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A Propos de proximus…

A l’attention de nos lecteurs français : PROXIMUS est l’héritier de l’opérateur historique BELGACOM en ce qui concerne la téléphonie (fixe + portable), l’internet et la télévision. Trois opérateurs se partagent ce marché belge pour un secteur qui est resté encore aujourd’hui régi par le pouvoir fédéral. Outre PROXIMUS qui opère dans chaque région belge et reste ainsi le leader belge, VOO opère par le câble en Wallonie et dans 6 communes bruxelloises. TELENET, 1er opérateur en Flandre, opère par le câble en Flandre et dans 7 communes bruxelloises. Un petit dernier ORANGE pointe son nez et inquiète PROXIMUS. (Saumane)

Par Paul Mélot

Dominique LEROY la grande prêtresse de Proximus- qui palpe 937.000 euros/an et n’a pas anticipé l’évolution de la clientèle – a expliqué que le gouvernement n’a rien à décider, puisqu’il s’agit d’une entreprise publique AUTONOME… Vrai ou pas ?

Rappelons d’abord qu’en son temps, le sieur DI RUPO , géniteur des « consolidations stratégiques » de BELGACOM et de LA POSTE indiquait au parlement et à la « nation » qu’il n’y avait rien de mieux pour maintenir et développer l’outil que d’y faire entrer le capital privé dans un contexte concurrentiel…

Donc, le gouvernement ( donc nous!) est propriétaire de 53.5% de Proximus et n’a rien à y dire …
Donc le gouvernement qui envoie des politiques ( 5) au C.A. de Proximus n’y envoie que des gens qui n’y ont rien à dire…
Donc, les membres du CA désignés par le gouvernement ont une « fonction » comparable aux membres des Comités de secteurs de PUBLIFIN et sont payés pour ne rien décider… On fait quoi, alors ???

Parmi les « décideurs » publics du CA de PROXIMUS, l’ex-chef de cabinet d’Elio DI RUPO … YES !

A quel jeu jouent vraiment les libéraux flamands ?

Par Jules Gheude

Tantôt unitaristes, tantôt séparatistes, les mandataires Open VLD tiennent un discours ambigu dont les racines remontent à plusieurs décennies.

Réagissant à mon opinion « Une Flandre indépendante en 2019 n’est certes pas une chimère », publiée sur le site de « Knack », Tim Vandenput, bourgmestre de Hoeilaart et député fédéral Open VLD, m’écrit ceci : « (…) une fois de plus, vous oubliez de reprendre des faits importants dans votre article. Par exemple, 80 % des Flamands ne veulent pas une Flandre indépendante ! Ce n’est pas parce que des gens votent momentanément pour les menteurs de la N-VA que ces mêmes votants veulent aussi une Flandre indépendante. De cette façon, vous rendez votre article non crédible et il en devient même ridicule, comme toujours. Dommage ! Dans les dix ans qui viennent, on verra naître un mouvement pour une Belgique plus forte et une Europe fédérale. Des structures de l’Etat où la coopération sera centrale, au lieu de la volonté de scission d’une petite minorité. On en reparlera dans dix ans. »

Avant d’utiliser le terme « menteurs », il convient de bien réfléchir. Qui ment ? Qui est ici « non crédible » et « ridicule » ?

Des faits marquants dès 1967

On se souvient encore de la manière dont les partis traditionnels – qui avaient une structure unitaire – se sont opposés énergiquement à la mise sur pied du fédéralisme. Au congrès de Knokke des 29-30 septembre et 1er octobre 1967, les libéraux estimaient qu’une telle réforme conduirait le pays au séparatisme, à l’aventure économique et au déclin de son bien-être.

François Perin s’était empressé de fustiger l’attitude de ces conservateurs aveugles, précisant que les combats d’arrière-garde étaient vains face aux évolutions irréversibles.

La progression des formations communautaires

Le 7 février 1968, le gouvernement Vanden Boeynants tomba sur l’affaire de Louvain. Le parti libéral se présenta aux élections du 31 mars avec le slogan « Mon parti, c’est mon pays ! », assorti des couleurs tricolores. Mais il n’empêcha pas les formations dites communautaires (Volksunie, Rassemblement wallon et FDF) de progresser de manière significative.

