Lidl, occasion ratée de patriotisme wallon pour Magnette

A mes amis (surtout ceux de mon « coin » près de Marche-en-Famenne). Et PAN : si MICHEL et BORSUS savent se déplacer, pourquoi aucun ministre wallon n’est-il présent  quand  de plus les aides financières viennent de la Région wallonne ???????   100 emplois en Wallonie, est-ce de la merde ? Ou bien les ministres wallons ont trop de travail ? ou bien les ministres fédéraux n’ont rien à faire ? , ceci indépendamment de la question relative au choix de la date de la pose de le première pierre…

Paul Mélot
Administrateur de l’AWF pour la Province du Luxembourg

Lu sur le blog de Marcel Sel (24 février 2016) :

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La photo interpelle. On y voit deux ministres fédéraux, dont le premier ministre, poser la première pierre du nouveau centre de distribution Lidl de Marche-en-Famenne. Outre le côté testostérone de l’inauguration (mais ça, on y est habitué), vous noterez comme moi l’absence de tout ministre wallon. Car les deux hommes que la plupart des lecteurs ne reconnaîtront pas sur cette photo sont Boudewijn van den Brand, le directeur général de Lidl Belgique, et le dynamosympathique André Bouchat (CDH), bourgmestre historique de Marche-en-Famenne. Étaient aussi présent-e-s le gouverneur de la province et une députée (ah ! ouf ! y’avait une femme !), ainsi qu’un « proche collaborateur » du ministre wallon Maxime Prevot et le président d’Idelux — véritable moteur du développement de la province — Élie Deblire. Mais de ministre wallon, point.

Pourtant, en 2013 déjà, Paul Magnette insistait sur la nécessité de créer des « entrepreneurs wallons patriotes ». Un tel appel aurait pu susciter un tantinet de volontarisme ministériel. Décider, par exemple, que quand on ouvre un centre de 40.000 m2, où que ce soit en Wallonie, la présence d’un très haut gradé est indispensable. L’exemple vient aussi d’en haut. Il fallait être là, coûte que coûte.

Même (très) actifs, les absents ont tort
Parce que cinquante millions d’euros d’investissement, ce n‘est pas anodin. Une centaine d’emplois, non plus. Le centre de distribution Lidl, c’est un pôle dynamique de plus pour Marche-en-Famenne. Que du bon pour la région. Et elle peut même se targuer d’avoir fait ce qu’il fallait pour y arriver : Marcourt (PS) a effectivement œuvré près de trois ans pour que cette implantation voie le jour. Et Maxime Prévot (CDH) l’a facilitée en octroyant un subside de 3,2 millions à Idelux pour réaliser les travaux d’équipement des nouvelles plateformes logistiques. En tout, ce sont 6,5 millions d’euros que le gouvernement wallon aura mis sur le table pour séduire Lidl. Un atout accueilli avec enthousiasme chez le distributeur qui n’a pas manqué de remercier la Région wallonne lors du discours inaugural.

Mais les noms des ministres wallons, Maxime Prévot et Jean-Claude Marcourt, ne seront pas inscrits dans la pierre. Le premier se réjouit bien entendu de « l’important investissement […] largement financé par des moyens publics régionaux. » Mais regrette « que le groupe Lidl n’ait pas estimé utile d’inviter officiellement (sic) et dans les temps des représentants du Gouvernement wallon » à l’inauguration. Sic, car ils ont bien été invités officiellement. Lidl se défend par ailleurs de les avoir invités « tard ». Le cabinet de Philippe Courard (Fédération Wallonie-Bruxelles) affirme aujourd’hui avoir reçu l’invitation le 17 avec RSVP le… 16. 

Occasion ratée
Toutefois, au départ, le nom de Charles Michel aurait dû figurer à côté de celui de Jean-Claude Marcourt dans la stèle inaugurale. La pose de la première pierre était d’abord prévue pour le 6 octobre. Michel et Marcourt étaient disponibles. Et puis, paf, on annonce une grève générale pour le 7. Perturbations en vue, agendas bouleversés… dès le 25 septembre, le service de communication de Lidl propose donc d’autres dates, en février 2016. Mais début février, une seule s’avère praticable : le 23. Et là, oh, dommage, le ministre Marcourt est en commission. Selon son cabinet, « les équipes des ministres en question s’attendaient à ce que les organisateurs modifient les dates pour que les ministres en charge du dossier puissent assister à l’événement. »  Où l’on a l’impression désagréable que l’entreprise reste au service du politique, et qu’il eut été déplacé d’envoyer un ministre qui n’était pas directement en charge du dossier. « C’est mon nom ou rien » ?

