Archives pour la catégorie Exprimez-vous !

Polices spéciales ?

Par Jean-Luc Lefèvre
Une fois de plus, Francken témoigne d’une imagination délirante.
Parce qu’il espère qu’une police spéciale, labellisée « étrangers », osera se frotter à des émeutiers, ce que la police ordinaire n’ose plus, parfois ? Parce qu’il croit que cette police sera capable d’un tri sélectif de nature à séparer le bon grain (des extrêmes gauche et droite) du mauvais (basané), parce qu’il s’aventure, dans le cadre d’un régime démocratique, sur les pas d’un étrange (pour un nationaliste N-VA) communautarisme : demain, une police des mœurs pour sanctionner, comme en Iran, les agressions sexuelles en rue, demain, une police consacrée aux dégradations syndicales sur la voie publique, demain une police chargée de réprimer les nuisances sonores des plus jeunes pour garantir la sérénité vespérale des aînés…? Demain, peut-être, pour mieux spécialiser les forces de l’ordre, des « bataillons de la mort », des « sections spéciales », comme en Argentine ou dans la Grèce des colonels ?
Au secours ! Ce bonhomme est vraiment dérangé !
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Droit international

Par Jean-Sébastien Jamart

MERCI DE PARTAGER TOUS AZIMUTS

NON à l’exécution d’un mandat d’arrêt international (espagnol) contre le président catalan réfugié à Bruxelles !

Si le président catalan est poursuivi en Espagne et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, c’est uniquement vu son comportement politique à la tête de la Catalogne. Les reproches qui lui sont faits n’existent d’ailleurs pas en droit belge. Pourrait-on imaginer un homme politique flamand ou wallon qui serait poursuivi par tous les tribunaux parce qu’il souhaiterait que la Flandre ou la Wallonie devienne indépendante ?

Un mandat d’arrêt international vise essentiellement les comportements terroristes et criminels et ne peut s’appliquer à des comportements politiques. Il est regrettable qu’une partie de la classe politique francophone appuyée par quelques pénalistes du régime ne soit pas plus critique sur le fonctionnement de ce mandat et considère qu’il doit être exécuté purement et simplement.

La Belgique est une terre d’accueil et elle doit regarder à deux fois avant de satisfaire les demandes obsessionnelles d’un Etat qui perd le sens de la mesure.

Pendant son séjour en Belgique, le président PUIGDEMONT ne doit donc être ni arrêté ni remis aux « autorités » espagnoles.
Que cela ne plaise pas à l’Europe ou à l’Espagne n’est pas le problème !

Mépris démocratique

J’ai bien écouté la conférence du Président catalan. Je pense que son tort est d’avoir cru et de croire encore que l’Union européenne est une institution démocratique et aussi d’avoir cru que l’Espagne était devenue une démocratie.

J’ai aussi été frappé par « l’objectivité, l’écoute et la neutralité » des journalistes présents qui n’hésitaient pas à utiliser des termes comme  » vous et vos complices » ( sous-entendu : les millions de Catalans qui vous ont porté au pouvoir)…  Quel mépris !

Claude Thayse

Grisailles d’automne… mais projets printaniers !

Par Georges-Henry SIMONIS

« La Wallonie doit sortir des clivages stériles pour relever la tête. Fièrement et d’urgence. Elle n’a plus le choix. »

J’emprunte cette phrase à l’article de Olivier MOUTON, journaliste au Vif/L’express, qui propose avec intelligence et grand talent une thérapie de choc pour la Wallonie  (n°24 du 03.11.17). J’ai l’impression que, depuis quelques mois, le temps s’est arrêté et que rien ne se dessine  à l’horizon de la Belgique. Il y a un an, j’avais écrit une petite plaquette sur « l’après-confédéralisme belge », où j’espérais des pistes structurelles nouvelles pour la Wallonie  et pour Bruxelles, notamment au prix d’un élargissement de la majorité gouvernementale de l’époque.

Certes, il y a eu un changement de majorité impromptu en Wallonie, les méandres liés à PUBLIFIN et son contexte provincialo-affairiste, ou encore le samu-social de Bruxelles : tout cela n’a pas éclairé le tableau !

Certes, il y a eu des progrès en matière de bonne gouvernance.

