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Education, instruction : le tronc commun n’est pas la solution

Une carte blanche de Pierre Hazette, mise en ligne sur le site du quotidien « Le Soir ».

L’ancien ministre de l’Enseignement secondaire en Communauté française plaide pour une revalorisation des filières et l’exploitation des temps libres et autres journées blanches par des activités linguistiques, artistiques, sportives et philanthropiques.

« La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. »

Je me suis souvenu de cette saillie d’Albert Einstein en lisant les propos péremptoires et définitifs de la Professeure Dominique Lafontaine de l’Université de Liège. Elle s’inscrit fidèlement dans la suite de ses devanciers liégeois, les maîtres pédagogues Gilbert De Landsheere et Marcel Crahay. L’Ecole de Liège a, en effet, largement inspiré les réformes pédagogiques qui ont bouleversé l’enseignement dans la Communauté française de Belgique.

L’instauration du tronc commun vient du siècle précédent. Il n’a pas fonctionné parce qu’il s’est traduit, dans la perception des adolescents, comme l’assurance de passer automatiquement de la première à la deuxième année de l’enseignement secondaire. Il s’est heurté aux objections que les enseignants soulevaient, non seulement lorsqu’ils étaient confrontés à la démotivation des élèves, mais aussi lorsqu’ils constataient la difficulté de garder la qualité de leur enseignement au niveau qui les rendait fiers de leur travail et motivait les élèves, heureux d’apprendre et de progresser.

Des erreurs « sacralisées »

Le tronc commun jusqu’à quatorze ans a été un échec.

La correction proposée par le pacte d’excellence et soutenue par Madame Lafontaine fixe à quinze ans le terme du parcours commun, en attendant, annonce-t-elle, de le porter à seize ans.

Chez nous, on n’apprend pas vraiment de ses erreurs ; au contraire on les sacralise !

On s’accroche à un système qui prend l’eau pour éviter de présenter un autre modèle de société où chaque enfant trouverait sa place, parce que ses aptitudes propres auraient été reconnues et valorisées. On se gargarise de comparaisons internationales pour affirmer que nos piètres résultats se corrigeront en aggravant les erreurs qui les ont provoquées. Curieusement, le modèle allemand n’est jamais évoqué, alors que le chômage des jeunes y est moindre qu’ailleurs.

Une pluralité d’excellences

Dans un authentique « Pacte d’excellence », il conviendrait d’écrire « excellences ». C’est que l’excellence n’est pas unique. Il y a dans chaque enfant une quête de reconnaissance et plus tôt la parcelle d’excellence qu’il y a en lui se sera révélée, plus l’école aura l’obligation de lui ouvrir le chemin qui monte. Ce sera trop tard à quinze ans.

Se conforter par une étude statistique des systèmes étrangers, c’est refuser de construire l’école avec ses acteurs de terrain, avec les attentes des parents, des Hautes Ecoles et des Universités, des responsables économiques, aussi. Je rejoins Michel Onfray. « Une civilisation n’existe qu’en répondant à ce qui met sa vie en péril. » On peut, à coup sûr, dire la même chose de notre Communauté française de Belgique.

Exploiter les temps libres

Lorsque la Ministre annonce qu’elle accorde la priorité au français et à l’arithmétique à travers tout l’enseignement primaire, on a envie d’applaudir et d’ajouter, après l’ovation, que d’autres priorités sont à l’ordre du jour : meubler les temps libres, les jours de congé, les journées blanches, les mercredis après-midi, les samedis par une offre d’activités manuelles, de stages linguistiques, de découvertes artistiques et d’initiation à l’art, de pratiques sportives accessibles aux filles comme aux garçons, d’actions philanthropiques, de visites aux bibliothèques ou aux académies comme aux centres de technologie avancée. En associant à ces activités d’éveil ou d’initiation, des acteurs extérieurs à l’école, nous créerions enfin une société enfants admis et libérés de l’addiction aux tablettes et smartphones.

Des filières épanouissantes

Ainsi lorsque s’ouvrira l’enseignement secondaire, l’adolescent pourra trouver, non un tronc commun, parce qu’il aura appris à se connaître, parce que ses instituteurs auront recueilli les observations qui, s’ajoutant aux leurs, à celles des CPMS et à celles des parents, permettront de lui conseiller une orientation parmi tant d’autres. En d’autres termes, on en aura fini avec la relégation vers les filières techniques ou professionnelles. Celles-ci s’offriront au contraire comme la voie d’accès à un épanouissement attendu, espéré. De même, les filières de l’enseignement général pourront développer les enseignements adaptés aux attentes dans les domaines littéraire, scientifique, économique, artistique, sportif… Je ne crains pas de défendre les filières, pourvu qu’elles soient conçues pour permettre les passages de l’une à l’autre. La diversité de l’offre éducative, je la réclame, non pas quand l’adolescent aura quinze ans, mais quand accédant à la « grande école », il prendra conscience qu’il franchit une étape de sa vie et que le passage est important.

