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Le cancer des Belges, c’est la Belgique elle-même !

Par Jules Gheude, essayiste politique (1)

Selon Thierry Fiorilli, le rédacteur en chef du « Vif », la N-VA est le cancer des Belges.

Je lui propose ici de revenir à la source même des choses, c’est-à-dire en 1830, lorsque le Royaume indépendant de Belgique vit le jour.

Naissance douloureuse, au forceps, issue de la volonté des grandes puissances de l’époque, notamment l’Angleterre, afin de se prémunir contre la France. Quinze ans après la défaite de Waterloo, le spectre de Napoléon rôdait toujours…

Avant 1830, nos populations n’avaient jamais été soudées par un quelconque sentiment national. Ballotées d’un régime étranger à un autre (Duché de Bourgogne, Espagne, Autriche, France, Pays-Bas), elles n’eurent jamais voix au chapitre. Comme l’écrit Marguerite Yourcenar dans « L’Œuvre au noir » : Les princes s’arrachent les pays comme des ivrognes à la terrasse se disputent les plats.

Il faut également rappeler ici le statut particulier de la Principauté de Liège, qui perdurera jusqu’à 1794, et qui contrariait la théorie de la prédestination belge, chère à Henri Pirenne.

On connaît la fascination que ce dernier éprouvait pour les ducs de Bourgogne, mais il dut toutefois reconnaître qu’ils n’ont pas eu d’idéal national ; ils n’ont agi que pour la grandeur de leur maison. Leur politique s’explique exclusivement par leurs intérêts dynastiques.

Son collègue Godefroid Kurth, quant à lui, considérait le catholicisme comme le fil conducteur de notre histoire. Mais un élément de taille venait contredire son raisonnement : l’évolution de la Flandre sous la tutelle espagnole.

La Flandre se compose alors du comté de Flandre et du duché de Brabant, tous deux largement acquis à réforme calviniste. Il s’agit donc, pour le très catholique roi d’Espagne Philippe II, de ramener ces hérétiques à la raison. La reconquista sera d’une extrême cruauté. Elle s’achèvera en 1582, avec la destruction d’Anvers, tandis que les provinces du Nord, sous la conduite de Guillaume le Taciturne, se libèrent du joug espagnol pour constituer les Provinces-Unies, préfiguration des Pays-Bas actuels. Grâce à la traduction de la Bible par les pasteurs, le néerlandais deviendra vite une langue pure et châtiée.

En Flandre, le catholicisme sera réimposé par la violence. Ici, pas question de traduction de la Bible. La population ne connaît que les dialectes.

Il est clair que sans le fanatisme de Philippe II, la Flandre n’aurait pas été coupée de son élément naturel, les Pays-Bas, dont Anvers aurait pu être la capitale.

Ce drame vécu par la Flandre au XVIe siècle, Verdi le relate fort bien dans son opéra « Don Carlos.

Mais revenons à 1830. Le Royaume indépendant de Belgique voit le jour en dehors de toute volonté populaire. Le Congrès National Belge est élu par à peine 2% de la population, ceux qui pouvaient payer le cens. Quant au choix du souverain, il nous sera imposé par Londres.

On se souvient de l’interview accordée par l’ex-Premier ministre Yves Leterme au journal français « Libération » en 2006 et dans laquelle il qualifie la Belgique d’accident de l’histoire. Peut-on lui donner tort ?

Talleyrand, dont on connaît les talents de diplomate, ne croyait pas aux chances de viabilité de ce nouveau royaume. En 1832, il déclara à la princesse de Lievin : Les Belges, ils ne dureront pas. Tenez, ce n’est pas une nation. Deux cents protocoles n’en feront jamais une nation ; cette Belgique ne sera jamais un pays ; cela ne peut tenir.

En fait, dès le départ, la Belgique sera atteinte d’un cancer. Et la N-VA, créée en… 2001, n’y est strictement pour rien.

