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Un nouveau souffle

Comme on le sait, les partisans d’une Wallonie française sont loin de s’accorder sur tout. Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement. Chacun s’exprime en fonction de sa sensibilité politique. Voici la réaction de Jules Gheude à l’appel du CDH pour une majorité alternative en Wallonie, à la Région bruxelloise et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le MR aurait tort de ne pas saisir la main qui lui est tendue. Les Wallons méritent mieux que par le passé !

En renonçant à poursuivre la route avec le PS au sein des gouvernements des entités fédérées, le président du CDH, Benoît Lutgen, a provoqué un véritable tsunami politique.

Nous avons eu, maintes fois, l’occasion de souligner l’énorme responsabilité que le PS porte dans la situation économique précaire que connaît la Wallonie. Depuis la mise en place de la régionalisation en 1980, ce parti a exercé, de façon quasi ininterrompue, la ministre-présidence de la Région. On voit aujourd’hui le résultat : un taux de chômage de près de 14 %, le report constant du retour à l’équilibre budgétaire, les scandales à répétition.

Le fossé est béant entre une Flandre dynamique et entrepreneuriale et une Wallonie marquée par l’hypertrophie politico-administrative, fruit d’un clientélisme effréné que le PS a littéralement érigé en système.

Les statistiques de la BNB concernant les exportations 2016 viennent confirmer ce constat : pour la troisième année consécutive, la Wallonie connaît une baisse (-0,5 %), avec un chiffre de 42,5 milliards d’euros, tandis que la Flandre progresse de 10,6 %, avec un chiffre de 205,7 milliards.

Lorsque, jeune ministre wallon des Affaires intérieures en 2004, Charles Michel tenta de jeter un coup de pied dans la fourmilière, il ne manqua pas d’indisposer le PS. Depuis lors, le MR est systématiquement écarté du pouvoir.

La Flandre n’est pas opposée à la solidarité, mais, lorsqu’elle constate que la Wallonie, en raison d’une gouvernance inefficace et inadaptée, tarde à décoller, elle est encline à reprendre ses billes. Inutile de rappeler ici l’analyse de Bart De Wever à propos du PS.

Les commentaires que l’on peut lire sur les réseaux sociaux indiquent un ras-le-bol citoyen de ces pratiques qui consistent à profiter de la crédulité des plus fragiles (ceux que Paul Magnette appelle « les petites gens ») pour s’enrichir. Ces déviances contribuent à faire le lit des extrêmes, comme en témoigne l’avance spectaculaire du PTB, crédité aujourd’hui de 20 %.

Depuis son « J’en ai marre des parvenus ! » en 2005, Elio Di Rupo s’est montré incapable d’engendrer une meilleure gouvernance. Incapable aussi de réformer en profondeur le PS pour lui permettre d’affronter, de façon pragmatique, les défis nouveaux d’un monde en pleine mutation. On est loin d’un Gerhard Schröder qui, en l’espace de quatre ans, a réussi à remettre l’Allemagne sur les rails.

Le PS français meurt également aujourd’hui du fait de n’avoir pas su s’adapter. Les « réformistes » ont rejoint le camp d’Emmanuel Macron.

Même si la décision de Benoît Lutgen n’est pas dépourvue d’arrière-pensées (mieux vaut quitter le bateau avant qu’il ne coule), elle offre à la Wallonie l’opportunité de trouver un nouveau souffle.

Il n’y a pas de fatalité wallonne. La Région regorge d’atouts qui ne demandent qu’à être mis en valeur. Des économies substantielles peuvent être faites dans de nombreux domaines – intercommunales, provinces… – et affectées à la promotion des petites et moyennes entreprises, créatrices d’emplois. Il faut aussi amener le personnel politique à exercer ses responsabilités avec un sens aigu de l’éthique et de la rigueur. Le cumul des mandats n’est pas sain.

Le MR aurait tort de ne pas saisir la main qui lui est aujourd’hui tendue. La population wallonne mérite mieux que ce qu’on lui a proposé jusqu’ici.

