Des questions (et des réponses)

Nous reprenons ici la réaction de Valmy à l’article précédent.

Permettez-moi d’avancer les interrogations suivantes :

La Flandre a-t-elle besoin du cadre belge pour investir en Wallonie?

Non.
Les traités européens permettent la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes. De ce fait la Flandre investit aussi bien en Wallonie qu’en France. Ainsi, la France détient le monde bancaire et l’industrie de l’énergie en Belgique. Sans oublier la présence wallonne dans le parc immobilier flamand.

A quoi tient l’indépendance de la Flandre?

La question de l’indépendance de la Flandre et du confédéralisme « belge » tient essentiellement aux traités européens qui permettent ou non l’émergence d’une ou de plusieurs nouvelles entités étatiques issues de la partition d’un Etat signataire des dits traités. D’où l’intérêt flamand pour les cas de l’Ecosse et de la Catalogne.

La NVA joue-t-elle un jeu hypocrite?

En fait, personne ne pourrait reprocher à un parti politique dominant de s’inspirer de la duplicité d’un Louis XI. Toutefois, sauf miracle électoral, la NVA compte sur l’appoint du Vlaams Belang pour imposer sa politique sécessionniste. Dans ce cas de figure, qui oserait jurer que le Vlaams Belang laisserait la NVA hésiter au dernier moment à détruire la Belgique? L’essence même du Vlaams Belang, comme celle du VVB, repose sur la haine de la Belgique!

Quels problèmes à prévoir ?

Pour problématiques qu’elles soient, les partitions possibles de l’Ecosse, de l’Irlande du Nord ne bouleverseraient pas l’ordre européen établi. Par contre, le cas de la Catalogne énerverait la France (protection de sa frontière pyrénéenne et crainte de répliques sur son territoire) et l’Italie ( la question de la Lombardie, du Haut-Adige et peut-être du Val d’Aoste).
Par contre, la disparition de la Belgique réveillerait l’Histoire diplomatique du XIXe siècle et ses fantômes, la trahison de M. de Talleyrand et la Belgique tête de pont et carpette britannique sur le continent (toujours valable aujourd’hui malgré le Brexit).

Existerait-il une solution pragmatique pour l’Europe?

Oui et assez simple.
L’Europe pourrait accepter le séparatisme de la Flandre mais lui imposer la création d’une grande confédération néerlandaise avec la Royaume des Pays-Bas. L’institution actuelle de Benelux offre le cadre à une telle solution. Ni le Vlaams Belang ni le VVB ni l’intelligentsia flamingante ne repousseront cette offre car elle répondrait à leurs vœux.
La France pourrait ainsi s’inviter à prendre la Wallonie sous son aile et les Wallons n’auraient pas d’autre choix. Question d’homogénéité linguistique et culturelle.
La « Belgique orientale » aurait le choix entre la RFA et le Grand-Duché de Luxembourg.

Que pourrait faire la France?

Comme le proclamait Charles Plisnier lors du Congrès National Wallon de 1945, la France n’est pas impérialiste. D’ailleurs, Charles de Gaulle ne conseilla-t-il pas aux Wallons d’appeler la France « au secours! » le jour où ils seraient représentés par des institutions politiques légitiment élues? Quant au Président Macron jusqu’où pousserait-il son caractère « jupitérien »? Rien n’exclut à ce jour de penser que sa vision d’une Europe renforcée ne l’impliquerait pas dans la « question belge ». La France n’a-t-elle déjà pas averti qu’elle reconnaîtrait le nouvel Etat de Flandre en cas de dislocation de la Belgique? Si elle accomplissait cette démarche vis-à-vis de la Flandre, elle ne pourrait pas laisser la Wallonie voguer en apesanteur dans la constellation européenne.

A quoi donc tient l’avenir de la Wallonie?

Aux politiques wallons et à eux seuls !
Charles Plisnier, lors du Congrès National Wallon de 1945, terminait ainsi son harangue : « Camarades wallons, nous aurons peut-être un jour besoin de la France, lorsque nous aurons fait cette expérience ultime qui nous est demandée, lorsque nous l’aurons faites dans un sacrifice à la raison et au sens des réalités politiques. Lorsque nous aurons fait cette expérience ultime et si, comme je le crains, cette expérience avorte, alors – j’entends le dire aujourd’hui – nous serions justifiés à nous tourner vers la France et aucun reproche ne pourrait nous être adressé, car cet expérience, nous la ferons en toute loyauté et sans arrière-pensée d’aucune sorte.« 
En conclusion : les wallons supportent le poids de « l’expérience ultime » depuis septante-deux ans. A bien observer « den eerste minister » Michel et la pétaudière gouvernementale en Wallonie, le peuple wallon n’a pas encore atteint la quatorzième station de son chemin de croix.

