Le silence et la grande abstention des politiques

Le point de vue de Georges-Henry SIMONIS Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27

« Comme c’est bizarre, comme c’est étrange, et quelle coïncidence… » : pour une fois, en Belgique comme en France, tous les partis s’interrogent en même temps sur leur avenir et sur leurs programmes.

En Wallonie, c’est le P.S., titillé par la gauche, qui dit vouloir ouvrir un large débat; c’est le c.d.H qui fait un appel aux idées nouvelles; c’est ECOLO qui recherche une nouvelle radicalité; seul le MR, englué au sein de l’Etat Fédéral dans les conditions que l’on sait, semble gérer les affaires sans grande ligne directrice autre que l' »accord gouvernemental » qui lui a été imposé pour prix de son retour au Pouvoir Fédéral.

En France, le P.S. oscille lui aussi entre sa politique de rigueur actuelle et celle qui est proposée par les contestataires de gauche, frondeurs ou extérieurs; à droite, on s’apprête à choisir l’homme providentiel avant de trouver un programme suffisamment novateur et crédible; chez EELV (les Verts), on hésite entre radicalisme et participation gouvernementale…

En démocratie, c’est évidemment une bonne chose qu’il y ait une culture du débat, et une recherche de solutions nouvelles aux problèmes des citoyens.

Ceux-ci commencent à s’inquiéter fortement : trop nombreux sont ceux qui vivent dans une grande précarité, ou dont les conditions d’existence sont insuffisantes pour mener une vie décente, pour ne pas dire heureuse et normale. En Wallonie, les craintes dépassent le saut d’index, la diminution des allocations familiales, ou la diminution drastique des soutiens financiers régionaux.

En matière financière, les problèmes qui opposent les Régions et le pouvoir fédéral vont au-delà des difficultés comptables qui font qu’on recherche les millions manquants… Elles illustrent ce que de nombreuses personnes avaient pressenti lors de la 6ème Réforme de l’Etat : il n’y a pas assez d’argent dans l’enveloppe allouée aux Régions lors des transferts de compétence.

En outre, l’Etat flamand continue de mépriser quotidiennement la Wallonie : en matière de transports ferroviaires, la grille 60/40 entre Flandre et Wallonie, déjà inacceptable en elle-même en raison de la disparité des contrées à desservir, n’est plus respectée et le rail wallon continue de souffrir alors que tout le réseau flamand se modernise à une vitesse très élevée; la ligne moderne Bruxelles/Luxembourg, attendue depuis si longtemps, est encore aux oubliettes, tandis que les travaux de la périphérie sud de Bruxelles connaissent de nombreux retards… Quant à la suppression du THALYS vers PARIS, des techniciens du chemin de fer nous disent que c’est purement politique, en dépit des prétendues allégations d’ordre technique ou financier.

Sur le plan routier, la Nationale 4 est le plus souvent en travaux, et la mise aux normes européennes de la Nationale 5 vers la France avance à une allure d’escargot, le contournement de CHARLEROI n’étant même pas commencé, alors que, du côté français, entre ROCROI et RETHEL, des travaux de grande envergure avancent à une vitesse impressionnante. Rien non plus pour relier enfin CHARLEROI au réseau autoroutier français qui va s’arrêter à MAUBEUGE, à la frontière belge : il manque une quinzaine de kilomètres depuis des années…

L’électricité, les assurances, l’informatique, les téléphones… Tout continue d’être moins cher en France, de même que le « panier de la ménagère » : TEST ACHAT a parlé de 18 % de différence sur certains articles… La caissière, belge, de l’Intermarché de GIVET estime que plus de la moitié de ses clients sont belges… Au passage, allez voir combien cette petite Ville de Givet se modernise agréablement : le contraste avec nos banlieues est saisissant…

L’objet de ce billet pascal n’est cependant pas de redire une nouvelle fois ce qui a déjà été dit tant de fois sur les raisons qui militent en faveur d’une réorientation de la Wallonie vers la France.

Ce qui étonne, et est inacceptable, c’est la persistance du silence des politiques, et des médias belges et français, sur l’intérêt qu’il y a à étudier de près un retour à la France.

Le concept d’intégration-autonomie de la Région Wallonne vers la République Française a été largement étudié. Il nous convient.

Les hypothèses chiffrées sont difficiles à mettre en œuvre dans la mesure où les « vrais » chiffres sont tenus sous le manteau, ou sont publiés avec des retards considérables.

Certes, la République n’est pas en grande forme, et la relance tarde à s’y manifester.

Il est toutefois légitime de penser que l’apport de près de 4 millions de citoyens supplémentaires donnerait à la FRANCE un élan renouvelé; en même temps, il offrirait aux Wallons des perspectives nouvelles, avec une solidarité élargie considérablement. On ne peut admettre que les gouvernants, les partis politiques, leurs centres d’étude, les syndicats, les universités, ou les Centres de Prospective en tous genres continuent à ne pas mettre en chantier des études approfondies sur ces questions.

En Wallonie, les questions institutionnelles et économiques ne manquent pas.

Le bourgmestre de Liège parlait récemment (Le vif /27 mars 2015) de la suppression de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la fusion des CPAS et des services sociaux des Villes, et de la suppression des Provinces : voilà des réformes qui devraient se faire en fonction des compétences redéfinies des départements au sein de la France régionalisée (en France, les Régions disposeront de pouvoirs décentralisés considérables, et les Départements gardent des compétences importantes : le social, la culture, l’entretien des routes départementales et en matière  d’enseignement les Collèges (les 3 premières années de l’enseignement secondaire)).

Enfin, proclamons l’état d’urgence : des décisions engageant l’avenir à long terme sont en train de se prendre de manière irréversible, comme le rattachement de la marine belge à la marine hollandaise (ce qui peut se concevoir aisément sur le plan géographique). Mais pourquoi pas, en revanche, le rattachement de la Force aérienne belge à la France ? Pour rappel, l’avion américain que veulent acheter les Flamands coûte 130 millions d’euros à l’achat, par appareil, hors frais de maintenance… Les Wallons ne peuvent accepter ce choix flamand alors que leur performante industrie aéronautique pourrait se charger de la maintenance si on achetait le « Rafale » français.

Par ailleurs, pourquoi ne pas négocier un accord bilatéral entre la France et la Wallonie pour que les jeunes Wallons qui le souhaitent puissent être engagés dans l’armée française, sans être envoyés nécessairement dans la Légion étrangère ?

Plus largement, la Wallonie est à la veille d’une procédure de divorce.

Il est important de prendre ce que les juristes appellent des mesures urgentes et provisoires pendant l’instance : elles contribuent à éviter les problèmes, et à faciliter la phase ultérieure qui est celle de la liquidation de la communauté.

Ainsi, il faudrait qu’une sorte de notaire, commis à cet effet, prenne note des dépenses actuelles ou futures prises par l’un ou l’autre ex-partenaire contre les intérêts de l’autre. Ainsi, il faudrait prendre note en toute transparence des dépenses extraordinaires effectuées par l’une ou l’autre Région contre l’avis de l’autre, comme par exemple celles qui excèdent 1 milliard d’euros ! (C’est le quart du coût des avions, et je ne connais pas celui des navires…).

Le problème du partage de la dette de l’ex-Belgique pourrait être abordé sans attendre, en ces temps où les intérêts sont historiquement bas, la répartition devant se faire selon un coefficient de 2/3 pour le Nord, et 1/3 pour le Sud, que l’on prenne en compte le critère de l’importance des populations, ou celui de l’impôt des personnes, ou encore le « Produit National Brut » des régions concernées. Les trois critères conduisent à la même clé de répartition.

La Wallonie a besoin de la France,

La France a besoin de la Wallonie.

La persistance de l’absence de tout débat public sur le réunionisme et l’intégration-autonomie de la Wallonie à la France est insupportable. Les partis disent qu’ils attendent des idées : en voici une, à mettre en pratique de toute urgence !

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3 réflexions sur “ Le silence et la grande abstention des politiques ”

  1. Il n’y a rien a espèrer des partis belgicains et les Wallons toute honte bue adorent la Belgique
    devenue Belgie. C’est a qui sera le plus maso et comme ils sont heureux de voir leurs
    enfants apprendre a aboyer Flamand comme l’avait dit le grand Jacques Brel dans sa
    chanson les Flamingants une chanson largement censurée par les médias belgicains

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  2. Ils (les politiques wallons) attendront la toute dernière minute, quand les flamands auront porté l’estocade finale (déclaration d’indépendance et création d’une république flamande) et pas avant, malheureusement!!! Au lieu de prendre les devants et d’au moins se renseigner sur la faisabilité d’un rattachement (rencontres avec les homologues français, sonder la population wallonne et française, etc…), ils préfèrent attendre, attendre et attendre encore, sans rien faire, sans rien prévoir à l’avance. Pitoyable!!!
    PS: bien que, personnellement, je ne voudrais pas d’un référendum actuellement, car les Wallons continueraient à voter « Belgique ». Le référendum doit, pour arriver, à bon escient, se faire quand la Wallonie se retrouvera seule…C’est mon point de vue pour que celui-ci ait une chance de sortir avec un résultat pour l’avenir avec la France…

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