Archives pour la catégorie Francophonie

La langue française ne doit pas qu’être franco-française

France 24 a diffusé cette semaine un intéressant débat sur la langue française pratiquée à travers le globe. Il en ressortait que la politique ne devait pas entraver la diffusion de la langue française. Cela signifie que le Quai d’Orsay se devait de mieux soutenir l’Alliance française à travers le Monde. La diffusion de la langue française ne doit pas servir d’instrument politique aux présidents de la France mais devrait servir à une Académie française, certes basée à Paris, plus jeune, plus active, élargie à des académiciens du Québec comme de l’Afrique. Il s’agit d’acter la richesse de vocabulaire tout en garantissant l’homogénéité des règles de grammaire. Les protagonistes de cette émission ne la jouaient pas franco-français.

Valmy

En français… s’il vous plaît :-)

  • Communiqué de presse 20 mars 2019 Journée internationale de la Francophonie
  • « En français… s’il vous plaît 😉 », c’est la formule reprise cette année par 300 millions de francophones pour fêter, à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars 2019*, leur langue en partage et la diversité de la Francophonie.
  • Ce slogan, choisi par Mme Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de la Francophonie, véhicule l’image d’une langue moderne, apte à nommer toutes les réalités du monde d’ aujourd’hui, que ce soit dans les domaines du numérique, de l’économie, des sciences, des médias…
  • Il s’adresse tout particulièrement aux jeunes francophones pour leur dire : « Vous avez la chance de parler l’une des langues phares du monde moderne, saisissez-la ! Faites preuve d’imagination et de créativité, en français ! ». Cette année, la marraine de la Journée internationale de la Francophonie est la comédienne et humoriste burkinabè Roukiata Ouédraogo, jeune femme engagée qui sensibilise son public à la richesse et aux influences de la langue française grâce aux mots, à leur sonorité , leur diversité.
  • En direct du siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (O.I.F) à Paris, elle lira la dictée francophone aux nombreux participants qui cette année encore y prendront part via une diffusion en direct sur les réseaux sociaux.
  • L’autre moment phare de cette journée sera la présentation de la nouvelle édition de la langue française dans le monde, rapport élaboré tous les quatre ans par l’ O.I.F et publié chez Gallimard.
  • Cet ouvrage confirme le dynamisme de l’espace linguistique francophone avec 300 millions de locuteurs répartis dans 106 pays et territoires, le français possède toutes les caractéristiques d’une langue mondiale; deuxième langue enseignée sue la planète, il représente également une importante valeur ajoutée sur le marché de l’emploi et à l’heure de l’intensification des pratiques numériques et de la consommation audiovisuelle, il fait montre d’une grande vitalité sur l’internet et les réseaux sociaux.
  • Vous pouvez retrouver toutes ces activités ainsi que celles organisées partout dans le monde sur le site http://www.20mars.francophonie.org : du Vietnam à l’Argentine, de l’Estonie à l’Afrique du Sud, cette plateforme recense les milliers d’événements qui se tiennent près de chez vous, aussi bien dans les 88 Etats et gouvernements de l’ O.I.F que dans ceux où le français est moins parlé.
  • Cette date fait référence à la naissance, le 20 mars 1970 à Niamey(Niger), de l’Agence de coopération culturelle et technique, qui allait devenir l’Organisation internationale de la Francophonie.
  • L’OIF compte 88 États et gouvernements : 54 membres, 7 membres associés et 27 observateurs. Pour plus de renseignements sur la Francophonie : francophonie.org.
  • Pour consulter les événements organisés dans le monde à cette occasion : 20mars.francophonie.org
  • Contacts presse : media@francophonie.org

La francophonie se porte bien

Oui, la francophonie se porte bien, mais elle pourrait faire encore bien mieux en devenant un véritable espace de développement éducatif, culturel, social, écologique et économique.

