Albert deux sous

« Si la monarchie disparaît, c’est toute la Belgique qui éclate », a dit récemment Stéphane Bern, le journaliste préféré des têtes couronnées. On ne lui en voudra pas d’avoir souligné l’extrême fragilité de l’Etat belge. La famille royale est le ciment dont la Belgique a besoin. Rien d’étonnant si l’image du roi brille au soleil comme une icône. Albert II, selon Stéphane Bern, « a fait son travail merveilleusement en 20 ans. Il a maintenu la Belgique unie, il a tenu la Belgique à bout de bras contre tous les populismes. » Ah oui, le populisme… Elio Di Rupo s’est lui aussi donné des airs de Stéphane Bern et Albert II lui a témoigné sa gratitude pour avoir bien servi la monarchie belge. Il ne restait plus au vieux roi qu’à se faire oublier, maintenant que Philippe (« un homme très intelligent, extrêmement compétent et extrêmement bien préparé »)  a enfilé le costume de son père. Kroll, Albert  fauché

Mais patatras, voilà qu’Albert sort de son rôle. Il se rend compte qu’il n’a plus autant de sous qu’avant (pour faire à peu près la même chose) et il a le mauvais goût de s’en plaindre. Il doit s’en foutre un peu de ses chers compatriotes, au fond. C’est du moins ce que les gens peuvent se dire. Les réactions n’ont pas manqué sur le net. Paul MELOT nous a directement envoyé une « Lettre ouverte à Elio Di Rupo ». La voici, avec un peu de retard. (Le dessin de Kroll, lui, a été publié dans Le Soir.)

Lettre ouverte à Elio Di Rupo

Monsieur le Premier Ministre,

Ce matin, je découvre, avec stupéfaction, que la presse nourrit des inquiétudes pour la santé mentale et physique de notre ancien Souverain bien-aimé.

Je peux en effet comprendre qu’avec les 900.000 euros annuels que (vous)  le parlement vient de lui octroyer en guise de viatique – après l’avoir fait travailler bien au-delà de ses soixante-cinq ans- , malgré la mise à disposition gratuite de douze dévoués serviteurs et quelques autres babioles,  Monsieur Albert Deux ne parvient pas à nouer les deux bouts…

Pensez donc, que feriez-vous à sa place, disposant de cette somme (du  moins si l’on peut parler de « somme »…) quand il faut assumer la charge de deux  appartements ostendais, de la maison et des travaux du prieuré de Villers-sur-Lesse, du domaine de Grasse, de l’appartement romain et du yacht  royal ? Quand, de surcroît, Sa Majesté ne dispose pas de ressources suffisantes  pour aider Delphine via une toute petite pension alimentaire ?

Ainsi, compte tenu de votre zèle bien connu, de votre abnégation, de votre attachement si touchant à la personne royale et à l’institution monarchique, je  me permets de vous suggérer l’ouverture d’une collecte nationale, car ma crainte est que, malgré votre ferme volonté, la faveur de la réouverture d’un débat sur sa dotation vous soit méchamment refusée par les députés…

Après tout, aider cet homme méritant qui vous a tant soutenu dans le chemin menant à votre ascension nationale, rêve d’enfant maintenant concrétisé, serait  un juste retour des choses.

Compte tenu de vos liens proches et bien connus, il me semble que l’on  pourrait mettre en vente des photos-souvenirs de Sa Majesté et de Vous-Même vous  tenant par la main, un peu à la manière d’Helmut Kohl et de François Mitterrand,  à l’époque. En guise de clin d’œil, vous pourriez porter cravate, Monsieur Albert Deux un nœud papillon. Un tel témoignage d’amour presque filial  égayant les demeures belges, vendu au prix modique de 25 euros, écoulé en onze  millions d’exemplaires, vu son incontestable valeur historique (des générations  d’écoliers la collant en page de garde du journal de classe) rapporterait  275.000.000 d’euros moins les frais et mettrait notre national pensionné à  l’abri de toute incertitude face à une fin de vie que tous nous lui  souhaitons heureuse, loin, au propre comme au figuré, des bas tracas vécus  par tant de minimexés et de chômeurs éjectés du système, comme voté par votre  gouvernement récemment.

Qu’en pensez-vous ?

A vous lire, ce dont je vous remercie à l’avance, recevez, Monsieur le  Premier Ministre, l’expression de toute ma gratitude et de celle du peuple belge.

Paul Mélot

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Une réflexion sur “ Albert deux sous ”

  1. Au lieu de se tourner vers frère Di Rupo, Albert n’a qu’à s’adresser à son fiston… après tout, Fifi fait partie du groupe Bilderberg. Ces gens-là, bien plus haut placés sur la pyramide, trouveraient certainement les moyens de lui glisser un petit billet supplémentaire, non ?

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