Impressions de campagne

Face aux militants de l’A.W.F. sollicitant leur vote dans l’espace public, nombre de citoyens ont voulu avec beaucoup de transparence exprimer leur choix, leur rejet ou leur perplexité.

D’abord, et chez beaucoup d’entre eux, s’est manifestée une colère sans réserve à l’égard de l’ensemble de la classe politique belge et française mise dans le même panier. Certains qui refusaient  de voter avaient pourtant une bonne connaissance du débat et des enjeux. Soit ils se disaient écoeurés et souhaitaient s’abstenir, soit ils estimaient que les Belges n’avaient pas à se prononcer à propos d’un scrutin français,  sauf que le premier des Wallons, Paul Magnette, a, et à plusieurs reprises, pris position publiquement pour l’un ou l’autre candidat; il n’y avait pas de raison de se gêner, d’autant que les Français apprécient que leurs frères wallons se préoccupent de leur sort.

Les votants avaient l’opportunité de voter à l’abri des regards mais beaucoup souhaitaient au contraire nous faire connaître leur choix et souvent le justifier. Marine Le Pen, pourtant considérée d’extrême droite, a fait un score très étonnant pour ceux qui croient encore au discours convenu et rassurant présentant la Wallonie comme à l’abri de ce vote protestataire. Le plus étonnant est qu’aucun de ceux qui votaient ostensiblement pour Mme Le Pen n’évoquait un parti équivalant en Wallonie. Ces électeurs-là affichaient clairement leur intention de voter PTB au prochain scrutin car « ils en ont ras le bol« !

L’expression ‘choisir entre la peste et le choléra‘ a été couramment employée chez ceux, nombreux, qui ne se reconnaissent dans aucun des deux candidats qualifiés pour le second tour. C’est particulièrement le cas parmi ceux qui avaient porté leur premier choix sur Jean-Luc Mélenchon, le candidat de ‘La France insoumise‘. Parmi ces électeurs, certains disaient choisir Marine le Pen par dépit, beaucoup  votant pour Emmanuel Macron, d’autres encore mettant dans l’urne un bulletin blanc ou annoté de commentaires divers.

Beaucoup de ceux qui votèrent lors de notre sondage le firent de matière déterminée en nous disant « On n’a pas le choix » ou « Il faut faire barrage au FN » ou encore  » Macron ne fera rien pour les ouvriers« …

Des militants de l’A.W.F. ont ainsi, lors des deux tours, sillonné la province, allant de marché en marché, abordant des citoyens dans les piétonniers de Liège ou sur le campus du Sart-Tilman.

Là-haut, c’est un autre monde. La jeunesse estudiantine n’a pas d’amertume; même si, globalement, elle donna la préférence au candidat de « la France insoumise » au premier tour, elle choisit massivement Macron ou le vote blanc au second. Rien de tel ailleurs.

Partout, Mme le Pen a réuni pas mal de suffrages sur sa personne, même si beaucoup  d’autres suffrages s’exprimaient clairement contre elle : « Je vais voter pour qu’elle ne passe pas! »

Expérience intéressante que cet exercice. Si vous en doutiez encore, le débat politique français passionne les Wallons. Est-ce un hasard ? Non, il s’agit du débat d’idées auquel nous aspirons, il se passe dans notre langue, il traite des sujets qui nous concernent, à commencer par notre vision de l’Europe. Il concerne l’avenir de notre patrie de raison ou/et de cœur.

Marcel Dehalu, initiateur de l’opération « sondage vote pour les élections présidentielles françaises 2017 ».

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Une réflexion sur “ Impressions de campagne ”

  1. On ne marquera pas assez de reconnaissance à M. Marcel Dehalu, initiateur de l’opération « sondage vote pour les élections présidentielles françaises 2017 » pour son initiative. Rien n’interdit de penser que son expérience n’agira pas comme « un effet papillon » dans ce Belgium qui ne survit que par l’inertie de politiciens wallons tétanisés par la peur d’un avenir qu’ils sont incapables de créer. En fait, la clef de la Révolution française et son expansion à travers l’Europe relèva sans doute de ce que les patriotes révolutionnaires n’avaient plus rien à perdre. Les troupes autrichiennes composées de professionnels aguerris ne furent-elles pas balayées par une armée de sans culottes à pieds nus ? Il faudra sans doute, un jour, reconnaître au premier des Wallons, le Président Paul Magnette, d’avoir pris position publiquement pour l’un ou l’autre candidat. Peut-être a-t-il montré le chemin à suivre quand Di Rupo et le financement flamand auront disparu ? L’action de Monsieur Dehalu va donner du grain à moudre à la NVA et permettre à son président de conforter sa vision du précipice qui sépare les Wallons des Flamands. Clairement, l’intérêt des Wallons pour les débats d’idées en France, auxquels ils aspirent, les éloignent imperceptiblement du Belgium et certains politiques commencent à s’en rendre compte. Sinon, pourquoi ce débordement de reportages et d’envoyés spéciaux à Paris ? Quand on connaît le belgicanisme exacerbé et le bruxello-centrisme de la RTBF et de RTL, on est en droit de s’étonner.
    Maintenant comment les Wallons pourraient bouder des joutes oratoires qui se déroulent, enfin, dans leur langue ? Les pauvres sont matraqués depuis un demi siècle de logorrhées lourdes et balourdes « flamando-anglo-saxonnisantes » à la gloire du Benelux, ce résidu habsbourgeois, espoir du « Heel Nederland » des Staf De Clercq et Joris Van Severen.
    L’avenir nous dira ce que le nouveau président français apportera à la France et qu’il répondra aux espoirs de TOUS les Français sinon il ouvrira la porte aux combats de rue et un boulevard au Front national.
    En cela, les préoccupations des Wallons pour la France rejoignent leurs propres préoccupations.

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