C’est là que je me dis qu’une invitation importante arrive toujours « dans les temps », pour peu qu’on considère que l’entreprise a un rythme qui ne peut attendre le politique, et que 100 nouveaux emplois en pleine Ardenne est un joli coup qui mérite d’être souligné par une action de communication où la Wallonie est visible. Ici, elle ne l’est pas. C’est même le fédéral, et le MR, qui récupère les lauriers sans même devoir faire d’effort ! Car hormis les mesures gouvernementales qui bénéficient à toutes les entreprises belges, je n’ai pas d’information me permettant de penser que le fédéral a mis la main au portefeuille !

Et puis, il y a tout de même huit (8) (acht) (eight) ministres wallons… Paul Furlan, qui s’occupe des pouvoirs locaux, aurait-il pu se libérer ? Ou Carlo di Antonio, qui s’occupe tout de même de l’aménagement du territoire et de la mobilité ? Ou Christophe Lacroix, ministre du Budget ? Ou plus féminin, Éliane Tillieux, ministre de… ah ben oui, tiens, de l’Emploi ? On aurait eu à la fois une présence féminine et wallonne. Double bonus. Et tenez, si Willy Borsus y est allé, pourquoi pas son homologue wallon, le ministre de l’Agriculture René Collin ? On ne vend pas de produits agricoles chez Lidl ?

Et si aucun de tous ceux-là n’était libre, il restait… tatataaam… le ministre-président de la Région wallonne, mesdames, messieurs. Paul « Yes we Can » Magnette ! Celui qui nous parle de patriotisme. Et qui, au final, aurait dignement représenté sa région aux côtés de Charles Michel. Et vive la coopération fédéral-région !

Le savoir-faire sans le faire savoir
Les cabinets Marcourt et Prévot se défendent tous deux en affirmant que l’organisateur de l’événement ne les a prévenus que la semaine dernière du changement de date. Les ministres se prévalent aussi, et à raison, d’avoir largement facilité l’arrivée de Lidl à Marche. Bien sûr, c’est important. Mais il n’aura manqué au gouvernement wallon que l’idée qu’il fallait figurer sur la photo, et sur la stèle, à tout prix. Parce que perception is reality. Parce qu’il y faut le savoir-faire et le faire savoir. Le gouvernement wallon a bien su faire, mais n’a pas su faire savoir. Il a raté un moment de vendre cette Wallonie qui gagne.

Chez Lidl, l’histoire gêne un peu. On ne veut pas polémiquer. On préfère à juste titre souligner le début d’une belle aventure économique. Après tout, ce n’est que la première pierre, et il y aura aussi une cérémonie d’inauguration, quand toutes les pierres seront posées. Pour le gouvernement wallon, ce n’est au fond que partie remise. C’est vrai que ce n’est pas la fin du monde. Mais la question me paraît révélatrice d’une différence de mentalité qu’on ferait bien de creuser : alors que le premier ministre a fait le déplacement avec un de ses ministres les mieux notés, Willy Borsus, pourquoi aucun ministre wallon, ni le ministre-président, n’a pu faire pareil ? Et devant cette question-là, toutes les explications, toutes les excuses sembleront bien vaines !

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3 réflexions sur « Lidl, occasion ratée de patriotisme wallon pour Magnette »

  1. Outre le fait de l’absence de Ministres du Gouvernement wallon, 100 emplois, c’est toujours bon à prendre.
    Malheureusement, force est de constater que les « investissements » en Wallonie se concentrent sur des sociétés commerciales (IKEA à Mons, LIDL à Marche), mais depuis plus de dix ans, pas de sociétés créatrices de richesses pour l’exportation.
    Le « climat » social n’y est pas propice et les organisations syndicales font le maximum pour éloigner les investisseurs industriels.
    Tous les bureaux de consultances en investissements le confirmeront.

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  2. En tout cas, cinquante millions pour cent emplois, ça fait très cher l’emploi. Et est-on seulement sûr que les employés seront recrutés dans la région ? Les entreprises étrangères – et surtout flamandes – s’installant en Wallonie débarquent souvent avec leur propre personnel ; elles peuvent y disposer de vastes terrains bon marché, elles bénéficient de subventions en tous genres, mais répercussion sur l’emploi local, zéro !

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  3. Vous savez pourquoi Johnny va toujours faire ses courses chez Lidl???
    Parce que « les gens m’appelle Lidl des jeunes »!!! MRD (petite note d’humour dans ce marasme social, économique et professionnel).

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