On vit ensuite les partis unitaires se scinder l’un après l’autre : le parti catholique dans la foulée du « Walen buiten », le parti libéral en 1972 et le parti socialiste en 1978. Le visage de la Belgique, quant à lui, allait être profondément transformé.

Cette réforme de l’Etat sur une base fédérale ne se fit pas sans peine, avec la question bruxelloise comme pierre d’achoppement.

Après l’échec du Pacte d’Egmont en 1978, François Perin s’efforça d’accorder libéraux flamands et francophones autour d’un projet institutionnel commun. Mais face à l’intransigeance des premiers, il démissionna spectaculairement du Sénat, le 26 mars 1980 : « Après avoir vu, échec après échec, tous les événements de ces dernières années, je ne parviens plus, en conscience, à croire en l’avenir de notre Etat », déclara-t-il.

« La Belgique est bien morte ! »

Il est intéressant d’apprendre comment les libéraux flamands s’étaient comportés à l’époque. Dans ses notes personnelles, François Perin dévoile : « Un curieux dîner libéral eut lieu à Lierre, chez Vanderpoorten, le 13 octobre 1978. (…) Vanderpoorten affirma qu’il ne concevait pas de concéder quoi que ce soit aux Bruxellois. (…) Le ton monta et des propos aigres et pessimistes furent tenus sur la viabilité de la Belgique. (…) Jeudi 6 mars 1980 : groupe parlementaire commun PRL Chambre et Sénat. Belle révélation par Jean Gol pour la journée commune du 16 mars 1980 avec le PVV. Contre l’accord précédent, Bascour est imposé comme président au lieu de De Greef. En outre, De Clercq ne veut pas du drapeau belge, même assorti des drapeaux des deux communautés ! Les Anversois refusent de venir (Grootjans) ! La Belgique est bien morte ! »

Lorsque Paul-Henry Gendebien était Délégué général de la Communauté française à Paris (de 1988 à 1996), il eut l’occasion de recevoir Jean Gol, chef de file des libéraux francophones. Dans son livre Splendeurs de la liberté, il raconte : « Il m’avoua qu’il ne croyait plus à la nation belge ni même à l’Etat. (…) surtout, il avait été ulcéré par les “avancées” du nationalisme chez les libéraux flamands auxquels s’était d’ailleurs ralliée l’une des ailes marchantes de la Volksunie. » Manifestement, le virus de la séparation avait atteint le libéralisme flamand.

Des libéraux à géométrie variable

Aujourd’hui, Tim Vandenput prêche pour une Belgique plus forte. Aurait-il oublié ce que déclara Karel De Gucht, alors président de l’Open VLD, sur le plateau de VTM, le 6 novembre 2002 : « La Belgique est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer, et en attendant elle n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre. » Deux mois plus tard, Patrick Dewael, ministre-président flamand (Open VLD !) présentait ses priorités pour une future réforme de l’Etat. Il s’agissait, pour lui, de transférer un maximum de compétences à la Flandre, sur le plan de l’emploi, des soins de santé, de la mobilité et de la fiscalité.

Et que dire d’Alexander De Croo, président de l’Open VLD, qui retira en 2010 la prise du gouvernement Leterme II, plongeant ainsi la Belgique dans la plus longue crise politique de son histoire : 541 jours sans gouvernement de plein exercice !

Tels sont les faits. Ils sont, dit-on, plus forts qu’un lord-maire. Que sont en réalité les libéraux ? Quel jeu jouent-ils vraiment ? Tantôt ils se comportent en purs nationalistes flamands, tantôt ils affichent leur sensibilité belge.

Un vote flamand émis en connaissance de cause

Tim Vandenput accuse la N-VA de mensonge. L’article 1er des statuts de ce parti est pourtant clair. Il y est question de la République indépendante de Flandre, Etat membre d’une Union européenne démocratique. Le Vlaams Belang, quant à lui, défend sans ambiguïté une vision séparatiste. Ensemble, les deux formations totalisent 40,2 % des intentions de vote, selon le dernier sondage réalisé par Het Nieuwsblad. Tim Vandenput affirme que seule une faible minorité des Flamands est acquise au séparatisme. Mais chacun n’est-il pas censé voter en connaissance de cause ? Les 40,2 % de personnes qui soutiennent la N-VA ou le Vlaams Belang, sont censées soutenir aussi l’option séparatiste.