Dans sa lettre, Ilyes Zouari pointe le doigt sur des domaines qui pourraient rendre gagnants les composantes du monde francophone dans chacun des continents où il est présent. Mais là, nous touchons au monde politique des Etats francophones qui ont la responsabilité de favoriser les coopérations entre eux dans tous les domaines cités ci-dessus.

Paul D.

Ilyes Zouari  le 13 févr. à 08:08

Chers amis,

Veuillez trouver, ci-dessous, le lien vers le dernier article du Cermf, intitulé « La population du monde francophone dépasse les 500 millions d’habitants »  et initialement publié sur le site du journal ivoirien « L’intelligent d’Abidjan »  (le monde francophone dans sa définition géographique la plus stricte et la plus sérieuse).

http://www.lintelligentdabidjan.info/news/la-population-du-monde-francophone-depasse-les-500-millions-dhabitants/

Cet article a également été publié, en France, sur le site d’information Contrepoints :

https://www.contrepoints.org/2019/02/05/336434-la-population-du-monde-francophone-depasse-les-500-millions-dhabitants

Une version plus courte a également été publiée sur le site du journal Les Échos, mais avec un titre différend :

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-192297-opinion-la-france-doit-sinteresser-davantage-au-monde-francophone-2242129.php

Le texte complet est également disponible plus bas. ou sur notre site :

https://www.cermf.org/population-du-monde-francophone-depasse-les-500-millions

Le Cermf est le seul organisme qui calcule :

– l’évolution démographique du monde francophone dans sa définition géographique la plus sérieuse, 

– le taux de croissance économique global de l’Afrique francophone (le seul également pour chacune de ses zones géographiques),

– la part de marché de la France dans l’ensemble de l’Afrique francophone (le seul également pour chacune de ses zones géographiques),

– la part de marché de la France dans l’ensemble des pays d’Europe orientale membres de l’UE (le seul aussi pour les pays membres d’Europe de l’Est),

– et qui analyse l’aide française au développement d’un point de vue francophone (en d’autres termes, la part du monde francophone).

Certaines de ces exclusivités sont rendues possibles par l’indépendance du Cermf.

Nous tenons à remercier nos chers et fidèles lecteurs, présents dans les quatre coins du vaste monde francophone.

Ilyes Zouari

Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone)

www.cermf.org

info@cermf.org

La population du monde francophone dépasse les 500 millions d’habitants

Dans sa définition géographique la plus stricte, le monde francophone compte désormais 509 millions d’habitants. Une progression essentiellement due à l’Afrique francophone, dont l’émergence démographique et économique fait toutefois face à une certaine indifférence contre-productive de la France.

En se basant sur les statistiques démographiques détaillées publiées mi-2018 par le PRB (Population Reference Bureau), un organisme privé américain et une des références mondiales en matière de démographie, la population du monde francophone a dépassé les 500 millions d’habitants courant 2018, et peut être estimée à environ 509 millions au 1er janvier 2019.

509 millions d’habitants début 2019

Cette estimation correspond à la population du monde francophone dans sa définition géographique la plus stricte et la plus sérieuse, qui ne tient compte que des pays et territoires réellement francophones, dans lesquels la population est en contact quotidien avec la langue française, et où l’on peut donc « vivre en français ». Un ensemble qui rassemble 33 pays répartis sur quatre continents, et dans lequel ne sont pas comptabilisés les territoires non francophones de pays comme la Belgique, la Suisse ou le Canada, tout comme un certain nombre de pays membres à part entière de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), mais ne remplissant aucun des critères nécessaires afin de pouvoir être considérés comme francophones (tels que le Liban, la Roumanie ou encore le Rwanda). Le français n’y étant pas la langue de l’administration, de l’enseignement pour l’ensemble de la population scolaire (au moins à partir d’un certain âge), des affaires et des médias, seul ou avec une langue locale partenaire (ou au moins la langue maternelle de la population, sous sa forme standard ou sous une forme créolisée, un peu comme l’arabe dialectal par rapport à l’arabe standard dans les pays du Maghreb).