Il y a eu aussi des proclamations incantatoires sur la nécessité d’approfondir ou d’élargir le plan Marchal et d’accélérer le redressement de la Wallonie, mais rien de bien neuf. On dirait qu’il n’y a plus d’horizon ni de ligne de mire.

Rien de très visible sur les réformes institutionnelles : sénat, provinces, monarchie protocolaire, intercommunales. On pouvait les croire imminentes.

Rien sur la Fédération Wallonie-Bruxelles, malgré les disfonctionnements criants, et la nécessité de rapprocher enseignement et formation du monde des entreprises.

Rien sur l’élargissement de Bruxelles aux 25 communes, et à de nouvelles institutions régionales bruxelloises cohérentes.

Rien sur les conflits communautaires omniprésents : RER, SNCB, Zaventem, matériel militaire, politiques commerciales internationales des régions…

Le fédéral n’est pas en reste si on s’intéresse à la déstructuration organisée de la Justice, à l’absence d’indemnisation juste des victimes des attentats criminels, ou encore au manque de coordination des services de renseignements…

En outre, des échéances électorales se profilent, avec les risques de particratie étroite  et de mainmise excessive des présidents de partis comme on l’a vu cet été. Cela n’augure rien de bon pour des réformes structurelles dûment et calmement raisonnées.

Je retiens de ces derniers mois la conviction que les solutions dépendent largement des pouvoirs régionaux.

En Wallonie, et sans doute à Bruxelles aussi, peut-être faut-il s’inspirer de la nouvelle philosophie politique à la française surmontant les clivages anciens… Mais il y a peu de chance de voir en Wallonie un front commun associant socialistes, libéraux, écologistes, et autres…

Un  débat en profondeur sur l’avenir de la Wallonie risque de ne pas exister au sein du monde politique francophone.

Ne faut-il pas dès lors rendre la parole aux citoyens ?

Les gens sont inquiets, et souvent à juste titre, de la précarité dans laquelle ils sont contraints de vivre, et des menaces qui planent sur leur avenir et celui de leurs enfants.

Pour redonner une ligne directrice à la Wallonie, revendiquons du Gouvernement et du Parlement  de Wallonie l’organisation rapide d’états généraux de Wallonie.

Ce sera aussi pour nous, Alliance Wallonie France, citoyens qui ont fait le choix d’une intégration à la République Française tout en maintenant une certaine autonomie régionale wallonne, de faire entendre nos voix.

Tel est l’horizon nouveau que nous proposons avec conviction à la Wallonie pour Demain.

Et tant mieux si la région de Bruxelles, engluée dans le maintien d’une sorte de Fédération Wallonie/Bruxelles, réalise aussi des états généraux de Bruxelles.

Qu’en pensez-vous ?

G-H Simonis                                           04.11.17

Et si on privatisait l’armée belge ?

VALMY revient à son tour sur la question du remplacement des F-16 de la « Composante Air » de l’armée belge.

Les éditorialistes du Mouvement flamand, moins toursiveux que les politiques, admettent que si les Wallons souhaitent acheter des Rafales, pourquoi les Flamands ne pourraient-ils pas acheter selon leurs choix ? (Lire ici l’article de Theo Lansloot dans le Doorbraak.) Alors que les « élites et gouvernants » restent au balcon, la Wallonie rattachiste se doit donc de faire entendre sa voix.

Georges-Henry Simonis pose la question d’importance : « …pourquoi ne pas rattacher complètement la marine belge à la marine néerlandaise… ? » Certes, « ça ressemble à une évidence géographique, et même historique qui engendrerait d’importantes économies » (pas de marine militaire avant la création de la section belge par Victor Billet en Grande-Bretagne en 1942), mais que faire des équipages wallons ?

Ne pourraient-ils choisir entre demeurer au service des héritiers de l’Amiral Michiel de Ruyter ou choisir les vaisseaux des héritiers de Surcouf ou de Jean Bart au sein de La Royale ? La Marine Nationale utilise les mêmes chasseurs de mines Tripartite; le commandement de la zone maritime Manche et Mer du Nord est basé à Cherbourg (autre chose que Den Helder…) et elle engage selon les mêmes critères. Ne pas perdre de vue que les navires et les installations portuaires « belges » sont de facto flamands. Les ports d’Antwerpen et de Zeebrugge, le Musée de l’Afrique à Tervuren, sont belges pour les investissements et flamands pour les retombées financières et le titre de propriété… Les Belges ne l’ont toujours pas compris !