Le Parlement flamand est l’émanation du peuple flamand. Il dispose de la légitimité démocratique. Le jour où une majorité appropriée existera, rien ne pourra l’empêcher de proclamer l’indépendance de la Flandre. Pas besoin de référendum pour cela !

Faute tactique

Tim Vandenput évoque des structures de l’Etat où la coopération sera centrale. C’est aussi ce que souhaite le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR). Mais son plan pour une nouvelle agence destinée à coordonner la politique des régions vient d’être rejeté par le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA), ainsi que par son collègue bruxellois, Pascal Smet (SP.A). Pour ce dernier, ce n’est pas très malin, de la part de Bellot, d’avancer cette solution. Cela ressemble à la Belgique de papa qui dit aux régions ce qu’elles doivent faire. Une faute tactique. Voyez aussi comment le plaidoyer de Maggie de Block (Open VLD) en faveur d’une refédéralisation de la politique de santé a été accueilli par le président du CD&V, Wouter Beke : « Le passé a montré qu’une politique fédérale unique n’était pas la réponse. Il ne peut dès lors être question de refédéraliser. »

Tim Vandenput est convaincu qu’on fera marche arrière et il me fixe rendez-vous dans dix ans. J’aurai alors 82 ans. Si je vis encore, je serai heureux de le recevoir à Namur. Et j’espère que la Wallonie sera alors une région française !

La nation flamande existe bel et bien

Par Jules Gheude

Dimanche 23 décembre 2018. Sur le plateau de l’émission de RTL-TVI C’est pas tous les jours dimanche, le chroniqueur Michel Henrion lâche : « Je ne suis pas Flamand, Dieu m’en garde, … » Réaction immédiate du présentateur, Christophe Deborsu : « Pas cela, Michel, c’est choquant ! »

Confronté à une vague de commentaires indignés sur les réseaux sociaux, l’intéressé s’est expliqué : « La phrase sur ma fiche disait en substance : Si j’étais nationaliste flamand, que Dieu m’en garde, je serais furax. A l’antenne, ma langue, dans sa lancée, a malencontreusement fourché et gommé un seul mot, mais de ceux qui changent redoutablement tout à l’audition. Celui de « nationaliste ». Ce qui a donné ce couac aussi évident que regrettable. »

Si Michel Henrion a approfondi l’histoire de ce pays, il n’ignore pas que sa constitution, en 1830, s’est faite d’un trait de plume diplomatique, sans que les populations concernées aient eu voix au chapitre. Même le choix du monarque nous fut imposé par Londres. Talleyrand, le négociateur français, s’était d’ailleurs montré sceptique quant aux chances de viabilité de cette construction artificielle, fruit des circonstances de l’époque : « Deux cents protocoles n’en feront jamais une nation. Cela ne peut tenir. »

Dès le départ, en fait, le ver était dans le fruit. Il suffit de relire ce que Charles Rogier déclarait : « Il est évident que la seule langue des Belges doit être le français. Pour arriver à ce résultat, il est nécessaire que toutes les fonctions civiles et militaires soient confiées à des Wallons et Luxembourgeois. De cette manière, les Flamands, privés temporairement des avantages attachés à ces emplois, seront contraints d’apprendre le français, et l’on détruira peu à peu l’élément germanique en Belgique. »

Un génocide linguistique, donc. C’est précisément pour le contrecarrer qu’un Mouvement flamand se constitua assez vite. De nature romantico-culturelle au départ, il finit par acquérir une dimension sociale et politique.

La grande majorité des francophones ignore à quel point ce mouvement a dû lutter pour arracher les premières lois linguistiques et faire en sorte que la Flandre puisse se faire entendre sur l’échiquier politique. Au début du XXe siècle, le cardinal Mercier parlait toujours de « l’unité belge, cimentée par l’emploi de la langue française. » A ses yeux, le flamand était la langue des servantes et des valets.

Tout cela laissera des traces durables et contribuera à engendrer un fort sentiment national flamand. L’identité flamande passera au premier plan. En 1973, Manu Ruys sous-titrait son livre « Les Flamands » : « Un peuple en mouvement, une nation en devenir. »

Aujourd’hui, cette nation existe bel et bien, comme le stipule d’ailleurs le préambule de la « Charte pour la Flandre », présentée en 2012 par le Gouvernement flamand.

