Qu’en savent les centres d’études ?

L’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française : qu’en savent les centres d’études des partis wallons ?

Introduction

Le 4 juin dernier, l’AWF tenait un Conseil Général Extraordinaire au Palais des Congrès de Liège. Rappelons que le CG est l’organe directeur de notre mouvement citoyen. Pour la première fois, Jacques Lenain répondait à l’invitation que lui avait lancée l’AWF de participer à l’une de nos réunions. Certes, nous le connaissions depuis plus de 10 ans pour certains d’entre nous. Plus d’une fois, il avait accepté d’être un des orateurs des conférences-débats que nous avions organisées. Mais cette fois, il venait s’adresser aux responsables du mouvement ainsi qu’aux invités permanents du CG et à quelques personnalités que compte notre groupe de parrainage.

L’ordre du jour comportait les points suivants :

1. le projet d’intégration-autonomie étayé par l’entretien Jacques Lenain-Didier Maus (voir celui-ci sur le site de l’AWF) et ce que disent des responsables des centres d’études de 5 partis que compte la Wallonie ;

2. circulation de la parole quant au projet d’intégration-autonomie ;

3. mise au point d’un mode de diffusion de l’entretien Jacques Lenain-Didier Maus comme illustration de la faisabilité d’une intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française ; constitution de fichiers informatiques ; priorités à déterminer.

Notre Conseil Général Extraordinaire se termina par un vote et c’est par la majorité moins une voix que l’AWF décida de faire sien le projet d’intégration-autonomie. L’administrateur qui ne donna pas sa voix tint à justifier son vote par le fait qu’il ne s’opposait pas au projet, mais qu’il trouvait qu’un vote n’était pas en l’occurrence nécessaire.

Ci-après, vous trouverez ce que pensent aujourd’hui les cinq centres d’études des partis wallons consultés et ce qu’en dit Jacques Lenain.

Encore un mot : lorsque vous lisez « franco-belges », vocable apprécié par Jacques Lenain, vous pouvez traduire par « wallons ».

PREJUGES POLITIQUES FRANCO-BELGES sur l’ETAT FRANCAIS

Les partis politiques franco-belges et l’avenir de la Wallonie, une double incapacité. Leur incapacité à préparer la Wallonie à vivre sans la Flandre se conjugue avec leur incapacité à étudier une « solution française » compatible avec le respect de l’identité institutionnelle de la Wallonie et donc de son autonomie.

Un constat illustré par les points de vue d’un membre de chacun des cinq centres d’études des cinq   principaux partis politiques franco-belges sur une « solution française » pour la Wallonie, dans la perspective de la fin de l’État belge franco-flamand.

Source : mémoire de  master d’un étudiant franco-belge – 2015. Extraits ci-après des cinq entretiens joints à ce mémoire. (L’identité des intervenants et du centre d’étude auquel chacun appartient a été anonymisé pour respecter le caractère semi-confidentiel de ces entretiens.)

A partir des opinions qui suivent, on constate aisément que les cinq centres d’études en question n’ont pas de réflexion construite sur « l’après-Belgique », un sujet (le fameux plan B !) qui était donc toujours interdit d’étude en cette année 2015… et le reste. Et que ces opinions sont si pétries de préjugés sur l’État français, ses institutions, son organisation territoriale, que ces centres considèrent probablement toute étude sur l’hypothèse d’ »une solution française » comme superflue ! D’où le caractère approximatif de bien des propos des personnes interrogées sur l’hypothèse d’une telle « solution française » pour la Wallonie (voire pour Bruxelles). Propos qui expriment l’opinion, assez commune aux cinq centres, et non étayée, que la réunion de la Wallonie à la France ne pourrait être fondée sur un degré élevé d’autonomie, compte tenu de la perception partagée, et infondée, du caractère toujours ultra centralisé de son Etat, et de l’uniformité de son organisation territoriale. Ces points de vue, bien que si peu « savants » sur la France, sont intéressants car ils expriment bien les « visions » qui dominent au sein et à la tête des cinq grands partis politiques franco-belges en cause, et, du coup, parmi les milieux dirigeants et influents de la Belgique française. On retient donc clairement de ces opinions que toute « solution française » pour la Wallonie est, a priori, refusée, parce que considérée comme obligatoirement mutilante pour l’identité et l’autonomie wallonnes, au nom d’une vision intangible de la France, supposée toujours jacobine et donc de volonté assimilationniste. Et il se déduit de ce constat que parvenir à faire prendre en considération par ces élites franco-belges et notamment wallonnes le fait que la Wallonie, voire Bruxelles, pourrait disposer en France d’un statut de large autonomie, ce qui est pour elles inconcevable, constituera un aboutissement stratégique pour mettre fin à ce rejet « mécanique », non réfléchi, non pensé, d’une « solution française ».