Dans ce contexte d’éducation élargie aux loisirs actifs, se situera aussi la réponse à apporter aux enfants et adolescents dont le français n’est ni la langue maternelle, ni la langue de communication à la maison. Pour eux, aussi, il faut briser le cadre horaire et offrir, voire imposer, la fréquentation d’activités d’appropriation de notre langue et de notre culture.

« Pour penser en largeur, écrit Michel Debray, il convient d’émouvoir en profondeur, et pour faire palpiter, il faut faire espérer. Quoi ? Que demain sera un autre jour. Que l’on peut s’en sortir. »

 

 

 

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Vogue la galère (et vive la révolution belge)

Par Georges Régibeau

Nous sommes entrés dans une année électorale et cela va tanguer, frotter, jouer des coudes au sein des différentes majorités gouvernementales, surtout en Flandre, où l’Open VLD, le CD&V et la N-VA, associés aux niveaux fédéral et régional, doivent marquer leur différence et mettre en avant leurs figures les plus populaires, au risque de fragiliser la cohésion des équipes gouvernementales.

Ne parlons pas de la Wallonie, où le PS a été débarqué par le CDh. Pour le MR, à la barre du vaisseau amiral, il s’agit seulement de ramer jusqu’au port.

Autour du Premier ministre, et ne se privant pas de le bousculer, l’état-major de la N-VA donne des coups de barre à droite. Il n’a aucune raison de se gêner puisqu’il ne lui déplairait pas de faire ainsi chavirer le gouvernement fédéral, de manière à provoquer des élections anticipées, qui seraient couplées aux élections communales, en octobre. Ainsi, pour autant que leur score électoral ne les affaiblisse pas, les nationalistes flamands pourraient faire monter le prix de leur participation à un prochain gouvernement fédéral, quitte à ce que rien n’avance vraiment jusqu’au moment des élections régionales, prévues le 26 mai 2019.

L’effacement de la Belgique au profit de la Flandre, ce glissement naturel vers le confédéralisme qui ferait de la Wallonie une région à la fois autonome et captive, sans moyen ni volonté réelle de se prendre en charge, il en est aussi question dans l’envie de la N-VA de rebaptiser le Benelux en « Vlawanelux ». Le Vif/L’Express, dans son édition du 4 janvier dernier, a consacré un article à cette idée qui chatouille l’esprit des nationalistes flamands. Puisqu’il faut se renforcer sur la scène internationale, la collaboration avec les Pays-Bas est bien entendu des plus sensées, avec pour effet que, dans une logique confédérale,  le maintien d’une Belgique résiduelle suppose en réalité de gommer les effets de la révolution belge et de revenir en quelque sorte au Royaume-Uni des Pays-Bas rebaptisé « Vlawanelux ».

Maîtres de leur destin, les Flamands continueront de célébrer leur victoire historique sur l’armée du roi de France en 1302, tandis que les Wallons, contents de rester dans une Belgique relookée, ils auront le bon goût d’oublier pourquoi ils font la fête au mois de septembre.  A moins qu’ils ne s’enfoncent encore un peu plus dans la schizophrénie.

On sait que, dans une relecture de leur histoire, les nationalistes flamands ont fait de la révolution belge une catastrophe au moins équivalente à la reprise et au sac d’Anvers par les Espagnols en 1576. Quand, le 18 mai 2006, deux députés du Vlaams Belang ont déposé à la Chambre une « proposition de résolution relative au démembrement de l’Etat belge en vue d’accorder l’indépendance au peuple flamand et au peuple wallon souverains », ladite proposition, dont à peu près tous les partis flamands ont accepté de débattre, était précédée d’un long justificatif historique. On y lisait notamment qu’ « il n’est pas exagéré de dire que le gouvernement provisoire a conquis la Flandre avec l’aide des Français », belgophilie et francophilie étant largement synonymes.

« Ce fut également sous la direction de généraux français, à savoir De Parent, Mellinet et Niellon, que la ville et la province d’Anvers furent ‘libérées’. Il ne s’agissait nullement d’une révolte de la population anversoise contre la ‘tyrannie hollandaise’. Au contraire, c’est avec abattement que fut accueillie la déclaration faite par le Roi Guillaume aux États-Généraux, le 20 octobre, que les décisions des Chambres ne s’appliqueraient désormais plus qu’au Nord. La ‘libération’ d’Anvers par le Gouvernement provisoire fut, en réalité, une conquête par des bandes françaises et wallonnes, donc par des étrangers, comme le fit remarquer Jan Frans Willems. Michiel  van  der  Voort  comparait  la  nouvelle  ‘armée’ belge  à  ‘une  bande  de  brigands’.  On  pouvait  certes trouver des idéalistes parmi les ‘libérateurs’, mais la grande  majorité  était  constituée  de  racaille,  d’aventuriers qui, en raison de la crise sociale, n’avaient rien à perdre. »