Il n’y a pas d’équivalent chez les Wallons qui, majoritairement, se sentent Belges avant tout. Tel est le drame auquel est confronté ce Royaume et que François Perin a parfaitement résumé : « Il n’y a pas place, dans ce petit pays pour deux nations : la belge, si tant est qu’elle ait jamais existé, et la flamande. »

Force est aujourd’hui de constater que les six réformes institutionnelles qui ont été effectuées depuis 1970, n’ont pas contribué à engendrer la cohabitation sereine et paisible des deux grandes communautés. Chaque dossier (survol de Bruxelles, construction d’un stade national, immigration…) est sujet à controverses et palabres sans fin. S’ajoute à cela le fossé béant entre la Flandre et la Wallonie sur le plan économique.

Michel Henrion souligne l’intérêt qu’il porte à sa région, la Wallonie. Mais lui qui fut le porte-parole de Guy Spitaels, n’ignore pas que, depuis la mise sur pied officielle de la régionalisation en 1980, la ministre-présidence wallonne fut confiée, de façon quasi ininterrompue, au PS. Difficile, donc, de nier l’influence prépondérante que ce parti a eue sur la gestion des affaires. Et force est de constater que cette gestion ne s’est pas révélée efficace. La Flandre, en revanche, doit sa prospérité à une politique marquée clairement à droite. Grâce au dynamisme de ses PME, elle parvient ainsi à réaliser plus de 80% des exportations belges.

Les résultats des dernières élections communales et provinciales n’ont fait que confirmer le diagnostic de Bart De Wever : « La Flandre et la Wallonie constituent deux démocraties. Le confédéralisme s’impose donc, afin que chacun puisse être financièrement responsable de ses propres choix politiques. »

On peut comprendre ce raisonnement après avoir pris connaissance du dernier classement Eurostat concernant le PIB des régions de l’Union européenne. On constate, en effet, que la Flandre se situe à 120, l’indice de comparaison étant fixé à 100. Pour la Wallonie, par contre, la situation reste inquiétante, avec un indice de 85.

Jusqu’ici la Wallonie a pu bénéficier des transferts financiers en provenance de Flandre, soit quelque 7 milliards d’euros par an, mais on sait que ceux-ci sont amenés à s’éteindre progressivement.

L’actuelle coalition wallonne MR-CDH, en place depuis un an et demi, s’efforce de remédier à une gestion qui, durant près de 35 ans, a consisté à vivre largement au-dessus de ses moyens. Un an et demi, cela ne suffit évidemment pas pour renverser la situation. Mais une chose est sûre : si la Wallonie, livrée à elle-même, devait être gouvernée, au lendemain des élections régionales du 26 mai 2019, par la coalition « progressiste » qu’Elio Di Rupo appelle de ses vœux, on n’ose imaginer dans quel pétrin budgétaire elle se trouverait ! Et cette évolution ne manquerait évidemment pas de compliquer, voire de rendre impossible, la formation d’un nouveau gouvernement belge.

Michel Henrion s’en prend violemment aux nationalistes flamands. Mais le nationalisme flamand ne concerne pas que la N-VA et le Vlaams Belang, crédités ensemble de 40,2% d’intentions de vote, selon le dernier sondage « Nieuwsblad ». Comme l’a bien précisé l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck : « Il y a toujours eu, en Flandre, deux forts courants : la démocratie chrétienne et le nationalisme flamand démocratique. Ensemble, ils représentent un sentiment très majoritaire en Flandre. Ils sont complémentaires. »

Il convient d’ailleurs de rappeler ici que c’est le ministre-président flamand CVP Luc Van den Brande qui lança, au début des années 90, l’idée confédéraliste, expliquant : « Mais collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme. » Et le Parlement flamand se prononça dans ce sens en 1999.

C’est aussi l’actuel président du CD&V, Wouter Beke, qui, en 2007, déclara au journal québécois « Le Devoir » : « Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance. » On ne peut être plus clair !

Bart De Wever ne fait donc que s’inscrire logiquement dans la ligne du Mouvement flamand, qui, au fil des décennies, a gagné sur toute la ligne, les « demandeurs de rien » francophones finissant toujours par céder.

En 2019, la Belgique pourrait donc, très rapidement, être mise échec et mat.