Comment, en effet, un tel Etat pouvait-il connaître une évolution sereine, lorsqu’on lit cette lettre adressée par Charles Rogier à Jean Raikem : Les premiers principes d’une bonne administration sont basés sur l’emploi exclusif d’une langue et il est évident que la seule langue des Belges doit être le français. Pour arriver à ce résultat, il est nécessaire que toutes les fonctions civiles et militaires soient confiées à des Wallons et Luxembourgeois. De cette manière, les Flamands, privés temporairement des avantages attachés à ces emplois, seront contraints d’apprendre le français, et l’on détruira ainsi peu à peu l’élément germanique en Belgique.

Un génocide linguistique, donc. C’est précisément pour le contrecarrer qu’un Mouvement flamand  va se constituer assez vite. De nature culturelle au départ, il finira  par acquérir une dimension sociale et politique.

La grande majorité des francophones ignore aujourd’hui à quel point ce mouvement a dû lutter pour arracher les premières lois linguistiques et faire en sorte que la Flandre puisse se faire entendre dans l’hémicycle politique. Au début du XXe siècle, le cardinal Mercier parlait toujours de l’unité belge, cimentée par l’emploi de la langue française. A ses yeux, le flamand n’était que la langue des servantes et des valets.

Tout cela laissera bien évidemment des traces durables et contribuera à engendrer un fort sentiment national flamand. Pauvre Henri Pirenne, contraint, en 1930, de quitter l’Université de Gand, suite à la flamandisation de l’institution !

Persuadée que l’occupant allemand serait compréhensif à l’égard de ses revendications, le Mouvement flamand se mit à son service. La libération rapide des prisonniers de guerre flamands, dès le 6 juin 1940, fut douloureusement ressentie par les francophones.

Durant près de 130 ans,  la Wallonie s’était révélée étonnamment prospère. Composé en 1900, le « Chant des Wallons » exprime bien le dynamisme économique que connaissait la région : Au premier rang brille son industrie.

Mais le visage belge se mit subitement à changer, au bénéfice de la Flandre. L’économiste Michel Quévit explique : En Wallonie, les aides de l’Etat sont destinées à affronter les problèmes soulevés par le désinvestissement du privé qui se désintéresse  des secteurs traditionnels : rationalisation de l’outil industriel vieilli, avec pour conséquence les fermetures d’entreprises, et, pour effet collatéral, le gonflement du chômage régional. Dans le même temps, en Flandre, les aides servent à des investissements dans des secteurs inducteurs de croissance économique, créateurs d’emplois, d’innovation, de diversification et de développement des activités et cela dans toutes les provinces flamandes à cette époque.

Après des décennies de luttes pour trouver sa juste place sur l’échiquier politique belge, la Flandre avait ainsi fini par renverser la vapeur et  se rendre maître du jeu économique. La N-VA n’existait toujours pas, mais l’Etat-CVP veillait aux intérêts du Nord.

Avec la fixation définitive de la frontière linguistique, en 1962, la Flandre était devenue un Etat dans l’Etat et n’aspirait plus qu’à l’autonomie culturelle pour constituer une véritable nation : un peuple, un territoire, une langue.

Ce sera chose faite avec la révision de la Constitution de 1970, qui, outre les conseils culturels, consacra l’existence des régions wallonne, flamande et bruxelloise.

La Flandre s’empressa de concrétiser le premier volet, mais, opposée à la mise sur pied d’une région bruxelloise à part entière, elle fit tout pour freiner l’application du second. La régionalisation définitive pour la Wallonie et la Flandre n’intervint qu’en 1980. Bruxelles dut patienter jusqu’en 1989. Pour qu’elle devienne région à part entière, les francophones sacrifièrent José Happart et sa cause fouronnaise.

Après la Seconde Guerre Mondiale, le fossé n’avait cessé de se creuser entre le Nord et le Sud. La Question royale, la guerre scolaire, la Grande Grève de 60-61, la fixation de la frontière linguistique avaient révélé des oppositions très nettes entre Flamands et Wallons. Sans parler de l’affaire du « Walen buiten » à l’Université de Louvain en 1968, qui engendra la scission du Parti social-chrétien en deux ailes linguistiques distinctes et amena les responsables politiques à entreprendre enfin la réforme de l’Etat.

Dès 1961, le syndicaliste liégeois André Renard avait prôné l’instauration du fédéralisme et exigé des réformes de structures. Mais l’action de son Mouvement Populaire Wallon rencontra l’opposition du Parti socialiste qui n’entendait pas renoncer à son organisation unitaire.

