La Wallonie promise… à la France

Par Georges Régibeau

On nous promet une autre Wallonie.

Au-delà du renversement de majorité voulu par Benoît Lutgen, les sondages annoncent l’effondrement du parti socialiste et celui-ci cherche à se sauver par une sévère correction de son mode de gouvernance. Ecolo, courtisé par le MR et le cdH, réclame une nouvelle façon de faire de la politique.

Cela bouscule à tous les étages. Pour mesurer l’ampleur du séisme, il y aura d’abord les élections communales. Autant de citadelles à prendre. Ou à perdre. Et puis, dans moins de deux ans auront lieu les prochaines élections fédérales et là, il faudra s’entendre avec les partis flamands pour encore une fois prolonger l’existence de la Belgique.

En un sens, la Belgique est déjà confédérale. Elle ne peut se maintenir que par consentement mutuel, aux conditions des uns et des autres. Après le blocage de 2007-2008, après la paralysie interminable de 2010-2011, après l’arrivée au pouvoir de la N-VA en 2014, on peut raisonnablement se demander si les élections de 2019 ne conduiront pas à une impasse, à l’impossibilité de former un gouvernement fédéral, et donc à un « divorce de velours », comme entre les Tchèques et les Slovaques il y a 25 ans.

Certes, pareille question, sur la fin prochaine de la Belgique, est totalement évacuée du débat politique. Certains la jugeront même incongrue. Il est bien connu que les Belges ont un sens du compromis très supérieur à celui des Tchèques et des Slovaques, surtout quand cela permet de multiplier les mandats politiques et les complexités en tout genre. Mais il y a quelques raisons de penser que, chacun jouant son rôle, en fonction de ses priorités, la conclusion s’imposera d’elle-même. En couverture du magazine Le Vif/L’Express, cette semaine, la question qui fâche est formulée en ces termes : « scandales + PTB = pays explosé dans deux ans ? »

On a beau chanter la brabançonne avec la main sur le cœur, boire une chope en mangeant des frites, nier, résister, dire quelques mots en flamand, rien n’y fait : la dynamique de l’état belge est centrifuge et, au vu des réactions de l’opinion publique en Flandre et en Wallonie, on semble au bord de la rupture. Il importe peu que le PTB soit un parti resté « national », unitaire, imperméable aux tensions communautaires, uniquement sensible à la lutte des classes : son envol en Wallonie confirme à souhait le diagnostic posé et répété par Bart De Wever : des deux côtés de la frontière linguistique, il y a deux cultures politiques étrangères l’une à l’autre. Après tout, c’est ce que Jules Destrée écrivait déjà en 1912, à une époque où la langue française était pourtant commune aux bourgeois de Flandre et de Wallonie.

Ce 10 juillet 2017, veille de la fête de la Communauté flamande, Geert Bourgeois ne manque pas l’occasion de le marteler aux auditeurs de la Première : « Il y a vraiment deux démocraties en Belgique ». Conclusion du chef de l’exécutif flamand : que chacun s’occupe de ses affaires, « …il nous faut plus de compétences, de vrais leviers sur le plan fiscal, (du) marché du travail, (des) soins de santé, des compétences homogènes ». En Wallonie, on se montre agacé par la rengaine de la N-VA. « Beaucoup de francophones ne disposent pas de lunettes jaunes et noires seules aptes à déceler ces deux démocraties si chères à la N-VA », écrit-on dans le journal Le Soir quand il s’agit de commenter « le navrant folklore nationaliste » associé à la célébration du 11 juillet.

Comme d’habitude, on sous-estime la dynamique flamande en se persuadant que la Belgique est faite pour durer, qu’on peut même inverser la tendance en renforçant l’autorité fédérale sans nuire aux intérêts des francophones. Le contexte actuel n’est pourtant pas favorable aux protestations belgicaines, ainsi que l’écrit Jan De Troyer dans La Libre. Les socialistes flamands tiennent à marquer leurs distances avec leurs homologues francophones. Et quand le Washington Post compare le système politique belge à d’anciens régimes africains peu démocratiques, avec un désordre institutionnel savamment entretenu qui profite à des barons locaux, surtout à Bruxelles, il y a tout lieu de penser que la N-VA marque à nouveau des points auprès des électeurs flamands, sans doute indignés d’être ainsi confondus avec les magouilleurs qui sévissent au sud de la frontière linguistique.