Quant à la force aérienne belge, elle s’organise selon ses maîtres flamands à l’heure de l’OTAN et ceux-ci ne conçoivent pas les appels « à la sagesse la plus élémentaire ». Ils font tout pour se rapprocher des Néerlandais et ils n’ont cure de la « perspective européenne de défense ». Une escadre aérienne française se compose de 18 à 24 appareils. Aux experts wallons d’établir le nombre de Rafales à baser à Florennes. Cela permettrait d’insérer cette base wallonne dans le dispositif français de défense. Aux Flamands d’établir le nombre de F35 à acheter en tenant compte des désidératas néerlandais afin d’inclure Kleine-Brogel dans le dispositif néerlandais de défense. Rien d’alarmant, personne ne quitte l’OTAN !

La présente problématique contient en germe la régionalisation de l’armée belge. Inconcevable et horrifiant ? Non, évidemment, puisque toutes les armées de l’OTAN ne connaissent plus la conscription nationale et citoyenne (Valmy, c’est fini !) mais bien la « professionnalisation », soit une forme officielle de « mercenariat ». Voilà qui ouvre des perspectives plus qu’intéressantes ! De l’audace, encore de l’audace et…de l’imagination !

Pour Vincent Dujardin, professeur d’histoire contemporaine à l’UCL, « l’armée est importante pour notre sécurité mais aussi notre image à l’étranger »… « L’armée est l’instrument d’une politique. Vous n’avez pas de politique étrangère si vous n’avez pas aussi une politique de défense. » (Défilé du 21 juillet: RTBF La Première, publié le vendredi 21 juillet 2017 à 10h27). Si cela vaut pour les Belges, cela doit valoir aussi pour les Wallons et les Flamands qui détiennent déjà des compétences importantes en matière de politique étrangère. Compétences qui n’attendent que de se développer !

Ce serait aussi oublier qu’au cours des siècles, les Wallons ont constitué des unités militaires d’élite, au service de nations étrangères. « Aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, les régiments wallons ont contribué, pour une large part, à faire connaître le nom de Wallon à l’étranger » (Félix Rousseau, La Wallonie, terre romane – Namur, ville mosane). Au XVIIIe siècle, des Wallons servaient à la fois l’Empire espagnol, l’Empire d’Autriche, les Provinces-Unies et le Royaume de France. Au XIXe, on les retrouve au service de l’Espagne, de l’Autriche, dans les armées de la République française puis du Premier Empire et dans les rangs de l’armée hollando-belge à Waterloo (Histoire militaire des Belges, vicomte Charles Terlinden, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1966).

Voilà qu’en l’année 2000, « Pour ne pas briser l’équilibre Flamands-Wallons, le Ministre Flahaut est prêt à enrôler des étrangers. (…) Il est de plus en plus difficile de recruter des soldats en Flandre, le ministre de la Défense voudrait supprimer les quotas dans une armée qui doit être composée à 60 % de Flamands et 40 % de Francophones. (…) Mais ‘toucher à la répartition dans l’armée, c’est toucher à la clé de voûte de la Belgique. (…) On commence par l’armée et on continue avec le reste’, estime le politologue flamand Kris Deschouwer. (…) Il manque (…) ‘des soldats de base, mais aussi des informaticiens, des médecins, des ingénieurs’, reconnaît le syndicaliste militaire Emmanuel Jacob. Le ministre de la Défense estime qu’’il serait ridicule de refuser des soldats wallons’. Mais pour les Flamands, (…) cette mesure touche une corde très sensible. (..) Le ministre francophone a pensé enrôler des étrangers ‘européens et non européens’ (…). Selon lui, cela ‘pourrait préfigurer la future armée européenne’. (…) Les Flamands sont moins réticents à cette solution qu’à une éventuelle surreprésentation des Wallons. » (Sophie PERRIER — 8 novembre 2000 à 06:18 – Libération).