Quant à Michel Henrion, il devrait relire l’interview-testament de son mentor Guy Spitaels : « Il (Bart De Wever) m’intéresse. Parce qu’il est intelligent et rusé. Son discours – que les francophones ne veulent pas entendre – est très clair. C’est un superbe manœuvrier. (…) Très, très habile. Il est très fort intellectuellement et l’ennemi des bobos ! »

Advienne que pourra !

Par Valmy

Lorsque Alexander De Croo, le président de l’Open VLD, décida de débrancher la prise de Leterme II, le 22 avril 2010, celui-ci perdit des plumes aux élections suivantes. Mais, sauf erreur, la NVA représente tout autre chose pour les électeurs de Flandre que le VLD, héritier du parti libéral bourrés de fransquillons depuis 1830.

Ce pays, il ne faut pas se leurrer, la N-VA n’est pas la seule à désirer le faire disparaître. La seule différence, elle, comme le VB, ne joue pas l’hypocrisie à la mode des vieux partis belgicains dépassés par la réalité du suffrage universel.

Depuis 1874, le Mouvement Flamand mène le tempo et demeure la mémoire, toujours active, de la résurgence du peuple de Flandre. D’ailleurs, si tout relève du communautaire en cet Etat cela signifie bien que Wallons et Flamands n’appartiennent au même monde.

« Tout ce qui parle français m’appartient » clamait Henri IV.

« Tout ce qui parle allemand appartient à l’Empereur ».

Traduit aujourd’hui : « Tout ce qui parle néerlandais appartient à la Grande Néerlande ». Il ne faut pas feindre d’oublier qu’Antwerpen fut la première capitale de l’Union d’Utrecht soit la première confédération néerlandaise avant la lettre !

Ironiques, ne trouvez-vous pas, les retours de l’Histoire ! D’autant plus, que personne, dans ce royaume ne veut se rappeler qui a assemblé cet Etat de bric et de broc. Merci, Messieurs les Anglais, retournez donc sur votre île !

La Belgique pourrait-elle survivre à cette crise ?

Bonne question. Laurette Onkelinx et Paul Magnette peuvent le rappeler en boucle : Celui qui, au PS, proposerait une alliance avec la N-VA se ferait ramasser ! Mon Dieu, ce que ces demandeurs de rien frisent le ridicule.

Comment agiront-ils, lorsqu’ils n’auront pas d’autre choix que de se retrouver à la même table de négociations face à la NVA, soutenue par le VB ?

S’imaginent-ils comme Charles Michel pouvoir contrer le projet confédéraliste de la Flandre ?

Ils en sont toujours à courir après le fantôme d’Albert Ier alors que Gaston Eyskens (un CVP) déclara, au perchoir du parlement, la mort de la Belgique de papa !

Advienne que pourra !

Bricolage belge !

Par Jean-Luc Lefèvre, Jambes

Bricolage bien belge !

J’ai assisté ce mardi 18 décembre, sur la VRT, aux débats retransmis en direct. Sur la forme, il convient de féliciter la chaîne néerlandophone davantage soucieuse d’informer le citoyen. Après tout, récemment, Béatrice Delvaux avait mis le doigt sur la déshérence des francophones. Sur le fond, je profite de l’interruption de séance pour vous dire ce que je pense. Même si l’avis d’un citoyen lambda peut vous paraître superflu. De nombreux silences dans la déclaration du premier ministre : le mot N-VA a été soigneusement évité, comme aussi la mention d’un éventuel cahier Atoma et ses accords secrets, comme aussi la demande d’un vote de confiance. En fait, comme certaines équipes à la coupe du monde de football, il a voulu jouer la montre, gagner du temps en sauvant les meubles jusqu’en avril. Pour ce faire, il n’a pas hésité à lancer trois défis aux députés : celui de la responsabilité (pas de blocage institutionnel, de grâce, en ces temps troublés!), celui de l’unité (la majorité de rechange, se mettre d’accord entre vous… en si peu de temps!) et celui de la coopération (« bâtisseur de ponts »). Trois défis, mais autant de chantages implicites. Sur le fond, la coopération avec la Chambre pour réaliser en quatre mois ce qu’il n’a pas fait en quatre ans ! Tout en récupérant le discours des « gilets jaunes »…

C’est triste, très triste car cela ressemble beaucoup à du bricolage. Bonne réflexion!

Echec et mat… ?

