Germanophones : « la Belgique à quatre est inscrite dans les astres », ou pas

Lecture très intéressante que nous envoie un membre de notre groupe de parrainage

Le Vif

19/05/15 à 15:23 – Mise à jour à 15:23

Source : Belga

Le président du parlement de la Communauté germanophone, Karl-Heinz Lambertz, et plusieurs députés germanophones ont plaidé mardi au parlement wallon pour une accélération des transferts de compétences régionales vers leur entité fédérée, soutenus en cela par une proposition de résolution du MR (opposition). Mais les élus de la majorité parlementaire wallonne (PS-cdH) ainsi qu’Ecolo ont tempéré ces ardeurs, élargissant le débat à l’avenir de la Belgique.

« L’heure de vérité approche », n’a pas hésité à lancer M. Lambertz (PS) devant la commission de coopération du parlement wallon avec la Communauté germanophone, qui ne s’était plus réunie depuis 2011. Il évoquait ainsi la réunion programmée le 2 juillet prochain entre les gouvernements wallon et germanophone, sur les transferts de compétences vers la plus petite entité fédérée du pays (près de 77.000 habitants), en vertu de la 6e réforme de l’Etat.

Des pans de la compétence de l’emploi doivent encore être mis en oeuvre dans l’escarcelle germanophone, de même que le logement, mais les Germanophones lorgnent aussi sur l’aménagement du territoire, l’urbanisme, les routes régionales et les compétences provinciales. Une proposition de résolution MR va jusque-là, au nom de la cohérence et de l’efficacité des politiques, mais aussi parce que « la Belgique à quatre est inscrite dans les astres », a relevé le chef de groupe Pierre-Yves Jeholet. Il juge que les partis de la majorité entretiennent un double discours depuis trop longtemps à l’égard des Germanophones, alors que le MR a une position commune avec son aile libérale à Eupen, le PFF.

Dans la majorité parlementaire wallonne (PS-cdH), si l’on se montre disposé à avancer sur base de l’article 139 de la Constitution qui permet le transfert de matières régionales wallonnes à la Communauté germanophone, on exclut toute précipitation, les transferts nécessitant une analyse fine de leur impact budgétaire, a noté Marie-Martine Schyns (cdH). « La Communauté germanophone fait partie intégrante de la Wallonie, pour développer une région prospère », a notamment relevé le chef de groupe PS, Christophe Collignon, suscitant des grincements de dents dans les rangs germanophones.

Le député, régionaliste convaincu, juge toutefois les revendications germanophones légitimes, mais il insiste aussi sur la nécessaire adhésion de la population aux changements institutionnels et sur l’accord de la Flandre à voir la structure de l’Etat évoluer vers les Régions plutôt que les Communautés. Pour André Antoine (cdH), les revendications d’autonomie ne doivent pas éluder le débat sur la solidarité entre Germanophones et Wallons, tout comme il en existe une entre Wallons et Bruxellois francophones à travers la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Quelle conception de la Belgique ont ceux qui veulent précipiter les calendriers ? », a-t-il demandé au MR, craignant un « effet papillon » qui se répercute sur le débat institutionnel belge. Stéphane Hazée (Ecolo) est lui aussi d’avis qu’élargir les transferts de Namur vers Eupen à une matière telle que l’aménagement du territoire impliquerait un débat sur la 4e Région, qui « toucherait aux équilibres de l’Etat » est dangereux. Face à ces remarques, Karl-Heinz Lambertz s’est voulu rassurant. « Personne n’envisage des relations entre entités qui se font la guerre, il s’agit de coopérer d’égal à égal. Nous sommes tous dans un scénario de consolidation de la Belgique fédérale et non d’un éclatement ». Dans le cadre d’une évolution institutionnelle offrant toujours davantage de compétences aux Régions par rapport aux Communautés, une Belgique à quatre permettrait aussi de défendre le statut de Bruxelles, a-t-il estimé. L’ancien chargé de mission royale croit d’ailleurs savoir que « le moment viendra où les Flamands accepteront plus d’autonomie pour Bruxelles, comme j’en ai déjà parlé il y a quatre ou cinq ans avec (le président de la N-VA) Bart De Wever ». Si la précipitation n’était pas de mise dans sa bouche non plus, il a toutefois prévenu que « celui qui ne se préparerait pas à un grand débat institutionnel en 2019-2020 ferait une grave erreur politique ». Karl-Heinz Lambertz prendra une nouvelle fois la parole mercredi en séance plénière du parlement wallon, à l’occasion d’une semaine au cours de laquelle l’assemblée wallonne mettait à l’honneur sa consoeur germanophone.

Notre commentaire : celles et ceux qui osent dire que le débat institutionnel est mis entre parenthèses avec le gouvernement Michel sont soit des menteurs, soit des inconscients, soit encore des élus qui, le doigt sur la couture du pantalon, suivent les ordres de leur président de parti. Pour beaucoup, l’important n’est-il pas de préserver leur rente de situation ?

Contrairement à ceux qui jugent qu’élargir le débat institutionnel serait précipité, notre mouvement citoyen juge qu’il y a urgence à élargir le débat en y incluant le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française.

