Le double visage de Wouter Beke

L’AWF s’inscrit pleinement dans l’analyse que nous envoie Jules Gheude. Je vous en souhaite bonne lecture.

Cet article répond parfaitement à la propagande de « La Première RTBF », pour ne citer que ce média, ce lundi 25.01.16.

Je dois vous avouer que j’ai failli avaler ma brosse à dents lorsque j’ai entendu le journaliste de « La Première » nous annoncer sans rire le titre suivant dans son journal parlé de 8.30 : un regain de l’identité belge tant au sud qu’au nord du « pays ». 

Youpie, la Belgique est sauvée !

Lorsque nous lisons l’article de la Libre, nous comprenons mieux les tenants et aboutissants de ce cri du cœur belgicain qui mériterait une véritable analyse journalistique. Je dois à la vérité de Wouter Bekedire que « La Première » a rectifié le tir le lendemain avec un véritable débat dans lequel M. Delperée m’a étonné par sa lucidité qui contrastait avec son acte de foi fédéraliste en complète contradiction avec ce qu’il énonçait. Comprenne qui pourra… !?

Quant au CD&V Wouter Beke, il est le digne héritier du CVP qui en s’appropriant l’état belge (ne parlait-on pas de l’état CVP ?) a fait tant de tort à la Wallonie. A l’ADN flamand de son parti, il joint un autre ADN, celui de la perversité. Puissent les décideurs wallons ne pas être dupes.

Paul D.

Alors que la N-VA prépare, dès à présent, la mise sur pied d’un système confédéral pour 2019 et que Liesbeth Homans, sa ministre de l’Intérieur au sein du gouvernement flamand, espère la fin de la Belgique pour 2020, le président du CD&V, Wouter Beke, vient de faire savoir que tout cela se fera sans son parti.

Le même Wouter Beke qui, le 23 septembre 2007, dans une interview accordée au journal québécois « Le Devoir », déclarait : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Le même Wouter Beke, qui, alors que l’encre de la sixième réforme de l’Etat n’était pas encore sèche, précisait (« La Libre Belgique » du 23 juin 2012) : Personne ne niera qu’une 7e réforme viendra un jour. L’approfondissement de la réforme de l’Etat est irréversible. Une série de compétences devront encore être attribuées aux Régions : impôt des sociétés, services d’incendie, police… Nous étions aussi, comme le PS, pour la régionalisation de la Justice. Nous voulons qu’on tienne compte, en matière communautaire, de pensions, de sécurité…, de ce que veulent 57% de la population, donc les Flamands.

Pour des raisons de compétition électorale, les pontes du CD&V tentent donc aujourd’hui de se démarquer de la N-VA. Mais la vérité ne peut être occultée.

L’attitude de la N-VA ne fait que s’inscrire dans la logique de ce que le Parlement flamand a approuvé, en 1999, avec ces fameuses résolutions d’inspiration résolument confédéraliste. A l’époque, la N-VA n’existait pas encore.

C’est d’ailleurs un démocrate-chrétien flamand, Luc Van den Brande, qui, au début des années 90, alors qu’il était ministre-président flamand, a  lancé l’offensive. Le 14 janvier 1993, ne déclarait-il pas au « Soir » : Mes collègues de l’exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme.

Voilà donc près de 20 ans que la Flandre a annoncé la couleur : pour elle, le schéma fédéraliste est clairement dépassé. Il a atteint ses limites, pour reprendre le constat de l’ex-Premier ministre démocrate-chrétien flamand, Yves Leterme, celui-là même qui fut l’artisan, en 2004, du cartel avec la N-VA, dont le programme annonçait, sans la moindre ambiguïté, l’émergence d’une République flamande au sein de l’Europe.

Quant à la stratégie des francophones, elle est bien connue : « demandeurs de rien », ils finissent toujours par plier.

Est-il besoin de rappeler comment, en 2001, ils se montrèrent conciliants en échange d’un maigre refinancement de leur enseignement ? Furent ainsi concédées à la Flandre des avantages que l’on se refusait à envisager trois mois plus tôt : surreprésentation de la minorité flamande au Parlement régional bruxellois, présence automatique d’au moins un échevin flamand dans les conseils communaux bruxellois, régionalisation de la loi communale permettant de mettre au pas les francophones de la périphérie. Et, quelques années plus tard, c’était au tour de BHV d’être scindé !

En dépit de compétences régionales qui n’ont cessé de s’étendre depuis 1980, en dépit d’une dizaine de plans de redressement, le sort de la Wallonie reste toujours précaire. Elle n’a toujours pas décollé, reconnaît Philippe Destatte, le directeur de l’Institut Destrée. Qu’attend donc le peuple wallon pour sortir de son apathie et à s’engager pleinement en faveur du redressement de la Région ?

Jules Gheude

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9 réflexions sur « Le double visage de Wouter Beke »