Dans ce vaste espace, qui s’étend sur près de 16,3 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne tout entière (et auquel l’on peut également ajouter les zones économiques exclusives maritimes, ou ZEE, dont celle, gigantesque, de la France, seconde plus grande au monde avec ses près de 10,2 millions de km2, selon les calculs scientifiques les plus récents), les cinq premiers pays francophones sont aujourd’hui la République démocratique du Congo (RDC,  85,7 millions d’habitants), la France (67,6 millions, territoires ultramarins inclus), l’Algérie (43,2 millions), le Maroc (36,0 millions) et la Côte d’Ivoire (25,2 millions).

Avec une croissance démographique annuelle de 2,2%, le monde francophone constitue l’espace linguistique le plus dynamique au monde, devant l’espace arabophone (2,1% et 435 millions d’habitants), et a récemment dépassé l’espace hispanophone dont la population est aujourd’hui estimée à 470 millions d’habitants (+ 0,5% par an). Une croissance démographique qui devrait demeurer supérieure à celle des autres espaces linguistiques, bien qu’étant sur une tendance baissière comme presque partout ailleurs dans le monde, et qui devrait porter la population du monde francophone à un peu plus d’un milliard d’habitants en 2060. Il convient d’ailleurs de rappeler que ce dernier demeure encore un espace assez largement sous-peuplé, même en tenant compte des territoires désertiques ou recouverts par de denses forêts équatoriales. À titre d’exemple, sa population actuelle reste inférieure à celle de l’Union européenne (UE), estimée à 514 millions d’habitants début 2019 (Royaume-Uni inclus), mais répartie sur une superficie près de quatre fois moins étendue. Cette dernière devrait toutefois être dépassée courant 2019.

Par ailleurs, il convient aussi de rappeler que le chiffre de 300 millions de francophones fréquemment avancé par l’OIF, et se trouvant essentiellement dans le monde francophone, ne correspond à aucune réalité économique (seule la population totale d’un pays ou territoire francophone devant être prise en compte pour évaluer l’importance d’un marché), ou encore géopolitique. D’un point de vue social, il est également largement inapproprié pour la simple raison que de nombreuses choses de la vie courante se font en français dans les pays et territoires francophones, où l’ensemble de la population est en contact quotidien avec la langue française, y compris dans les zones les plus reculées (en consultant les médias, en demandant certains services à l’administration publique, en recevant ou en rédigeant une facture…).

Toute statistique ne tenant pas compte de l’ensemble de la population des pays et territoires francophones n’a donc pour seule et unique conséquence que d’induire en erreur les acteurs et décideurs économiques et politiques, ainsi que l’ensemble de la société civile, en dévalorisant considérablement à leurs yeux le monde francophone.

L’émergence démographique et économique de l’Afrique francophone

La progression démographique du monde francophone résulte essentiellement du dynamisme de l’Afrique francophone, qui croît actuellement à un rythme de 2,6% par an (2,9% pour sa partie subsaharienne). Ce vaste ensemble de 25 pays rassemble désormais 416 millions d’habitants (ou 81,6% de la population de l’espace francophone) contre seulement 74 millions en 1950, soit à peu près autant que l’Allemagne seule, à ce moment-là (69,5 millions). Cette même année, la population du monde francophone était d’ailleurs estimée à seulement 128 millions d’habitants, soit quatre fois moins qu’aujourd’hui.

Ce dynamisme de l’Afrique francophone se traduit notamment par la montée en puissance des villes africaines, qui occupent désormais huit des dix premières places du classement mondial des métropoles francophones. Selon les dernières données publiées par l’ONU, dans son rapport « Les villes du monde en 2018 », la capitale congolaise, Kinshasa, conforte sa position au sommet du classement avec 13,2 millions d’habitants mi-2018, en creusant l’écart avec la capitale française, Paris (10,9 millions). Suivent ensuite les agglomérations d’Abidjan (5,3 millions), de Montréal (4,2 millions), de Casablanca (3,7), de Yaoundé (3,7), de Douala (3,4), d’Antananarivo (3,1), de Dakar (3,0) et d’Alger (2,7), ville « arabo-berbéro-francophone » à l’instar de Casablanca.  Il est également à noter que la ville de Port-au-Prince, en Haïti, occupe désormais la 11e place (2,6 millions).