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7 réflexions sur “ Germanophones : « la Belgique à quatre est inscrite dans les astres », ou pas ”

  1. Dans le cas présent, la loi « Onkelinx » restreignant l’achat des armes est une sauvegarde car, à la lecture du comportement des politiciens wallons, il y a de quoi se suicider de tristesse sans hésitation…

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  2. « élargir le débat en y incluant le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française »… Conclusion bien singulière quand on parle d’une région-bonsaï qui parle allemand (enfin, de l’allemand à 90 % traduit du français à consonances de plus en plus flamande, dès lors que ce sont les Flamands qui ont le haut du pavé dans ce pays et que, économiquement, les Wallons comptent pour du beurre!) et qui n’a d’yeux que pour l’Eurégio Meuse-Rhin, rêve d’une « identité DG » et dont une forte minorité (dans la minorité) est de citoyenneté allemande. Dans cette éventualité chère à AWF, quid de ce lopin de terre? Les Luxembourgeois grand-ducaux n’en veulent pas: leur équilibre linguistique (luxemburgophone avec le français comme langue officielle et administrative, l’allemand comme langue culturelle de référence, mais cordialement haïe – merci Gustav Simon et Damian Kratzenberg! – et le portugais en usage dans les chaumières!) en serait fortement perturbé. Les rattacher à une structure, pourtant presque faite pour cela, la « région urbaine d’Aix-la-Chapelle » (« Städteregion Aachen »), créé spécialement par décret régional à Düsseldorf comme laboratoire eurégional? Demandez cela à des gens à qui on a in illo tempore inculqué la belgitude à coups de trique après un plébiscite bidon visant à faire passer en force le traité de Versailles, à des gens qui parlent un allemand édulcoré et le Plattdeutsch (ou un dialecte quasi-luxembourgeois dans le « Mottesland ») ! Balthia est et reste un squelette dans le placard. Or, laissé à son sort, cette entité administrative n’est pas rentable. Devenir français? Quand je pense que, durant la Révolution française, tout le clergé du cru refusait de prononcer le serment révolutionnaire… Quant à leur identification au duché de Limbourg, n’en parlons pas… Une francisation à l’alsacienne me semble peu probable (ni un « métissage » islamisant à la Hollande-« Najat » non plus, d’ailleurs, donc une arabisation à pas forcés).
    Alors que faire de cette mini-entité de 77 000 habitants bipèdes, le double en bovins et quelques centaines de milliers d’arbres et d’hectares de forêt dans l’option qui vous est chère?

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  3. Pourquoi les Germains des Cantons de l’Est ne pourraient-ils pas obtenir autant que la Wallonie dans le cadre Belgique ? Pourquoi la Wallonie agit-elle à l’encontre de septante-deux mille personnes bien déterminées comme le fait la Flandre vis-à-vis de la Wallonie? Que perdrait la Wallonie à offrir l’autonomie aux Germains des Canton de l’Est ? Que gagnerait-elle, par contre, à se montrer magnanime ?

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    1. Chez B Plus, Luc Van Der Kelen retourne sa veste; c’est dommage. Tout ce qu’il raconte relève à de la manipulation belgeoise/thioise honteuse. Pourquoi et au nom de quoi empêcher des peuples, rassemblés dans des entités politiques scabreuses par des princes étrangers, de choisir leur destinée et de se séparer sans conflit majeur ?
      Les historiens peuvent retourner l’Histoire des Wallons et des Flamands dans tous les sens, il n’existe pas d’ atome commun sauf des habitudes de coexistence entre voisins frontaliers. Depuis la création des gouvernements régionaux bien des sensibilités divergentes apparaissent malgré la volonté des politiciens wallons, marqués par le syndrome de Stockholm, de coller à la Belgique. Si ce ne sont pas des preuves cela ressemble à des indices marquants.
      La sagesse devrait pousser la Flandre à accepter que Brussel, comme au temps de sa splendeur ducale, demeure une ville réellement cosmopolite et endosse le rôle de cité d’accueil entre Néerlande et France ou entre Europe septentrionale et Europe méridionale. Ce n’est pas trahir la réalité ancienne, c’est s’en inspirer. Pourquoi tarde-t-on à transformer réellement Brussel en un carrefour de liaisons routières, ferroviaires et fluviale ? La Flandre a tout à gagner à financer ce genre de chantier; cela lui coûterait moins cher et lui rapporterait plus sans oublier une mainmise pacifique sur Brussel.
      Les Wallons ont-ils besoin d’une capitale brabançonne, étrangère et ennemie ? Non, ils possèdent leurs métropoles, Liège et Charleroi, et une capitale (oubliée!) Paris.

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      1. Je persiste à penser que l’avenir que l’avenir de la Wallonie passe par un rattachement à la République Française.
        Or, la Région wallonne de langue allemande fait indiscutablement partie de la Wallonie depuis cent ans, et à plusieurs reprises ses habitants ont réaffirmé leur attachement à leur région.
        L’idée d’une Région Belge de langue allemande autonome est saugrenue !
        Donc, la région de langue allemande a intérêt à étudier d’urgence , comme la Région Wallonne, les avantages qu’entraînerait pour ses habitants le rattachement de leur région à la République : ils sont nombreux ! Parmi ceux-ci, l’apprentissage de la langue allemande, comme en Alsace, qui a été fort oublié en Wallonie ces dernières années ; ce serait un plus important pour les Wallons de demain ,devenus français, de se tourner d’avantage vers l’enseignement de langue allemande fortement utilisée dans tout l’est de l’Europe !
        georges-henry simonis

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  4. Est-ce que les Germanophones suivraient les Wallons vers la France? J’pense qu’ils iraient alors plutôt vers l’Allemagne, non? Logiquement…
    Quant à ce que dit Valmy, oui en cas de Wallonie-région de France, notre capitale nationale serait Paris, effectivement!!! Mais notre chef-lieu de Région pourrait rester Namur (tout en étant chef-lieu de département) et alors Liège, Mons, Wavre et Arlon pour les futurs autres départements…

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