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Des questions (et des réponses)

Nous reprenons ici la réaction de Valmy à l’article précédent.

Permettez-moi d’avancer les interrogations suivantes :

La Flandre a-t-elle besoin du cadre belge pour investir en Wallonie?

Non.
Les traités européens permettent la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes. De ce fait la Flandre investit aussi bien en Wallonie qu’en France. Ainsi, la France détient le monde bancaire et l’industrie de l’énergie en Belgique. Sans oublier la présence wallonne dans le parc immobilier flamand.

A quoi tient l’indépendance de la Flandre?

La question de l’indépendance de la Flandre et du confédéralisme « belge » tient essentiellement aux traités européens qui permettent ou non l’émergence d’une ou de plusieurs nouvelles entités étatiques issues de la partition d’un Etat signataire des dits traités. D’où l’intérêt flamand pour les cas de l’Ecosse et de la Catalogne.

La NVA joue-t-elle un jeu hypocrite?

En fait, personne ne pourrait reprocher à un parti politique dominant de s’inspirer de la duplicité d’un Louis XI. Toutefois, sauf miracle électoral, la NVA compte sur l’appoint du Vlaams Belang pour imposer sa politique sécessionniste. Dans ce cas de figure, qui oserait jurer que le Vlaams Belang laisserait la NVA hésiter au dernier moment à détruire la Belgique? L’essence même du Vlaams Belang, comme celle du VVB, repose sur la haine de la Belgique!

Quels problèmes à prévoir ?

Pour problématiques qu’elles soient, les partitions possibles de l’Ecosse, de l’Irlande du Nord ne bouleverseraient pas l’ordre européen établi. Par contre, le cas de la Catalogne énerverait la France (protection de sa frontière pyrénéenne et crainte de répliques sur son territoire) et l’Italie ( la question de la Lombardie, du Haut-Adige et peut-être du Val d’Aoste).
Par contre, la disparition de la Belgique réveillerait l’Histoire diplomatique du XIXe siècle et ses fantômes, la trahison de M. de Talleyrand et la Belgique tête de pont et carpette britannique sur le continent (toujours valable aujourd’hui malgré le Brexit).

Existerait-il une solution pragmatique pour l’Europe?

Oui et assez simple.
L’Europe pourrait accepter le séparatisme de la Flandre mais lui imposer la création d’une grande confédération néerlandaise avec la Royaume des Pays-Bas. L’institution actuelle de Benelux offre le cadre à une telle solution. Ni le Vlaams Belang ni le VVB ni l’intelligentsia flamingante ne repousseront cette offre car elle répondrait à leurs vœux.
La France pourrait ainsi s’inviter à prendre la Wallonie sous son aile et les Wallons n’auraient pas d’autre choix. Question d’homogénéité linguistique et culturelle.
La « Belgique orientale » aurait le choix entre la RFA et le Grand-Duché de Luxembourg.

Que pourrait faire la France?

Comme le proclamait Charles Plisnier lors du Congrès National Wallon de 1945, la France n’est pas impérialiste. D’ailleurs, Charles de Gaulle ne conseilla-t-il pas aux Wallons d’appeler la France « au secours! » le jour où ils seraient représentés par des institutions politiques légitiment élues? Quant au Président Macron jusqu’où pousserait-il son caractère « jupitérien »? Rien n’exclut à ce jour de penser que sa vision d’une Europe renforcée ne l’impliquerait pas dans la « question belge ». La France n’a-t-elle déjà pas averti qu’elle reconnaîtrait le nouvel Etat de Flandre en cas de dislocation de la Belgique? Si elle accomplissait cette démarche vis-à-vis de la Flandre, elle ne pourrait pas laisser la Wallonie voguer en apesanteur dans la constellation européenne.

A quoi donc tient l’avenir de la Wallonie?

Aux politiques wallons et à eux seuls !
Charles Plisnier, lors du Congrès National Wallon de 1945, terminait ainsi son harangue : « Camarades wallons, nous aurons peut-être un jour besoin de la France, lorsque nous aurons fait cette expérience ultime qui nous est demandée, lorsque nous l’aurons faites dans un sacrifice à la raison et au sens des réalités politiques. Lorsque nous aurons fait cette expérience ultime et si, comme je le crains, cette expérience avorte, alors – j’entends le dire aujourd’hui – nous serions justifiés à nous tourner vers la France et aucun reproche ne pourrait nous être adressé, car cet expérience, nous la ferons en toute loyauté et sans arrière-pensée d’aucune sorte.« 
En conclusion : les wallons supportent le poids de « l’expérience ultime » depuis septante-deux ans. A bien observer « den eerste minister » Michel et la pétaudière gouvernementale en Wallonie, le peuple wallon n’a pas encore atteint la quatorzième station de son chemin de croix.

Valmy

La Wallonie promise… à la France

Par Georges Régibeau

On nous promet une autre Wallonie.

Au-delà du renversement de majorité voulu par Benoît Lutgen, les sondages annoncent l’effondrement du parti socialiste et celui-ci cherche à se sauver par une sévère correction de son mode de gouvernance. Ecolo, courtisé par le MR et le cdH, réclame une nouvelle façon de faire de la politique.

Cela bouscule à tous les étages. Pour mesurer l’ampleur du séisme, il y aura d’abord les élections communales. Autant de citadelles à prendre. Ou à perdre. Et puis, dans moins de deux ans auront lieu les prochaines élections fédérales et là, il faudra s’entendre avec les partis flamands pour encore une fois prolonger l’existence de la Belgique.

En un sens, la Belgique est déjà confédérale. Elle ne peut se maintenir que par consentement mutuel, aux conditions des uns et des autres. Après le blocage de 2007-2008, après la paralysie interminable de 2010-2011, après l’arrivée au pouvoir de la N-VA en 2014, on peut raisonnablement se demander si les élections de 2019 ne conduiront pas à une impasse, à l’impossibilité de former un gouvernement fédéral, et donc à un « divorce de velours », comme entre les Tchèques et les Slovaques il y a 25 ans.

Certes, pareille question, sur la fin prochaine de la Belgique, est totalement évacuée du débat politique. Certains la jugeront même incongrue. Il est bien connu que les Belges ont un sens du compromis très supérieur à celui des Tchèques et des Slovaques, surtout quand cela permet de multiplier les mandats politiques et les complexités en tout genre. Mais il y a quelques raisons de penser que, chacun jouant son rôle, en fonction de ses priorités, la conclusion s’imposera d’elle-même. En couverture du magazine Le Vif/L’Express, cette semaine, la question qui fâche est formulée en ces termes : « scandales + PTB = pays explosé dans deux ans ? »

On a beau chanter la brabançonne avec la main sur le cœur, boire une chope en mangeant des frites, nier, résister, dire quelques mots en flamand, rien n’y fait : la dynamique de l’état belge est centrifuge et, au vu des réactions de l’opinion publique en Flandre et en Wallonie, on semble au bord de la rupture. Il importe peu que le PTB soit un parti resté « national », unitaire, imperméable aux tensions communautaires, uniquement sensible à la lutte des classes : son envol en Wallonie confirme à souhait le diagnostic posé et répété par Bart De Wever : des deux côtés de la frontière linguistique, il y a deux cultures politiques étrangères l’une à l’autre. Après tout, c’est ce que Jules Destrée écrivait déjà en 1912, à une époque où la langue française était pourtant commune aux bourgeois de Flandre et de Wallonie.

Ce 10 juillet 2017, veille de la fête de la Communauté flamande, Geert Bourgeois ne manque pas l’occasion de le marteler aux auditeurs de la Première : « Il y a vraiment deux démocraties en Belgique ». Conclusion du chef de l’exécutif flamand : que chacun s’occupe de ses affaires, « …il nous faut plus de compétences, de vrais leviers sur le plan fiscal, (du) marché du travail, (des) soins de santé, des compétences homogènes ». En Wallonie, on se montre agacé par la rengaine de la N-VA. « Beaucoup de francophones ne disposent pas de lunettes jaunes et noires seules aptes à déceler ces deux démocraties si chères à la N-VA », écrit-on dans le journal Le Soir quand il s’agit de commenter « le navrant folklore nationaliste » associé à la célébration du 11 juillet.

Comme d’habitude, on sous-estime la dynamique flamande en se persuadant que la Belgique est faite pour durer, qu’on peut même inverser la tendance en renforçant l’autorité fédérale sans nuire aux intérêts des francophones. Le contexte actuel n’est pourtant pas favorable aux protestations belgicaines, ainsi que l’écrit Jan De Troyer dans La Libre. Les socialistes flamands tiennent à marquer leurs distances avec leurs homologues francophones. Et quand le Washington Post compare le système politique belge à d’anciens régimes africains peu démocratiques, avec un désordre institutionnel savamment entretenu qui profite à des barons locaux, surtout à Bruxelles, il y a tout lieu de penser que la N-VA marque à nouveau des points auprès des électeurs flamands, sans doute indignés d’être ainsi confondus avec les magouilleurs qui sévissent au sud de la frontière linguistique.

Et voici que la N-VA contre-attaque dans le dossier du survol de Bruxelles, encourageant les compagnies aériennes à ne pas payer les amendes imposées par la Région bruxelloise en cas de dépassement des normes de bruit. L’aéroport national situé en Flandre et les avions envoyés au-dessus de Bruxelles pour ne pas déranger les électeurs flamands : c’est une parfaite illustration du fédéralisme à la belge. Et il n’y a pas de raison que cela cesse, avec ou sans la N-VA qui demeure, et de loin, le premier parti de Flandre, une position qu’elle gardera sans doute en 2019, quoi qu’il arrive –y compris une hypothétique victoire des Diables rouges à la prochaine coupe du monde de football.

Pour faire encore exister la Belgique, sous une forme ou une autre, il faudra composer avec de nouvelles exigences flamandes. En Wallonie, on fait semblant de rien mais il faut supposer que, dans les centres d’étude ou les milieux académiques, il y a des experts qui s’ingénient à tracer les contours de ce que pourrait être une septième réforme de l’état belge. On n’entend personne remettre en cause l’obligation de s’entendre avec la Flandre, aux conditions qui seront les siennes. Il est vrai que les francophones auront aussi leur mot à dire. On doit atteindre un certain consensus pour réviser la constitution. Ce n’est pas gagné mais on fait comme s’il n’y avait pas d’alternative.

La Wallonie avance dans le brouillard. Nombreux sont les élus qui ont la fâcheuse habitude de ne réagir aux circonstances que lorsqu’ils ont le nez dessus. La règle est plutôt de s’installer dans le confort du pouvoir aussi longtemps que les problèmes ne s’imposent pas. A supposer même que ces élus soient lucides et responsables, il n’est pas sûr que leurs électeurs leur pardonneraient d’envisager maintenant la fin de la Belgique. Il ne faut pas réveiller les vieux démons communautaires. On est tous supporters des Diables rouges, olé, olé, olé. Mais le processus de démantèlement de l’état belge est une pente naturelle et peut aussi faire penser à des sables mouvants : quand on veut s’en extraire, on s’enfonce.

Paul-Henry Gendebien, dont nous saluons la clairvoyance, aime rappeler cette phrase de Marx : « Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font ». Les attentes des électeurs, le jeu politique, tout peut conduire à des effets non contrôlés. Les manœuvres actuelles, en Wallonie, n’ont rien à voir avec le rattachement à la France, même si elles peuvent avoir été influencées par la façon dont Emmanuel Macron a rebattu les cartes en France. Il n’en reste pas moins que, même à son corps défendant, la Wallonie penche vers la France, et de plus en plus, parce qu’elle est culturellement attachée à la France et que le fédéralisme belge est centrifuge. On voudrait nous faire croire qu’en Wallonie on n’aime pas ce qui est simple et cartésien, et qu’on revendique une identité particulière avec le droit de garder une frontière là où elle est la moins naturelle. Une identité surréaliste ou, disons, schizophrène qui se manifesterait par une résistance irrationnelle à la perspective d’intégrer la République française. Cela nous semble exagéré, superficiel.

Demain ne sera pas comme hier. La Wallonie est secouée en profondeur par le coup de poker de Benoît Lutgen autant que par les dernières « affaires ». Une bonne partie de la classe politique, intimement liée à la société wallonne par une multitude de réseaux, de piliers, de relations clientélistes, est désormais désavouée. Aux yeux des électeurs, la politique semble avoir perdu ses lettres de noblesse et, dans une ambiance de fin de régime, la classe politique elle-même est poussée à réclamer la fin de ses privilèges, devenus insupportables, indéfendables.

On nous promet une autre Wallonie.

Nous ne sommes pas sur une île, au milieu de nulle part. Ce moment de crise est également le produit d’une évolution plus large de la démocratie. Ailleurs aussi, la politique est désormais confrontée à un impératif de rationalisation, de transparence. Il est permis de penser que la politique est devenue un marché comme un autre et que la plus haute ambition de la démocratie est de casser les situations de monopole, et qu’il suffit d’une saine concurrence pour sanctionner la mauvaise gestion, les profits abusifs, les arnaques en tout genre. A l’inverse, on peut se faire à l’idée que la grande faute de la politique est d’avoir perdu le sens de sa mission, de l’intérêt général, d’avoir perdu ses repères et, à force de céder à la culture de l’argent, d’avoir baissé pavillon devant le monde des affaires, en se ménageant parfois des opportunités de profit moralement discutables. Il est certain que la politique ne peut pas tout laisser faire en se contentant de célébrer la liberté individuelle : elle doit garder la main pour que soit garanti le contrôle effectif des citoyens.

Quoi qu’il en soit, on nous promet une autre Wallonie.

On nous annonce une réforme de la pratique politique mais cela ressemble à du sauve-qui-peut. De son côté, le Président Macron s’engage à réduire le nombre de parlementaires et surtout à réduire le nombre de cumuls dans le temps, de manière à ce que les élus de la République ne soient plus en situation de confisquer le pouvoir à leurs électeurs. Chacun peut juger souverainement cette évolution de nos démocraties et gloser sur les intentions des uns et des autres. Il apparaît néanmoins que ce contexte, en Wallonie, crée une instabilité nouvelle. En Wallonie et en cfwb, la classe politique est fragilisée et rien ne dit que les institutions pourront fonctionner normalement d’ici aux prochaines élections régionales, du moins si les majorités sont différentes en Wallonie et en Région bruxelloise.

Avec les difficultés qui s’annoncent, certains régionalistes entrevoient une avancée majeure vers une suppression de la Communauté française mais, parce que la complexité des institutions n’est pas un gage de bonne gouvernance, on finira tout simplement par liquider la Belgique et, sur cet ancien champ de bataille de l’Europe, on fera de Bruxelles le siège unique des principales institutions européennes.

Car au niveau européen aussi, on voudrait en finir avec les solutions alambiquées. Il faut du temps pour que les lignes bougent mais la répétition des mêmes exigences indique le sens de l’évolution la plus probable. On entend régulièrement des voix dénoncer l’obligation faite aux députés européens de se réunir à Bruxelles et à Strasbourg. Cette fois-ci, il semblerait que ce soit la CDU, le parti d’Angela Merkel, qui plaide en faveur d’un siège unique du Parlement européen à Bruxelles, à côté du siège de la Commission. Cela renforcerait l’Union européenne, et c’est là une des priorités du président français. L’abandon de Strasbourg pourrait se faire en échange du déménagement de l’Office européen des médicaments qui, suite au Brexit, doit quitter Londres pour une autre ville européenne. On peut imaginer les résistances françaises, même si, dans l’entourage d’Emmanuel Macron, il y a d’anciens eurodéputés qui ne cachent pas leur préférence pour un siège unique du Parlement européen à Bruxelles.

Et si, du même coup, la France s’agrandissait de la Wallonie ?

Voilà qui mettrait la France aux portes de Bruxelles.

Et si le président Macron, qu’on se plaît à comparer à l’un ou l’autre Bonaparte, faisait en sorte que le drapeau français flotte à Waterloo?

La France a-t-elle renoncé à tout sentiment de grandeur ?