Cette lecture de l’histoire n’est pas moins légitime que les récits faisant de la révolution belge un glorieux fait d’armes, un événement fondateur sur lequel reposerait notre identité. On aurait tort de l’ignorer sous prétexte qu’elle est forcément viciée par l’extrême droite. En Flandre, il est commun de penser qu’après les Espagnols, au XVIe siècle, ce sont les Français qui ont séparé les Flamands de leurs cousins néerlandophones. « Après deux siècles, la Flandre n’avait plus d’âme, plus de conscience. Elle se laissa entraîner dans la révolution de l’année 30 : jamais révolution plus stupide ne fut déclenchée à la suite d’influences étrangères ! Nous fûmes livrés pieds et poings liés, le français devint la seule langue officielle… » Ces mots ont été écrits en 1896 par le jeune August Vermeylen, un socialiste qui deviendra notamment le recteur de l’Université de Gand quand celle-ci sera flamandisée. Un siècle plus tard, dans une Belgique de plus en plus flamande où le CVP réclamait déjà le confédéralisme, le président du Socialistische Partij, Louis Tobback, a lui aussi fait savoir que, selon lui, la révolution belge avait été une (grosse) erreur.

Le rapprochement de la Flandre avec les Pays-Bas, c’est tout sauf une aberration, mais faut-il qu’on raisonne ainsi du côté wallon ?  

Petit rappel insistant : la révolution belge nous a fait sortir du Royaume-Uni des Pays-Bas imposé par le Congrès de Vienne et c’est ce que célèbrent les fêtes de Wallonie, en septembre. Ce mouvement révolutionnaire, avec la Marseillaise chantée à Bruxelles, à Liège, à Verviers, juste après les « trois glorieuses » de juillet 1830 à Paris, ce fut notamment une tentative avortée de rejoindre la France. Cette révolution très « française » a finalement donné naissance à la Belgique, avec la bénédiction de l’Angleterre, et parce qu’on sentait bien que ce nouveau pays dont la langue officielle était le français penchait naturellement vers la France, il a fallu faire entrer dans la tête des Belges qu’ils n’étaient pas français et ne le seraient jamais.

Résultat : pour beaucoup de Wallons, rester belge signifie rester avec la Flandre, envers et contre tout. Quitte à la suivre dans son idée de confédéralisme étendu aux 17 millions de Hollandais. Une Wallonie économiquement faible, à l’identité incertaine, coincée dans un avatar de l’ancien Royaume-Uni des Pays-Bas, voilà ce que ces Belges de toujours sont prêts à choisir comme avenir. Par fidélité aux révolutionnaires de 1830. Cherchez l’erreur. On nage en plein surréalisme et certains se satisferont de dire ou d’écrire : « C’est ça la Belgique ».

Mais que diable allons-nous faire dans cette galère…

Information francophile

Un ami d’Uccle nous demande d’insérer sur notre site l’information suivante, ce que nous faisons avec grand plaisir :

L’Ambassade de France en Belgique organise, en partenariat avec le Lycée français Jean-Monnet à Bruxelles, la troisième édition du Salon des études supérieures Campus France.

Cet événement d’envergure a pour objectifs d’informer les élèves français, belges et internationaux ainsi que leur famille, et d’offrir une excellente opportunité aux établissements supérieurs français de rencontrer ce large public particulièrement intéressé par une mobilité vers la France.

Date et horaires du salon : samedi 13 janvier 2018 de 10h30 à 16h30

Lieu : Lycée français Jean-Monnet – avenue du Lycée français 9 à 1180 Uccle (Bruxelles)

Nombre d’exposants : plus de 50 écoles et universités françaises dans de nombreux domaines d’activités : ingénierie, management, business, art, design, sciences politiques,…

Entrée libre et gratuite – Se présenter à l’entrée du Lycée français Jean-Monnet muni d’une pièce d’identité

> Inscription conseillée via ce formulaire : https://docs.google.com/forms/d/1-6Xq7NWMYsI48PLldzn6Qt7QIR0u4VLOu4B7HHW2muo/edit?usp=sharing

Sortie du nucléaire en 2025 ?

Valmy, parfait bilingue français-néerlandais, attire notre attention sur les deux articles suivants :

Sortie du nucléaire en 2025: la question n’est plus « si », mais « comment ». Journal  De Standaard.

15 décembre 2017 | Auteur : Bart Sturtewagen | Traducteur : Herve Voglaire Sanchez 

Alors que les quatre ministres, régionaux et fédéral, de l’Energie sont parvenus à se mettre d’accord en début de semaine pour signer un pacte énergétique prévoyant, notamment, la fermeture des dernières centrales nucléaires du pays en 2025, la N-VA a fait savoir qu’elle ne donnerait pas son feu vert, ni au niveau fédéral ni au niveau flamand.