Par Jules Gheude

Charles Michel II en affaires courantes pendant quelques mois : pas de quoi en faire un foin ! Lorsque Alexander De Croo, le président de l’Open VLD, décida de débrancher la prise de Leterme II, le 22 avril 2010, celui-ci poursuivit en affaires courantes durant 541 jours, et d’aucuns firent observer que les choses n’allaient pas plus mal. Car, ne l’oublions pas, nous sommes au pays de René Magritte. Et ceci n’est pas un pays !

Ce pays, la N-VA entend d’ailleurs bien le faire disparaître, comme le précise l’article 1er de ses statuts, qui évoque l’avènement d’une République flamande.

Quand ? Bart De Wever a choisi la stratégie « évolutive ». Celle qui consiste à passer par une avant-dernière case – le confédéralisme – en vue de dépiauter la Belgique au profit de de la Flandre et de la Wallonie. Ce qui amènerait la Belgique à disparaître d’elle-même. J’espère que ce sera en 2025, a précisé Liesbeth Homans, la ministre de l’Intérieur (N-VA) au sein du gouvernement flamand.

En entrant dans la « suédoise », la N-VA s’était engagée à ranger le communautaire au frigo durant la législature. Mais on sait qu’en Belgique, le communautaire est présent dans chaque dossier : le survol de Bruxelles, la construction d’un stade national, la manière de concevoir la politique d’asile,… C’est d’ailleurs sur ce dernier point que vient de chuter le Premier ministre, la N-VA s’étant opposée au pacte migratoire de l’ONU.

La manière dont Charles Michel s’est efforcé d’éviter la crise fut, il faut le dire, pitoyable. Comment a-t-il pu penser qu’en poursuivant avec une coalition remaniée et ultra-minoritaire, il pourrait, en pleine sphère électorale, compter sur l’appui de l’opposition ? L’image qu’il a donnée, ce 18 décembre, les bras tendus et suppliants, était tout simplement pathétique.

La Belgique peut-elle survivre à cette crise ?

Laurette Onkelinx l’a annoncé et Paul Magnette l’a confirmé : Celui qui, au PS, proposerait une alliance avec la N-VA se ferait ramasser ! Quant à Charles Michel, il a déjà lancé un appel aux responsables francophones pour contrer le projet confédéraliste.

Examinons le dernier baromètre politique.

En Flandre, la N-VA demeure le premier parti, avec 28,3%. Suivent le CD&V (18,7), l’Open VLD (17,5), Groen (16) la SP.A (9,2), le Vlaams Belang (7,6) et le PVDA (2,5). Le Nord, comme on peut le constater, se situe majoritairement à droite.

En Wallonie, c’est la PS qui domine, avec 25,4%, suivi par le MR (19,9), Ecolo (19,7), le PTB (14), le CDH (10,4) et le Parti populaire (5,1). Le Sud, on le voit, vote majoritairement à gauche.

Ceci ne fait que confirmer le constat de Bart De Wever : La Flandre et la Wallonie constituent deux démocraties. Le confédéralisme s’impose donc, afin que chacun puisse être financièrement responsable de ses propres choix politiques.

On peut comprendre ce raisonnement après avoir pris connaissance du dernier classement Eurostat concernant le PIB des régions de l’Union européenne pour 2016.

On constate, en effet, que la Flandre se situe à 120, l’indice de comparaison étant fixé à 100. Seule, la province du Limburg est en-dessous, avec 97.

Pour la Wallonie, en revanche, la situation reste inquiétante, avec un indice de 85. Seul le Brabant wallon, qui profite du dynamisme économique de la Région bruxelloise, dépasse la moyenne européenne, avec 133. Les provinces de Liège, de Namur, du Hainaut et de Luxembourg affichent respectivement 85, 81, 76 et 75.

Jusqu’ici la Wallonie a pu bénéficier des transferts financiers en provenance de Flandre, soit quelque 7 milliards d’euros par an, mais on sait que ceux-ci sont amenés à s’éteindre progressivement.

L’actuelle coalition wallonne MR-CDH, en place depuis un an et demi, s’efforce de remédier à une gestion qui, durant près de 35 ans, a consisté à vivre largement au-dessus de ses moyens.

Un an et demi, cela ne suffit évidemment pas pour renverser la situation. Mais une chose est sûre : si la Wallonie, livrée à elle-même, devait être gouvernée par la coalition « progressiste » qu’Elio Di Rupo appelle de ses vœux, on n’ose imaginer dans quel pétrin budgétaire elle se trouverait ! Et cette évolution ne manquerait évidemment pas de compliquer, voire de rendre impossible, la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.