Mais cet essor démographique s’accompagne également d’un grand dynamisme économique, et notamment en Afrique francophone subsaharienne qui constitue le moteur de la croissance africaine, en plus d’être globalement et historiquement l’espace le plus stable au sud du Sahara. Ainsi, cet ensemble de 22 pays a enregistré les meilleures performances économiques du continent pendant six des sept années de la période 2012-2018, avec une croissance annuelle de 4,2% en moyenne (4,9% hors cas très particulier de la Guinée équatoriale), contre 2,9% pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Un dynamisme notamment dû aux nombreuses réformes accomplies par une majorité de pays afin d’améliorer le climat des affaires et de progresser en matière de bonne gouvernance, et qui est particulièrement important dans les pays de l’UEMOA (en Afrique de l’Ouest francophone), qui continue à être la plus vaste zone de forte croissance du continent (6,3% en moyenne annuelle sur la période 2012-2018, et 6,4% en 2018).

Un certain manque d’intérêt de la France

Pourtant, force est de constater un certain manque d’intérêt de la France pour l’Afrique francophone, où, et même si elle est relativement assez présente économiquement dans certains pays qui lui permettent de faire globalement à peu près jeu égal avec la Chine en matière de part de marché, en particulier grâce au lien linguistique (environ 11,9% pour la France dans l’ensemble de l’Afrique francophone en 2016, contre environ 13,7% pour la Chine), est presque absente d’autres, dont les pays stratégiques que sont la RDC (premier pays francophone du monde) et Djibouti.

En RDC, pays vaste comme plus de la moitié de l’UE, la part de marché de la France aurait été inférieure à 4% en 2016 selon le CIA World Factbook, bien loin derrière la Chine qui aurait fourni 19,9% des importations du pays. La France pourrait pourtant, et sans grande difficulté, accroître sa présence en RDC, dont la forte dépendance vis-à-vis du partenaire chinois pourrait, à terme, nuire aux intérêts du pays (la Chine en aurait notamment absorbé 41,4% des exportations la même année !). Pire encore, la RDC ne bénéficie chaque année que de moins de 1 % des aides versées par l’Hexagone à des pays tiers (0,6% du total en 2016, et 1,3% de l’APD), et des autorisations de financement accordées à des pays étrangers par le groupe AFD (moins de 0,2% en 2016 !). Cette quasi-absence de la France se traduit également au niveau de la part des étudiants originaires du pays dans l’ensemble des étudiants présents en France (0,5% du total, et seulement un peu plus de 1,0% des étudiants africains), ou encore au niveau de la part infime des projets y étant réalisés par les collectivités et structures intercommunales françaises au titre de la coopération décentralisée en Afrique (< 1%).

Quant à Djibouti, un des six pays de l’Afrique de l’Est francophone, seule une dizaine d’entreprises tricolores sont implantées dans ce pays qui a enregistré une croissance annuelle de 7,0% en moyenne sur la période 2012-2018, et qui est en passe de devenir une plaque tournante du commerce international grâce à sa situation géographique stratégique et à des investissements massifs en provenance de Chine. Par ailleurs, la compagnie aérienne Air France n’assure qu’un seul vol hebdomadaire direct avec Paris, contraste saisissant avec les sept vols directs assurés par Turkish Airlines en direction d’Istanbul, ou encore avec les trois liaisons assurées par le groupe Emirates vers Dubaï.