Au professeur Robert Liénard de l’université de Louvain qui était allé le rencontrer à la fin des années 1960, le général de Gaulle avait dit : « Chaque peuple ne peut se redresser que par lui-même. Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et mobiliseront ce qui en reste. »

Jules Gheude

Positivons…

Par Georges-Henry SIMONIS

Les épreuves que traverse la Wallonie en ce début d’été 2017 sont les marches d’un escalier qu’elle gravit, avec constance, vers son redressement. C’est vrai sur le plan éthique, économique, social, et désormais politique. Au moment où le principe de la « bonne gouvernance » semblait s’imposer et faire l’unanimité, un trublion mal inspiré bouscule l’échiquier.

A la veille des vacances, et d’échéances parlementaires importantes, le président d’un parti mal en point, en chute constante dans les derniers sondages, tente un renversement d’alliance aussi imprévu qu’inattendu. Hormis  ses ministres qui gèrent la Wallonie avec une certaine cohérence, le CDH brille par son absence de projets et de prospective, et se replie clairement vers ses piliers traditionnels : enseignement, universités, mutuelles, hôpitaux… C’est un retour à une tradition sociale-chrétienne qu’on pensait oubliée au profit d’un humanisme plus moderne et rassembleur.

On a déjà  stigmatisé ce type de président de parti, faiseur de rois : en l’occurrence, Benoît Lutgen ne  sort pas grandi de son coup d’éclat qui pourrait ralentir la marche de la Wallonie vers un avenir plus joyeux pour les gens. J’ai déjà pensé qu’un gouvernement de salut public plus large que l’actuel contribuerait à une gestion encore meilleure : rappelons les démarches d’il y a quelques mois de MM. Crucke et Jeholet, au MR, et celles de MM. Dermagne, Collignon et Martin au sein du PS. J’y joindrais volontiers les brillants apports actuels des parlementaires ECOLO, au Fédéral comme à la Région. Et ce avec ou sans le CDH…

Je pense aujourd’hui à un large rassemblement large autour de Paul MAGNETTE, Président de Wallonie, qui pourrait constituer autour de lui un mouvement nouveau, à la manière d’un Emmanuel MACRON, d’un Julien TRUDEAU, ou encore de Bernie SANDERS et de Jérémie CORBYN…

A l’heure où la démocratie se cherche des voies nouvelles, ces voix seraient bien plus porteuses d’avenir que celle d’un président de parti  mal inspiré…! C’est aussi l’heure où la NVA, le plus grand parti du pays, et son président lancent de nouvelles pistes institutionnelles pouvant conforter l’avenir institutionnel de la Wallonie au sein de « l’après-Belgique »…

simonisgh@gmail.com  

Mais à quoi pensent le monde politique et les médias wallons ?

Un de nos lecteurs assidus, Valmy, réagit aux propos tenus par Bart de Wever quant à sa vision du confédéralisme.

Quelqu’un de sensé pourrait-il m’expliquer l’intérêt de continuer une cohabitation avec la Flandre dans un tel schéma qui ressemble à une séparation de corps et de biens ?
Comme l’a dit, en son temps, Monsieur De Gucht, quelle est « la valeur ajoutée de la Belgique » ? Et si en plus elle devient confédérale ?
Bien évidemment elle permettrait à certains politiques wallons de rester bêtement belges et bénéluxiens.
Elle laisserait surtout à la Flandre la possibilité de gagner du temps pour « acheter » Bruxelles et pour régler son problème d’adhésion à l’Union européenne.
Si après l’échéance de 2019 (sans oublier la fin des subsides flamands en 2022), et la proposition de solution confédérée sur la table des négociations, les Wallons ne comprennent pas qu’ il est grand temps que les « régionalistes » deviennent « rattachistes », alors, le chœur des esclaves peut se taire à jamais.