Jusqu’ici, on a toujours vu les francophones, « demandeurs de rien », finir par ployer. 

Qu’en sera-t-il au lendemain des prochaines élections ?

Le confédéralisme, il faut le rappeler, n’est pas l’affaire de la seule N-VA. Elle n’existait pas lorsque l’idée en fut lancée, au début des années 90, par le ministre-président flamand Luc Van den Brande, un démocrate chrétien, qui précisait : Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme. Et le Parlement flamand avalisa la chose en 1999.

En s’opposant aujourd’hui à la N-VA, le CD&V adopte une attitude assez lamentable. Car c’est tout de même l’un des siens, Yves Leterme, qui porta en 2004 le cartel avec la N-VA sur les fonts baptismaux.

C’est aussi l’actuel président du CD&V, Wouter Beke, qui, dans une interview accordée au journal québécois « Le Devoir » en 2007, déclara : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Il y a donc aujourd’hui, dans le chef du CD&V, une grande hypocrisie, qui s’explique uniquement par le fait que ce parti est largement distancé par la N-VA

Les responsables francophones feraient, en tout cas, bien de méditer ces propos tenus par l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck : Il y a toujours eu, en Flandre, deux forts courants : la démocratie chrétienne et le nationalisme flamand démocratique. Ensemble, ils représentent un sentiment très majoritaire en Flandre. Ils sont complémentaires.

La Belgique pourrait, très rapidement, être mise échec et mat !

Jules Gheude sur le site de « La Libre.be »

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.

Belgique : rien ne va plus !

Par Jules Gheude

Les évènements de ces derniers jours sont-ils de nature à réconcilier le citoyen avec le politique ? Rien n’est moins sûr.

L’impression qu’ils laissent, est celle d’un grand magouillage : réticente à la signature du pacte de l’ONU sur la migration, la N-VA quitte la « suédoise », mais le Premier ministre évite la crise en poursuivant à la tête du gouvernement amputé et devenu minoritaire (il ne dispose plus que de 52 sièges sur 150 à la Chambre). En deux coups de cuillère à pot, l’équilibre linguistique est rétabli et les compétences sont redistribuées. Tenu à l’écart des tractations, le Roi n’a plus qu’à signer les arrêtés requis.

Sur les plateaux de télévision, les ministres N-VA démissionnaires apparaissent sereins et réagissent de façon relativement calme. Du côté du MR, on les remercie pour la collaboration qu’ils ont apportée depuis 2014. Le président Olivier Chastel va même jusqu’à déclarer : Je n’exclus pas de toujours gouverner avec la N-VA.

Charles Michel entend profiter des cinq mois qui le séparent des élections législatives pour prendre des mesures tangibles en ce qui concerne l’économie, la sécurité et le climat. Il compte sur le sens des responsabilités de l’opposition pour des soutiens au cas par cas. Il n’imagine pas que la N-VA puisse entraver la bonne fin de projets qu’elle a soutenus jusqu’ici.

Des engagements ont-ils été pris entre Charles Michel et Bart De Wever ? La chose n’est pas à exclure, encore que l’on voie mal les nationalistes flamands ne pas se radicaliser sur le plan communautaire en vue du prochain scrutin. Si l’immigration/sécurité constitue l’un de leurs thèmes privilégiés, il ne faut pas perdre de vue que l’article 1er des statuts de la N-VA prévoit l’émergence d’une République flamande souveraine.

Une chose, en tout cas, est sûre : Bart De Wever ne peut se permettre quatre ans supplémentaires de frigo communautaire. Jan Jambon a d’ailleurs rappelé que la mise en place d’un système confédéral restait la priorité.

Pour réaliser cette mutation institutionnelle d’envergure, il est nécessaire qu’une déclaration de révision de la Constitution intervienne avant la fin de la législature. La N-VA aurait-elle reçu des assurances à ce sujet, en échange d’appuis sporadiques à l’actuelle coalition orange-bleue ? La question mérite d’être posée.

Bart De Wever a toujours dit qu’il n’envisageait pas un processus révolutionnaire, mais évolutif. Le confédéralisme participe de cette logique : on commence par vider l’Etat de toute substance avant de le considérer comme totalement superflu.