En 1974, le ministre de la Réforme des Institutions François Perin mit sur pied la régionalisation préparatoire, que les socialistes, alors dans l’opposition, s’empressèrent de boycotter. Ce n’est qu’en 1976 que le PSB se scinda à son tour – le Parti libéral l’avait fait en 1972 – et que les socialistes francophones présentèrent un projet de régionalisation définitive, lequel, comme je l’ai rappelé, ne se concrétisa qu’en 1980 au seul profit de la Flandre et de la Wallonie.

Soucieuse d’encadrer fortement sa minorité bruxelloise, la Flandre opta dès le départ pour la fusion Région-Communauté. Du côté francophone, les libéraux-réformateurs souhaitaient faire de même, mais ils se heurtèrent au veto du parti socialiste, qui craignait de voir son pouvoir se diluer et préférait garder la mainmise sur la Wallonie.

Depuis 1980, cela fait 38 ans ! la Région wallonne dispose donc d’outils propres pour assurer sa politique, et ces outils n’ont cessé de s’amplifier au fil des diverses réformes de l’Etat. L’argument consistant à porter la responsabilité sur l’Etat belge ne peut dès lors plus être retenu.

De 1980 à 2017, la ministre-présidence de la Région wallonne fut confiée, à deux exceptions près (le libéral André Damseaux en 1982 et le social-chrétien Melchior Wathelet de 1985 à 1988), au PS. Difficile, dans ces conditions, de nier l’influence déterminante que ce parti a pu avoir sur la gestion des affaires.

Et l’honnêteté nous oblige à reconnaître que cette gestion est loin d’avoir été concluante. Fin 2015, Philippe Destatte, le directeur de l’Institut Jules Destrée, le reconnaissait lui-même : La Wallonie n’a toujours pas décollé. La part de son industrie dans le PIB ne représente plus que 14,2%.

Le fossé entre la Flandre et la Wallonie est béant. Si le chômage wallon commence à baisser légèrement, il représente toujours plus du double de celui de la Flandre. Entre 1983 et 2015, le taux de chômage flamand a été réduit de moitié, passant de 10,7 à 5,2%. Les exportations flamandes ont connu en 2016 une hausse de 10,6%, avec un montant de 205,7 milliards d’euros, contre 42,6 milliards pour la Wallonie.

Et le député CD&V Hendrik Bogaert d’exprimer son incompréhension : Les Wallons ne peuvent tout de même pas invoquer éternellement la fermeture des charbonnages, intervenue il y a plus d’un demi-siècle.

Dès le début des années 1990, le ministre-président flamand démocrate-chrétien Luc Van den Brande proposa de passer au confédéralisme, une idée qui fut adoptée en 1999 par le Parlement flamand. La N-VA n’existait toujours pas !

Il est clair que la Flandre n’entend plus se montrer financièrement solidaire d’une région qui, à ses yeux, est mal gérée et ne fournit pas les efforts nécessaires. En 2002, c’est le ministre-président flamand libéral Patrick Dewael qui déclarait : Chaque Flamand paie 815 euros pour son compatriote du Sud. Soit huit fois plus qu’un citoyen ouest-allemand débourse pour son voisin est-allemand. Amis wallons, attention !

Quant à l’actuel président du CD&V Wouter Beke, voici ce qu’il lâchait en 2007 : Nous voulons une véritable confédération où chacun  pourra agir comme il l’entend. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

On le voit, la fibre nationaliste dépasse largement les limites de la seule N-VA !

Thierry Firolli voue Bart De Wever aux gémonies. Mais, comme le précisait François Perin dans son interview-testament  en 2011 : D’étape en étape, le Mouvement flamand a gagné sur toute la ligne. Il a gagné de devenir une nation. (…) Bart De Wever est dans la ligne et, logiquement, il dit « Nous voulons un Etat flamand indépendant ».

On peut certes ne pas partager le point de vue de Bart De Wever. Mais on ne peut lui reprocher d’être inconstant. L’ancien président du PS Guy Spitaels l’avait d’ailleurs lui-même reconnu : Il n’est pas « toursiveux », il dit clairement et brutalement ce qu’il veut. Je préfère cela aux « raminagrobis » qui disent « mais non, cela ne fera pas mal ». Ce De Wever ne me déplaît pas du tout !