Dans son communiqué, le premier ministre fédéral Charles Michel a adopté un ton acéré dont il n’est d’ordinaire pas coutumier. « Je ne laisserai personne torpiller le pacte énergétique », a-t-il assuré. Avant de poursuivre en évoquant une « exécution loyale de la loi » et la « bonne foi ». Autant de termes qui laissent peu d’espace aux négociations ou à une retraite honorable. Depuis que la N-VA a intégré le gouvernement, jamais elle n’avait à ce jour été mise aussi ouvertement sous pression par le premier ministre.

Tous les partis au pouvoir, tant sur le plan régional que national, sont concernés par le pacte énergétique interfédéral, qui prévoit à nouveau la fermeture des dernières centrales nucléaires à l’horizon 2025. La N-VA, de son côté, n’est pas convaincue que la production d’énergie fiable et abordable sera suffisante d’ici là si les deux dernières centrales venaient à baisser le rideau.

Si l’on se fie au passé, tout plaidoyer en faveur d’un délai supplémentaire s’avère insoutenable. Les premières décisions quant à la fin de l’ère nucléaire remontent à près de 15 ans en arrière, à l’époque du gouvernement violet-vert de Guy Verhofstadt. L’histoire nous apprend qu’il y a toujours une bonne raison d’attendre et que, avant que l’on ne s’en aperçoive, le délai fixé apparaît tout d’un coup intenable. S’ensuit alors systématiquement un énième report et une dynamique essoufflée. Voilà pourquoi il est urgent, à présent, de mettre les mains dans le cambouis. Ce n’est que sous la contrainte qu’une mission extrêmement difficile peut être menée à bien.

La N-VA rétorque qu’il est néanmoins insensé de suivre aveuglément la loi si celle-ci nous mène droit dans le mur. Les importants groupes de pression issus de l’industrie, tels que la FEB, sont sur la même longueur d’onde. Cette position a le mérite d’obliger les partisans du pacte énergétique à chiffrer la manière dont l’objectif ambitieux sera atteint. Le plus simple, en effet, consiste à signer un plan et d’en confier la mise en œuvre au gouvernement suivant, voire à la prochaine génération politique.

La politique de la montagne russe menée jusqu’à présent sape le dossier énergétique dans son ensemble. Ce sempiternel manège doit cesser. Et persuader la population que tout finira par s’arranger si chacun y met du sien, ce n’est pas sérieux. Il faut maintenant impérativement mettre les chiffres et les modèles qui démontrent la faisabilité du projet ainsi que les efforts nécessaires à sa réussite sur la table. Assez palabré.

En définitive, il est hors de question de laisser tomber l’objectif fixé en matière de sortie du nucléaire d’ici 2025. Cela fait bien longtemps que la question n’est plus « si », mais « comment ». Face à l’inéluctable, il est vain de jouer les prolongations.

La fermeture des centrales nucléaires coûtera minimum 30 milliards. Journal De Morgen.

2 janvier 2018 | Auteur : Jeroen Van Horenbeek | Traducteur : Fabrice Claes 

La fermeture de cinq centrales nucléaires suisses coûtera 20 milliards d’euros. La facture de la fermeture des centrales belges risque de se chiffrer à un montant nettement supérieur. Mais qui la paiera ?

Fermer une centrale nucléaire, c’est facile en apparence. Mais dans la pratique, ça l’est beaucoup moins. La déconnexion d’une centrale du réseau électrique ne constitue qu’une première étape sur une route très longue. Une fois que la centrale est à l’arrêt, nous pouvons retirer le combustible nucléaire hautement radioactif du réacteur et le stocker pendant plusieurs décennies, d’abord dans une piscine nucléaire, puis dans un container sur le site même. Et finalement, nous pourrons nous débarrasser du combustible dans une décharge nucléaire.

Le combustible, c’est une chose, mais les centrales en sont une autre. Un réacteur mis à l’arrêt, c’est comme un énorme hall rempli de tuyaux et de matériel éventuellement contaminés par des éléments radioactifs. Il faut donc tout contrôler et traiter avec le plus grand soin. D’après les experts, le démantèlement d’une centrale nucléaire dure plus de quinze ans. La fermeture d’une centrale et l’élimination des déchets nucléaires constituent des tâches herculéennes. Qui coûtent un certain prix.

En Suisse, on discute depuis des années de la fermeture de cinq centrales nucléaires (puissance totale : 3 200 mégawatts). Une nouvelle étude, menée à la demande de l’État helvétique, évalue le prix du démantèlement total à 20 milliards d’euros à l’heure actuelle. Avant de réaliser cette étude, les Suisses ont analysé le coût de la fermeture de réacteurs de pays étrangers, et l’addition est nettement plus salée que prévu.