Illustration de mes propos précédents, ce matin, 24/05/2017, à 7h50′, Monsieur Benoit Lutgen, Président du CDH, était l’invité de la rédaction de la chaîne bien connue Bel RTL.
Cet homme politique wallon a martelé ses propos de l’expression « Nation belge ». Comment voulez-vous que les Wallons s’extirpent des sables mouvants du Belgium si à tout moment « leurs défenseurs » leur ressassent la « Nation belge » ?
Cette propagande funeste, née et morte avec Pirenne, ne repose pourtant sur aucune logique; comment pouvez-vous parler de « nation » dans un état fédéral à deux composantes culturelles, linguistiques et ethniques totalement étrangères l’une à l’autre ? Il faut comprendre l’énervement de Bart De Wever lorsqu’il entend ce genre de calembredaine quotidienne. En tous cas, je le comprends et j’en viendrais à le plaindre.

Belgian pride ?

Par J.L. Lefèvre, Emptinne

Une question. Toute naïve.

Comment peut-on, simultanément, se prétendre hostile(s) aux communautarismes et participer en tant qu’élu(s) du peuple à une manifestation fondée sur des préférences personnelles minoritaires au même titre que l’appartenance linguistique, ethnique ou religieuse ?

Nos représentants politiques s’afficheront-ils aussi, demain, aux côtés de rom mécontents de leur hébergement saisonnier ? Aux côtés de minorités religieuses ou philosophiques insatisfaites de leur sort législatif ? Aux côtés  des francophones de la périphérie abandonnés en rase campagne ? Aux côtés des ruraux laissés pour compte… ? Cela signifierait-il qu’il existe de bons et de moins bons communautarismes ? Ne serait-ce pas un populisme de plus, à la seule différence qu’il serait labellisé par les élites politiques ?

Questions dérangeantes ? Tant pis ! J’assume au nom de la cohérence !

Avant-propos sur l’après-Belgique

Une opinion de Georges-Henry SIMONIS, suite à son livre sur « L’après confédéralisme belge »                              

ET SI ON S’INVENTAIT UN PAYS ?

« Et si on s’inventait une Histoire ? Une autre histoire où tous les puissants et les grands de la terre finiraient par se pendre de honte… Et si on s’inventait un pays ? »

Me reviennent les paroles de cette chanson ancienne de mon ami JOFROI.

La Belgique moribonde est aux soins palliatifs, en phase terminale, si ce n’est déjà en coma quasi dépassé. Les nouveaux états, wallon, flamand, et bruxellois, se dessinent peu à peu, en apportant de nouvelles pistes.

A l’occasion de PUBLIFIN en Wallonie, et de PUBLIPART en Flandre, les Régions  sont confrontées à de nouveaux enjeux qui concernent la moralisation des affaires publiques et la bonne gouvernance. Elles font apparaître au grand jour ce que l’on savait déjà, mais que l’on ne disait pas trop : règnent en Belgique une forte hypertrophie administrative et une politisation partisane – ce n’est pas un pléonasme – entrainant  des phénomènes de corruption, d’enrichissements sans cause, et des conflits d’intérêts manifestes. Les partis politiques traditionnels sont secoués, de même que les réseaux d’influence plus ou moins occultes, qu’ils soient familiaux, affairistes, laïcs ou religieux, francs-maçons, adeptes de l’Ordre de Malte ou de l’Opus Dei.

L’état central est également atteint par cette gangrène qu’illustrent les pratiques de l’ancien Premier Ministre DE HAENE, ou celles de l’ancien président du Sénat Armand DE DECKER, ou encore de l’actuel Président de la Chambre Siegfried BRACKE. D’autres personnalités politiques belges se sont tournées vers l’Afrique, créant à coups d’influences un nouveau colonialisme très rémunérateur…

Toutefois, ce qui se passe à Liège peut devenir une opportunité et une chance exceptionnelle pour l’avenir de la Région wallonne.

En Wallonie, plusieurs pistes de réformes structurelles sont déjà bien en cours :

1. LA POURSUITE DE LA REGIONALISATION  

La suppression de la Communauté Française et la régionalisation de ses compétences relevant aujourd’hui de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont négociables dès aujourd’hui.