Si la coalition Michel parvient à tenir – rien n’est moins sûr… -, les prochaines élections législatives et régionales auront lieu dans un an. Les derniers sondages indiquent qu’une coalition de gauche pourrait voir le jour en Wallonie. PS, PTB et Ecolo sont, en effet, crédités ensemble de 51,3% d’intentions de vote.

De quoi encourager Bart De Wever à mettre le projet confédéraliste sur la table des négociations. Car, avec 32,4% d’intentions de vote, la N-VA reste de loin la première force politique du pays.

Depuis 1830, le cancer n’a cessé de ronger la Belgique. Il pourrait connaître sous peu sa phase ultime. Talleyrand l’avait prédit dès 1830. Et Bart De Wever n’a vu le jour qu’en 1970…

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dangereuses », Mon Petit Editeur, 2016.

Histoire et enseignement

Par Valmy

Faut-il croire que les Wallons craignent leur ombre ? Aujourd’hui, dans l’Union Européenne ou dans l’OTAN, l’une ou l’autre puissance menacerait-elle la Wallonie et la France de tout rapprochement ? A l’heure du Brexit,  quelqu’un panique-t-il encore au nom de Wellington ou de Lord Palmerston ?

Ridicule ! « Comment se fait-il qu’en dehors de l’Institut Jules Destrée, les historiens de Wallonie bousculent si peu les idées reçues sur la permanence d’une identité belge ? »

Faut-il croire que les enseignants wallons craignent pour leur emploi s’ils osent faire découvrir aux écoliers et étudiants la vérité toute nue ? Ce ne serait pas si étonnant que ça, bien qu’aujourd’hui le cours d’Histoire passe à la trappe.

« Plus de cent ans après la Lettre au Roi de Jules Destrée, trop de Wallons sont encore aujourd’hui mentalement « programmés » pour une Belgique qui a depuis longtemps cessé d’exister. »

Faut-il croire que les politiques wallons craignent pour leurs élections, leurs mandats et leurs prébendes qu’ils n’ osent faire découvrir aux citoyens la réalité des choses qu’ils ont camouflée par leurs mensonges et leurs silences ? Espérons que la cessation des transferts financiers de Flandre les rappellent à la raison ?

« Des milliers et des milliers d’écoliers ont subi le même enseignement tendancieux. Je suis confus de mon ignorance quand je m’interroge sur le passé wallon. Des amis mieux informés m’assurent que notre grand Pirenne, malgré tant d’aperçus ingénieux, n’a pas su, sur ce point, se dégager de la traditionnelle glorification flamande et faire à la Wallonie la place qu’elle mérite. » (Jules Destrée)

Faut-il que seul Bart De Wever nous dessille les yeux, alors que les géniaux organisateurs de la Communauté française, porteuse de la « Toison Mitée » de la Fédération Wallonie-Bruxelles, s’obstinent à soutenir la propagande belgicaine dans l’enseignement du primaire à l’universitaire ? L’indéboulonnable Demotte, plus Renaisien que Tournaisien, devrait pouvoir nous éclairer.

Mais ce n’est peut-être qu’une question de transfert de fonds ? Ah Si nous pouvions encore questionner Monsieur de Talleyrand à ce propos !

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

Par Jean-Luc Lefèvre

Naïvement, je croyais que la Belgique était sous contrôle, comme une voiture Uber. Sous le contrôle d’une N-VA aux manettes, toujours et partout, qui revisitait allègrement les moindres recoins de l’état de droit pour en effacer les toiles d’araignée héritées d’un trop long passé démocratique.

Je me suis trompé.

Dans cet état, ou ce qui en reste, pas grand chose donc, ce n’est même plus la N-VA, mais des gens en uniforme, comme dans la Grèce des colonels hier dénoncée par Costa Gavras… Des gens en uniforme bleu, comme le ciel de leurs exploits aériens, comme leur horizon trumpien, le seul qui les fasse encore rêver. Parce qu’il est dans le vent de l’Histoire !

Ce quarteron de colonels en activité de service, dont de Gaulle lui-même n’aurait pas voulu à Alger, prétend imposer ses quatre volontés à un état de droit, à contre-courant d’une belle tradition qui a fait de l’armée une « grande muette ».

Faut-il que la classe politique soit à ce point anémiée intellectuellement pour expliquer leur audace ?

Et maintenant ?  Que fait-on quand on sait des muets à ce point fidèles à eux-mêmes qu’ils ont menti par omission à l’autorité politique ??? Qui vire-t-on ?

On nous écrit de France

Bonjour,

Cela fait presque 2 mois que nous avons quitté la Wallonie pour vivre en France. Je suis française et je suis mariée avec un Wallon. Nous sommes retournés chez moi à Bordeaux. Quelle différence !

Meilleure qualité de vie. Sécurité sociale nettement meilleure en France qu’en Belgique. Coût de la vie beaucoup moins cher qu’en Belgique (loyer moins cher, nourriture moins chère, électricité, gaz, eau moins chers, téléphonie : GSM, internet, téléphone fixe moins chers, médicaments moins chers et mieux remboursés par la sécurité sociale française). Mon mari wallon voit bien la différence, même les impôts en France sont moins élevés. A titre d’exemple, pour la téléphonie (2 GSM, internet avec la fibre optique, chaînes de télévision, téléphone fixe), je paie 28 €uros par mois. En Belgique, c’était 180 €uros par mois, pour exactement la même chose. Et l’électricité et le gaz, n’en parlons pas. La Belgique taxe les gens afin de pouvoir se payer 7 parlements, c’est de la pure folie.

J’ai vu sur « La Libre » que Maggie de Block ne voulait plus rembourser la mammographie pour les femmes de moins de 45 ans, et pour les femmes de plus de 74 ans, afin de faire des économies. C’est un pur scandale, en France, une Maggie de Block aurait été malmenée par les Français, car en France, les Français ne laisseront jamais un politicard détruire la sécurité sociale française. Fillon a proposé ça pendant la campagne, il voulait que les assurances privées prennent en charge une partie de la sécurité sociale. Vu le tollé qu’ a fait sa proposition, Fillon a vite reculé et a bien compris qu’en France on ne touche pas à la sécurité sociale. Visiblement, la ministre flamande de la santé a fait marche arrière et a annulé son décret qui devait être opérationnel au 1er avril.

Finalement, tout ça confirme bien ce que je pensais, c’est bel et bien les Flamands qui gouvernent la Belgique. Aujourd’hui, après avoir passé 8 ans en Wallonie, je suis heureuse que mon mari ait bien voulu quitter la Belgique pour faire sa vie en France. Nos enfants vont aussi y gagner (meilleur environnement et meilleur enseignement). La Belgique est un pays artificiel qui explosera un jour où l’autre. Les gens ne pourront pas continuer à vivre dans une situation précaire. J’ai vécu dans le Borinage et j’ai vu la situation de certaines personnes.

En France, les gens précaires ont droit à des aides (APL pour le logement, CMU pour la sécurité sociale, RSA pour les plus démunis). En France, nous ne laissons pas les gens dans la détresse, nous ne faisons pas la chasse aux malades de longues durée. Aujourd’hui, je suis fière de mon pays et heureuse d’être française. Amis Wallons, il est temps de demander votre indépendance et demander à la France, votre rattachement. Je suis convaincue, que la France, vous dira oui, si vous faites la demande. Il n’y a aucun avenir avec la Flandre. Dans quelques temps, vous verrez en Wallonie de plus en plus de Flamands venir y vivre en conquérants, car la montée des eaux fera que les Flamands devront trouver de nouvelles terres pour ne pas être sous les eaux. Ils viendront en masse coloniser la Wallonie. 2019, peut- être la fin de la Belgique, si il n’est pas possible de former un gouvernement. Courage à vous.

Marie Chantal

Critique et responsabilité

Par Roland Douhard

Ce billet, daté du 3 février 2018, est pour nous l’occasion de rappeler que Roland Douhard, qui fut l’un des premiers, de ce côté-ci de la frontière, à soutenir l’action d’Emmanuel Macron, livre habituellement ses impressions sur un blog personnel, voire intime, intitulé Le coin de vue.  