Une tirelire pas assez remplie

La facture suisse pose donc aussi question sur la sortie du nucléaire en Belgique. La loi prévoit la fermeture de sept centrales nucléaires à Doel et à Tihange (puissance : 6 000 mégawatts) d’ici 2025. Pourtant, notre pays n’a procédé à aucune évaluation du coût de cette fermeture, et ce, tout simplement parce que le politique n’a pas encore décidé de la manière dont il entend stocker les déchets. Probablement dans le sol de la Campine, mais personne n’ose trancher.

Dans l’attente d’une décision, les exploitants des centrales nucléaires, à savoir Engie-Electrabel et dans une moindre mesure EDF Luminus, sont contraints, chaque année, de remplir une tirelire en vue du nettoyage à venir. Celle-ci contient à l’heure actuelle 10,1 milliards d’euros. La question est donc de savoir si la tirelire sera suffisamment remplie lors de la fermeture des centrales en 2025.

Les Suisses, dans leur étude, évaluent le coût à 6,2 millions d’euros par mégawatt. Étant donné que la plupart des réacteurs belges sont du même type que les réacteurs suisses, qu’ils ont le même âge et que les deux pays envisagent un stockage souterrain des déchets, il semble sage d’utiliser les mêmes prévisions que les Suisses. Par conséquent, la Belgique, avec ses 6 000 mégawatts, devra débourser quelque 37 milliards d’euros.

Par ailleurs, pour plusieurs sources proches du dossier nucléaire, une somme de 30 milliards d’euros ou plus serait « plausible ». S’il est bien trop délicat pour ces sources d’évoquer publiquement une telle somme, Eloi Glorieux, de Greenpeace, n’a aucun mal à s’exprimer sur le sujet : « Je prévois depuis des années que le coût du démantèlement des centrales nucléaires ne sera pas couvert par la tirelire que remplissent Engie-Electrabel et EDF Luminus. Il faut beaucoup plus d’argent. »

Glorieux craint qu’en définitive, ce soit le contribuable qui règle la différence. « Dans les années 80, c’était déjà le contribuable qui avait dû payer pour la démolition de l’usine de traitement de combustibles irradiés Eurochemic à Dessel. Et il en ira de même pour les centrales nucléaires. Les producteurs d’énergie tentent par tous les moyens d’échapper au pouvoir politique. En Allemagne, par exemple, les fournisseurs d’énergie E.ON et RWE ont l’intention d’isoler leurs activités nucléaires dans une bad bank qui pourra tomber en faillite, de manière à ce qu’ils n’aient plus à payer pour le nettoyage. »

Electrabel seule

Le gouvernement allemand a empêché cette pratique. En Belgique, la question n’est pas à l’ordre du jour, mais pour combien de temps ? Le groupe français Engie envisage notamment une isolation de sa filiale belge Electrabel. Dans ce cas, l’énorme héritage du nucléaire reviendrait à Electrabel seule. La société sera-t-elle alors à même d’assumer ses responsabilités financières ? Dans la négative, l’argent devra venir d’une autre source. En d’autres termes : de l’État, c’est-à-dire du contribuable.

La ministre fédérale de l’Énergie Marie Christine Marghem (MR) promet de « se pencher sur l’étude suisse » et se refuse à tout autre commentaire. Pour Engie-Electrabel, il est difficile d’appliquer le mode de calcul suisse à la Belgique. « Quoi qu’il en soit, la loi est claire : Engie-Electrabel paiera pour le démantèlement des centrales nucléaires, assure Anne-Sophie Hugé, la porte-parole de la société. Nous respectons cette obligation, et nous continuerons de le faire. »

Remplacement des F16: Atterrissage dangereux !

Une chronique de Jules Gheude publiée sur le site du Vif/L’Express.

Le remplacement des avions de combat vient, pour la seconde fois, alimenter le feuilleton communautaire.

En 1975, alors que le Rassemblement Wallon est dans le gouvernement Tindemans depuis quelques mois, une vive polémique surgit à propos du choix à opérer pour remplacement des 116 avions de combat F104G de la Force aérienne.

Outre la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège sont également impliqués dans ce « marché du siècle », que vont se disputer finalement trois candidats : le YF16 américain, le Mirage F-1 français et le Viggen suédois.

Très rapidement, un clivage va se dessiner au sein du gouvernement belge. Si les ministres francophones marquent leur préférence pour l’appareil français, avec le souci de promouvoir une industrie aéronautique européenne, en revanche, les ministres flamands vantent les mérités techniques de l’avion américain. Amplifié par une vaste campagne de presse, ce clivage aura pour effet de retarder la décision belge.

Le président du Rassemblement Wallon de l’époque, Paul-Henry Gendebien, n’entend rien céder sur ce terrain, d’autant qu’il sent la base de son parti de plus en plus irritée contre les atermoiements flamands à propos de l’application de la loi de régionalisation préparatoire, mise sur pied par François Perin, le ministre RW de la Réforme des Institutions. Le Nord ne se résigne pas, en effet, à faire de Bruxelles une région à part entière.