Et voici que la N-VA contre-attaque dans le dossier du survol de Bruxelles, encourageant les compagnies aériennes à ne pas payer les amendes imposées par la Région bruxelloise en cas de dépassement des normes de bruit. L’aéroport national situé en Flandre et les avions envoyés au-dessus de Bruxelles pour ne pas déranger les électeurs flamands : c’est une parfaite illustration du fédéralisme à la belge. Et il n’y a pas de raison que cela cesse, avec ou sans la N-VA qui demeure, et de loin, le premier parti de Flandre, une position qu’elle gardera sans doute en 2019, quoi qu’il arrive –y compris une hypothétique victoire des Diables rouges à la prochaine coupe du monde de football.

Pour faire encore exister la Belgique, sous une forme ou une autre, il faudra composer avec de nouvelles exigences flamandes. En Wallonie, on fait semblant de rien mais il faut supposer que, dans les centres d’étude ou les milieux académiques, il y a des experts qui s’ingénient à tracer les contours de ce que pourrait être une septième réforme de l’état belge. On n’entend personne remettre en cause l’obligation de s’entendre avec la Flandre, aux conditions qui seront les siennes. Il est vrai que les francophones auront aussi leur mot à dire. On doit atteindre un certain consensus pour réviser la constitution. Ce n’est pas gagné mais on fait comme s’il n’y avait pas d’alternative.

La Wallonie avance dans le brouillard. Nombreux sont les élus qui ont la fâcheuse habitude de ne réagir aux circonstances que lorsqu’ils ont le nez dessus. La règle est plutôt de s’installer dans le confort du pouvoir aussi longtemps que les problèmes ne s’imposent pas. A supposer même que ces élus soient lucides et responsables, il n’est pas sûr que leurs électeurs leur pardonneraient d’envisager maintenant la fin de la Belgique. Il ne faut pas réveiller les vieux démons communautaires. On est tous supporters des Diables rouges, olé, olé, olé. Mais le processus de démantèlement de l’état belge est une pente naturelle et peut aussi faire penser à des sables mouvants : quand on veut s’en extraire, on s’enfonce.

Paul-Henry Gendebien, dont nous saluons la clairvoyance, aime rappeler cette phrase de Marx : « Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font ». Les attentes des électeurs, le jeu politique, tout peut conduire à des effets non contrôlés. Les manœuvres actuelles, en Wallonie, n’ont rien à voir avec le rattachement à la France, même si elles peuvent avoir été influencées par la façon dont Emmanuel Macron a rebattu les cartes en France. Il n’en reste pas moins que, même à son corps défendant, la Wallonie penche vers la France, et de plus en plus, parce qu’elle est culturellement attachée à la France et que le fédéralisme belge est centrifuge. On voudrait nous faire croire qu’en Wallonie on n’aime pas ce qui est simple et cartésien, et qu’on revendique une identité particulière avec le droit de garder une frontière là où elle est la moins naturelle. Une identité surréaliste ou, disons, schizophrène qui se manifesterait par une résistance irrationnelle à la perspective d’intégrer la République française. Cela nous semble exagéré, superficiel.

Demain ne sera pas comme hier. La Wallonie est secouée en profondeur par le coup de poker de Benoît Lutgen autant que par les dernières « affaires ». Une bonne partie de la classe politique, intimement liée à la société wallonne par une multitude de réseaux, de piliers, de relations clientélistes, est désormais désavouée. Aux yeux des électeurs, la politique semble avoir perdu ses lettres de noblesse et, dans une ambiance de fin de régime, la classe politique elle-même est poussée à réclamer la fin de ses privilèges, devenus insupportables, indéfendables.

On nous promet une autre Wallonie.

Nous ne sommes pas sur une île, au milieu de nulle part. Ce moment de crise est également le produit d’une évolution plus large de la démocratie. Ailleurs aussi, la politique est désormais confrontée à un impératif de rationalisation, de transparence. Il est permis de penser que la politique est devenue un marché comme un autre et que la plus haute ambition de la démocratie est de casser les situations de monopole, et qu’il suffit d’une saine concurrence pour sanctionner la mauvaise gestion, les profits abusifs, les arnaques en tout genre. A l’inverse, on peut se faire à l’idée que la grande faute de la politique est d’avoir perdu le sens de sa mission, de l’intérêt général, d’avoir perdu ses repères et, à force de céder à la culture de l’argent, d’avoir baissé pavillon devant le monde des affaires, en se ménageant parfois des opportunités de profit moralement discutables. Il est certain que la politique ne peut pas tout laisser faire en se contentant de célébrer la liberté individuelle : elle doit garder la main pour que soit garanti le contrôle effectif des citoyens.