Centre d’Etudes – Parti A

« En fait, ce que les Français voudraient, c’est l’assimilation. Une région wallonne avec son conseil régional, puis les départements en place des provinces, etc. Si on sort Bruxelles du raisonnement, on peut estimer que, pour la Wallonie, c’est faisable. Dans nos instances, que certains pensent qu’on puisse un jour devenir français, c’est évident. La Wallonie est traversée par les piliers syndicaux, les piliers catholiques, socialistes, libéraux,… on ne peut pas tout balayer. Si la Wallonie se retrouve seule, alors son intérêt est d’être dans la France avec un statut sui generis.

Mais aurait-on le choix de négocier ce statut particulier ? Aurait-on la marge de manœuvre politique pour le revendiquer ? On n’est que quelques millions, face à la France, pourrait-on réellement revendiquer ce statut ?

L’idéal, c’est un statut particulier qui garderait ce qui fait la Wallonie actuelle… En étant fédéraliste, on ne peut souhaiter un copier-coller du centralisme français. Mais les Français ne sont pas prêts à autoriser cela. »

Centre d’Etudes – Parti B

« Wallons et Bruxellois ont plutôt vocation à rester ensemble… Maintenant, si on laisse de côté Bruxelles… la Wallonie pourra décider ce qu’elle veut. Dans le cas de figure où la Wallonie envisagerait d’être rattachée à la France, il y aurait une volonté de garder, d’exercer toute une série de compétences sans que l’État central français s’en mêle.

Difficile d’imaginer d’adopter toutes les règles juridiques en vigueur en France. On n’efface pas quasiment deux siècles d’histoire… Il y a une identité wallonne très certainement, elle est différente de l’identité française. Les pouvoirs locaux, la santé, les syndicats…, c’est très différent et il me paraît très difficile de concilier ces compétences. Cependant, dans certains domaines, ça n’aurait pas de sens d’avoir un système complètement différent de celui de la France.

La France n’est pas dans le même ordre de décentralisation que ce que connaît la Belgique. Son modèle est fondamentalement différent. Le stade d’autonomie atteint en Belgique est beaucoup plus important que ce qui existe dans l’arsenal français. Si un rattachement devait arriver, il faudrait impérativement inventer d’autres formules juridiques. Si un tel cas de figure devait se poser, les Français auraient du mal avec cette idée. Ce serait assurément un sujet sensible. Ça méritera une grosse réflexion de la part des autorités françaises. En même temps, on voit mal un État qui aurait la possibilité de s’étendre pacifiquement et d’agrandir son territoire, y renoncer parce que ça nécessiterait des négociations… Des solutions seront trouvées. Les Wallons tiennent à leur identité… et la Wallonie à ses spécificités. Si le mode opératoire choisi entre la Wallonie et la France lui permet de garder une autonomie suffisante dans les matières que les Wallons veulent gérer eux-mêmes, on peut imaginer plein de choses… La mise en commun de compétences serait limitée à certains domaines, puis, pour le reste, rien ne changerait par rapport à ce que la Wallonie fait actuellement. Si la Wallonie et la France forment ce qu’on appelle une « confédération », ils feraient certaines choses en commun. Il y aurait deux États avec une certaine collaboration dans diverses matières, comme la défense. Mais la « confédération » est une forme juridique très rare, une forme juridique instable. Ce n’est pas un statut viable à terme, c’est plus une transition, une étape intermédiaire. Ou alors la Wallonie ne fait d’emblée avec France qu’un seul État. Dans ce cas-là, juridiquement, les choses seront claires sur le plan international, et tout se jouera alors sur le statut de la Wallonie, comme statut interne à la République française. »

Centre d’Etudes – Parti C

« Un statut particulier pérenne pour la Wallonie au sein de la République française, avec le maintien des organes d’auto-administration, de toutes les compétences détenues par la Wallonie, ce serait une porte ouverte à toutes les revendications, qui viendraient de Corse, de Bretagne,… C’est pour cela que la France n’aurait aucun intérêt à négocier un statut particulier qui serait pérenne. Les modalités transitoires, c’est une évidence, mais un statut privilégié, bien sûr que non. C’est trop dangereux pour un Etat comme la France.