A cette irritation de la base du RW s’ajoute l’incompréhension à l’égard du mutisme dans lequel François Perin, naguère si volubile en tant que président de parti, a décidé de se murer pour exercer ses fonctions ministérielles.

Pour l’intéressé, en tout cas, il ne peut être question de compromettre l’avancement du processus de régionalisation pour une affaire d’avions. Selon lui, le gouvernement ne peut chuter que lorsque la preuve sera faite soit qu’il est possible de faire progresser la régionalisation avec une autre équipe, soit que le pays est devenu totalement ingouvernable et qu’il faut dissoudre les Chambres.

Bref, une partie de bras de fer va s’engager entre Paul-Henry Gendebien, dont l’agressivité à l’égard du Premier ministre ne cessera de croître, et François Perin, soucieux avant tout de poursuivre la tâche qui lui a été confiée.

A partir du 25 mai, le choix de l’avion américain apparaît inéluctable. A cette date, en effet, le gouvernement des Pays-Bas annonce sa décision d’acheter le YF-16. Or, des compensations économiques intéressantes ont été garanties si le marché était conclu conjointement par les autres partenaires.

Le 5 juin, un élément va déterminer François Perin à opter pour la continuation de l’expérience gouvernementale. Ce jour-là, en effet, dans la soirée, un proche collaborateur du secrétaire d’Etat RW Etienne Knoops l’informe d’une offre du ministre CVP De Saeger relative notamment à la régionalisation de l’eau. Un espoir sérieux subsiste donc de poser de nouveaux jalons régionaux.

Convoqué à Namur, le 6 juin, le Bureau fédéral du RW va se dérouler dans une ambiance survoltée. Il se divisera de façon nette pour répondre à la question « Estimez-vous que le RW doit maintenir son veto à l’achat de l’avion américain même si ce veto doit entraîner la démission du gouvernement sous une forme ou sur une autre ? » Les ministres seront mis en minorité par 48 oui contre 31 non et 1 abstention.

Quelques heures plus tard, au conseil de gouvernement, l’achat de 102 YF-16 est décidé. Le gouvernement n’ayant pas démissionné, faut-il en déduire que François Perin a bafoué la volonté de son parti ? Point du tout, et il s’en explique aux journalistes : Vous connaissez la décision qui a été prise cette nuit par mon parti. J’ai défendu ce point de vue devant le conseil de gouvernement. Le Premier ministre, appuyé par les autres membres du Conseil, a estimé que l’absence d’unanimité ne constitue en aucune façon un rejet de la décision qui a été prise par le gouvernement. Chacun, successivement, a défendu sa position au cours de la réunion. Le droit de veto n’existe pas dans le système gouvernemental belge. En outre, avec notre décision, le Premier ministre – suivi par le Conseil unanime – a considéré que l’absence d’unanimité n’entraîne pas la démission collective du gouvernement. Hier, mes amis politiques n’ont pas demandé que nous offrions notre démission. Ils entendent au contraire faire avancer la construction européenne et la régionalisation.

Si le RW sort de l’aventure avec une vilaine blessure qui ne se cicatrisera jamais et entraînera finalement sa mort, François Perin, lui, peut aller de l’avant grâce aux garanties obtenues notamment quant à la régionalisation de l’eau, de l’administration et du logement.

Aujourd’hui, trois appareils sont susceptibles de remplacer les YF-16 : le F-35 américain de Lockheed Martin, l’Eurofighter du consortium européen éponyme et le Rafale français de Dassault Aviation. Mais pour le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), seuls les deux premiers candidats ont répondu à l’appel d’offres dans le délai prescrit, à savoir le 7 septembre.

Du côté francophone, on voit là la volonté flamande d’écarter, pour la seconde fois, le candidat français. Et ce sentiment se confirme lorsque, face aux 20 milliards de compensations offertes par la France à la Belgique, le ministre déclare : C’est trop beau pour être vrai!

L’ancien patron de la base de Florennes, le colonel Luc Gennart, dont on se souvient du réquisitoire violent qu’il avait fait contre la flamandisation de l’armée, adopte un point de vue assez curieux. S’il rappelle que notre coopération avec les armées françaises est depuis plus de deux décennies parmi les plus intenses que nous puissions avoir avec des partenaires européens et que le groupe Dassault Aviation est déjà fortement implanté en Belgique depuis plus de 50 ans dans un réseau de 800 entreprises partenaires, il se pose toutefois la question quant à la sécurité juridique de l’offre française : Imaginons un seul instant la réaction de Paris à la situation inverse : un pays tiers faisant la même offre en dehors du cadre strict d’un marché stratégique majeur…

La question que Luc Gennart n’aborde pas est celle de savoir si le choix final qui sera opéré sera équilibré ou s’il favorisera nettement une région par rapport à l’autre. Sur ce point, les ministres de son propre parti – le MR – devront se montrer particulièrement vigilants…

La fin est proche…

Une carte blanche de Jules Gheude publiée aujourd’hui sur le site du journal Le Soir.

