L’homme qui affole la Belgique

Bart De Wever a parlé. Ce qui est surprenant, c’est qu’il arrive encore à surprendre. Il n’a pas dit grand chose. Un petit pas de plus sur le chemin qu’il s’est tracé. Peut-être a-t-il vu le soleil se lever sur la Catalogne et senti claquer le drapeau jaune et noir dans sa poitrine en pensant tout à coup au sac d’Anvers par les Espagnols. Peut-être a-t-il senti que c’était le Bart De Wevermoment d’accélérer, juste un peu. Peut-être avait-il envie de communiquer, de partager, de rassurer ses partisans. L’indépendance est là, pas loin. Pour réaliser le grand projet de sa vie, il doit maîtriser le temps, le timing. Le pouvoir n’est pas le but mais le moyen. Bouger, forcer les événements, agir plutôt que réagir. Ne pas rater son rendez-vous avec l’histoire. Un petit pas pour lui mais peut-être un grand pas pour la Flandre. Un petit pas qui suffit à montrer qui est le véritable homme fort du royaume de Belgique… ce pays en sursis qui n’est pas le sien. 

Lu sur le site du journal Le Soir :

De Wever remet le confédéralisme à l’agenda

Le président de la N-VA a chargé deux députés de travailler sans attendre sur l’avenir institutionnel de la Flandre.

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a pris tout le monde de court en annonçant, par voie de communiqué, qu’il rouvre le dossier institutionnel.

Concrètement, le patron des nationalistes flamands a demandé à Hendrik Vuye, chef de groupe à la Chambre, et à la députée Veerle Wouters, d’avancer sur les dossiers institutionnels. Les deux élus sont chargés d’élaborer un projet « qui permette de discuter des étapes suivantes de l’émancipation flamande ». Une réflexion qui sera initiée, annonce le président de la N-VA, avec des forces internes et externes au parti. « Il s’agit d’associer des personnalités de tous bords pour préparer l’avenir institutionnel de la Flandre ».

« Approfondir le discours communautaire »

En pratique, il s’agit donc de « traduire en textes de loi le projet de confédéralisme de la N-VA » et « d’approfondir le discours communautaire ». Hendrik Vuye et Veerle Wouters devront « formuler de nouvelles propositions, qui dépassent le cadre des partis, et sont élaborées en dialogue avec la société ».

Hendrik Vuye et Veerle Wouters devant se consacrer entièrement à cette mission, ils seront remplacés à la tête du groupe parlementaire. Ils se mettront au travail dans les prochaines semaines.

À noter que cette démarche répond aux critiques, formulées ces derniers jours en Flandre, par le Vlaamse Beweging (mouvement flamand), qui reprochait à la N-VA d’avoir mis de côté ses ambitions communautaires. (…)

« Pas d’exigences communautaires sur la table pendant cette législature », affirme la N-VA

La N-VA ne remet pas en cause l’accord sur la mise au frigo des revendications communautaires pendant 5 ans, a-t-on fait remarquer mercredi au siège du MR après l’annonce de la N-VA. Les Réformateurs ne sont toutefois pas étonnés par la déclaration de M. De Wever dont le parti demeure nationaliste.

« Nous sommes dans un gouvernement qui a décidé de mettre le communautaire au frigo pendant 5 ans et cela n’est pas remis en cause. Personne n’ignore que la N-VA est un parti indépendantiste et qu’elle reviendrait en 2019 avec des revendications. Ce n’est pas étonnant qu’un parti réfléchisse à son positionnement politique. Le PS le fait en formulant des propositions de gauche, le MR en formulant des propositions libérales et la N-VA avec des propositions nationalistes », a-t-on souligné.

Le MR, partenaire de coalition de la N-VA à l’échelon fédéral, n’était pas informé de cette annonce de la N-VA, a-t-on reconnu chez les nationalistes. Le parti entendait mettre les libéraux au courant ce mercredi avant une sortie publique jeudi mais des fuites dans la presse ont précipité les événements. Le MR a depuis lors été informé. « Naturellement, ils tombaient des nues et ils étaient complètement surpris, ce qui est compréhensible. Mais nous respectons notre accord à la lettre : on ne mettra pas d’exigences communautaires sur la table pendant cette législature », a expliqué le porte-parole de la N-VA.

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3 réflexions sur “ L’homme qui affole la Belgique ”

  1. Apparemment, l’annonce de Bart ne soulève aucun tollé au Parlement de Flandre et, pas plus, dans les rangs de la majorité flamande au Fédéral. Si en face, dans l’opposition au Fédéral (majoritaire au Parlement wallon), certains se mettent à hurler, navré, cela relève de l’hypocrisie et de la quasi malhonnêteté intellectuelle.
    Au vu du futur institutionnel où se place la Flandre depuis des années (tous partis confondus), les partis wallons devraient déjà proclamer qu’ils marchent de concert et qu’ils sont prêts à relever le défi. Pourquoi alarmer inutilement la population d’autant que celle-ci n’ignore pas la couardise et l’impréparation de ses « dirigeants »?
    Bart, comme d’autres partis de Flandre avant lui, travaille à un but COMMUN même si les Flamands utilisent toujours le mots Belgïe et Belgen (pourquoi pas puisque la version néerlandaise ne correspond plus beaucoup dans les faits à la version française). Qui défendra la Belgique/Belgïe ? Peu de gens, Les Britanniques s’en désintéressent largement du moment que « Bruxelles » demeure bien Brussel avec ce charmant folklore « francophone multiculturel ». Les Français ont déjà affirmé, depuis bien longtemps, qu’ils reconnaîtraient l’indépendance de la Flandre (les affaires sont les affaires). Alors ?

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  2. Nous respectons notre accord à la lettre : on ne mettra pas d’exigences communautaires sur la table pendant cette législature », a expliqué le porte-parole de la N-VA..
    Et pendant ce temps là, les ministres N-VA du gouvernement fédéral se montrent parfaitement loyaux et surtout… compétents.
    Le pari de De Wever et de la N-VA est en bonne voie de réussite. Grandir en crédibilité comme gestionnaire, prendre et assumer ses responsabilité, tenir sa parole et tout ça dans l’objectif de convaincre les quelques Flamands (qui seraient encore) réticents que sa vision du confédéralisme tient la route.
    Certes, ils sont nationalistes (et républicains !), mais les partis traditionnels qui hurlent leur frustration aujourd’hui comme les PS, cdH, Ecolo et autres FDF ou PTB ne sont-ils pas tout autant nationaliste (mais royalistes !) ?
    Je dois dire que le nationalisme flamand me dérange beaucoup moins que le nationalisme belge (de ces derniers partis), nationalisme qui nous a fait tant de tort à nous Wallons !
    Le nationalisme belge ne survit que grâce à l’ignorance de l’Histoire.

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  3. Moi, il ne m’affole pas du tout, le Bart!!! J’voudrais même qu’il accélère le mouvement…j’dirais même que l’avenir français de la Wallonie ne dépend que (ou surtout) de lui et de son parti!!! Allez, Bart, dépêches toi un peu…les wallons n’envisageront jamais la France tant que tu n’auras pas définitivement mis fin à cette Belgique! (Comment on dit « grouilles-toi » en néerlandais??? MDR)

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