Alors, dans un confédéralisme intelligent, avant de parler d’indépendance, ne serait-il pas judicieux de donner à la Flandre et à la Wallonie le droit de choisir leur propre politique de défense ? Dans le cadre de l’OTAN bien évidemment. Mais il faut toutefois éviter les débats creux et coincés au Parlement. Un moyen subtil, qui devrait plaire aux Flamands adeptes de l’entreprise privée (ne vivons-nous pas au pays du surréalisme) consisterait à transformer l’armée belge, département public de la défense, en une société militaire privée (SMP) de type société anonyme. L’Etat belge deviendrait le client de l’armée qui lui fournirait des services dans le domaine de la sécurité et de la défense. L’état-major se transformerait en conseil d’administration (organe propre aux sociétés anonymes publique ou privée). Le lieutenant général, chef de l’armée, porterait le titre de Président du conseil et ses officiers supérieurs celui d’administrateurs. Les grandes unités deviendraient des entités de production de services. Des sociétés militaires privées existent en nombre aux USA et ailleurs dans des pays membres de l’OTAN. Il ne s’agirait pas exactement de mercenaires mais de contractuels au service de l’Etat belge comme sous l’Ancien Régime. L’intérêt de cette « astuce » résiderait dans la possibilité de se séparer d’une « unité de production de service » sans justification alors qu’envisager la régionalisation ferait hurler d’horreur les Belges et les hypocrites qui se cachent derrière cette étiquette. Il ne faut pas oublier qu’il existe en Belgique un précédant d’importance, largement ignoré par le bon peuple, la « Banque nationale de Belgique », société anonyme donc privée ! A partir de 1830, feu la Société générale de Belgique assura la fonction de banque centrale. La Banque nationale de Belgique fut créée le 5 mai 1850 sous la forme d’une société anonyme. Le capital social de la Banque est détenu à 50% par l’État belge. Les 50% restant sont cotées sur le marché Euronext Brussels. S’agirait-il d’une hérésie ? Pas du tout : au Québec, plusieurs établissements et institutions publics sont administrés par des conseils d’administration. Ces conseils peuvent être nommés par le gouvernement ou être élus en partie par la population. En conclusion : pourquoi pas l’armée qui se conçoit et se gère d’ailleurs comme une entreprise ?

Tueries du Brabant

Par Jean-Luc Lefèvre

Aucun lien entre la police d’aujourd’hui et celle d’alors, dixit Jambon. Allons, donc !

Une fin de 2e millénaire marquée par la toute-puissance de la gendarmerie. Dix ans après les « Tueries du Brabant », l’Affaire Dutroux, sa guerre de police et une gendarmerie devenue tour d’ivoire.

Sans doute, malgré ses sponsors flamands, tel Van de Lanotte, la gendarmerie ne devient-elle pas le pivot de la nouvelle police née de la Réforme qui lui fait perdre son statut militaire, mais elle parvient à recaser ses cadres bien en vue dans la nouvelle hiérarchie, à la tête même des zones de police locales. Aujourd’hui, toujours venues de Flandre, des voix se lèvent pour une nouvelle fusion de zones de police…

Tout se passe comme si d’aucuns rêvaient encore d’une force de police calquée sur l’ex-gendarmerie, davantage centralisée et donc opaque.

Un nouveau Phénix, sans doute, un messie peut-être à l’heure des états d’urgence structurels ?

Deux poids, deux mesures…

Exemple dans le JT de la RTBF du mercredi 4/10/2017, on y parle de l’entreprise Celyad (entreprise wallonne), comme une entreprise belge. La journaliste bruxelloise, qui oublie que son salaire est payé en grand partie par les Wallons, ne dira pas que c’est une entreprise wallonne. Ça lui ferait mal de le dire que c’est une entreprise wallonne qui réussit en trouvant un remède efficace contre la leucémie, une performance incroyable !

Elle aurait apporté cette précision régionale avec fierté si l’entreprise était bruxelloise et avec respect si l’entreprise était flamande. Mais voilà c’est une entreprise wallonne, alors la RTBF masque et noie son identité dans la belgitude.

Par contre, pour parler des problèmes des grèves surprises des Tec, la même journaliste précise bien les TEC wallons, elle n’a pas dit les TEC de Belgique.

Claude Rolland