En matière d’enseignement, qui est la plus budgétivore, il va de soi que le transfert de compétences doit se faire dans tous les réseaux d’enseignement, avec soucis de créer des synergies pour rationnaliser au maximum, assurer l’égalité des chances et la qualité de l’enseignement. Des économies importantes seront surtout réalisables dans l’enseignement technique, qui coûte cher, et devrait être plus proche des entreprises afin de mieux répondre à leurs besoins. En ce qui concerne l’enseignement spécialisé, une réflexion plus approfondie devrait être entreprise : soit on continue de créer de nouvelles écoles,  soit on intègre les enfants concernés dans l’enseignement ordinaire en y  augmentant le nombre d’éducateurs.

En ce qui concerne l’enseignement universitaire, qui pourrait relever d’un seul ministère, l’offre wallonne a bien progressé (Liège, Louvain, Mons, Namur), sauf à Charleroi, toujours absent de la carte  universitaire « de iure » si non « de facto » : cela reste à faire !

Quant au « Pacte d’excellence », mis en échec relatif en raison de l’insuffisance des moyens financiers et de blocages qu’on peut qualifier de corporatistes de vieux rabiques entretenant avec constance les vieux clivages d’antan, on pourrait espérer des réformes plus profondes, s’inspirant notamment des modèles scandinaves et nordiques. Ainsi l’idée de réserver les « cours » aux matinées, et les activités « parascolaires » (ou périscolaires, comme on dit en France) les après-midi : sports, musique, théâtre, découvertes, expression… Après des repas-santé organisés pour tous dans chaque établissement en liaison  avec le monde agricole local ou même avec les écoles hôtelières. Ces hypothèses, créatrices d’emplois, et qui bousculent les habitudes, ne semble pas avoir été étudiées à ce jour. Or, cela se pratique dans d’autres pays, et notamment en France.

Après l’aide à la jeunesse, les maisons de justice, la sécurité routière, d’autres matières, comme la justice ou les prisons, pourraient continuer de glisser vers les régions.

En matière de justice, c’est sans étonnement que l’on vient d’entendre le Président du Tribunal de Première Instance de Bruxelles, Monsieur Luc Hennart, s’exprimer publiquement pour une régionalisation de la Justice. Il faut dire que, à la Cour d’Appel de Bruxelles, de manière scandaleuse, on fixerait des affaires civiles à 2021… (cfr revue « Justine » de février 2017)

Dans un autre domaine, celui de l’indemnisation des victimes des attentats de Bruxelles, l’Etat belge vient encore de se signaler négativement par son improvisation et ses lenteurs : en France, il y a plus de trente ans qu’existe un Institut National d’aide aux Victimes efficace (INAVEM), conçu sur la base d’une solidarité nationale vaste et efficace. En Belgique, on risque d’aller vers une loi de circonstance de plus…

2. LA DEPROVINCIALISATION

La plupart des gens viennent d’apprendre que PUBLIFIN et consorts étaient détenus à plus de 50% par la Province de Liège, dans les conditions que l’on découvre peu à peu. A cet égard, il faut rendre hommage aux journalistes du VIF (MM.  Olivier Mouton, Pierre Havaux, Nicolas De Decker, Mélanie Geelkens, Thierry Fiorilli…) qui se sont livrés à un travail d’information exceptionnel.

Le site de l' »Association des Provinces wallonnes » mérite d’être consulté : il décrit les compétences et les montants énormes des budgets provinciaux et comprend une étude très intéressante, quoique déjà ancienne, du Professeur Christian BEHRENDT de l’Université de Liège.

En tant que relais entre l’état central et les régions, la province n’a plus aucune raison d’être. Il y a lieu de transférer aux  régions les compétences provinciales, lesquelles  varient d’une province à l’autre, en sauvegardant bien entendu l’avenir des réalisations provinciales qui fonctionnent bien.

Ainsi, l’enseignement provincial qui pourrait être géré directement par les pouvoirs organisateurs et les Régions sans intermédiaire institutionnel ; de même pour les établissements de soins, ou encore pour les politiques agricoles sous-régionales. Il n’y aura aucun mal à recycler les gouverneurs de province et leurs collaborateurs vers d’autres tâches plus utiles : la Région wallonne en sortirait renforcée.