  1. Dans ses analyses Mr Gheude et d’autres ne parlent pas des éléments suivant:
    1) la Flandre ouvre de plus en plus activement à une union avec les Pays Bas. Cette union est en marche et s’affiche ouvertement. Le pire c’est qu’elle envisage y englober Bruxelles et la Wallonie. Une union territoriale dans laquelle la Flandre et la Hollande seraient les 2 pays directeurs tandis que Bxl et la Wallonie ne seraient que 2 régions sous la direction de la Flandre et de la Hollande.
    2) L’ extension de Bxl sur la Wallonie. Le sujet reviens souvent de créer un interland exterland qui permettrait à Bxl de s’agrandir en annexant une partie ou la totalité de la Wallonie. A cette idée d’extension les Flamands ont ajouté l’ extension de leurs extra super droits bruxellois á toute la Wallonie.
    3) la Flandre manque de territoires libres. Le boerenbond manque de terres cultivables, le Voka et Unizo manque de zoning.. Ces organisations ont déjà commencé à s’approprier les territoires wallons. Des centres touristiques dans les Ardennes et aux barrages de l’eau d’heure. Des zonings á Nivelles et á Gosselies. Et le Boerenbond est de plus en plus présent dans l’agriculture wallonne.
    4) La Flandre s’approvisionne gratuitement en eau de sources wallonnes. Au point que l’eau wallonne est moins chère en Flandre qu’en Wallonie. Conscient de cette ressource stratégique la Flandre se sert de la Belgïe pour garder la main sur les captages d’eau wallons.
    En résumé je crois que contrairement à ce que les francophones croient, ce n’est pas la séparation territoriale qui nous attend mais plutôt la nederlandse kolonisatie avec une séparation des finances et la disparition de toute solidarité

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    1. Ce que vous signalez est tout à fait exact. Le Boerenbond et les Hollandais investissent également en France comme ils le font en Wallonie. Le problème chez nous relève de notre lien de dépendance institutionnel à l’égard de la Belgique et du Benelux. Si nous étions Français, ces investissements n’apparaîtraient pas aussi menaçants. Quoi que ? En fait, à l’expérience, l’ Europe n’est qu’un « Machin » permettant les invasions sans intervention guerrière comme depuis l’Antiquité à 1945 !

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    2. @bon nombre de Wallons butés et surtout aveugles: a) vous êtes en passe d’avoir un 5iéme Plan Marshall ce qui ne redressera en RIEN votre Région, si Belle et si mal menée par ces incapables du PS. Continuez á voter pour eux et le précipice se raprochera encore plus pour vous. Soyez cerains que je le regrette sincérement! La Flandre n’en veut aucunement á NOS Sis&Bros wallons. NOS élites flamandes ont marchandé leur propre Région (Eyskens Sr.) et ont détruit p.a.d. toute possibilité d’arriver á un compromis louable et valable pour les DEUX régions á part entiére. Impossible pour nous de contourner par pour-parlers tous ces verrouillages politiques, et autres sonnettes d’alarme institutionalisés á tort. Et vous oubliez pertinemment la loi de financement qui nous rappelle continuellement que la Flandre paie pour tous vos déboires politiques mais également sociétaux. Que feraient ces PS/CdH INCOMPÉTENTS sans le financement par la Flandre??? Mais cela: motus et bouche cousue de la part de vos partis, évidemment! Et ne venez pas nous parler de « jadis » quand la Wallonie « payait » pour cette Pauvre Flandre! Dites-vous bien que nous serions ENCORE d’accord pour payer si au moins nous constations une certaine « corporate governance » et une vraie privé de responsabilités dans beaucoup de vos initiatives. Mais RIEN de tout ca: NOS sous (et les votres!) disparaissent dans ce trou wallon sans fond. Alors, nous devrons faire comme en Catalogne et proclamer notre « indépendence » politique et Socio-écon. et obtenir (ENFIN!!!) ce full confed. dans lequel TOUTES les compétences (Sécu, fiscalité, retraites e.a. mais également une Large partie de la dette publique) reviendront aux DEUX régions. Les transferts aberrants s’éteindront enfin et soyez. convaincus que notre Flandre s’en tirera trés bien. Dommage pour vous: ou bien cessez de croire aux leurres de ce maudit PS.

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  2. l’article de B. Delvaux dans le soir de ce jour, … c’est beau comme l’antique. Mais plus sérieusement faire croire qu’un retour en arrière est possible c’est un scandaleux mensonge et elle le sait.

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  3. 3 éléments manquent dans cette analyse :
    1) La Flandre œuvre à son union avec la Hollande. De gros notamment côté SNCB et du côté de l’armée y sont consentis. Cette union se conçoit avec 2 pays directeurs Flandre & Hollande et 2 régions dépendantes : Wallonie et Bxl.
    2) Bxl voudrait s’étendre sur la Wallonie en créant un inter-land. Et les Flamands exigent déjà l’extension de leurs super-droits sur la Wallonie.
    3) Le borenbond s’accapare des terres agricoles wallonnes et le Voka s’installe dans les zoning industriels wallons (Nivelles par ex). Sans compter les sites touristiques wallons qui deviennent flamands et ou néerlandais (Ardennes, barrage de l’Eau d’Heure). La Flandre et la Hollande ont besoin d’espaces.
    Plus que le séparatisme, c’est la nederlandse kolonisatie qui nous guette;

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  4. Et pendant ce temps là, la NV-A descend un peu dans les sondages (tout en restant le 1er parti de Flandre) mais ce qu’elle perd, c’est le Vlaams Belang qui le récupère (sûrement par des gens qui veulent être encore plus intransigeant que la NV-A en matière communautaire). Et il y a des indépendantistes chez le CD’nV, l’Open-VLD, au SP-A et même sûrement chez GROEN aussi! CQFD! Et toujours pendant ce temps là, les « demandeurs de rien » (les politiques wallons) attendent…

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    1. Il y a fort à craindre que de nombreux politiques wallons se leurrent à penser que dans une structure qui ressemblerait de loin, même de très loin, aux 17 Provinces, ils pourraient s’en tirer à long terme. Même aujourd’hui, victimes d’un provincialisme étriqué, la France leur fait peur. Mais y a-t-il encore beaucoup de politiques aux réelles racines wallonnes ?

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      1. Je comprends votre dépit, mais parler de « réelles racines wallonnes » me semble en contradiction avec certains idéaux de la République.

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