Tout cela vient s’ajouter à une répartition globale des aides publiques au développement versées chaque année par la France, qui ne bénéficie que très minoritairement au monde francophone. Ainsi, les 27 pays francophones du Sud n’ont reçu en 2016 qu’environ 15,4% du montant total de ces aides (soit 2,8 milliards d’euros sur un total de 17,7 Mds, hors Wallis-et-Futuna qui ne peut être comptabilisé car territoire français), bien loin des 52,0% accordés aux pays membres de l’UE (9,2 Mds, dont 89,3% aux treize pays membres d’Europe orientale – UE 13, pourtant déjà assez développés et qui ne rassemblent que 115 millions d’habitants, soit 10,1 fois plus d’aides par habitant). Et ce, en dépit de toute logique économique ou géopolitique. D’un point de vue économique, parce que les principaux pays bénéficiaires de l’UE s’orientent principalement – et historiquement – vers l’Allemagne, qui a enregistré une part de marché de 20,8% en 2016 dans les pays de l’UE 13, contre seulement 3,9% pour la France (dont les aides massives reviennent donc quasiment à subventionner les exportations allemandes, politique que l’on pourrait résumer par la célèbre expression « travailler pour le roi de Prusse »). Par ailleurs, toutes les études économiques démontrent clairement que les échanges peuvent être bien plus importants entre pays et peuples partageant une même langue. À ce sujet, un seul exemple suffit à démontrer l’impact économique du lien linguistique : les touristes québécois sont proportionnellement quatre fois plus nombreux que les touristes américains à venir chaque année en France… et à y dépenser. Enfin, parce que c’est en Afrique francophone qu’il convient d’investir massivement, d’une part afin de tirer pleinement profit des opportunités et du dynamisme que l’on trouve dans ce vaste ensemble qui est aujourd’hui l’un de principaux relais de la croissance mondiale, et d’autre part parce que c’est bien en accélérant l’émergence économique de ce dernier qu’augmentera encore plus fortement le nombre d’apprenants du français à travers le monde, et ce, au bénéfice économique et géopolitique de la France, mais également au bénéfice de l’ensemble des pays du monde francophone. Quant au niveau géopolitique, justement, parce que la majorité des pays de l’UE vote régulièrement contre les positions françaises au sein des grandes instances internationales, contrairement à la majorité des pays francophones avec qui la France partage nombre de valeurs communes en matière de politique étrangère.

Par ailleurs, ce manque d’intérêt des gouvernants français pour le monde francophone a donc naturellement des répercussions très négatives sur le niveau d’intérêt des Français eux-mêmes, qui, maintenus dans une certaine ignorance, ne savent pratiquement rien de ce vaste espace. À titre d’exemple, la quasi-intégralité de la population française ignore tout des Jeux de la Francophonie qui se sont tenus en juillet 2017 à Abidjan (contraste frappant avec la couverture médiatique dont jouissent les Jeux du Commonwealth au Royaume-Uni), de la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire (qui n’est autre que le plus grand édifice chrétien au monde, quasi-réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome), du concours musical « The Voice Afrique francophone » (qui fût dans sa saison 2016-2017 le plus grand concours musical au monde en termes d’audience cumulée, avec son équivalent arabophone), ou encore du peuple acadien et de son drapeau, qui n’est autre que le drapeau tricolore orné d’une petite étoile aux couleurs papales et symbole de la Vierge Marie.

Une large méconnaissance du monde francophone et de sa dimension mondiale aux conséquences fortement préjudiciables, faisant perdre à bon nombre de citoyens français (investisseurs et société civile) de nombreuses opportunités d’échange et de partenariat mutuellement bénéfiques, et réduisant considérablement l’attachement des Français à leur langue. Eux, qui n’ont jamais été si peu intéressés par la diffusion et la promotion de celle-ci à travers le monde, alors même qu’elle n’a jamais été autant parlée et apprise. Et ce, au grand étonnement des francophones extra-européens, auxquels est aujourd’hui entièrement attribuable la progression constante de l’apprentissage du français dans le monde en tant que langue étrangère, face à une France qui constitue plutôt un frein en la matière (et qui est inconsciente des graves conséquences économiques et géopolitiques de son attitude).