D’autres institutions liées à l’Etat central, comme la Cour des Comptes (une Cour Régionale des comptes serait bien utile), ou la Banque Nationale, devraient faire leur mutation.

La suppression des provinces entraînera sans doute une réforme des intercommunales, liégeoises et autres : ce sera ce qu’on qualifiait  jadis de « nationalisation », et qu’on appellera aujourd’hui « régionalisation » ou « publicisation ». La question d’un « holding public wallon » capable d’irriguer l’ensemble de l’économie de la région wallonne, mérite une attention nouvelle. Il faudra probablement créer un support juridique adapté aux choix qui seront faits : modèle public, ou privé, ou mixte. De même pour les intercommunales ou les inter-territorialités. La question parait spécialement claire pour les distributeurs de gaz et d’électricité : on perçoit mal l’utilité de leur dispersion géographique…

La suppression des provinces a été étudiée récemment en Flandre, où bon nombre de parlementaires approuvaient la mesure. Les « Palais provinciaux » devront être réaffectés ou revendus. Le personnel des provinces sera nécessairement réduit progressivement, avec transferts vers la Région.

Dans la réforme des Provinces et dans celle de l’enseignement, les Régions trouveront des moyens financiers supplémentaires. Certes, en France, l’échelon départemental a été maintenu lors de la dernière réforme des régions : on peut le comprendre pour des raisons géographiques (à titre d’exemple, la Région Grand Est qui comprend 5.500.OOO habitants comporte encore 10 départements). En Région wallonne (3.500.000 habitants), où les distances sont courtes, je ne pense pas qu’il soit justifiable de maintenir 5 provinces, et je défends l’idée de 2 métropoles wallonnes à Liège et à Charleroi, proches de celle de Bruxelles, ce qui simplifiera le millefeuille institutionnel belge et wallon.

3. SUPPRESSION DU SENAT

Inutile d’insister aujourd’hui : il tombera comme un fruit mur ! Sans que personne ne s’en aperçoive, hormis les sénateurs, et le service « comptabilité » des Palais nationaux qui transférera le magot aux Parlements régionaux…

Il y a d’ailleurs, en Belgique comme en France, une tendance générale  à la diminution du nombre des parlementaires. J’espère que les prochaines élections belges et françaises créeront un climat favorable aux changements. Pour les citoyens, il faut espérer qu’un débat démocratique approfondi, comme il existe en France, précède ces élections. C’est en ce sens que, comme le relève judicieusement Pierre Hazette en son aimable préface à mon petit livre, ces quelques lignes ont une dimension pédagogique qui pourrait ne pas être inutile…                          

Post scriptum

J’entendais récemment (RTBF 1ère) les explications brouillonnes d’un Gouverneur de Province qui s’évertuait à convaincre de la nécessité de maintenir les provinces. Il ne parlait évidemment pas de ses rémunérations (7.339€ net /mois), ni de celles de ses 5 conseillers provinciaux (les anciens « députés permanents »  à 5.461€ net/mois, ni du « Directeur général provincial » (car il en faut un), ni du Receveur etc. Dans nos cinq provinces wallonnes, les quelque 50 conseillers provinciaux sont payés au jeton de  présence de 200 € par prestation. Je n’ai pas trouvé le montant global des frais de fonctionnement des différentes administrations provinciales. Le budget annuel des provinces wallonnes frôlerait le milliard d’euros. Il y aurait 17.840 agents provinciaux wallons. La situation de chacune des  provinces est assez différente. Et les attributions très disparates: Enseignement-Formation / Culture-Tourisme / Action sociale / Sports et santé / Eco- développement territorial…

Chacune de ces matières est aussi traitée au sein de la Région. Les doublons sont évidents, et des transferts tout à fait possibles ! Le Gouverneur susdit défendait son fief en disant que la Province pouvait utilement soutenir des projets locaux : telle cour d’école, telle maison de retraite, etc… C’est du parfait saupoudrage, avec en corollaire politisation, clientélisme, népotisme…: bref, l’une des tares profondes de la Wallonie ! Mais nous ne mettrons pas tous les serviteurs de la collectivité dans le même bain : comptons et encourageons celles et ceux qui s’engagent vraiment pour le bien public ! 