Valmy

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4 réflexions sur « Des questions (et des réponses) »

  1. Nos hommes politiques (tous partis confondus), nos intellectuels (depuis Edmond Picard et Henri Pirenne), ainsi que notre souverain, tous se relayent régulièrement, avec un enthousiasme touchant, dans une démarche de « bon patriote », pour louer le cosmopolitisme du Belgium, notre « petite nation », ce « carrefour de l’Occident », ce « balcon sur l’Europe », et la décrire comme la quintessence de « l’âme européenne ( sic ) ».

    L’antidote à ce pernicieux poison existe et se lit dans un article paru sur le site du FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, « L’homme sans civilisation est nu et condamné au désespoir », Mathieu Bock-Côté a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. L’intellectuel québécois y proclame son amour de la France et fait part de son angoisse de voir le multiculturalisme détruire les identités nationales. Par Alexandre Devecchio Publié le 29/04/2016 à 19:36
    Après cette lecture, à diffuser largement auprès de nos « élites », nous pouvons nous féliciter de l’existence de la NVA, du Vlaams Belang et du Mouvement populaire flamand (VVB).

    Un second entretien paru sur FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN doit également retenir l’attention des rattachistes car il y a tout juste 50 ans, le Général de Gaulle, en visite officielle au Québec, prononçait la fameuse phrase « Vive le Québec libre ! » sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal.

    Christophe Tardieu, qui vient de publier un ouvrage sur ce voyage, « La dette de Louis XV » (éd. du Cerf, 2017), revient pour FigaroVox sur cet événement majeur. Par Alexandre Devecchio Publié le 21/07/2017 à 17:09.

    Que ne pourrions- nous écrire « La dette d’Henri IV », ce magnifique souverain lâchement assassiné afin de l’empêcher de reprendre à l’Espagne habsbourgeoise non seulement les anciens fiefs de France (Artois, Flandre wallonne et Flandre flamingante sise tout le long de la rive gauche de l’Escaut) mais encore des terres d’empire de langue française, à savoir la Wallonie et la Lorraine. De toute façon, rien ne nous empêche, à l’occasion, de rappeler cette « dette » à la France et aux cousins français.

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  2. Je suis pour le rattachement de la Wallonie à la France. Mais, il y a une chose que chez nous en France (je suis française) nous ne dirons jamais c’est septante et nonante. En France, c’est soixante-dix et quatre-vingt-dix. Une autre différence, en France nous disons : est-ce que vous pouvez faire ça, et non est ce que vous savez faire ça (pour demander de le faire). La première fois que je suis arrivée en Wallonie, un collègue Wallon m’a demandé si je savais faire ça. Moi j’ai répondu que oui je savais le faire, car je pensais qu’il me demandait si je savais tout simplement le faire. Mais en fait, sa demande etait pas si je savais le faire mais si je pouvais le faire. Alors ma question est la suivante : comment ferez vous en Wallonie pour parler le français de France? Car cela peut vraiment poser un problème de communication avec nos administrations françaises. Idem pour les chiffres, un français ne dira pas septante deux. Il dire soixante-douze. Je ne me moque pas loin de là, mais je me demande comment les Wallons géreront cette différence du français qui peut poser problème. Encore aujourd’hui, de façon instinctive, je dis soixante-dix en Wallonie. Il faut que je me concentre pour pouvoir dire septante. Il m’arrive même de me mélanger et de dire septante quatorze (ce qui n’existe pas). En tout les cas, cela ne change en rien, que je suis 100% d’accord pour que la Wallonie devienne un jour française.

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    1. Ne vous en faites pas Madame, ce ne sont que des différences mineures de langage qui se marquent aujourd’hui en Belgique sous influence germanique, bicentenaire. Dès que cette influence néfaste disparaîtra, les Wallons s’exprimeront comme tous leurs concitoyens, de Nice à Calais. L’exemple de confondre savoir et pouvoir en est le plus marquant; cela se corrige. Veuillez remarquer qu’en vacances en France les Wallons se corrigent aisément. Permettez-moi de vous narrer une petit événement amusant auquel je fus confronté dans une boucherie lyonnaise. Ma commande passée, l’aimable commerçant me posa la question suivante:  » Rien d’autre, Monsieur, je vous la plie ? » Je répondis « Oui » mais je n’avais pas saisi immédiatement que « plier » pouvait signifier « emballer ». Maintenant, je traduis sans surprise. Merci de nous accueillir.

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