Quoi qu’il en soit, on nous promet une autre Wallonie.

On nous annonce une réforme de la pratique politique mais cela ressemble à du sauve-qui-peut. De son côté, le Président Macron s’engage à réduire le nombre de parlementaires et surtout à réduire le nombre de cumuls dans le temps, de manière à ce que les élus de la République ne soient plus en situation de confisquer le pouvoir à leurs électeurs. Chacun peut juger souverainement cette évolution de nos démocraties et gloser sur les intentions des uns et des autres. Il apparaît néanmoins que ce contexte, en Wallonie, crée une instabilité nouvelle. En Wallonie et en cfwb, la classe politique est fragilisée et rien ne dit que les institutions pourront fonctionner normalement d’ici aux prochaines élections régionales, du moins si les majorités sont différentes en Wallonie et en Région bruxelloise.

Avec les difficultés qui s’annoncent, certains régionalistes entrevoient une avancée majeure vers une suppression de la Communauté française mais, parce que la complexité des institutions n’est pas un gage de bonne gouvernance, on finira tout simplement par liquider la Belgique et, sur cet ancien champ de bataille de l’Europe, on fera de Bruxelles le siège unique des principales institutions européennes.

Car au niveau européen aussi, on voudrait en finir avec les solutions alambiquées. Il faut du temps pour que les lignes bougent mais la répétition des mêmes exigences indique le sens de l’évolution la plus probable. On entend régulièrement des voix dénoncer l’obligation faite aux députés européens de se réunir à Bruxelles et à Strasbourg. Cette fois-ci, il semblerait que ce soit la CDU, le parti d’Angela Merkel, qui plaide en faveur d’un siège unique du Parlement européen à Bruxelles, à côté du siège de la Commission. Cela renforcerait l’Union européenne, et c’est là une des priorités du président français. L’abandon de Strasbourg pourrait se faire en échange du déménagement de l’Office européen des médicaments qui, suite au Brexit, doit quitter Londres pour une autre ville européenne. On peut imaginer les résistances françaises, même si, dans l’entourage d’Emmanuel Macron, il y a d’anciens eurodéputés qui ne cachent pas leur préférence pour un siège unique du Parlement européen à Bruxelles.

Et si, du même coup, la France s’agrandissait de la Wallonie ?

Voilà qui mettrait la France aux portes de Bruxelles.

Et si le président Macron, qu’on se plaît à comparer à l’un ou l’autre Bonaparte, faisait en sorte que le drapeau français flotte à Waterloo?

La France a-t-elle renoncé à tout sentiment de grandeur ?

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7 réflexions sur “ La Wallonie promise… à la France ”

  1. Bien sur que la Flandre veut plus de séparatisme. Mais lequel, et de quel genre ? C’est là où je mets en garde les Wallons. Si la Flandre est pour la séparation de l’économie, de la sécurité sociale, des politiques, de la justice et même pour s’offrir une autonomie, elle ne parle pas pour autant de séparation territoriale. Et pour cause, la Flandre a besoin de territoire, d’espace, de terrain, de zoning, d’espace agricole et de ressources. La Flandre est en manque d’espaces libres, alors que la Wallonie en a. Déjà les entreprises flamandes de construction, comme Loix s’approprient des zones entières pour construire et revendre. Aux barrages de l’Eau d’Heure, Flamands et Hollandais se sont associés pour y faire des villages réservés exclusivement aux Flamands et Néerlandais. Les Wallons ne sont plus vraiment chez-eux en Wallonie. Car ce n’est pas un séparatisme libérateur qui se profile, mais bien un colonialisme oppresseur. J’ajoute que l’union Flandre & Hollande qui se construit sans crier gare, dont nos médias nous parlent même pas, même quand le général en chef des forces néerlandaises est invité à la VRT pour parler de l’intégration de la force aérienne dans l’armée néerlandaise, justifiant ainsi l’obligation pour l’armée flamande d’acheter le F35, cette union présage un avenir bien sombre pour les Wallons dont la Wallonie se fait racheter par les néerlandophones. La séparation et la délivrance de la Wallonie ne se fera qu’au prix d’une grande volonté et une grande détermination des Wallons. Or, soumis à une Belgïe flamande, coincés dans un Wallo-Brux où les Bruxellois étouffent l’identité wallonne, et abreuvé par des médias bruxellois belgicains, (RTBF, RTL, Le Soir, La Libre…) les Wallons sont loin de cet état d’esprit. Et ce n’est pas le PTB et ses cadres flamands qui changeront la donne.

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  2. Je suis française, je pense qu’il ne faut rien attendre d’Emmanuel Macron… Mais, je pense que vu le contexte actuel, la situation entre la Flandre et la Wallonie va se dégrader de plus en plus…. La Wallonie deviendra française le jour où les Wallons en auront assez de tout ce cirque. En tout les cas, j’espère qu’un jour le peuple Wallon demandera son rattachement à la France. Ce qui serait tout à fait normal.

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  3. D’abord, merci à Marie Chantal pour vos encouragements. Ca fait toujours plaisir de voir des français venir sur ce site pour exprimer leurs désir de voir un jour notre chère Wallonie devenir française…
    Mais je persiste à dire que, le seul et unique scénario possible d’une séparation pure et simple de la Wallonie et de la Flandre (donc fin de l’Etat belge), n’arrivera que si plusieurs facteurs entrent en jeux: plus la Wallonie ira à gauche (politiquement parlant) et plus la Flandre ira à droite (dans ce cas de figure, la montée du PTB ainsi que le maintient de la N-VA et la montée du Vlaamsbelang en Flandre, sont une aubaine pour nous, rattachistes), il faudra bien également une 7ème réforme de l’Etat ainsi que le courage des politiques flamands pour vraiment porter l’estocade: c’est-à-dire une déclaration unilatérale d’indépendance de la Flandre en un Etat unique et souverain pour lui-même.
    Tant que tous les facteurs ne sont pas réunis au même moment, il ne se passera strictement rien du tout!!! Ou si, il risque d’arriver ce que Claude Roland décrit plus haut…soit un enlisement (plus de gouvernement pendant X temps) ou soit une main mise néerlandophone! Et alors là; pauvre de nous, Wallons!!!

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  4. Il n’y a rien á attendre du nommé Macron valet de la finance et
    adepte du tout á l’anglais. L’avenir est sombre et les Wallons
    vautrés dans leur belgitude envoient leurs enfants apprendre
    à aboyer flamand. Quant á la France elle a perdu le sens de
    la grandeur chère au Général De Gaulle. Il n’y a rien á attendre
    non plus de l’UE voir son attitude face á l’indépendantisme
    catalan. Madcron est un incivique de la francophonie.