SUITE DE MON CONCERTO PERSONNEL

Comme mes propos n’engagent que moi, je peux sans ambages faire écho aux superbes pièces pour violoncelle entendues lors du présent concours Reine Elisabeth. Elles  lui confèrent une dimension nouvelle et enchanteresse qui devrait fait vibrer les plus insensibles d’entre nous. L’instrument le plus proche de la voix humaine. Les musiciens français me séduisent… 

Pourquoi ne pas dire aussi, sous réserves, mon intérêt pour les propositions de la NVA, recensées par LE SOIR, pour l’avenir de la Belgique ?

Si j’entends bien, il y a du neuf dans le monde du confédéralisme.

Il y aurait donc bel et bien deux régions (Flandre et Wallonie) et, entre elles, Bruxelles-Ville Région, dont les limites coïncideraient avec l’actuelle Région bruxelloise. Les Bruxellois pourraient  choisir, enfin, leur appartenance à la Flandre ou à la Wallonie.

Voilà une fameuse simplification administrative et institutionnelle, qui ne va pas à l’encontre de l’existence d’une véritable Région bruxelloise autonome et performante, puisque tel est bien le désir des Bruxellois.

Certains hurlements se font entendre, spécialement du côté des municipalistes bruxellois. Mais cette proposition a le grand mérite d’exister, et de rendre plus que jamais indispensable un débat inter-bruxellois. Le débat va plus loin, puisque les auteurs de la proposition semblent préconiser pour le futur une sorte de coupole interfédérale limitée à quatre départements : Finances, Défense, Sécurité, et Affaires étrangères.

Quand François Perin rêvait de… macronisme

La seule politique acceptable est celle qui concilierait les deux idéologies tenues, à tort, jusqu’ici pour antagonistes. (…) Le capitalisme prédateur et le socialisme autoritaire, ces deux monstruosités du siècle, ont assez démontré la capacité de folie suicidaire des hommes, pour que l’on tente partout d’ouvrir des voies à un comportement plus équilibré, plus serein et plus sage. Furia ideologica delenda est.

Rassembler par-delà les divergences. C’est à cet exercice subtil, difficile, qu’entend aujourd’hui s’atteler Emmanuel Macron.

Beaucoup d’électeurs ont voté pour lui pour faire barrage au Front national. Mais l’on voit déjà la « France insoumise » de Jean-Luc Mélenchon prête à monter aux barricades pour empêcher la réalisation du programme présidentiel. Attitude inconséquente dans la mesure où la paralysie et le statu quo ne feraient qu’apporter de l’eau aux visées extrêmes. Ce n’est certes pas en mobilisant la rue que la France se réformera. Une telle stratégie ne peut qu’entraîner la ruine collective.

Les citoyens français sont donc placés devant un choix majeur en ce qui concerne le renouvellement de l’Assemblée nationale. Avec sa jeunesse, son esprit d’ouverture et sa détermination, Emmanuel Macron est susceptible de relever les défis immenses qui attendent le pays ; moraliser la vie politique, renforcer l’axe franco-allemand pour redonner un souffle nouveau à l’Europe, réduire la dette, relancer l’emploi en assurant la compétitivité des entreprises, garantir la sécurité de la population en luttant contre l’islamisme radical, améliorer le système éducatif et la formation, réussir la transformation écologique et numérique, maintenir la paix dans un monde de plus en plus incertain….

Puisse cette petite histoire, racontée par François Perin dans « Le Vif » du 10 mars 1989, aider l’électeur français à faire le bon choix :

A l’Ouest, le libéral, qui a dû accepter l’hérésie de l’économie distributive au nom de la solidarité sociale, se dit : « suis-je un traître ? ». Il doute (il n’y a plus que Guy Verhofstadt qui lise encore Friedman). Comment surmonter l’angoisse ?