N’abandonnez pas la langue française

Par Jean-Luc Lefèvre

« Avec le Brexit, le français est plus important que jamais, pour les Allemands comme pour les autres Européens », affirme Florentine FRITZEN dans les colonnes de la Frankfurter Allgemeine Sontagszeitung  le 21 mai dernier (Courrier International, n°1391, 29 juin- juillet). Elle poursuit : Parler français, c’est faire renaître l’idée européenne, c’est le monde libre, la liberté de penser. C’est une langue pour ceux qui souhaitent contrecarrer les courants politiques qui prospèrent actuellement en Europe comme aux Etats-Unis. Le français est l’ambition, le désir d’avoir un bon travail, bien rémunéré. Et il peut même sauver le monde : il est parlé dans de très nombreux Etats d’Afrique, dont les populations croissent rapidement. Avant de conclure : « Les enfants, le français, c’est l’avenir. N’abandonnez pas, lancez-vous ! »

Un enthousiasme excessif ? Peut-être, mais il est aussi lucide : avec le nouveau couple franco-allemand, « la France et l’Allemagne sont les deux noyaux de l’Union européenne qui ne peut fonctionner sans elle » et il est urgent en R.F.A. de convaincre ces nombreuses écoles fondamentales qui ont choisi l’anglais d’en revenir aux classes bilingues franco-allemand.

Mesurons-nous, en Belgique, ce basculement du centre de gravité sur le continent européen pour ce qui concerne, à la fois, la formation des jeunes générations et la future implantation des institutions européennes à rapatrier de Londres ?

L’attachement de la classe politique francophone pour sa langue maternelle n’est pas de nature à nous rassurer. Trop souvent, jusqu’ici, elle a brillé par son absence lors des sommets de la Francophonie, trop souvent aussi, par confinement intellectuel et frilosité communautaire, elle a plaidé pour l’enseignement du néerlandais dans nos écoles. Sera-t-elle capable d’anticiper des tendances rendues inéluctables par l’America first de Trump et la décision de Londres de quitter l’Union européenne ?

De mes Cévennes, je suis  régulièrement, entre autres, l’actualité wallonne et belge. Merci à Jean-Luc Lefèvre de m’avoir envoyé l’article qui précède. Après un problème de mot de passe réglé par notre Maître-Toile et un échange de courriels entre nous, l’article a pu être publié rapidement. Je le trouve rempli de bon sens. Et vous, chers lecteurs, qu’en pensez-vous ?

Paul Durieux

Crit’air : précisions

Par Pierre ANDRE, animateur du blogue « Liège 28 ».
 
Hier soir, sur le coup de 22h29, mes « honorables correspondants » ont reçu un article de la Dernière Heure stipulant :

« Si vous partez en France cet été, il est grand temps d’acheter votre écovignette (…) Tous les véhicules, motos, voitures ou utilitaires, qu’ils soient immatriculés en France ou à l’étranger sont concernés. Cette vignette ronde les identifie selon leurs émissions polluantes (oxyde d’azote, particules). Depuis le 1er avril dernier, elle est obligatoire également pour les conducteurs étrangers. La vignette, d’un coût de 3,70 euros (4,80 € frais d’envois inclus vers la Belgique), peut être obtenue sur www.certificat-air.gouv.fr. Si vous n’en êtes pas équipés et que vous vous faites contrôler, il vous en coûtera pas moins de 68 € d’amende et même 135 € pour les poids lourds. »

Cet article me parait prendre de larges libertés par rapport à l’Arrété du 21 juin 2016 instituant la vignette « Crit’air ».
En effet, on lit dans les commentaires : « C’est une démarche volontaire, qui peut donner des avantages aux conducteurs, mais chacun est libre de prendre un certificat ou non ». Tout le monde est concerné.
 
Crit’Air n’est pas obligatoire pour utiliser son véhicule. Pour la majorité des automobilistes français il constitue un outil pédagogique destiné à développer le véhicule propre.
Les collectivités rencontrant des problèmes de pollution aiguë pourront s’appuyer sur les certificats « Crit’air » afin d’adapter la circulation et améliorer durablement la qualité de l’air. Dans ces cas particuliers, le certificat pourra devenir indispensable pour circuler. Crit’Air est avant tout un outil au service des collectivités locales qui engagent des mesures volontaristes en faveur de la qualité de l’air. (…) Confectionné à la demande, le certificat est délivré par voie postale, à titre individuel, à chaque propriétaire ou locataire longue durée de véhicule qui en fait la demande. Il est fabriqué sous quelques jours puis expédié à l’adresse qui figure sur le certificat d’immatriculation du véhicule (anciennement dénommé « carte grise »). En cas de déménagement, il est donc indispensable que cette adresse ait été mise à jour avant de faire la demande de certificat qualité de l’air.
 