Est-ce la fin de la «suédoise»? Si oui, ce pourrait être aussi la fin du pays!

Nul besoin d’être devin pour dire que 2018 se présente mal pour le Premier ministre.

En annonçant que la question énergétique fera l’objet de la campagne électorale en vue du scrutin de 2019, le président de la N-VA, Bart De Wever, vient en fait de toucher l’embarcation suédoise. Il répond ainsi à Charles Michel qui, il y a quelques jours encore, soulignait qu’il ne laisserait personne torpiller le pacte énergétique et que celui-ci devrait être approuvé dès le début 2018.

Nous sommes ici bel et bien confrontés à un casus belli au sein du gouvernement fédéral.

S’il faut en croire L’Echo, tant sur le fond que sur la forme, c’est aujourd’hui le ras-le-bol (quasi) généralisé au MR par rapport à la N-VA.

Le problème, c’est que Charles Michel ne dispose d’aucune marge de manœuvre. Evoquant le dernier baromètre politique (le PS est talonné par le PTB), Paul Magnette a clairement fait savoir que le PS avait tout intérêt à rester dans l’opposition. Une démission du gouvernement ne pourrait donc qu’entraîner des élections législatives anticipées, dont les résultats offriraient l’image d’un pays à deux visages, l’un regardant vers la droite, l’autre vers la gauche.

En 2010, la démission du gouvernement Leterme avait engendré une crise de 541 jours. Aujourd’hui, l’éventualité de ne plus pouvoir mettre sur pied une équipe fédérale est loin de relever de l’utopie. Or, qu’est-ce qu’un Etat sans gouvernement, si ce n’est un Etat qui n’existe plus !

En 1981, soit 25 ans avant le fameux « Bye bye Belgium » de la RTBF, François Perin avait écrit : « Cela fait des années que je pressens ce qui va arriver. (…) Après d’éventuelles élections (…), le malheureux chef de l’Etat se mettra à courir après un gouvernement introuvable : la Belgique peut disparaître par implosion. (…) Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance et d’affirmer leur nation ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité. »

Pas de cohabitation sereine

A l’instar de François Perin, nous n’avons jamais ressenti la Belgique. Depuis sa création artificielle en 1830, elle n’a jamais cessé de se chercher.

Six réformes institutionnelles n’ont pas réussi à engendrer une cohabitation sereine des deux grandes Communautés. Sans doute aucune goutte de sang n’a été versée, mais force est de constater que la complexité extrême de l’organigramme politique est aujourd’hui un facteur majeur de paralysie. La saga du RER et des nuisances sonores au-dessus de l’aéroport de Bruxelles, l’impossibilité de construire un stade « national » sont autant d’éléments qui témoignent d’une profonde déliquescence. Jean Quatremer, le correspondant du journal français Libération à Bruxelles, a parfaitement décrit la situation : « Cinquante ans de luttes communautaires entre Flamands et Wallons (…) ont conduit le royaume dans une voie sans issue : impotence, incompétence, irresponsabilité. »

Entre le Nord et le Sud, le fossé économique est béant : la Wallonie affiche un taux de chômage deux fois supérieur à celui de la Flandre. En 2016, celle-ci a exporté pour 205,7 milliards d’euros, soit près de 5 fois plus que la Wallonie (42,6 milliards). On n’ose imaginer le sort de la Wallonie en 2020, lorsqu’elle sera privée des quelque 6,5 milliards d’euros de transferts financiers en provenance de la Flandre !

Une nation bien réelle

Les partis séparatistes flamands sont aujourd’hui crédités de quelque 40 %. Et l’on commettrait une lourde erreur en pensant que cette mouvance est absente des autres formations politiques. Les déclarations du député CD&V Hendrik Bogaert sont là pour nous le rappeler !

L’ancien éditorialiste du Standaard, Manu Ruys, vient de décéder. Il avait écrit, en 1973, Les Flamands, dont le sous-titre est éloquent : Un peuple en mouvement, une nation en devenir.

Cette nation existe bel et bien aujourd’hui, comme le précise le préambule de la « Charte pour la Flandre », adoptée en 2012 Et rien ne pourra l’empêcher de devenir à terme un Etat !

Les leaders francophones ne prennent pas conscience de cette réalité. Tout se passe pour eux comme si la Belgique était vouée à l’éternité. Les émissions télévisées « Place royale » et « C’est du belge ! » sont là pour entretenir la fibre « patriotique » !

Voilà près de dix ans que j’exhorte les responsables politiques wallons à réfléchir à cette hypothèse de scission de la Belgique, hypothèse dont le sage Xavier Mabille, alors président du CRISP, avait dit en 2006 qu’il ne fallait en aucun cas l’exclure. Une seule solution

Les travaux approfondis que nous avons personnellement menés et qui ont fait l’objet de publications, démontrent que seule une intégration de la Wallonie à la France, avec un statut de large autonomie, pourrait constituer une solution réaliste.