En France, depuis l’arrivée en responsabilité d’Emmanuel Macron, en mai 2017, on assiste à un double phénomène. Les partis d’opposition, gauche et droite réunies, se distinguent par une évanescence existentielle ainsi qu’une indigence programmatique. Mais, ailleurs, dans la presse et sur les réseaux sociaux, les tribunes d’intellectuels de premier et second plans se multiplient pour tailler un costume rapiécé au nouveau président. Les critiques en tous genres fourmillent et s’adonnent à une sorte de défoulement de l’entre soi. C’est leur droit et c’est leur rôle. L’intellectuel, au sens gramscien du terme, a un rôle d’analyse critique à proposer à la société et au politique. L’idée étant qu’une production d’idées, en phase de complexité, confrontée au débat démocratique collectif, vaut mieux qu’une idéologie cambrée dans le déni du réel et le dogme. Problème, trop d’intellectuels s’arrogent le monopole de la vérité et jugent l’action « des mains sales » – celles et ceux qui mouillent leur chemise en charge de la gouvernance – du haut de leur irresponsabilité. Si la saine et salutaire déconstruction du discours politique n’est plus qu’une posture de destruction, alors, elle devient toxique pour la recherche de solutions, le plus souvent hétérogènes, ni noires ni blanches, mais grises, et dont l’atteinte n’est jamais acquise d’avance. Rien de plus difficile que de plier la réalité à son désir, espérons-le, sincère, d’œuvrer au bien commun de l’humanité. L’esprit critique de tout un chacun, nécessaire et légitime, ne peut s’exonérer du travail de responsabilité.

Pacte d’excellence : on nous manipule

Par Jules Jasselette, Echevin de l’Instruction honoraire à la ville de Liège

A la télévision, la ministre a encore martelé que le pacte d’excellence résultait d’une large consultation des enseignants. C’est faux,  mais à force de le répéter et avec la complaisance de la presse écrite, radio et télévision, « on » finit par le croire.

La principale revendication des enseignants (ceux qui sont dans les classes, devant les élèves ; pas ceux qui n’ont plus vu d’élèves depuis longtemps et qui se permettent de parler au nom de ceux qui travaillent ou les pédagogues en chambre) est simplement L’EXIGENCE D’UNE CONSULTATION AVANT LA MISE EN ŒUVRE DE CETTE REFORME QUI CONTRAIREMENT A CE QUE LA PRESSE RAPPORTE VA CREUSER LES INEGALITES ET NON LES CORRIGER.

La presse (radio, TV, écrite) a largement répercuté avec complaisance la journée du « consensus »  du pacte d’excellence organisée par la ministre samedi dernier.

Ainsi un peu plus de 30 % des participants (sur +/- 120, choisis parmi des candidats à participer à cette journée… quelle représentativité!?) ont choisi la grille-horaire n°3 (un peu moins la rejetait mais cela n’a pas d’importance !)

Ce qui a permis à la ministre, aux zélateurs du pacte d’excellence, aux médias de tirer des conclusions :

1/ adhésion au pacte

2/ choix (démocratique bien entendu) de la grille horaire

Ainsi donc 30% de +/- 120 personnes (choisies par le pouvoir parmi des candidats) ont exprimé (démocratiquement ) l’avis de 100.000 enseignants, de 1.000.000 d’élèves, de +/- 2.000.000 de parents.

Une revendication : que l’on n’engage pas une réforme sans s’assurer d’un minimum d’adhésion de celles et ceux qui devront l’appliquer.  Mais pourquoi PS et CDH s’obstinent-ils à refuser de consulter les enseignants ?

Voyez donc la vidéo ci-dessous réalisée par l’asbl « 1 pact » (non au pacte d’excellence) pour vous rendre compte de la manipulation des autorités avec l’aide de la presse :

https://www.facebook.com/asbl1pact/videos/768793999977787/

 

Urgences institutionnelles

Par Georges-Henry Simonis

En ce qui concerne la situation politique belge, sans entrer dans les détails, nous  constatons les nombreux dérèglements de la vie politique, dont la sous-représentation perdurante des Wallons et des francophones au sein d’un Etat largement dominé par la Flandre.

A différents points de vue, la démocratie est en danger.

