Philippe Van Parijs, cheval de Troie de la Flandre

Vu sur le site du Vif/L’Express, ce 11 avril 2013 :

Philippe Van Parijs (UCL, Oxford…) est un intellectuel engagé. Il avait déjà soutenu l’idée de circonscription fédérale avec le groupe Pavia. Le voici à l’initiative d’un ambitieux plan Marnix pour développer le multilinguisme à Bruxelles que Le Vif/ L’Express peut dévoiler.

Un plan qui a reçu le soutien de la Fondation Roi Baudouin et qui fédère toutes les forces vives bruxelloises : patronat, syndicats, réseaux scolaires, écoles européennes, Actiris… Présentation officielle en septembre. L’enjeu est double. « Démocratique : il faut créer les conditions linguistiques permettant le dialogue entre communautés à Bruxelles » explique Van Parijs. Le récent baromètre linguistique de la VUB montre que le modèle bilingue est mis sous pression par l’anglais, l’arabe… « Et économique, poursuit-il, Grégor Chapelle, directeur général d’Actiris, souligne que 90 % des demandeurs d’emploi à Bruxelles sont des unilingues francophones. Il faut prendre ce problème à bras-le-corps. » Taux de chômage bruxellois en mars 2013 : 20,6 %.

Au menu de Marnix : site web, cours dès le plus jeune âge, tables de conversation… « Bruxelles est un trésor fabuleux en terme de compétences linguistiques. Nous devons en profiter. » Le nom rend hommage à Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde. Ce Bruxellois fut le premier à prôner l’enseignement en immersion au 16e siècle. Il parlait sept langues. Comme Philippe Van Parijs.

Ce que j’en pense :

Qui pourrait nier que le multilinguisme est une richesse pour l’être humain ? La question n’est évidemment pas là. Il est évident qu’être multilingue est un plus pour chaque citoyen du monde. Pour Bruxelles, les questions ne sont-elles pas :

1. De quel pourcentage de bilingues français-néerlandais la région a-t-elle besoin pour répondre au marché du travail ? Toutes les études répondent 10 %.

2. Chaque individu est-il en capacité de devenir bilingue  ? La réponse est « non ».

3. Quelles sont les exigences demandées pour être considéré bon bilingue ? Nous savons que la Flandre est beaucoup plus exigeante en ce domaine que les francophones bruxellois ou les Wallons qui considèrent comme bilingue un Flamand qui baragouine le français.

4. Combien de personnes ont la faculté de pratiquer plus de cinq langues ? La réponse est : « une minorité ».

Philippe Van Parijs a toujours souffert de constater que la langue de Molière était celle de 90 % des citoyens bruxellois. Il est impossible pour lui d’admettre que les populations immigrées choisissent le français comme langue véhiculaire. Il voudrait que s’impose l’anglais basique, langue de domination anglo-saxonne sur tout le continent européen.  L’anglais n’est-il déjà pas la langue utilisée par tous les Flamands que l’on rencontre dans les allées des institutions européennes ?

 Sous couvert de multilinguisme, P. Van Parijs veut en réalité flamandiser Bruxelles. En témoigne ses déclarations : « A Bruxelles, les enfants devraient apprendre à lire et écrire en Néerlandais » ou encore « l’enseignement néerlandophone à Bruxelles devrait être une véritable machine à néerlandiser la population ».

P. Van Parijs a ses marottes : la circonscription fédérale qu’il prônait avec le groupe PAVIA et l’instauration du flamand à Bruxelles. Pour la première, nous savons l’accueil que la Communauté flamande lui a réservé. Pour la seconde, il y met le paquet : il a l’appui de la Fondation Roi Baudouin qui fédère toutes les forces vives bruxelloises (patronat, syndicats, réseaux scolaires, écoles européennes, Actiris…). Excusez du peu !

Nous pouvons dès maintenant prévoir que la population bruxelloise réservera au combat politique et linguistique du professeur de l’UCL le mépris et le rejet qu’il mérite.

Paul D.

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3 réflexions sur “ Philippe Van Parijs, cheval de Troie de la Flandre ”

  1. Quand je pense que ce pseudo-intellectuel flamingant, rémunéré par la Communauté française (si si !) fut ivité par le Cercle Condorcet de Liège à un débat consacré à l’après-Belgique, le 2 avril 2011, j’en frémis encore car il est loin d’être un inconnu à Bruxelles :

    http://www.francophonedebruxelles.com/2008/12/offensive-contre-la-francophonie.html
    http://www.francophonedebruxelles.com/2008/11/pro-bruxsel-le-nouveau-parti-anti.html
    http://www.francophonedebruxelles.com/2008/10/citations-et-opinions-cinq-toiles-de.html

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  2. Mais pourquoi diable l’AWF s’éloigne-t-elle de sa raison d’être ? Bruxelles ou la Flandre, c’est l’étranger, non ? Et si vous préoccupiez un peu plus de la Wallonie ? Vous ressemblez de plus en plus au « Moniteur du RWF »…
    D’ailleurs, les Bruxellois (méprisent les wallons, dirais-je) sont dans leur grande majorité opposés à une « union » entre la Wallonie et leur Région.
    Et puis, le français n’est que la « lingua franca » de la population qui – hors les Flamands (bruxellois eux-mêmes) ont d’autres langues maternelle.

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    1. Je ne pense vraiment pas que nous cultivions ni monarchisme, ni « footbalisme », ni « flamandophobie », ni « bruxellophilie », ni communautarisme Wallonie-Bruxelles. Nous gardons notre ligne de conduite qui est d’ouvrir le débat sur l’avenir de la Wallonie dans l’après-Belgique. Je ne vais pas citer les articles qui prouvent ce que j’avance. Je sais que vous êtes assez intelligent et au fait de la vie politique de notre région que pour effectuer ce travail de synthèse.
      Paul D.

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