Jacques Lenain, ce haut fonctionnaire français aujourd’hui retraité, a approfondi la question. Il s’en est entretenu avec le constitutionnaliste Didier Maus, lequel confirme : « Il serait parfaitement possible de créer un titre spécial ‘De la Wallonie…’ qui contiendrait une mini-Constitution sur mesure pour la Wallonie. Il en découle que, sur le fondement de cette mini-constitution, il serait parfaitement réalisable de conserver en l’état, au moins pour l’essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits ‘connexes’, des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd’hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l’enseignement supérieur. Ce ne serait pas une difficulté de faire de la sorte puisqu’il en est déjà ainsi, même si c’est avec moins d’ampleur, dans certains territoires français (…). »

Nous avons la chance énorme de relever d’un cadre général que le Wallon André Renard qualifiait lui-même de grand flambeau, de grande lumière de culture. Ne sommes-nous pas, en effet, des Français que les hasards de l’Histoire ont contraints de vivre en dehors de l’Hexagone ?

Evoquant cette intégration de la Wallonie à la France, Jacques Attali, l’ancien conseiller du Président François Mitterrand, a déclaré : « C’est un beau débat. Qu’il commence ! »

Les bons vœux d’Emmanuel Macron

Extraits du discours prononcé par le président de la République française en cette toute fin d’année 2017.

« Je continuerai à faire ce pour quoi vous m’avez élu, et ne pas adapter notre pays aux changements du monde, (…) mais en faire ce qu’il est, un pays fort, avec une économie forte. »

Emmanuel Macron assure qu’il « écoutera toujours » ceux qui s’opposent à sa politique. « Mais pour autant, je n’arrêterai pas d’agir. Toujours, j’écouterai, j’expliquerai notre situation, et la réalité de celle-ci, et à la fin, je ferai, car c’est ce dont notre pays a besoin et c’est ce que vous attendez de moi. »

« Sur le plan européen, l’année 2018 sera décisive. Je me suis pleinement engagé dans cette bataille, car je crois profondément que l’Europe est bonne pour la France, que la France ne peut pas réussir sans une Europe forte. »

Emmanuel Macron explique que des consultations citoyennes seront organisées en Europe pour que les projets politiques s’adaptent aux aspirations des citoyens.

Le but est de « faire face aux Etats-Unis et à la Chine en portant des valeurs qui sont communes. (…) J’ai besoin qu’ensemble, nous ne cédions rien, ni aux nationalistes, ni aux sceptiques. »

« Sur le plan national, l’année 2018 sera à mes yeux celle de la cohésion de la nation. Nous sommes trop souvent divisés. Les débats sont légitimes, les désaccords nécessaires, mais les divisions nous minent. Je veux plus de concorde pour la France en 2018. Je veux miser sur l’intelligence française. L’école doit être le creuset de cette cohésion. »

Emmanuel Macron a évoqué les défis qui attendent la France à l’international en 2018. « Nous gagnerons cette bataille contre le terrorisme », a-t-il déclaré.

« Je veux miser sur le travail, qui est au cœur de notre société. (…) C’est par le travail que notre nation sera plus forte parce qu’elle produira plus, parce qu’elle s’enrichira. »

« Je veux miser sur la fraternité, ce qui nous tient ensemble. Je crois dans la réussite, dans les succès, mais que sont-ils s’ils sont les succès de quelques-uns, s’ils nourrissent les rancœurs et les égoïsmes ? Tant de nations sont en train de s’y fracasser. »

« Je veux que nous puissions apporter un toit à tous ceux qui sont sans-abri. Le gouvernement a beaucoup amélioré les choses, mais il y a encore des situations qui ne sont pas acceptables. (…) Comptez sur ma détermination entière en la matière. »

« Je ne céderai rien sur le droit d’asile, nous continuerons à accueillir ces hommes et ces femmes car la France est leur patrie. Mais nous ne pouvons accueillir tout le monde, il faut fixer des règles. » Emmanuel Macron défend le projet de recensement des migrants dans les centres de rétention, défendu par Gérard Collomb, et très critiqué à gauche. « Je m’attacherai à ce que notre pays reste sur cette ligne d’humanité. »

« Le peuple français est un grand peuple qui parfois sous-estime ses ressorts intimes. Nous sommes capables de l’exceptionnel. »

« C’est avec cet esprit de conquête, que nous avons en partage, cette ambition sincère que nous avons pour notre pays et chacun d’entre vous, et de faire vivre cette renaissance française que je vous présente mes vœux. »

« Nous avons besoin de repenser un grand projet social pour notre pays », a déclaré Emmanuel Macron, qui parle d’une « exigence humaniste ». Il a redit son « engagement » d’apporter un toit à tous.