Il y a un autre argument dont Bart De Wever a dû tenircompte : la N-VA est proche du milieu patronal flamand, lequel a clairement fait savoir qu’une chute du gouvernement entraînerait des conséquences désastreuses pour le monde entrepreneurial.

Le dernier baromètre politique a révélé que la N-VA restait le premier parti du pays, avec 28% d’intentions de vote (+3). Pour la première fois, cette progression ne se fait pas au détriment du Vlaams Belang, qui passe 11,3 à 11,7%.

Ce baromètre confirme, une fois de plus, que le Nord et leSud constituent deux démocraties opposées, qui pourraient rendre la Belgique totalement ingouvernable.

Lors de la crise de 2010 – 541 jours sans gouvernement de plein exercice -, un rapport de la Commission de l’Intérieur de l’Assemblée nationale française avait d’ailleurs conclu que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins certaine.

On a vu, lors du débat à la Chambre, le chef de groupe de la N-VA, Peter De Roover, se montrer d’une très grande fermeté. Lors d’une soirée-débat du Vlaamse Volksbeweging, le 14 octobre 2016, il avait déclaré : Si la N-VA et le Vlaams Belang obtiennent la majorité, ils réclameront l’indépendance de la Flandre. On se souvient aussi des propos tenus, en janvier 2016, par Liesbeth Homans, la ministre de l’Intérieur (N-VA) au sein du gouvernement flamand : Nous ne sommes pas demandeurs d’une énième petite réforme de l’Etat, donc je pense qu’en 2019, il s’agira d’autre chose. La scission de la Belgique ou en tout cas le transfert aux Régions et entités fédérées d’un maximum de compétences, ce qui amènerait la Belgique à disparaître d’elle-même. J’espère qu’elle n’existera plus en 2025 !

Dans la mesure où il considère que la coalition remaniée s’inscrit dans la continuité de la précédente, Charles Michel ne voit pas l’utilité de suivre la coutume qui veut qu’en pareille circonstance, un vote de confiance intervienne à la Chambre. Mais il se trouve face à la motion de confiance que l’opposition tout entière – N-VA comprise – a déposée. Qu’en sera-t-il vraiment ? Pour Théo Francken, l’homme le plus populaire de Flandre, les choses sont en tout cas claires : Gouverner encore avec le MR ? Oui, à condition de sortir du pacte migratoire. Un pacte dont la signature doit intervenir à New-York le 18 décembre…

 Elections anticipées ou non, le Royaume de Belgique apparaîtbel et bien en sursis. Pour le sauver, les responsables francophones ont toujours fini par quitter leur posture de « demandeurs de rien ». Cèderont-ils à nouveau ?

Du côté socialiste, Elio Di Rupo est bien déterminé à reprendre la main en Wallonie, à la tête d’une coalition dite « progressiste ». Un scénario qui ne pourrait qu’amener de l’eau au moulin des nationalistes flamands.

Le MR sera-t-il disposé à entamer des négociations sur le projet confédéral ? Un projet qui, il convient de le rappeler, a été porté au début des années 90 par le ministre-président flamand (CVP), Luc Van denBrande, et adopté en 1999 par le Parlement flamand. Interrogé, en 2007, par le journal québécois « Le De Devoir », Wouter Beke, l’actuel président du CD&V, avait d’ailleurs précisé : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

En termes de flamingantisme, les démocrates-chrétiens flamands ont suffisamment montré qu’ils n’avaient rien à envier à la N-VA. Souvenons-nous de Jan Verroken lors de l’affaire de Louvain, d’Eric Van Rompuy à l’égard du FDF dans le gouvernement Martens, de Luc Van den Brande et de son méprisant «Mijnheer H » lors de la crise fouronnaise… N’est-ce pas aussi Yves Leterme qui porta, en 2004, le cartel CD&V/N-VA sur les fonts baptismaux ?

Les options d’avenir ne sont pas légion. Soit la Belgique devient confédérale et, réduite à l’état de coquille vide, est très vite considérée comme inutile, soit elle devient ingouvernable et disparaît.

Dans un cas comme dans l’autre, la Wallonie se retrouvera livrée à elle-même, financièrement responsable de ses choix politiques. Une situation qui deviendra très vite intenable et entraînera une baisse drastique des prestations sociales.

L’enjeu, on le voit, est de taille !