétales ; éducation-formation ; enseignement du français ; coopération culturelle et technique ; « Stratégie de croissance partagée » et (co-)développement économique « durable » ; réseau francophone numérique (RFN).

Aspects institutionnels, géopolitiques et diplomatiques 

Le 16ème Sommet des Chefs d’État et de gouvernement des « pays ayant le français en partage » s’est tenu les 26-27/11/ 2016 à Antananarivo. Depuis le 1er, organisé en 1986 à Versailles/Paris par M. Mitterrand avec une vingtaine de partenaires, l’OIF créée en 1997 à Hanoï a crû. Madagascar a accueilli de nombreuses délégations et 4 nouveaux membres : 2 observateurs : Argentine et Corée du Sud ; et 2 gouvernements participants : Ontario et Nouvelle Calédonie.

Mais une vingtaine seulement des nombreuses et fortes délégations étaient conduites par un chef d’État ou de gouvernement. Alors qu’au XVème Sommet, en 2014 à Dakar, les chefs d’État africains étaient deux fois plus nombreux. À « Tana » manquaient : Joseph Kabila (RDC), Ibrahim Boubakar Keita (Mali), Paul Biya (Cameroun), Alpha Condé (Guinée), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Faure Eyadema (Togo), Théodore Obiang Nguema (Guinée Équatoriale), Patrice Talon (Bénin), Alassane Ouattara (RCI- Côte d’Ivoire !)… La délégation marocaine était forte, mais le Roi Mohamed VI, pourtant présent dans la Grande Île la semaine précédente, n’a pas participé au Sommet en personne. Pour la plupart des absents, l’élection à Dakar de Mme Michaëlle Jean, non africaine, perçue comme ex-Gouverneur général du Canada, et non « du Sud » malgré ses origines haïtiennes, et bénéficiant au moins de la complaisance du Président Hollande, reste une potion amère à avaler, alors que les Africains n’avaient pu s’entendre sur l’un des leurs, comme le veut une tradition non écrite…

Ce Sommet de Tana montre que la forte position de la France dans la Communauté mondiale organisée des pays francophones n’est plus ce qu’elle fut. La France ne représente d’ailleurs plus que le quart des 274 M. des francophones du monde, dont le nombre est appelé à croître jusqu’à plus que doubler en 2050, à la condition (indispensable !…) que les partenaires africains continuent à l’avoir comme langue officielle, véhiculaire principale de l’enseignement, vecteur des principaux médias, langue seconde d’usage d’une partie substantielle de leur population, ou combinaison d’une partie de ces fonctions. Or, face aux pressions des « amis anglo-saxons » et de leurs collabos à l’intérieur, cette conscience et la volonté d’agir faiblissent. En France, après MM. Giscard et Mitterrand, les gouvernements ont relâché leur intérêt, diminué les crédits, y compris bilatéraux pour l’action culturelle extérieure, la Coopération et l’OIF. À Tana, le Président français s’est montré souvent absorbé par ses difficultés intérieures, et, pour la première fois, n’a pas assisté à la conférence de clôture du Sommet. Les médias français, de leur côté, n’ont assuré qu’une couverture discrète, et parfois peu constructive, de l’évènement.

Le Canada a, du reste, profité de la baisse de pression française, sur les plans tant de l’aide canadienne – multi et bilatérale – que de la visibilité médiatique. Son Premier Ministre M. Justin Trudeau, qualifié de « Star du Sommet » a saisi cette tribune pour développer toutes ses positions « sociétales », du reste peu goûtées par plusieurs responsables africains présents.

L’admission en Francophonie institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie comme membre associé alors qu’elle est territoire d’outre-mer de la RF peut étonner. C’est un alignement sur la Belgique et le Canada, pays fédéraux membres de l’OIF, qui y ont des entités fédérées – donc non indépendantes – mais qui ont des gouvernements, à compétence limitée, et que leurs chefs ont représentées à Tana. Le Royaume de Belgique a la Wallonie, et le Canada a le Nouveau-Brunswick, l’Ontario admis à ce Sommet, et le Québec*. La France n’est pas fédérale, mais a soutenu l’admission de la Nouvelle Calédonie qu’elle avait dotée d’un gouvernement propre, aux compétences limitées mais lui permettant de s’inscrire mieux dans son environnement économique très éloigné de la métropole, et d’y faire rayonner la France et le français.

Au total, les dirigeants de la France et des pays francophones développés « du Nord » doivent prendre une pleine conscience de cette montée légitime du Sud, belle chance pour la Francophonie dans son ensemble et son potentiel de développement. Un potentiel, un atout de premier ordre aussi pour la France, à condition que ses prochains gouvernements, ses entreprises, ses médias, veuillent bien, sans arrogance ni désinvolture, y prendre, à côté d’actives ONG, toute la place qui les attend, et y affirmer à la fois une pleine solidarité Nord-Sud et Ouest-Est, et leurs légitimes intérêts**.

* Le Québec y avait été admis dès 1986 avec l’aide de la France et des Africains, dans une optique plutôt séparatiste, contre le gré d’Ottawa, qui avait bloqué l’admission pendant plus de 16 ans, et a fait depuis lors entrer deux autres provinces « sûres », dans une banalisation du Québec qui, aujourd’hui, semble s’en accommoder.

** En liaison, très  possible, avec la valorisation de ses départements et territoires d’outre-mer, voisins d’États francophones, et  de son immense domaine maritime de 11,7 millions de km2, le 2ème  du monde, juste derrière celui des Etats-Unis.

Albert Salon, Président de l’ALF (Avenir de la Langue Française)

N.B. : visitez le site de l’ALF