De grands efforts doivent donc être faits dans l’Hexagone afin de rattraper un retard considérable en matière d’information et d’éducation. Par ailleurs, l’émergence démographique et économique de l’Afrique francophone devrait en toute logique s’accompagner, à terme, du transfert d’un certain nombre d’institutions pan-francophones des villes du Nord vers celles du Sud, et notamment vers Abidjan et Kinshasa, respectivement troisième et première ville francophone du monde.


Comme les convoyeurs, Demotte attend

Valmy réagit à un article d’opinion publié le 27 juillet sur le site du Vif/L’Express.

La francophonie mondiale change de chef…              Et alors ?

Par Gaëtan van Goidsenhoven, député au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et membre de la Commission des relations internationales

Deux candidatures antagonistes se profilent en vue de l’élection du prochain patron de l’Organisation internationale de la francophonie cet automne.

Au grand désintérêt apparent de la Belgique francophone (…)

Cette question, qui ne semble soulever aucune émotion dans la partie francophone du pays, n’est pourtant pas anodine. En effet, deux candidatures largement antagonistes se profilent et l’élection de la nouvelle figure de proue de la francophonie internationale pèsera indubitablement sur l’avenir et le développement de l’OIF.

D’un côté, l’actuelle titulaire du poste, Michaëlle Jean, au bilan contesté (…). De l’autre, l’actuelle ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, dont la candidature suscite des inquiétudes (…) puisque l’anglais a supplanté le français dans l’enseignement depuis 2008.

Avancer les pions

Le Canada et le Québec ont déjà exprimé leur soutien à leur compatriote Michaëlle Jean. La France, de son côté, a exprimé une prédilection sans nuance en faveur de Louise Mushikiwabo (?). De plus, Louise Mushikiwabo a reçu le soutien officiel du Comité des candidatures de l’Union africaine, malgré les réticences à l’égard d’une candidature jugée trop anglophone.

La francophonie belge ne dit rien

La Fédération Wallonie-Bruxelles, pour sa part, et malgré son statut de gros contributeur de l’OIF (le plus important en nombre d’habitants), reste pratiquement muette dans un dossier jugé digne d’intérêt dans le reste de la francophonie.

Saine prudence ou fâcheuse pusillanimité ? Force est de constater que, pour l’instant, les hautes autorités de la francophonie belge ne disent que peu de choses.

Le très mesuré (sic) chef du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte, a déclaré en séance publique du parlement : « Pour nous, la stratégie de l’OIF prime sur le choix du futur ou de la future secrétaire. Nous attendons (sic) donc que cette stratégie soit clairement définie… » Soit.

Si cette prudence pouvait être audible à un moment où n’existaient aucune candidature plus ou moins officielle ni aucun soutien officiel de la part des principaux représentants de la francophonie, ce silence risque de devenir assourdissant et le sens que nous pourrions donner à un éventuel soutien de candidature, de moins en moins significatif.

Monsieur Demotte a annoncé récemment qu’il enverrait une liste de questions de fond aux candidats déclarés en leur demandant de se positionner quant à celles-ci. Il considère qu’il sera mieux à même de se prononcer lorsque les candidats se seront positionnés sur les différentes questions. Habile façon de postposer le moment où il faudra décider de l’attitude à adopter. Jusqu’à attendre la tenue du sommet d’Erevan, où notre Fédération se soumettra à l’opinion majoritaire des autres Etats membres, sans avoir eu le courage d’annoncer sa propre position ?

Un rôle de spectateur !

Certes, la position africaine doit également nous éclairer au regard du poids démographique de ce continent au sein de la francophonie d’aujourd’hui et de demain. Mais à l’heure où la posture des uns et des autres s’affirme toujours davantage, pouvons-nous, Belges francophones, nous contenter d’un rôle d’aimable spectateur face au jeu d’influences qui se déroule devant nos yeux ?

Devons-nous nous inscrire dans la volonté géopolitique du Président français visant à solder son contentieux historique avec le Rwanda à travers une candidature à la tête de l’OIF ?

