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Vers la 7è réforme de l’ Etat : tout va bien !

Par Paul Mélot

Révision de la Constitution : Il n’échappera à personne que la plupart des partis repoussent toute révision de la Constitution aux calendes, que le CD&V déclare vouloir une révision de la Constitution en 2024 et que la N-VA va déposer illico une proposition de loi visant à  révision de TOUS les articles dès les prochaines élections fédérales de mai.

Il n’échappera aussi à personne qu’en disant vouloir une révision, seulement  en 2024, les catholiques flamands déclenchent le tir de riposte en direction de la N-VA. répétant ainsi le coup précédent de les avoir mis en selle pour se faire mieux battre par après ! Fins stratèges ….

Il n’échappera donc  à personne que Peter De Roover, chef de groupe N-VA au parlement a déclaré:  » Chaque article de la Constitution qui n’est pas déclaré sujet à révision constituera en effet un blocage potentiel au cours des cinq prochaines années ».

Bien entendu, les francophones ne sont jamais demandeurs de rien mais finalement acceptent toujours de se faire avoir. Ils jouent une fois encore à l’autruche. Pauvre Wallonie !

Ainsi donc, voilà les partis prévenus: annoncée par De Wever depuis la chute du gouvernemenrt Michel, la stratégie N-VA consistera à bloquer les choses au départ du gouvernement flamand qui se créera en premier lieu après le 26 mai. Elle portera à bien plus de conséquences que si une liste restreinte d’articles était votée.

Du grand plaisir en vue !

La langue française ne doit pas qu’être franco-française

France 24 a diffusé cette semaine un intéressant débat sur la langue française pratiquée à travers le globe. Il en ressortait que la politique ne devait pas entraver la diffusion de la langue française. Cela signifie que le Quai d’Orsay se devait de mieux soutenir l’Alliance française à travers le Monde. La diffusion de la langue française ne doit pas servir d’instrument politique aux présidents de la France mais devrait servir à une Académie française, certes basée à Paris, plus jeune, plus active, élargie à des académiciens du Québec comme de l’Afrique. Il s’agit d’acter la richesse de vocabulaire tout en garantissant l’homogénéité des règles de grammaire. Les protagonistes de cette émission ne la jouaient pas franco-français.

Valmy

En français… s’il vous plaît :-)

  • Communiqué de presse 20 mars 2019 Journée internationale de la Francophonie
  • « En français… s’il vous plaît 😉 », c’est la formule reprise cette année par 300 millions de francophones pour fêter, à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars 2019*, leur langue en partage et la diversité de la Francophonie.
  • Ce slogan, choisi par Mme Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de la Francophonie, véhicule l’image d’une langue moderne, apte à nommer toutes les réalités du monde d’ aujourd’hui, que ce soit dans les domaines du numérique, de l’économie, des sciences, des médias…
  • Il s’adresse tout particulièrement aux jeunes francophones pour leur dire : « Vous avez la chance de parler l’une des langues phares du monde moderne, saisissez-la ! Faites preuve d’imagination et de créativité, en français ! ». Cette année, la marraine de la Journée internationale de la Francophonie est la comédienne et humoriste burkinabè Roukiata Ouédraogo, jeune femme engagée qui sensibilise son public à la richesse et aux influences de la langue française grâce aux mots, à leur sonorité , leur diversité.
  • En direct du siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (O.I.F) à Paris, elle lira la dictée francophone aux nombreux participants qui cette année encore y prendront part via une diffusion en direct sur les réseaux sociaux.
  • L’autre moment phare de cette journée sera la présentation de la nouvelle édition de la langue française dans le monde, rapport élaboré tous les quatre ans par l’ O.I.F et publié chez Gallimard.
  • Cet ouvrage confirme le dynamisme de l’espace linguistique francophone avec 300 millions de locuteurs répartis dans 106 pays et territoires, le français possède toutes les caractéristiques d’une langue mondiale; deuxième langue enseignée sue la planète, il représente également une importante valeur ajoutée sur le marché de l’emploi et à l’heure de l’intensification des pratiques numériques et de la consommation audiovisuelle, il fait montre d’une grande vitalité sur l’internet et les réseaux sociaux.
  • Vous pouvez retrouver toutes ces activités ainsi que celles organisées partout dans le monde sur le site http://www.20mars.francophonie.org : du Vietnam à l’Argentine, de l’Estonie à l’Afrique du Sud, cette plateforme recense les milliers d’événements qui se tiennent près de chez vous, aussi bien dans les 88 Etats et gouvernements de l’ O.I.F que dans ceux où le français est moins parlé.
  • Cette date fait référence à la naissance, le 20 mars 1970 à Niamey(Niger), de l’Agence de coopération culturelle et technique, qui allait devenir l’Organisation internationale de la Francophonie.
  • L’OIF compte 88 États et gouvernements : 54 membres, 7 membres associés et 27 observateurs. Pour plus de renseignements sur la Francophonie : francophonie.org.
  • Pour consulter les événements organisés dans le monde à cette occasion : 20mars.francophonie.org
  • Contacts presse : media@francophonie.org

Finissons-en et ouvrons un vrai débat wallon sans tabou

Un article paru dans le bulletin de l’ASBL Elie Baussart.