Avant de l’imaginer française, il faut améliorer notre région. Compter sur la France, c’est un peu se  dire « la Wallonie est restée au sein d’une Belgique flamande, elle veut nous laisser là, alors devenons français, comme cela nous dépendrons de Paris ». C’est aussi une question de fierté. Sur le plan économique, la viabilité d’une Wallonie indépendante ne permettrait pas, si le cas de figure se réalisait demain, de tenir le coup, de s’autogérer. C’est une évidence. Naturellement, la Wallonie se tournerait alors vers la France. »

Centre d’Etudes – Parti D

« Nous voulons un dépérissement de l’État pour arriver à une Europe des régions. L’idée d’une assimilation institutionnelle, de la perte des compétences de la Wallonie et de leur recentralisation, c’est très clairement impossible. L’idée d’un statut particulier, avec une forme d’autonomie, oui… Mais, avant toute chose, ce statut accordé par la France à la Wallonie ne serait-il pas la porte ouverte   à toutes les revendications, corses, bretonnes… ?  La possibilité d’une dynamique centrifuge au sein de la France, qui pourrait mener à une sorte d’implosion de la France…

Un projet de rattachement à la France ne pourrait se faire qu’avec une vaste réforme visant à repenser totalement les modes de fonctionnement de l’État français, qui permettrait une égalité et une vision qui serait partagée par les autres régions. Pourquoi faire un cadeau à la Wallonie en termes d’autonomie et pas aux autres régions du territoire métropolitain français ? »

Centre d’Etudes – Parti E

« La centralisation de la France est un obstacle considérable à toute perspective d’un rattachement. Les schémas des autonomies des collectivités territoriales de la France et de la Wallonie sont très différents. L’assimilation institutionnelle est très difficile à imaginer, impossible même, car il y a trop de différences pour accepter une table rase. L’importance prise par les régions belges est un fait évident qu’il faut prendre en compte. Et tous les acteurs, les acteurs sociaux entre autres, se réfèrent à une réalité belge.

Le  rattachement par la voie d’un statut particulier qui respecte une forme d’autonomie laisse sceptique car on ne peut considérer l’Etat français et l’Etat belge comme équivalents dans l’exercice de leurs compétences. Se reconnaître dans les institutions françaises n’est pas simple. Cela s’avère même très difficile. »

Conclusions

Le processus de désagrégation continu de l’État belge, sous la poussée du mouvement séparatiste flamand, obligera la Wallonie et Bruxelles à se choisir un nouvel État, un État sans la Flandre. Ce pourra être l’État français, qui, de surcroit, est seul à même de pouvoir régler, définitivement, la question financière wallonne (et lui éviter un sort similaire à celui de la Grèce), de résoudre, pour toujours, la question territoriale bruxelloise (en lui faisant un rempart contre l’encerclement flamand).

Faut-il encore qu’une telle intégration à la France préserve l’essentiel de l’héritage de deux siècles de droit belge et de plusieurs décennies d’autonomie wallonne et bruxelloise, pour permettre le ralliement des élites et des populations à cette « solution ». Mais cette « solution » d’une « Wallonie française autonome » est considérée, jusqu’à aujourd’hui, comme proprement « incroyable » par les cercles « savants » franco-belges, comme le démontre excellemment cette série de cinq entretiens, très représentatifs de la vision franco-belge de la France institutionnelle (nuançons : un interlocuteur sur les cinq dispose d’une compréhension véritable de ce qui est possible de faire avec la France).

Dès lors, contribuer à rendre « croyable » et donc crédible la solution d’une « Wallonie française intégrée et autonome » est une priorité absolue. Un « projet français d’intégration-autonomie » pour la Wallonie, constitue une réponse impérative à cette exigence franco-belge. Disposer  d’un tel  « projet d’intégration-autonomie » de   contenu accessible à tous, être capable d’en détailler le contenu, être en mesure d’en justifier la pertinence pour la partie franco-belge, et pouvoir démontrer sa faisabilité du point de vue français, voilà le travail à faire. A ce titre, une contribution récente sur la faisabilité constitutionnelle d’un statut français sur mesure pour la Wallonie, et également valable pour Bruxelles, est fournie par le récent entretien écrit donné par M.D. MAUS,  constitutionnaliste français reconnu, spécialiste de la Constitution française, en février 2016. Dans cet entretien, M. MAUS affirme qu’il est parfaitement possible de donner, au sein de cette Constitution française, un statut spécial dédié à la Wallonie, un statut « sur mesure », une sorte de « mini-constitution » qui lui soit propre.