Le socialiste, qui a dû se rendre à l’évidence de l’efficacité de l’initiative privée et du mécanisme de marché, sous réserve de l’organisation de la solidarité sociale, se dit-il encore : suis-je un « social-traître » ? L’angoisse le guette-t-il ?

Finalement, l’un et l’autre surmontent l’angoisse en éclatant de rire : « Nos doctrines ? Quelles absurdités pisse-vinaigre ! Nous avons perdu la foi, vive l’humour, quelle délivrance ! Et si on fêtait cela joyeusement ensemble ?

Ecole et inégalités

Par Jean-Luc Lefèvre

Depuis plusieurs années, des voix, de plus en plus nombreuses, s’élèvent en Communauté française de Belgique pour dénoncer les carences de l’enseignement obligatoire en termes de résultats, mais aussi en termes d’approfondissement des inégalités : ne survivraient au « massacre » que ceux dont les parents sortent du lot, ceux qui choisissent pour leur progéniture les meilleurs centres d‘enseignement, tous aisément identifiables et donc pointés du doigt en raison de l’insupportable ségrégation dont ils sont rendus responsables, comme s’il existait de bonnes stigmatisations !

Depuis plusieurs années, au nom d’un postulat érigé en système idéologique (les vertus prétendument universelles de l’homogénéité sociale), le législateur s’emploie à corriger les effets pervers du grand marché scolaire à l’origine de la ghettoïsation de nombreuses écoles.

Force est de reconnaître aujourd’hui que cela ne marche pas : les résultats scolaires des petits francophones ne s’améliorent pas à l’aune internationale des enquêtes Pisa. Pis encore : le fossé s’élargit entre les meilleurs, de plus en plus rares quand les pénuries intellectuelles se sont installées au terme de la première année d’enseignement supérieur, et tous les autres… qui coûtent cher en termes de redoublement. Une société francophone, déjà pénalisée sur le plan économique, qui se ratatine aussi en termes de ressources intellectuelles et donc de « racines d’espérance » pour demain.

Si cela ne marche pas, on s’obstine quand même dans la démarche initiée par le décret dit « Mixité ». Ce sera donc le Pacte dit « pour une école d’excellence ». Avec un tronc commun qui fait fi des motivations des apprenants, les mélangeant tous, qu’ils possèdent ou non une intelligence plus abstraite ou plus manuelle, avec une organisation technocratique de l’appareil scolaire (des centres P.M.S. appelés à conclure, à la fois, des contrats de partenariats avec l’autorité de tutelle et les écoles, toutes singulières, n’en déplaise au Prince qui gouverne et ne rêve que de standardisation des procédures sans oublier les résultats)…

Et si l’on s’arrêtait un instant. Pour s’interroger : pourquoi et en quoi la mixité sociale n’est–elle pas la panacée ? L’école n’est-elle pas aussi, comme nos quartiers, nos modes de consommation, nos loisirs… le reflet de la différence sociale ? Pourquoi s’entêter à formater l’une sans s’en prendre aussi aux autres dimensions de la vie en société ? Parce que l’école est lieu de socialisation et donc d’instrumentalisation politique ? Mais alors qu’on affiche clairement ses objectifs : en finir une fois pour toutes avec la primauté des parents dans l’éducation de leurs enfants !

Une chose est sûre : sans s’interroger aussi quant aux limites de l’homogénéité sociale et aux raisons qui expliquent qu’au-delà d’un certain seuil, elle ne fonctionne plus, à persévérer dans la politique du « train fou dans le brouillard », on ne récoltera que désillusions.

Deux voies seront alors encore ouvertes. La première consistera à agir en amont – comme à Sparte, déposséder les parents de leur droit à l’éducation dès la naissance -, la seconde, à agir en aval et interdire toute évaluation à l’école, au nom de l’égalité de tous, de 7 à 77 ans !

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde