La « clause Molière » : une discrimination ?

On sait combien la Flandre est sensible à la question linguistique, et cela ne date pas d’hier ou de la montée en puissance de la N-VA. Ce sont les sociaux-chrétiens flamands qui ont provoqué le « Walen buiten », à Louvain; et autour de Bruxelles, on aime rappeler qu’on est « waar vlamingen thuis zijn ». Il est donc piquant de voir la Louvaniste Marianne Thyssen qui, voici quelques années, dirigeait le CD&V (« Christen-Democratisch en Vlaams »), s’en prendre à la façon dont certaines municipalités françaises cherchent à imposer l’usage du français sur les chantiers publics au niveau local.

A l’origine de cette mesure controversée, appelée la « clause Molière », il y a un élu LR, adjoint au maire d’Angoulême et directeur d’hôpital. Il s’en explique ici dans le Figaro :

« J’ai dû faire construire un nouvel hôpital à Confolens, près d’Angoulême, et je me suis rendu compte sur le chantier que je n’avais aucun interlocuteur à qui m’adresser, car personne ne parlait français. J’ai donc eu l’idée de rajouter cette clause et ai pu constater son efficacité. Dès la première réunion de chantier, une PME locale qui employait des Polonais non francophones a décidé de favoriser l’emploi local plutôt que de recourir à un interprète. »

Voici ce qu’on peut lire aujourd’hui sur le site du Figaro :

Selon la Commission européenne, la Clause Molière est une « discrimination »

La Commissaire européenne à l’emploi Marianne Thyssen ne mâche pas ses mots dans un entretien au Parisien. Elle estime que la « Clause Molière » – appliquée dans plusieurs régions- n’est pas l’intérêt de la France.

La « Clause Molière » divise. (…) Certaines régions en ont fait une priorité: elle est désormais soutenue par cinq régions de droite (Pays de la Loire, Hauts-de-France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France), une région de gauche (Centre Val-de-Loire), cinq départements et de nombreuses villes. À la question « Faut-il imposer la maîtrise du français sur les marchés publics? », les internautes du Figaro.fr ont répondu « oui », à 86%.

Cependant, cette « Clause Molière » est vue d’un très mauvais œil par certains. Selon Marianne Thyssen, Commissaire européenne à l’emploi, c’est une « discrimination ». Dans un entretien au Parisien, elle s’offusque de cette mesure. « Sur le plan juridique, je pense que cette clause est une discrimination contraire à législation européenne. Ce n’est pas par un repli sur soi que l’on peut régler les problèmes de l’emploi. Ce type de protectionnisme n’est pas l’intérêt » de la France, ajoute-t-elle. (…)

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2 réflexions sur « La « clause Molière » : une discrimination ? »

  1. Marianne Thyssen devrait être fière, elle pourrait travailler sur un chantier en France ! Oublierait-elle le prénom qu’elle porte ? La clause Molière relève plus d’une condition de sauvegarde et de sécurité sur un chantier que d’une discrimination à l’embauche. la France n’est pas encore l’ Arabie saoudite. A moins que pour Marianne Thyssen, la France ne représente qu’une terre d’exploitation au profit de l’Europe marchande ? Un peu comme dans les années quarante pour l’Allemagne ?

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  2. Tout ce qui est francophone en Flandre a subi la clause « Guido Gezelle » depuis des décennies: pour les politiques flamands , c’est bien.
    La clause « Molière » n’existe de façon limitée que depuis quelques jours: pas bien ! Alors les flamingants montent au créneau, invoquent l’UE et répètent « l’Europe, l’Europe, l’Europe » en sautillant comme des cabris.

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