Depuis de nombreuses années, le fossé entre Wallons et Flamands n’a cessé de s’agrandir. Après diverses tentatives d’ordre confédéral, le moment d’une séparation s’impose de plus en plus. On a assez fait l’inventaire de nos différences.

Nous devons maintenant confirmer avec force notre choix du séparatisme.

Constatons que l’Etat Fédéral est incapable de mener à bien des réformes de structures pourtant nécessaires, comme par exemple la redéfinition du rôle du Sénat ou des Provinces : quel sens y aura-t’il, dans quelques mois, à aller voter pour élire des sénateurs et des conseillers provinciaux ?

Pourquoi attendre encore pour réformer en profondeur ?

L’Etat central s’est fortement rétréci au profit des Régions.

En ce qui concerne la FLANDRE, nous avons pris acte depuis longtemps des objectifs de la N-VA, principal parti du pays, et de nombreux citoyens représentés dans les autres partis flamands, d’aller vers l’indépendance d’une République de Flandre autonome. A moins que, vu leur situation dominante actuelle, ils n’abandonnent leurs objectifs de départ en se rapprochant de la Hollande en un Orangisme renouvelé… (De nouvelles « Provinces Réunies » ?  Flandre et Pays-Bas réunis deviendraient la 6ème puissance européenne).

En ce qui concerne la WALLONIE, dont fait partie la région de langue allemande, il faut encore un renforcement des Pouvoirs Régionaux, ceux-ci reprenant les pouvoirs des Provinces, et les compétences actuelles de la Fédération Wallonie-Bruxelles en matière de culture et d’enseignement. Il faudrait aussi, en Wallonie, une ouverture rapide de discussions avec la République Française afin d’y intégrer progressivement la Région Wallonne comme Région Française avec un statut adapté aux particularismes wallons. Il faudrait approfondir ce  choix d’un statut d' »intégration-autonomie » au sein de la France. (Complétée par la Wallonie, et éventuellement par Bruxelles, la France se rapprocherait de l’Allemagne pour le leadership européen).

En ce qui concerne la Région de BRUXELLES, il s’agit d’une région à part entière dont l’avenir appartient à ses habitants. Il faut se réjouir de voir apparaître au sein de différents partis le concept de Ville-Région, dont les limites géographiques déjà anciennes doivent être revues pour les adapter aux évolutions démographiques et socio-économiques de Bruxelles ces vingt dernières années. Tous les partis francophones devraient revendiquer cet élargissement nécessaire.

Il y a donc lieu d’inviter les différents partis politiques à préciser leurs choix ou leurs propositions de manière claire et transparente.

Ainsi, il semble clair qu’il faille envisager la suppression du Sénat dans son rôle et sa composition actuelle. D’autre part, les compétences provinciales doivent être déléguées aux Régions qui poursuivront les actions positives actuellement développées au sein des provinces.

Il n’y a pas lieu d’organiser un échelon intermédiaire supplémentaire entre les états, les régions et les communes.

Par ailleurs, en un second temps, la Chambre ne resterait compétente que dans les matières qui ne relèvent pas de la compétence exclusive des Régions, à savoir, comme l’a proposé la N-VA, quatre départements : les Affaires Etrangères et Européennes, la Défense, la Sécurité, et les Finances.

Dans cette perspective, ne pourrait-on imaginer que les Députés et Ministres fédéraux soient désignés au second degré par les Parlements Régionaux ?

Les citoyens, de plus de 16 ans si tel est le choix(?), ne voteraient plus qu’à trois niveaux : Communes, Régions, et Europe.

Il est temps aussi de préparer le partage des biens nationaux en créant dès à présent une Commission ad hoc.

On peut encore estimer qu’il y a dans le pays unanimité pour limiter la fonction royale à ses aspects  protocolaires et de représentation.

En conclusion, j’estime qu’il y a urgence à inviter les nombreux acteurs politiques, et spécialement les partis, à se prononcer sur les réformes institutionnelles avant les prochaines échéances électorales, de manière à en clarifier le déroulement et à éviter d’importantes dépenses inutiles.

Il y va d’une question de démocratie vivante, chose hélas trop oubliée…          

Les citoyens attendent avec impatience.