Le débat sur la suppression de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Le 21 mars dernier, Thierry Bodson, Christophe Collignon et Jean-Luc Crucke ont débattu avec nous de l’avenir de la Wallonie. Ils sont des partisans déclarés de la suppression de la fédération Wallonie-Bruxelles au profit des régions wallonne et bruxelloise. Ils ne poussent pas l’audace jusqu’à envisager ouvertement l’hypothèse d’une réunion de la Wallonie à la France. Sur ce point, c’est à l’AWF qu’il appartient d’apporter au débat, des éléments cruciaux dont le discours politique hésite encore à se saisir.

Nous publions ici le discours que Paul Durieux, président de l’AWF, a prononcé en ouverture de cette soirée consacrée à l’avenir de la Wallonie. L’intervention de Jules Gazon, économiste, professeur émérite de l’ULG, sera publiée demain.

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Mesdames, Messieurs, le rôle agréable de vous remercier de nous avoir rejoints ce soir  m’appartient comme président de l’AWF. Mais je voudrais aussi et surtout remercier les orateurs ainsi que le modérateur  qui nous ont fait l’honneur de répondre positivement à  notre invitation et enfin remercier les membres de l’Alliance qui ont travaillé à l’organisation de cette soirée.    

Pour beaucoup d’entre vous, je suppose que l’existence de l’AWF est une découverte. Permettez dès lors que je vous entretienne un instant de la genèse de notre mouvement, de ce que nous sommes et des objectifs que nous poursuivons.

Notre Alliance s’est créée dans la foulée du colloque organisé  de main de maître le 02 avril 2011 par le professeur Jules Gazon sous l’égide du Cercle Condorcet et de l’Université de Liège. Pendant deux ans et malgré de fortes pressions, nous nous sommes réunis de façon informelle pour réfléchir à la meilleure façon de donner une suite structurelle au thème  « l’après-Belgique ? » qu’avaient développé  d’éminents professeurs d’université (Eric Defoort, Eric David, Michel Mignolet, Philippe Van Parijs, Nicolas Thirion).

Paul DurieuxEn mai 2013 naissait l’AWF lors de sa première A.G. Nous sommes donc  un jeune mouvement qui ne cesse de se développer. Nous voulons insister sur le fait que nous ne sommes pas un parti politique. Il suffit de lire sur notre site les noms des personnes qui nous parrainent pour comprendre que nous regroupons des membres de tous les partis politiques démocratiques wallons, à l’exclusion de l’extrême droite (nos statuts nous protègent à cet égard) et de l’extrême gauche belgicaine qui raisonne toujours en terme de Belgique de grand-papa. Mais notre mouvement s’adresse aussi et surtout à des citoyens non encartés soucieux de l’avenir de la Wallonie.

Nous nous sentons les héritiers du Congrès wallon de 1945 qui, comme l’a très bien rappelé M. Philippe Destatte, Directeur général de l’Institut Jules Destrée  a été un véritable coup de semonce pour l’état belge. Les professeurs d’histoire feraient bien d’enseigner à leurs élèves ce que fut ce Congrès et de se référer pour cela à l’excellent livre du professeur de l’ULG Philippe Raxhon.

Toute prise de position qui force au débat nous intéresse. Il en va ainsi des déclarations de Ms Jeholet et Crucke, députés wallons MR, de Ms Collignon, Dermagne et Martin, députés wallons PS et de M. Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne. Voir des élus de droite et de gauche ainsi qu’un responsable syndical se rejoindre au-delà de leurs divergences sur la suppression de la fédération Wallonie-Bruxelles au profit d’une Belgique  à 3 voire 4 régions, nous a interpellés.

Nous sommes persuadés que régionalistes, autonomistes et réunionistes wallons ont un chemin à parcourir ensemble au plus grand profit de la Wallonie, mais aussi de nos amis de la Région de Bruxelles.

  1. Le régionalisme nous permettrait de réaliser des économies d’échelle  importantes et de réduire l’hypertrophie politico-administrative de nos deux régions.
  2. Le régionalisme  permettrait d’obtenir une politique de l’enseignement adaptée aux besoins de la société wallonne.
  3. Le régionalisme nous permettrait de promouvoir une politique culturelle étouffée aujourd’hui par le poids de Bruxelles dans la fédération qui nous unit.
  4. Le régionalisme serait également profitable pour nos amis bruxellois parce qu’il permettrait à la région wallonne d’être solidaire de la région de Bruxelles dans son affirmation de région à part entière jouissant des mêmes droits que les autres régions belges, ce que contestent de nombreux leaders flamands malgré le statut accordé à la Région de Bruxelles dans la Constitution belge.