Le prix d’un certificat est de 4,18 €, payable en ligne. Ce prix couvre les frais de fabrication et d’envoi du certificat, ainsi que les frais de gestion, dont le centre d’appels. Il ne s’agit pas d’une taxe et il n’y a pas de recettes pour le budget de l’État.
Une fois la demande effectuée, le demandeur reçoit par courrier électronique un récépissé attestant la catégorie de son certificat, en attendant de recevoir son certificat par la poste. (…)  Le certificat qualité de l’air est obligatoire pour circuler dans les zones à circulation restreinte instaurées par certaines collectivités (Paris) ou pour circuler lorsque le préfet instaure la circulation différenciée lors de certains épisodes de pollution.
 
Autrement dit, ce n’est que si vous circulez ces jours-là sans vignette ou sans vignette appropriée,  que les sanctions tombent.
Conclusion de l’AWF : Que ne ferait pas la DH pour éloigner les Wallons de la France ?

Jean-Alexis D’Heur

Nous apprenons le décès de Jean-Alexis D’Heur, notre cher aîné, homme d’esprit, de culture, qui pratiquait l’humour avec délicatesse et vivait son engagement pour la France comme une passion.

La passion, c’est à la fois de l’enthousiasme et de l’intransigeance. De la chaleur et de la sincérité. « L’engagement rattachiste est radical parce que l’honneur, la liberté et le bonheur d’un peuple ne se négocient pas », écrivait-il dans le texte qu’il nous proposait au moment de la création de l’AWF, en 2011.

Voici l’intégralité de ce texte.

Ce qu’il faut dire

Par Jean-Alexis D’Heur

« Il n’y a pas de Belges mais des Wallons et des Flamands », écrivait Jules Destrée en 1912.

Une évidence cachée aux Wallons par les profiteurs francophones du régime belge mais qui ne l’est pas au Nord tendant à donner un Etat à la nation qu’il est déjà.

Les Wallons doivent choisir leur avenir politique en dehors du cadre belge qui « s’évapore » davantage chaque jour.

Les Rattachistes veulent aider les Wallons à sortir de l’Etat Belgique comme on sort d’une maison qui s’effondre.

Ils continuent le combat entamé par le Mouvement wallon depuis plus d’un siècle et demi.

Libérés de l’Etat belgo-flamand tellement meurtrier pour eux, les Wallons vont se choisir le destin nouveau qui leur assurera la dignité et la prospérité qu’ils ont connues.

Les rattachistes leur proposent le grand destin qu’ils méritent dans la France retrouvée, cinquième puissance mondiale, dans une France décentralisée soucieuse du bonheur de toutes ses régions.

Les déroutes, les humiliations, les gifles, les capitulations qu’ont toujours permises les trahisons répétées de ceux qui devaient défendre les Wallons,

C’EST  FINI !

Le peuple wallon se lève.

Rien ne peut arrêter le destin d’un peuple dont l’heure a sonné.

     VIVE LA WALLONIE FRANCAISE.

     Ce que nous voulons 

1.  Dans l’ordre politique.

        Les rattachistes veulent le retour de la Wallonie dans la France.

        En conséquence, ils récusent tout projet de réforme des institutions belges qui ne ferait que prolonger la vie d’un Etat qu’ils ne veulent plus.

         Le statut de la Wallonie française sera négocié avec le Gouvernement de la République.

2.  Dans l’ordre moral.

         Les rattachistes suivent la direction morale et civique du service au peuple wallon.

          Cette fidélité exige un enrôlement, un ordre de marche, la volonté de se battre et de vaincre.

3.  Dans l’ordre social.

        Les rattachistes exigent le grand dégagement de chaleur sociale qui donnera aux Wallons le pacte social qui leur assurera une sécurité vitale minimum et améliorera le sort des plus déshérités d’entre eux.

        Les rattachistes proclament que la richesse d’un Etat est la richesse sociale.

4.  Dans l’ordre démocratique.

        Les rattachistes veulent tous les renouveaux, dont ceux de l’esprit démocratique et de liberté comme aussi celui du sentiment de responsabilité chez le citoyen et dans les institutions.