Voulons-nous réaffirmer notre soutien à l’actuelle secrétaire générale dont les qualités étaient régulièrement louées à chacune de ses apparitions dans nos instances francophones belges ?

A moins que – mais cela est peu probable – le gouvernement francophone ne souhaite proposer une démarche singulière…

Face au silence persistant de Rudy Demotte, nous nous perdons en conjectures. A l’heure où la Fédération Wallonie-Bruxelles se positionne sur un nombre considérable de dossiers internationaux sur lesquels notre influence est limitée (voire nulle), il serait incompréhensible de rester muet sur les prochains enjeux de la francophonie, là où notre voix compte indéniablement et où il est de notre devoir de la faire entendre.

LA CONCLUSION DE VALMY :

Comme d’habitude, les Wallons tiendront encore le rôle de pigeons. Sur le front du Belgium comme sur celui de l’international, la Fédération Wallonie-Bruxelles, en réalité l’apparatchik Demotte, ne sert qu’à jeter de la poudre aux yeux et surtout l’argent des contribuables par les fenêtres. Le mutisme, que ce soit dans ce dossier, jugé digne d’intérêt dans le reste de la francophonie, ou dans tous les autres, en politique intérieure, ne cache même plus la mystification institutionnelle dont les Wallons sont victimes. La F-W-B est bien une mystification institutionnelle, soutenue hélas par toutes les factions politiques wallonnes, destinée à intoxiquer, désinformer et surtout cacher aux Wallons les objectifs inavouables de leurs dirigeants.

Le Liban et la Francophonie

Notre ami le journaliste Pierre André, infatigable animateur de l’excellent blogue « Liège28 » nous fait parvenir l’éditorial de Elie FAYAD dans le quotidien libanais « L’Orient-le Jour ».

La promotion de la Francophonie animée sans relâche par Monsieur Albert Salon,  ancien ambassadeur de la France, Président de l’avenir de la langue française (ALF) et soutien de l’AWF, intéresse au plus haut point notre mouvement.

Nous pensons que la France, mais aussi la Wallonie ont tout à gagner à développer des accords de coopération dans tous les domaines avec les Etats et les Nations qui ont en commun la langue française.

A ce titre, ce qui se passe au Liban ne peut nous laisser indifférents.

Franc(a)phonie

L’édito de Élie FAYAD dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour du 23 février 2018

La mention « Liban », en français, a disparu des nouvelles plaques minéralogiques. Un vague fonctionnaire en aura décidé ainsi…

C’est le dernier en date d’une suite d’actes, de transformations et de négligences qui s’inscrivent dans le cadre d’une entreprise de liquidation programmée de la francophonie dans ce pays.

Au vu des graves problèmes en tous genres qui assaillent le Liban, ce fait, minuscule en soi, peut certes paraître anodin, au point de passer presque inaperçu aux yeux de l’écrasante majorité des usagers. Il n’en témoigne pas moins, assez tristement, du processus par lequel une nation peut, en silence, perdre petit à petit une partie de son âme.

Car à côté de l’héritage arabo-levantin, duquel les Libanais n’ont guère à rougir, leurs aïeux ayant grandement contribué dès le XIXe siècle à sa renaissance et son éclat dans les arts et les lettres, la francophonie fut aussi pendant longtemps et reste une autre manière d’être libanais, nullement en rupture avec la première.

Quoi ! N’avoir bravement résisté aux assauts furibards d’un nationalisme arabe moustachu, étriqué et maussade, qui fit des ravages culturels, politiques, militaires et économiques dans toute la région, que pour voir aujourd’hui les digues céder face à l’idéologie utilitariste dominante et à l’uniformisation culturelle de la planète ?

Qu’au Liban le père Noël soit détrôné par Santa (prononcer sènèh…), ou que le « tink you » remplace désormais le « mércé » n’est pas le problème : collectivement, l’anglais, au même titre que le français, n’ira jamais très loin auprès des catégories populaires, tout comme à l’époque romaine, le grec de l’École de droit de Béryte et des élites de la côte n’avait jamais pu défaire l’emprise des langues sémitiques chez les habitants de la montagne et de l’intérieur.