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  5. Permettez-moi d’avancer les interrogations suivantes :
    La Flandre a-t-elle besoin du cadre belge pour investir en Wallonie ? Non.
    – Les traités européens permettent la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes. De ce fait la Flandre investit aussi bien en Wallonie qu’en France. Ainsi, la France détient le monde bancaire et l’industrie de l’énergie en Belgique. Sans oublier la présence wallonne dans le parc immobilier flamand.
    A quoi tient l’indépendance de la Flandre ?
    – La question de l’indépendance de la Flandre et du confédéralisme « belge » tient essentiellement aux traités européens qui permettent ou non l’émergence d’une ou de plusieurs nouvelles entités étatiques issues de la partition d’un Etat signataire des dits traités. D’où l’intérêt flamand pour les cas de l’Ecosse et de la Catalogne.
    – La NVA joue-t-elle un jeu hypocrite ? En fait, personne ne pourrait reprocher à un parti politique dominant de s’inspirer de la duplicité d’un Louis XI. Toutefois, sauf miracle électoral, la NVA compte sur l’appoint du Vlaams Belang pour imposer sa politique sécessionniste. Dans ce cas de figure, qui oserait jurer que le Vlaams Belang laisserait la NVA hésiter au dernier moment à détruire la Belgique ? L’essence même du Vlaams Belang, comme celle du VVB, repose sur la haine de la Belgique !
    Quels problèmes à prévoir ?
    – Pour problématiques qu’elles soient, les partitions possibles de l’Ecosse, de l’Irlande du Nord ne bouleverseraient pas l’ordre européen établi. Par contre, le cas de la Catalogne énerverait la France (protection de sa frontière pyrénéenne et crainte de répliques sur son territoire) et l’Italie ( la question de la Lombardie, du Haut-Adige et peut-être du Val d’Aoste).
    Par contre, la disparition de la Belgique réveillerait l’Histoire diplomatique du XIXe siècle et ses fantômes, la trahison de M. de Talleyrand et la Belgique tête de pont et carpette britannique sur le continent (toujours valable aujourd’hui malgré le Brexit).
    Existerait-il une solution pragmatique pour l’Europe ? Oui et assez simple.
    L’Europe pourrait accepter le séparatisme de la Flandre mais lui imposer la création d’une grande confédération néerlandaise avec la Royaume des Pays-Bas. L’institution actuelle de Benelux offre le cadre à une telle solution. Ni le Vlaams Belang ni le VVB ni l’intelligentsia flamingante ne repousseront cette offre car elle répondrait à leurs vœux.
    La France pourrait ainsi s’inviter à prendre la Wallonie sous son aile et les Wallons n’auraient pas d’autre choix. Question d’homogénéité linguistique et culturelle.
    La « Belgique orientale » aurait le choix entre la RFA et le Grand-Duché de Luxembourg.
    – Que pourrait faire la France ?
    – Comme le proclamait Charles Plisnier lors du Congrès National Wallon de 1945, la France n’est pas impérialiste. D’ailleurs, Charles de Gaulle ne conseilla-t-il pas aux Wallons d’appeler la France « au secours ! » le jour où ils seraient représentés par des institutions politiques légitiment élues ? Quant au Président Macron jusqu’où pousserait-il son caractère « jupitérien » ? Rien n’exclut à ce jour de penser que sa vision d’une Europe renforcée ne l’impliquerait pas dans la « question belge ». La France n’a-t-elle déjà pas averti qu’elle reconnaîtrait le nouvel Etat de Flandre en cas de dislocation de la Belgique ? Si elle accomplissait cette démarche vis-à-vis de la Flandre, elle ne pourrait pas laisser la Wallonie voguer en apesanteur dans la constellation européenne.
    – A quoi donc tient l’avenir de la Wallonie ? Aux politiques wallons et à eux seuls !
    – Charles Plisnier, lors du Congrès National Wallon de 1945, terminait ainsi son harangue : « Camarades wallons, nous aurons peut-être un jour besoin de la France, lorsque nous aurons fait cette expérience ultime qui nous est demandée, lorsque nous l’aurons faites dans un sacrifice à la raison et au sens des réalités politiques. Lorsque nous aurons fait cette expérience ultime et si, comme je le crains, cette expérience avorte, alors – j’entends le dire aujourd’hui – nous serions justifiés à nous tourner vers la France et aucun reproche ne pourrait nous être adressé, car cet expérience, nous la ferons en toute loyauté et sans arrière-pensée d’aucune sorte. »
    En conclusion : les wallons supportent le poids de « l’expérience ultime » depuis septante-deux ans. A bien observer « den eerste minister » Michel et la pétaudière gouvernementale en Wallonie, le peuple wallon n’a pas encore atteint la quatorzième station de son chemin de croix.

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  6. Ceci devrait plaire et encourager tous les rattachistes. Pour bloquer le système belge, les Flamands ne sont même plus utiles et nécessaires !

    Crise politique: c’est par où la sortie?

    Philippe Walkowiak
    Publié le mercredi 12 juillet 2017 à 12h14 sur le site de la RTBF
    Voilà, on y est… dans ces négociations définitivement  » à la belge  » l’heure est au ça passe ou ça casse ou au très dehaenien tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien mais surtout on n’y voit toujours pas clair.
    (…)
    (…)
    Le système institutionnel belge est malade. Comme lors de la formation avortée de l’Orange Bleue en 2007, des 541 jours de crise fédérale en 2010-11 ou d’une majorité francophone fédérale en 2014, il apparaît que ce système ne peut fonctionner qu’au consensus, à la bonne volonté des uns et des autres pour dégager une coalition. Sans majorité, il n’y aura pas de gouvernement et sans un minimum d’atomes crochus, il n’y a pas de majorité. C’est désormais l’avatar francophone du récurrent dysfonctionnement fédéral.

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  7. Moi aussi je rêve de voir un jour la France aux portes de Bruxelles.
    Mais mon rêve de connaitre un jour une Wallonie Française ne restera t’-il jamais qu’une chimère ?
    Plus je parcours la Wallonie, plus je me rends compte de la disparité des opinions de ses composantes.
    Nous sommes, certes, manipulés depuis des décades par une presse belgicaine qui n’ose nous imaginer un autre destin que celui d’être et de rester belge.
    Mais êtes-vous bien certain de l’existence d’un réel sentiment d’appartenance wallonne ? Y a t’-il encore un sentiment d’appartenance wallonne de Tournai à Liège en passant par Arlon ?
    Personnellement, j’en doute. Des lustres de belgicanisme, de rabaissement de soi et de sous-régionalisme ont miné l’appartenance wallonne.
    Plutôt que l’espoir français, le plus grand danger de votre scénario ne serait-il pas un éclatement total de la Wallonie ?

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