« Vive Bruxelles libre… »

Bxl, sondage VUBLe journal Le Soir en a fait un des titres de son édition de mercredi (8 mai) : « 73,9 % des Bruxellois veulent l’autonomie. Moins de 5 % des 2.500 personnes interrogées par la VUB optent pour une association à la Wallonie. Même score pour la Flandre. » Le quotidien bruxellois a commenté ainsi les résultats de l’enquête menée par la VUB, rappelant qu’« en mars dernier », il « avait sondé 540 Bruxellois sur le même thème. A la question de savoir ‘en cas d’éclatement du pays, quel sort ils voulaient réserver à Bruxelles’, près de sept Bruxellois sur dix votaient pour une Région bruxelloise indépendante. Un résultat très similaire, qui confirme, donc, une tendance nette : l’identité bruxelloise est une réalité. »

« Les Bruxellois francophones ne veulent pas de la Wallonie », insistait le journal Le Soir et, dans la foulée, un autre titre : « Laurette Onkelinx: ‘L’identité bruxelloise existe enfin!’ » (lien), suggérant que la classe politique francophone encourage cette évolution vers une véritable autonomie de la Région bruxelloise. Cette identité, sur laquelle on peut construire un projet politique, c’est autre chose que Bossemans et Coppenolle ou la Zinneke Parade. Il y a un fait nouveau révélé par le sondage de la VUB, c’est que les Bruxellois s’identifient davantage à Bruxelles qu’à la Belgique. A côté de cette info, il en est une autre : cette affirmation de l’identité bruxelloise a tout l’air de plaire aux médias bruxellois dont l’influence s’étend sur « la partie francophone du pays ».

« Vive Bruxelles… vive Bruxelles libre », aurait-on envie de conclure. Cette façon de parler de Bruxelles, cela nous réjouit plutôt, mais faut-il que l’identité wallonne, qui a plus d’une fois mobilisé les foules et marqué notre histoire, soit moins prise au sérieux dans les médias « francophones » ? Soit traitée avec moins d’enthousiasme et de considération ? Soit folklorisée ou ringardisée au moment où la Wallonie a besoin de tous ses esprits pour choisir librement son avenir ?

Faut-il que les Wallons renoncent à toute conscience collective pour rester attachés à la Belgique envers et contre tout ? La Wallonie a-t-elle perdu ses repères ?

Heureusement, l’Institut Jules Destrée travaille encore sur l’histoire et le devenir de la Wallonie. Fondé en 1938 par Maurice Bologne et l’abbé Jules Mahieu, pour qui, sans nul doute, l’identité wallonne était une identité française, l’Institut Jules Destrée a certes perdu ses accents francophiles mais, bien qu’il soit proche du pouvoir, on peut saluer son indépendance et la qualité de son expertise autant que son engagement wallon.

Assemblée wallonneSignalons donc ici la publication d’une étude particulièrement documentée sur l’Assemblée wallonne qui, il y a un siècle, a doté la Wallonie de son drapeau et de sa fête annuelle. Son auteur, Paul Delforge, historien, directeur de recherches à l’Institut Destrée, est notamment le coordinateur de l’Encyclopédie du Mouvement wallon.

Pour une présentation du livre de Paul Delforge, cliquer ici.

G.R.

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