La question ne se pose pas vraiment, non plus, dans les décisions gouvernementales ou administratives, malgré la multiplication des appellations, des références et des sites électroniques ministériels en anglais et surtout des transcriptions de plus en plus fantaisistes des noms de lieux (villes, villages, quartiers) sur les panneaux routiers.

Le problème réside plutôt dans l’attitude des élites francophones elles-mêmes, qui ne paraissent plus tellement convaincues de la nécessité de faire des efforts pour défendre ce qui est pourtant une partie essentielle de leur identité culturelle et de leur système de valeurs.

Car c’est cela la francophonie : un esprit, une façon d’être et aussi un élément fondamental de la spécificité du Liban. Les banques libanaises peuvent dissimuler leurs raisons sociales françaises d’origine derrière des sigles abstraits, comme on cacherait une maladie honteuse, un vénérable musée peut décider de passer à la trappe la langue de Molière pour faire des économies d’espace, au final, c’est la différence du Liban qu’on enterre ainsi peu à peu.

Combat d’arrière-garde ? Nostalgie déplacée ? Pas si sûr. Qui dit francophonie dit d’abord ouverture. Depuis des décennies, l’apprentissage – nécessaire – de l’anglais n’est qu’une simple formalité pour les écoliers francophones du Liban. En connaît-on beaucoup à avoir été recalés des universités anglo-saxonnes pour faiblesse en langues ? Peut-on en dire autant en sens inverse ? Si la francophonie est une arme, elle cible uniquement la sous-culture homogénéisée, uniforme, qui a envahi le monde. Pas Fitzgerald, Faulkner ou Kerouac…

Mais hélas, le Liban n’est pas seul à perdre cette bataille-là. Il y a du monde, et du beau, à ses côtés. De passage il y a quelques années dans les locaux de L’Orient-Le Jour, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, la Canadienne Michaëlle Jean, se plaignait amèrement du manque de combativité des Français eux-mêmes dans ce domaine (les efforts actuels d’Emmanuel Macron et de sa conseillère Leïla Slimani incitent toutefois à relativiser ce constat).

Quant à l’ancien ministre Michel Eddé, PDG du groupe L’Orient-Le Jour/Le Commerce du Levant et grand défenseur de la francophonie, il n’en revient toujours pas de ce qu’il lui est arrivé un jour à Grenoble, où il était invité à une conférence. Quelle ne fut sa (mauvaise) surprise en entendant, à son entrée, un tonitruant et maladroit « Welcome to Grenowbel » !

Si, quoi qu’on fasse, parler français est considéré comme ringard, alors ce journal, seul quotidien francophone à des milliers de kilomètres à la ronde, se fera un point d’honneur de continuer à afficher sa ringardise. Parce qu’à ses yeux, cela veut dire défendre sa différence… et celle du Liban !

Le français pour richesse

Le 20 mars c’est la journée internationale de la francophonie :

220 millions de locuteurs sur les 5 continents fêtent le français dont nous Wallons et Bruxellois de langue française.

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Unesco en français

Le 20 mars c’est la journée internationale de la francophonie : 220 millions de locuteurs sur les 5 continents fêtent le français http://on.unesco.org/2nqT8j7
En mars,
c’est le “ Mois de la contribution Wikipedia ” francophone…« Il nous faut sensibiliser la communauté francophone
de la liberté de contribution à cet outil de diffusion de savoir.

Dont le nombre d’articles en anglais est d’environ 15 millions,
en français de 3 à 4 millions ! » En mars,
c’est le “ Mois de la contribution Wikipedia ” francophone…

 » Il nous faut sensibiliser la communauté francophone
de la liberté de contribution à cet outil de diffusion de savoir. « 

Valérie Faisien

La Tunisie réaffirme son choix du français