La mentalité citoyenne gouverne toutes les activités publiques et individuelles.

5.  Dans l’ordre de l’enseignement.

        Parce que, comme le social, l’enseignement est la richesse d’un peuple, il est l’objet de la plus grande sollicitude.

        Il doit permettre à chacun d’acquérir les connaissances qu’il veut avoir.

        Aucun obstacle, y compris financier, ne peut arrêter la progression vers les savoirs.

        Dans chaque niveau d’enseignement seront présents un mécanisme de rattrapage et/ou de réajustement qui aideront à le franchir ainsi que les passerelles qui faciliteront le passage de l’un à un autre.

6.  Dans l’ordre culturel.

        Le public et le privé collaborent:        

       –  pour améliorer l’apprentissage de notre langue française et sa pratique correcte.

       Le niveau social et intellectuel du peuple s’élève avec la possession des richesses de sa langue.

        –  pour maintenir les parlers wallons qui colorent notre français et reflètent la mentalité des populations wallonnes

        –  pour développer l’étude et la pratique des arts, en faire connaître les œuvres et pour améliorer les conditions de vie de ceux qui les font.

7.  Dans l’ordre économique.

        Les rattachistes veulent l’économie qui amène la production grandissante de richesses profitables à tous les citoyens.

        L’enrichissement collectif devra s’accompagner d’une croissance sociale et d’une progression de l’emploi.

        La réalisation de ces objectifs liés doit amener de nouvelles égalités dont celle des sexes.

        Le développement économique respectera les équilibres naturels.

8.  Le préalable mobilisateur.

       Le préalable à tous les renouveaux de la Wallonie est son affranchissement de l’Etat belge.

      Dans sa lutte pour le conquérir, les rattachistes et les indépendantistes sont des alliés.

9.  La Wallonie dans la France.

Dans la France, la Wallonie française jouira du statut qu’elle aura négocié avec les autorités françaises.

        Les négociateurs wallons exigeront qu’aux acquis obtenus par les Wallons dans leurs luttes sous l’ancien régime belge et maintenus dans ledit statut s’ajoutent ceux gagnés par leurs nouveaux compatriotes dans leurs propres luttes.

10. Nature de l’engagement rattachiste.

        L’engagement rattachiste est radical parce que l’honneur, la liberté et le bonheur d’un peuple ne se négocient pas.

11. L’avenir de la Région bruxelloise.

        Les rattachistes wallons respecteront le destin que la Région bruxelloise se choisira.

        Ils souhaitent qu’elle partage le destin français de la Wallonie.

        Quel que soit son choix ils l’assureront des solidarités qui lui seront nécessaires.

        Le choix de la Région bruxelloise ne pourra ni retarder ni modifier celui que la Wallonie aura décidé pour elle-même.

Pour une démarche citoyenne

C’est avec grand plaisir que notre mouvement citoyen relaye une demande de notre ami Jean-Luc Lefèvre qui plaide pour que chaque citoyen que nous sommes prenne en main ses responsabilités en interpellant ses mandataires communaux.

Demain, aura lieu à Namur l’assemblée générale d’Ores, accessible au public, dans un contexte qui impose la plus grande vigilance. Il appartient à nos élus communaux d’y exiger les bons comptes…

Comment  expliquer que l’énergie électrique soit la plus chère d’Europe en terres romanes de Belgique ?

Paul D.

L’appel de Jean-Luc Lefèvre

« Bonsoir,

Si, comme moi, vous en avez ras-le-bol de ce pays où les intéressements personnels, les abus de biens sociaux , voire la corruption se sont partout installés, je vous invite à agir auprès de vos mandataires communaux. 

Peut-être serez-vous tentés d’adopter aussi cette démarche citoyenne… »

Jean-Luc Lefèvre

Emptinne

« Nous achèterons Bruxelles ! »

Une opinion de Jules Gheude publiée sur le site de la RTBF.

Il n’est certes pas sans intérêt de revenir sur le lifting institutionnel que Bart De Wever, le président de la N-VA, entend imposer à la Belgique après les élections législatives de 2019. Autant dire, demain.

La Belgique devient une confédération, composée de deux Etats – la Flandre et la Wallonie – disposant de toutes les compétences territoriales et personnalisables.