Un tel cadre constitutionnel est apte, et seul apte, à garantir à la Wallonie le maintien de son identité et de son autonomie institutionnelle dans un cadre français. Voilà un vrai sujet pour ces cinq centres d’études, quand ils se décideront enfin à l’ »étudier » ! Cet entretien écrit avec D. MAUS est présent sur le site http://www.belgique-francaise.fr/, où le « projet d’intégration-autonomie » est justifié et détaillé.

Mai 2016

Jacques LENAIN

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10 réflexions sur « Qu’en savent les centres d’études ? »

  1. Heureusement, Brussel/Bruxelles se régionalise et de ce fait conserve l’empreinte belge. Contrairement à ce que ratiocinent régulièrement les présidents de partis, il n’existe pas de lien profond avec la Wallonie parce qu’il n’y en a jamais eu, excepté les propagandes monarchistes, religieuses, syndicales, politiciennes et footballistiques. Bruxelles ( bourgeois, politiques comme l’Homme de la rue) a toujours dénigré la Wallonie et il suffit, aujourd’hui, de lire le Soir ou la Libre ou d’écouter la RTBF ou RTL pour s’en convaincre.
    Si la France veut s’embourber dans le marécage « brusseleir », c’est son problème !
    Seul le cas de la Wallonie nous intéresse !
    Les politiques wallons s’ingénient, complexés comme des petits provinciaux à l’époque de Bécassine, à différencier le « Wallon » du Français alors qu’intrinsèquement il n’existe aucune différence humaine sauf deux siècles d’habitudes administratives différentes. Pour le reste, c’est évidemment réalisable. La population wallonne comme la population française est traversée par des « piliers » syndicaux, des « piliers » catholiques, protestants, juifs, des partis socialistes, libéraux, qu’il n’est pas nécessaires de balayer mais dont il faut promouvoir l’intégration.
    Chaque « pilier » devra se reconnaître, se rencontrer et s’organiser dans le nouveau cadre de vie qui s’ouvrira.
    Comme de bien entendu, tout ce déménagement, tout cet aménagement, ne se déroulera pas en « sept jours » (heureusement) mais l’essentiel tant pour la France que pour la Wallonie sera de le programmer afin d’offrir aux deux parties un but clair à atteindre.
    Le plus important, à mon avis, se trouve dans la façon dont le pouvoir français rassurera les politiciens wallons dans la poursuite de leur plan de carrière…

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  2. J »entends bien qu’un statut d’autonomie-intégration constituerait la solution. Je doute cependant que les responsables français puissent l’accepter car ce serait la porte ouverte aux exigences de certaines régions françaises, exigences parfois très avancées comme celles de la Corse. Je le regrette d’autant plus que cette remarque m’a été faite plusieurs fois par des politiques français.
    A moins d’imaginer un statut semblable à certains territoires de l’Outremer et s’en tenir à « Tahiti sans le soleil »…

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  3. Qui sont-ils ces politiques wallons pour affirmer qu’une intégration-autonomie de la Wallonie à la France, n’est pas faisable, alors que des français comme Messieurs Lenain et Maus leurs affirment le contraire??? Qu’ils disent plutôt le fond de leurs pensées, qu’ils veulent à tout prix que la Belgique (ce qu’il en reste…) survive et s’accrochent à ça, tels des morpions, incapables de prendre les devants et d’imaginer autre chose pour leurs population!!! Ils attendront d’avoir le nez dedans, lorsque la Flandre aura décidé de voguer seule! Moi, d’ici là, j’aurais déjà demandé la nationalité française…
    Je l’ai déjà dit, et je le répète: quand j’ai commencé à m’intéresser à un avenir français, la vision de M. Gendebien, ne me dérangeait nullement! C’est seulement plus tard, quand j’ai lu la proposition de M. Lenain sur son blog et que je me suis inscrit à l’AWF, que je me suis dit: « ok, pour toi, peu importe, mais pour les 3.600.000 wallons??? ». Alors j’ai quelque peu changé d’avis et dans ce cas je trouve que l’intégration-autonomie, serait un bon compromis à négocier et peut-être plus facile à convaincre la majorité!