Régionalistes wallons en France demain et citoyens français à 100 % attachés oh combien aux Valeurs de la République (Liberté, Egalité,  Fraternité), sans oublier la laïcité que les événements douloureux de 2015 ont remis en lumière, il est naturel que nous soyons aujourd’hui en Belgique aux côtés des régionalistes.

Le moment de voir le projet de notre mouvement citoyen entrer dans le débat sur l’avenir de la Wallonie est arrivé. Ce projet a pour nom l’intégration-autonomie. Vous en recevrez un condensé écrit après notre conférence-débat.

Elaboré par Jacques Lenain, haut fonctionnaire français aujourd’hui jeune retraité, il vient d’être avalisé par M. Didier MAUS, constitutionnaliste français et européen unanimement reconnu. Il prévoit l’introduction dans la constitution française d’un article spécialement conçu  pour répondre aux besoins de la société wallonne. Le contenu de cet article sera négocié par les gouvernements français et wallon.  

L’heure du choix va s’offrir à nous : ou nous suivrons la Flandre qui nous imposera sa volonté et son modèle de société à l’anglo-saxonne ou nous entamerons dès à présent des accords de coopération dans toutes les compétences régionales wallonnes avec la République française, ce qui nous permettra d’envisager d’énormes économies d’échelle. Il y va du modèle de société auquel nous tenons.

Je terminerai en citant trois déclarations de  personnalités qui nous sont proches :

L’une est de Robert Collignon qui nous dit :

« La Wallonie est reconnue pour son excellence. Nous sommes un district européen créatif. Il n’y a plus qu’à y croire en oubliant l’adhésion à un pays moribond, en proclamant notre appartenance à la culture française, celle des Droits de l’Homme, en cherchant avec et au sein de la République une union respectant nos particularités, notre passé et en nous débarrassant de tout complexe. » 

L’autre est de Pierre Hazette : je cite

« Une alliance étroite avec la République française s’impose à nous, quel que soit notre attachement à une Belgique que d’aucuns continueront à saboter, jusqu’à la faire disparaître. Dès à présent, nous devons proposer des accords de coopération au seul partenaire naturel qui nous permettra des économies d’échelle. »

La troisième est de Philippe Destatte : je cite

« En tant que Wallonnes et Wallons, nous avons le devoir d’être aux côtés de la France, de l’aider à voir clair en elle-même et d’appuyer celles et ceux – de droite, du centre ou de gauche – nous permettant  de renouer avec une certaine idée de la France. »

Ces trois déclarations s’intègrent parfaitement dans notre projet d’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République, projet que nous allons propager dans les semaines et mois qui viennent.

Je vous remercie pour l’attention que vous avez bien voulu m’accorder et cède bien volontiers  la parole à M. Robert Neys, modérateur de cette soirée.

Paul Durieux, Président de l’AWF

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2 réflexions sur “ Le débat sur la suppression de la Fédération Wallonie-Bruxelles ”

  1. Le président actuel de la NVA vient de nous prévenir que l’année 2017 verra le budget de l’Etat s’alourdir de dettes supplémentaires à résorber impérativement. Traduction les dépenses à caractère social devront subir un réel rabotage. La manœuvre semble claire : la Wallonie devra un jour décrocher de l’Etat belge pour ne pas couler définitivement ! D’ailleurs, personne ne voit le PS et la Gauche tenir le rôle du capitaine héroïque coulant à la barre du navire en perdition.

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  2. Je suis également pour une « Région Wallonne » (et une région Bruxelloise à côté). J’crois même qu’une seule appellation, un seul gouvernement wallon, une seule entité Wallonne, pourrait à terme, favoriser le rapprochement vers la France… Le coq wallon, l’Elysette à Namur ===> le coq français, l’Elysée à Paris, nous en avons des points communs, allez hop Mesdames et Messieurs de la politique wallonne, osez franchir le pas avant même que les flamands le fassent… Ca c’est trop le top!!!

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