La Région de Bruxelles-Capitale exerce les compétences territoriales, ainsi que celles exercées aujourd’hui par les dix-neuf communes et les CPAS, et les six zones de police. Pour ce qui est des autres matières, chaque habitant de Bruxelles choisit librement – indépendamment de sa langue ou de son origine – entre la Flandre et la Wallonie. Les Bruxellois ont donc le choix entre le paquet flamand et le paquet wallon pour l’impôt des personnes, le système de sécurité sociale, l’aide sociale, la protection de la jeunesse, l’immigration et l’intégration, et le droit de vote pour le Parlement flamand ou wallon. Ce choix n’est pas définitif. Il peut être modifié après une période d’attente.

La confédération n’exerce plus que les compétences qui lui sont confiées par les Etats flamand et wallon, à savoir la défense, la sécurité, les finances et les affaires étrangères.

La monarchie est purement protocolaire et totalement transparente.

Le gouvernement de la confédération se compose paritairement de quatre ministres de plein exercice. La Flandre et la Wallonie y délèguent, chacune, un ministre disposant seulement d’un droit de vote consultatif.

Au sein du Conseil belge, il y a concertation permanente entre les ministres-présidents de Flandre, de Wallonie, de Bruxelles et des germanophones, tandis que chaque conseil thématique réunit les ministres compétents. Le but est d’éviter les conflits d’intérêts et de coordonner les points de vue sur les forums internationaux.

La monarchie devient purement protocolaire et totalement transparente.

Le Sénat est supprimé et la Chambre réduite à 50 membres, choisis paritairement au sein des Parlements flamand et wallon.

Pour le financement, la Flandre et la Wallonie déterminent et perçoivent tous les moyens liés aux compétences personnalisables : l’impôt des personnes, les droits de succession et de donation, le précompte mobilier et les impôts assimilés à l’impôt sur le revenu.

La Flandre, la Wallonie et Bruxelles déterminent et perçoivent les moyens liés aux compétences territoriales, comme l’impôt des sociétés, les droits de donation et le précompte immobilier.

La confédération est financée par la TVA et les accises pour le paiement de la contribution européenne obligatoire, les charges d’intérêt et le remboursement de la dette publique, et la solidarité entre les entités.

Il est prévu, comme en Allemagne, un mécanisme de solidarité objectivement mesurable, transparent et responsabilisant. Les transferts en soi ne constituent pas un problème. Mais ils doivent être transparents. Ils doivent avoir un but précis et inciter à l’amélioration.

Comme on peut le constater, le projet de la N-VA fait une distinction très nette entre la Flandre et la Wallonie, d’une part, et Bruxelles, d’autre part. Quant à la Communauté germanophone, elle n’est que très timidement abordée. Quel serait son véritable statut ?

L’ancien ministre-président flamand CVP Gaston Geens avait un jour dit : « Nous achèterons Bruxelles ».

Il est clair que la Flandre n’entend pas lâcher cette ville dont elle a d’ailleurs fait sa capitale. D’où l’intention à peine voilée d’allécher les Bruxellois avec une imposition et une sécurité sociale plus avantageuse. Un point sur lequel le front francophone pourrait bien se lézarder…

En attendant, Elio Di Rupo a déjà opposé une fin de non-recevoir à Bart De Wever. Pas question, pour le PS, de liquider ce fonds de commerce que constitue la Sécu !

Mais on a pu aussi constater, ces dernières années, que les leaders francophones, « demandeurs de rien », n’avaient pas hésité à sacrifier leurs sacro-saints principes.

Ce fut le cas en 2001, lors du refinancement de la Communauté française, avec la surreprésentation forfaitaire pour la minorité flamande au Parlement bruxellois, la présence d’au moins un échevin flamand dans les collèges communaux, la régionalisation de la loi communale permettant à la Flandre de mettre au pas les francophones de la périphérie.

Il n’était pas question non plus, pour les francophones, de toucher aux allocations familiales ou de scinder Bruxelles-Hal-Vilvorde sans extension géographique de Bruxelles. On sait ce qu’il en est advenu en 2011 !

Une chose est sûre : les négociations de 2019 donneront lieu à une sacrée foire d’empoigne, qui pourrait bien rendre la Belgique totalement ingouvernable…