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  4. Tout cela est très bien et très intéressant et je partage tout à fait l’approche de MM. Lenain et Maus.
    Les problèmes principaux sont ailleurs : d’une part, comme on le sait depuis longtemps, les Wallons ne sont demandeurs de rien (pire, ils sont même devenus belgicains et royalistes – qu’elle est loin la consultation sur le retour de Léopold III !), et d’autre part, les Flamands, bien qu’ils honnissent ce « pays » qu’ils appellent le « belgenland » (entre autres), comprennent de plus en plus qu’il sera finalement bien plus facile d’en prendre le contrôle total – ce qui est pratiquement fait -, quitte à devoir s’embarrasser de la présence des Wallons pendant quelque temps encore – présence somme toute bien peu encombrante, on rentre dedans comme dans du beurre – , que de faire sécession, avec toutes les difficultés que cela comporte au niveau international. Dans ce scénario – déjà en route – les Wallons seront de plus en plus marginalisés au sein de ce « pays », la culture et la langue française seront de plus en plus reléguées au second plan, pour finalement, ne plus relever que du folklore, au même titre que les langues régionales d’aujourd’hui. C’est l’affaire de deux ou trois générations, si les Wallons ne réagissent pas. On voit déjà aujourd’hui qu’il n’est plus possible de trouver un emploi à responsabilité en Wallonie (!) sans une connaissance approfondie du néerlandais, alors que par ailleurs, de moins en moins de Flamands peuvent se prévaloir de la connaissance d’un français même de base, et que cela ne nuit nullement à leurs carrières dans ce « pays ». Les Wallons ne vont pas tarder à se retrouver dans ce qu’on appelle une situation de diglossie : le néerlandais, pour espérer trouver un emploi – même subalterne – et le français dans leurs relations sociales et familiales. Et cela d’autant plus rapidement qu’ils envoient avec empressement leurs enfants dans des écoles en immersion néerlandaise, pensant ainsi – quelle naïveté ! – pouvoir leur assurer un meilleur avenir. Je l’ai déjà dit : les Wallons souffrent du syndrome de Stockholm à un point tel qu’ils sont devenus des adeptes de la servitude volontaire. Je crains malheureusement que dans un tel contexte, MM. Lenain et Maus ne perdent leur temps.

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  5. Qui se souvient de la déclaration de Magnette : « un rattachement à la France ? Pourquoi pas plutôt à l’Allemagne? » L’opinion, ça se travaille… mais pas dans le sens de M. Lenain. Cette ineptie d’un rattachement à l’Allemagne fait son chemin sur les réseaux sociaux où elle revient très souvent.

    Les Wallons, adeptes de la servitude volontaires ? Les Wallons ne sont que ce que les médias leur disent d’être, avec un matraquage digne de la Corée du nord…

    Pourquoi n’y a-t-il aucune résistance, aucun discours belgo-critique, aucun blogue réellement critique, aucune chaîne You Tube de ré-information ?

    Pourquoi le (im)monde associatif, dominé par la sainte laïcité, est-il si veule, si visqueux, si belgicain ?

    Parce que tous ont peur. Mais de qui ?

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    1. @LDW

      J’espère que la réflexion de Magnette n’était que sombre ironie!!! Il est quand même plus intelligent que cela… A la limite, la Communauté Germanophone (Canton de l’Est: Eupen, Saint-Vith…) pourrait légitiment demander un rattachement à l’Allemagne, s’ils le souhaitent, mais qu’est-ce que nous, wallons, francophones, irions-nous nous rattacher à l’Allemagne??? Du grand n’importe quoi de M. Magnette (comme d’hab pour la classe politique wallonne, j’ai envie de rajouter!!!). Comme ça me fait également bien rire, ceux qui disent que la Province du Luxembourg devrait se rattacher au Grand-Duché de Luxembourg. Je suis né en Province du Luxembourg et suis frontalier et j’ai travaillé une bonne douzaine d’années au GDL et je peux dire que c’est une ineptie! Pas du tout la même mentalité que nous (plutôt germanique comme l’Allemagne d’ailleurs) et pas la même langue (le luxembourgeois) qui est un peu un dialecte allemand, comme le flamand l’est avec le néerlandais. Certes, du côté d’Arlon, Athus, Martelange, certains « anciens » parlent encore parfois une sorte de « patois » luxembourgeois, mais c’est quand même une minorité à l’heure actuelle. Le constat est le même pour le wallon d’ailleurs. Qui le parle encore de façon régulière??? Plus beaucoup de monde, malheureusement peut-être. Ma mère le comprenait mais je ne l’ai jamais entendu le parler. Ma femme fait le même constat avec le ch’timi dans sa région (Hauts-de-France) qui est en perte de vitesse. C’est dommage quelque part, mais ce sont des langues ou plutôt dialectes ou patois, qu’il faudrait réinstaurer à l’école et dès la primaire, au moins pour ne pas que ça tombe dans l’oubli!
      Néanmoins, l’unique solution valable pour les Wallons (en cas d’éclatement de la Belgique), c’est la France!

