Wallonie : l’heure de rentabiliser le RAVel

Nous pourrions dire : il est presque temps. « Avec un potentiel unique en Europe », dixit le ministre wallon du tourisme et « une infrastructure meilleure qu’en France« , dixit François RavelLeruth, responsable du RAVel au SPW (service public de Wallonie), notre région compte développer en 2016 (pourquoi 2016 et non 2015 ?) un outil complètement sous-exploité (lisez inexploité).

Mais François Leruth met judicieusement le doigt sur deux véritables tares bien wallonnes : l’amateurisme et le saupoudrage. Prudent, il ajoute ce qui suit : »Si on réalise une bonne promotion, l’accueil doit suivre, à condition d’éviter l’amateurisme et le saupoudrage. Il faut une structure-chapeau au niveau de la Région, pas une nouvelle structure, mais une coordination. Et un site internet unique, par exemple lawallonieavelo, même si le balisage n’est pas complètement réalisé. »

Si j’avais un conseil à donner à M. Leruth, mais aussi à M. René Collin, ce serait d’activer les accords de coopération signés avec la France en 2004 qui concernent les domaines qu’ils doivent gérer. Ce serait l’assurance de voir les beaux projets déboucher sur la réalité sans éparpillements suscités par les mauvaises habitudes héritées du passé, mais encore trop présentes.

Rappelons ici que la politique de la ville en Communauté française a plus de 10 ans de retard sur celle des villes françaises à dimension semblable.

Paul D.

sur le site du Vif/L’Express :

Le ministre wallon du Tourisme s’empare du potentiel que représentent les 1 300 kilomètres du RAVeL et veut promotionner cet outil unique en Europe. Qui a coûté plus de 100 millions d’euros depuis 2002, sans rapporter grand-chose.

RavelL’année touristique 2016 sera consacrée au vélo, a annoncé René Collin (CDH). Pas trop tôt : la Wallonie figure à peine sur les cartes cyclistes européennes alors qu’elle dispose, avec le RAVeL (Réseau autonome des voies lentes) d’un outil remarquable mais complètement sous-exploité. « J’ai choisi de l’annoncer dès maintenant, explique le nouveau ministre du Tourisme, car nous devons structurer le produit : infrastructures, matériel, cartes, dépliants, site internet, événementiel, appels à projets innovants… Tout est à construire. Il existe déjà un faisceau d’initiatives mais bien trop disparate. Alors que la thématique du vélo recèle un formidable pouvoir d’attractivité. »

En France, le site francevelotourisme.com est la vitrine qui renseigne sur les itinéraires, les hébergements, les locations et les réparateurs, les lieux de visite, les offices du tourisme, les guides, les séjours « clé en main » (location de vélos, hébergement, transport des bagages, topo-guide, etc). Ce site est soutenu par le ministère de l’Economie. Rien d’étonnant : le tourisme à vélo, avec 5,5 millions de séjours par an, engendre près de 2 milliards d’euros de retombées (dont la moitié en hébergement et restauration) et représente 16 500 emplois. L’association compte, d’ici 2015, doubler les chiffres de 2012, créant 10 000 emplois supplémentaires et engrangeant 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en plus…

A une échelle plus comparable avec la Wallonie, la Bretagne (4 millions d’habitants) a aménagé en quelques années 800 kilomètres de voies vertes (halages et anciennes voies ferrées, comme le RAVeL) et 700 kilomètres de « voies partagées ». Elle est traversée par deux itinéraires européens et compte, en cohérence avec le schéma national et le schéma européen, 8 itinéraires régionaux, à proximité desquels 160 hébergements « Accueil vélo » (la marque nationale) sont ouverts. Selon une enquête de 2013, les retombées économiques globales s’élèvent à 37,2 millions d’euros/an et les retombées directes à 24,6 millions (15 000 euros/km de voie). « Et pourtant, il n’y avait là en 2009 que quelques voies vertes, remarque François Leruth, responsable du RAVeL au SPW (Service public de Wallonie). Mais quand, en France, un Comité régional du Tourisme décide de faire du vélo une de ses priorités, on fonce, on fait les travaux nécessaires, on sensibilise le secteur privé. Or, notre infrastructure est de meilleure qualité qu’en France. Si on réalise une bonne promotion, l’accueil doit suivre, à condition d’éviter l’amateurisme et le saupoudrage. Il faut une structure-chapeau au niveau de la Région, pas une nouvelle structure, mais une coordination. Et un site internet unique, par exemple lawallonieavelo, même si le balisage n’est pas complètement réalisé. »

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