François PERIN n’est plus depuis septembre 2013, mais sa voix continue à nous interpeller. Et d’autant que, d’ici quelques mois, de nouvelles négociations communautaires vont inévitablement s’ouvrir.

Voici cet article en intégrale.

Finissons-en !

C’est en ces termes que François PERIN, nonante ans, mais toujours le verbe aussi décoiffant, s’exprimait en 2011 dans LE SOIR à propos de la reprise programmée des négociations fédérales.

Le problème, pour lui, ce n’est pas tellement ces négociations entamées au moment de mettre sous presse le présent bulletin de l’A.S.B.L, mais cet entêtement des « bons Belges » – en fait essentiellement « la masse de l’opinion publique francophone »- à s’attacher à l’idée de Belgique. Et de stigmatiser la « folie » d’un Francis DELPEREE et sa « Belgique résiduaire avec tout : la Constitution, les institutions, la famille royale, le Roi », en cas de scission de la Flandre.

Il rappellera par ailleurs comment est née la Belgique. En 1830, le « Congrès national belge » élu lors de la Révolution de novembre, le fut par 2% de la population. Ce Congrès se cherche un monarque et jette son dévolu sur un prince français. Refus de l’Angleterre, qui impose son candidat, Léopold de Saxe-Cobourg. La Belgique est donc un artifice, et il n’y a pas de nation belge.

Il y a, par contre, déjà une nation flamande qui trouvera à s’exprimer progressivement avec le suffrage universel à partir de 1919.

Mais pas de nation wallonne. Alain PEYREFITTE dans « C’était de Gaulle » (Editions Fallois-Fayard en 2000) rapportera des entretiens avec le Général de Gaulle.

Ce dernier aurait déclaré : « La Wallonie existe, mais il n’y a pas de nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un Etat. Ils demandent à être intégrés au sein de la République française, dont ils ont déjà fait partie ».

Et PERIN d’estimer que la Wallonie n’a pas d’autre issue que de rejoindre graduellement la France. Quant à Bruxelles, elle doit s’organiser en ville internationale. Sans qu’il le dise explicitement, en district européen.

Le nationalisme flamand, conclut-il, « ne s’arrêtera jamais ». Autrement dit, à terme, et peu à peu la Belgique fédérale est condamnée à disparaître. Ce qui se fait aujourd’hui, via DI RUPO, c’est un emplâtre sur une jambe de bois.

Beaucoup d’entre nous, dans l’A.S.B.L, ne sommes pas loin de penser que, effectivement, mieux vaut en finir au plus vite. Reste à savoir pour quoi faire ?

A mon sens, c’est là que doit se porter le débat wallon.

Bernard DE COMMER.

Bulletin de l’ASBL Elie Baussart, conscience de Wallonie
N° 59 : juillet/août/septembre 2011

Commentaire de l’A.W.F. : que de temps perdu entre 2011 et 2019 ! Mais il n’est jamais trop tard pour se poser les bonnes questions et surtout pour y apporter le plus rapidement possible des réponses à la lumière de vérités si dérangeantes soient-elles pour certains.

Paul D.

CD&V, Open-vld et N-VA signent pour une 7e réforme de l’Etat

Par Valmy

Pourquoi la NVA retarderait-elle à 2024 sa proposition confédérale ?

Pour faire plaisir au CD&V et VLD, deux partis girouettes hésitant entre hégémonie politique en Belgique et saut dans l’inconnu de l’indépendance ?

Electoralement parlant, ce serait suicidaire pour la NVA !

« CD&V et Open-VLD proposent une 7e réforme de l’Etat qui permettrait de transférer notamment la totalité des soins de santé aux entités fédérées. Cette réforme n’interviendrait toutefois qu’en 2024, pour laisser aux institutions concernées le soin de se préparer à la scission de la sécurité sociale.  »

Mais pourquoi la Flandre, majoritaire au parlement, ne propose-t-elle pas aujourd’hui cette révision des articles de la Constitution nécessaires à son objectif ? Nous votons le 26 mai 2019 et en cas d’une éventuelle dissolution anticipée des Chambres législatives fédérales, des élections ont lieu dans les 40 jours (article 106 du Code électoral). Sauf erreur de calcul, le gouvernement devrait tomber le 17 avril et nous sommes le 12 mars ?

Qu’attendent donc les hérauts et les héros de la Flandre flamboyante pour donner le signal de son émancipation ? Le message aux Wallons aurait l’avantage et l’honnêteté de la clarté et ces derniers n’auraient alors comme choix que de passer, HONTEUSEMENT, sous les fourches caudines du pouvoir flamand ou, avec CRAN, de sauter le Rubicon de la frontière (encore) étatique qui les sépare de la France.

Le choix des Flamands est cornélien. Ils poussent leurs pions mais les Wallons ne leur résistent pas. Or, les reculades des « demandeurs de rien » affaiblissent la marche en avant des nationalistes de tous les partis politiques de Flandre et la « passivité collaborationniste » des gouvernants wallons avantage les « hégémonistes belgicains » du CD&V et VLD.

En fait la Flandre Libre souhaite que la Wallonie Libre actionne la SEPARATION ADMINISTRATIVE avortée en 1917 ! C’est tout bête mais c’est humain: on attend toujours le courage du voisin…

Y a-t-il seulement un « Churchill » à Namur ?

Par Valmy

La théorie de Bart MADDENS (voir la lettre de Paul Mélot dans l’article « Les chiffres inquiétants de la productivité et du P.I.B. wallon ») ne vaut que si la Wallonie demeure au sein du Royaume de Belgique. Tout dépendra du degré de courage ou de couardise des hommes politiques, des syndicalistes et des entrepreneurs de Wallonie.

La richesse de la Flandre n’a certes rien d’artificiel mais elle bénéficie largement de son hégémonie politique (depuis 1830 d’ailleurs mais camouflée sous la peau d’âne francophone jusqu’en 1932) et de la servilité de la Wallonie politique (Belge est notre nom, Wallons et Flamands nos prénoms).

Si la Wallonie osait prendre son destin en main et briser le carcan belge, le PIB de la Flandre en prendrait un sérieux coup !

Mais Bart Maddens et ses coreligionnaires partent du principe que les Wallons n’oseront jamais prendre le chemin de l’indépendance et du retour à la France.

Ce en quoi, ils n’ont pas tout à fait tort car la Communauté française et le soutien indéfectible à Bruxelles ne sont que des alibis cachant la corruption des esprits de nos élites wallonnes et la panique les pétrifiant à l’idée de prendre leur destin en mains !

En 1939, face à l’Allemagne, le gouvernement britannique ressemblait à l’actuel gouvernement wallon.

Y-a-t-il seulement un « Churchill » à Namur ?

Cela surprendrait, lorsque Ecolo et Groen, PTB et PVBA, CDH et CD&V, MR et Open VLD roucoulent à l’unisson à la veille des élections.

Quant au PS, il semble prêt à tout. f

La Flandre a de la suite dans les idées

MIS EN LIGNE LE 11/03/2019 À 16:00 dans « Le Soir + »

A l’approche des élections du 26 mai, les commentaires vont bon train, notamment au sujet de l’évolution de la N-VA. Le parti nationaliste aurait-il renoncé à faire de la Flandre une république indépendante, comme le prévoit l’article 1er de ses statuts ? Le lion serait-il devenu édenté ? Dans la longue chaîne du Mouvement flamand, la N-VA n’est qu’un maillon récent.

Il n’a été ajouté qu’en 2001, suite à la dislocation de la Volksunie. La grande majorité des francophones ignore à quel point ce Mouvement a dû lutter pour que les premières lois linguistiques soient adoptées et faire en sorte que la Flandre obtienne sa pleine reconnaissance sur l’échiquier politique. Au début du XXe siècle, le cardinal Mercier parlait toujours « de l’unité belge, cimentée par l’emploi de la langue française ».

Tout cela laissera des traces durables et contribuera à forger en Flandre un sentiment très fort d’appartenance collective. En 1973, Manu Ruys, l’ancien éditorialiste influent du Standaard, avait sous-titré son livre « Les Flamands : « Un peuple en mouvement, une nation en devenir » ».

Une nation, un Etat, de la fixation de la frontière linguistique à l’introduction de l’autonomie culturelle, tout sera mis en œuvre pour que la Flandre acquière les caractéristiques d’une véritable nation : un peuple, un territoire, une langue, une culture. Aujourd’hui, cette nation se comporte déjà en véritable Etat. N’a-t-on pas vu, en 2012, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) quitter la mission économique pilotée par le prince Philippe au Vietnam pour aller rencontrer Aung San Suu Kyi au Myanmar.