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  6. Une opinion, cela se travaille. Et, parfois, il faut la bousculer. Voilà la problématique !
    Au 17e siècle, dans le Comté de Hainaut les familles nobles (pourtant les éclairés de l’époque) hésitaient entre le Royaume de France et les Pays-Bas espagnols. Pourquoi ? Tout simplement pour une question d’impôts.
    Nous sommes devenus citoyens français par la surprise de la force !
    Cela pourrait-il se réaliser ainsi aujourd’hui ?
    Pas avec l’Enarque mollasson actuel; restons sérieux. Mais avec un Président de France retrouvant l’esprit monarchique en matière diplomatique. Un Président de France, manœuvrier comme Louis XI, capable de soutenir et de pousser la Flandre à sauter le Rubicon de l’indépendance.
    Il ne faut pas oublier que la France a déjà déclaré qu’elle reconnaîtrait une Flandre indépendante.
    Alors, dans un tel cas de figure, l’Europe devra avaler la couleuvre et admettre la Flandre comme membre à part entière. Echec et mat pour la Belgique, les Wallons n’auront pas d’autre choix que de s’accrocher au « grand voisin du sud », pour écrire abscons comme à la RTBF/RTL

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    1. En clair, et d’après votre description, il faudrait un De Gaulle!!! Mais ce genre de personnage, n’existe plus (et n’existera peut-être plus jamais). Le dernier en date, en France, avec une vraie stature de président s’appelait Mitterrand (parce que déjà Chirac, bof). Est-ce qu’un Bayrou ou un Juppé pourrait être celui-là…allez savoir…vivement 2017…j’ai déjà hâte de voir les débats télévisés sur les chaînes françaises…bien que le « mollasson » comme vous dites si bien (vous m’avez bien fait rire, perso, j’aime bien quand on l’appelle « Flandise »), il serait capable d’accepter ce cas de figure, il dit « oui » (presque) à tout et dommage que ça ne puisse venir de Merkel, il n’oserait pas dire non! LOL

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    2. Valmy, vous me semblez un peu confus sur ce dernier message. Relisez ce que j’ai écrit au sujet de la Flandre. Quel intérêt aurait-elle à devenir indépendante, alors que dans la situation actuelle, elle tient tous les leviers de commande de la « belgique », qu’elle fait de la Wallonie un marché captif qui lui achète tous ses produits et services grâce à ses transferts financiers (dont elle elle feint de se plaindre par ailleurs, de la manière la plus hypocrite), tout en prenant bien soin que lesdits transferts ne suffisent pas à ce qu’elle sorte la tête de l’eau, ce qui pourrait lui faire concurrence. La politique de la Flandre : asphyxier la Wallonie au maximum, mais sans la noyer toutefois, car elle a besoin d’elle en vie. Quant à la France, vous savez aussi bien que moi qu’elle n’interviendra jamais dans ce dossier tant que les Wallons ne feront pas le premier pas. Et cela, ce n’est pas pour demain.

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      1. Cyniquement, vous avez raison MAIS, comme aujourd’hui avec le sujet du Brexit, il ne faut jamais jurer de rien quant à une réaction émotive ou romantique de la population ( « Est-ce qu’on enterre Ulenspiegel, l’esprit, Nele le cœur de la mère Flandre ? » Ch. De Coster).
        La longue histoire du Mouvement flamand montre que le feu d’une Flandre libre couve toujours. La puissance planétaire de la « Cité » a-t-elle empêché les Anglais de prendre leur destinée en main. J’écris Anglais car il semble que les Ecossais, les Gallois et l’Irlande du Nord hésitaient beaucoup. Pensez-vous que les industriels de Flandre soient assez puissant pour contrer un mouvement d’humeur du peuple de Flandre ? De toute évidence, il existera bien un parti nationaliste capable d’enflammer le peuple d’autant que le scénario que vous proposez, avec justesse, coûtera malgré tout de l’argent aux contribuables flamands. Geen meer centen voor de Walen !

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