IN MEMORIAM René Swennen

C’est avec une grande tristesse que notre ami Jean-René Dheur nous apprend le décès de René Swennen pour qui la France était la patrie des Wallons. Nous présentons à son épouse ainsi qu’à sa famille nos plus sincères condoléances.

Laissons la parole à Jean-René Dheur :

C’est lors d’une discussion, il y a quelques semaines, avec une de mes filles, avocat au barreau de Liège, que j’ai appris le décès de l’avocat-écrivain…

Je l’ai rencontré à quelques occasions – débats, conférences – mais n’étais pas un de ses intimes.

Je l’ai essentiellement connu en tant qu’auteur – c’est l’ancien prof qui parle – notamment lorsque, au début des années 80, j’ai lu un petit ouvrage écrit sur un mode léger mais qui allait faire un fameux bruit dans le landerneau politique : Belgique requiem. Ce fut pour moi une révélation ! Et le “rattachisme” longtemps mis sous le boisseau allait enfin pouvoir sortir de l’obscurité où l’avait cantonné le conformisme belge. Cet essai et son auteur ont été pour moi comme une sorte de déclic : moi qui jusqu’alors ne jurais que par l’indépendance de la Wallonie, j’ai découvert que d’autres solutions étaient possibles puisque plusieurs personnalités en discutaient depuis des décennies… mais jamais de cette manière, si proche du quotidien.

Comme Rennequin Sualem, autre personnage qui a fait connaître le Pays de Liège au Pouvoir français, René Swennen est né à Jemeppe-sur-Meuse mais 300 ans plus tard que l’illustre mécanicien, le 5 janvier 1942.

Après de brillantes études à la Faculté de droit de l’université de Liège où il obtient le titre de Docteur en droit, il s’inscrit au barreau de Liège, mais, peut-être à l’instar d’un de ses personnages Giovanni – (son double ?) immigré sicilien en Belgique qui se cherche entre Liège, Palerme et Paris –, comme lui, René Swennen s’installera un temps à Paris ; il s’inscrira au barreau de la capitale, y plaidera un certain temps mais surtout pourra nouer de nombreux contacts dans les milieux juridique, politique et plus particulièrement dans le monde littéraire… Car parallèlement à sa carrière d’avocat, René Swennen va, à partir de la fin des années 70, se mettre à l’écriture essentiellement de romans historiques et de pièces de théâtre qui se verront pour la plupart accueillies favorablement par la critique et récompensés de prix prestigieux pour certains, notamment :

  • le Prix Max Barthou de l’Académie française en 1979 pour Dom Sébastien, roi de Portugal
  • le Prix Paul Flat également attribué par l’Académie, en 1984 pour Palais-Royal
  • le Prix Victor-Rossel en 1987 pour les Trois Frères

Parmi tous ses ouvrages – il en a écrit une douzaine –, c’est d’abord son essai politique Belgique requiem que les gens retiendront. Celui-ci sera en effet les prémices d’un engagement politique qui se concrétisera par l’adhésion de René Swennen au Mouvement wallon pour le Retour à la France puis au R.W.F., parti politique.

Lors de la création du RWF en 1999, malgré une activité professionnelle intense,  nous le retrouvâmes ainsi que son épouse à chaque reprise sur les listes présentées par son parti. J’eus l’occasion en ces circonstances de le rencontrer et d’entretenir avec lui des échanges d’idées particulièrement féconds. Je me souviens également d’une de ses prestations dans une émission de Frédéric Taddeï « Ce soir (ou jamais) » où il brilla dans sa présentation de la problématique belge.

Saumane

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3 réflexions sur “ IN MEMORIAM René Swennen ”

  1. Par la présente, permettez-moi, par l’intermédiaire de l’AWF, de présenter mes sincères condoléances à l’épouse de Monsieur René Swennen et à sa famille.
    Pour beaucoup d’amoureux de la France et de rattachistes, l’ essai politique « Belgique requiem  » non seulement fit connaître son auteur aux Wallons et aux Wallons émigrés dans l’agglomération bruxelloise mais encore raviva, comme les écrits de ses compatriotes Lucien Outers et François Perin, la flamme d’une mémoire française que les belgicains croyaient éteinte.
    Quelle tristesse de constater que la plupart des « hommes » politiques arrivent toujours comme les carabiniers d’Offenbach !

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  2. Aujourd’hui, samedi 18 mars 2017, sur les écrans de LCI et de France 24, des drapeaux wallons flottaient fièrement en nombre autour de l’estrade où Jean- Luc Mélenchon haranguait la foule de la France insoumise. Personne ne pouvait les manquer. Quelle joie de féliciter les Wallons qui agirent ainsi si efficacement. Le coq hardi n’a pas à rougir de timidité, il a sa place en France !

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