La N-VA ne fait que s’inscrire dans la logique du Mouvement flamand, qui, d’étape en étape, a balayé tous les obstacles mis sur son chemin. Dernière victoire en date : la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde adoptée en 2012 et assurant l’homogénéité linguistique de la Flandre.

La N-VA n’existait pas en 1962, lorsque les Fourons furent transférés de la province de Liège à celle du Limbourg.

La N-VA n’existait pas en 1968, lorsque le démocrate-chrétien flamand Jan Verroken fit chuter le gouvernement sur le «Walen buiten» de l’université de Louvain.

La N-VA n’existait pas en 1978, lorsque le Premier ministre Léo Tindemans saborda le pacte d’Egmont, qui avait le mérite d’associer la Volksunie et le FDF.

La N-VA n’existait pas en 1988, lorsque José Happart fut sacrifié et que les Toshiba-boys du Premier ministre Jean-Luc Dehaene roulèrent les francophones dans la farine à propos du financement de la Communauté française.

La N-VA n’existait pas au début des années 90, lorsque le ministre président flamand Luc Van den Brande lança l’idée confédéraliste, qui allait être approuvée en 1999 par le Parlement flamand

A chacune de ces étapes, on retrouve l’intransigeance du CVP, l’Etat CVP comme on disait à l’époque. Et n’est-ce pas encore un démocrate-chrétien flamand, Yves Leterme, qui porta en 2004 le cartel avec la N-VA sur les fonts baptismaux ?

L’ancien ministre CVP Stefaan De Clerck l’a d’ailleurs avoué lui-même sans complexe : « La relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand. »

Une réflexion mûrie. Ce constat se vérifie pleinement avec la publication ce lundi dans De Standaard, de la carte blanche signée par quatre ténors du CD&V – le président Wouter Beke, le vice-Premier ministre Kris Peeters, le chef de groupe à la Chambre Servais Verherstraten et la ministre flamande de l’Enseignement Hilde Crevits, soutenus par trois « anciens » : Yves Leterme, Luc Van den Brande et Johan Sauwens.

Les intéressés proposent une 7e réforme de l’Etat, qui permettrait de transférer notamment la totalité des soins de santé aux entités fédérées. Cette réforme n’interviendrait toutefois qu’en 2024, pour laisser aux institutions concernées le soin de se préparer à la scission de la sécurité sociale. Un vieux fantasme flamand, en fait,

En 2002, alors qu’il était président de l’Open VLD, Karel De Gucht, s’était, lui aussi, exprimé sans ambiguïté sur le sujet : « La Belgique est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer et, en attendant, n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre. Il est inadmissible que la Flandre paie davantage pour les soins de santé et reçoive moins en retour de la Wallonie. »

Le chœur flamand se retrouve toujours lorsque les intérêts fondamentaux du Nord sont en jeu. Rappelons-nous ces propos tenus en 2003 par le libéral Bart Somers, alors ministre-président flamand : « Il serait impensable de toucher à l’économie de la Flandre de plein fouet en lui faisant porter l’effort de réduction d’émission de CO2 de façon linéaire, alors que l’appareil industriel au sud, plus vétuste, pollue proportionnellement davantage que le nôtre, qui est à la pointe de la technologie propre. »

Fin stratège, Bart De Wever sait que les conditions ne sont pas encore réunies pour porter l’estocade finale. D’où son choix de recourir à la stratégie confédéraliste. Une fois la Belgique vidée de sa substance, il ne faudrait pas longtemps à la Flandre pour la considérer comme totalement superflue.

Entre la Flandre et la Wallonie, le fossé économique reste béant et ce n’est pas le retour probable d’une coalition progressiste en Wallonie qui arrangera les choses. Depuis la crise de Cockerill-Sambre au début des années 80, la Flandre n’a eu de cesse de remettre en cause la solidarité nationale. Aujourd’hui, la suppression des transferts financiers en provenance de Flandre – quelque 7 milliards d’euros ! – est déjà programmée sur dix ans.

Le confédéralisme repose sur ce principe simple : chacun est évidemment libre de faire les choix politiques qu’il souhaite, mais il doit aussi en assurer totalement la responsabilité financière.

Les Wallons doivent le savoir : livrée à elle-même, leur région se trouvera confrontée à une situation budgétaire intenable, qui la contraindra à se serrer fortement la ceinture.

« Un scénario infernal à la grecque », prévient Jules Gazon professeur émérite d’Economie à l’Université de Liège : « L’effort demandé à tous les Wallons serait d’une telle ampleur qu’il en résulterait un climat insurrectionnel. « 

Jules Gheude, essayiste politique