Et si Bruxelles faisait sécession la première…

Jules GHEUDE, essayiste politiquejules gheude 4

Une opinion publiée le 23 décembre 2012 sur le site du Vif/L’Express.

manneken-pis-noelLe calendrier de Bart De Wever est nettement plus fiable que celui des Mayas.

Il faut souligner avec force que le nationalisme flamand ne se limite d’ailleurs pas à la seule N-VA. Comme le précisait dernièrement Caroline Van Wynberghe, politologue à l’UCL :

« Ce n’est pas un scoop, 100% des électeurs de la N-VA ont voté pour la N-VA, endossant ainsi son programme qui annonce clairement la volonté de tendre vers le confédéralisme. Mais la N-VA n’est pas le seul parti à reprendre cette revendication. Outre le CD&V, l’Open VLD l’a également inscrite dans son programme de 2010 dans une formulation d’ailleurs quasiment identique au programme chrétien. En juin 2010, près de 45% des électeurs belges ont voté pour des partis confédéralistes (ou purement séparatiste dans le cas du VB), ce qui représente 78% des parlementaires du groupe linguistique néerlandais à la Chambre. Les motivations du vote ne comptent pas, seuls le nombre de voix importe. Toute tentative de relativiser ces chiffres n’est pas de nature à envisager l’avenir avec optimisme (ce qui est une question relative et donc absurde pour une analyste politique), mais relève de la politique de l’autruche. »

En 1947, le « sage » Jean Rey déclarait :

« Partout, quand un Etat unitaire est traversé par un mouvement nationaliste, il est impossible qu’il ne finisse pas par craquer. La sagesse est de s’en apercevoir à temps ! »

Aucune réforme de l’Etat ne viendra à bout du nationalisme flamand.

Si la scission de la Belgique apparaît inéluctable, pourquoi les Bruxellois ne prendraient-ils pas l’initiative de la rupture en proclamant Bruxelles « ville libre internationale », ce qui n’a strictement rien à voir avec un district européen (option irréaliste, puisqu’il faudrait, dans ce cas, que tous les Etats-membres se mettent d’accord pour créer une Fédération européenne…) ou un modèle tel que Washington DC.

1° Ils couperaient ainsi l’herbe sous le pied de la Flandre. Car si celle-ci part la première, elle le fera en annexant d’autorité Bruxelles, « sa » capitale ! Cela promet dès lors un beau et long contentieux, qui ne pourrait se régler qu’à l’échelle internationale ;

2° La démocratie est entièrement garantie, puisque tous les habitants de Bruxelles auraient la faculté d’élire leur assemblée et leur gouvernement ;

3° La viabilité financière et la prospérité économique sont assurées (certains experts parlent même de « jackpot » !) ;

4° Cette option n’hypothèque en rien la présence à Bruxelles des grandes organisations internationales et européennes.

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3 réflexions sur “ Et si Bruxelles faisait sécession la première… ”

  1. Cette manoeuvre ne pourra s’exécuter qu’à l’unique condition de promouvoir et d’ancrer dans la mentalité des Bruxellois une vision régionaliste forte et fière (les sources historiques fiables existent) en remplacement d’un belgicanisme suranné et, somme toute, artificiel. Les édiles bruxelloises peuvent s’inspirer de Brême et d’Hambourg. Au cours de son histoire, Bruxelles n’a-t-elle pas manifesté sa singularité et un esprit d’indépendance par rapport aux autres villes brabançonnes? Velléité étouffée par l’arrivée de princes étrangers, à commencer par les Bourguignons!

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  2. Je suis parfaitement d’accord avec les propos de Caroline Van Wynberghe, politologue à l’UCL , et avec ceux de mon ami Jules Gheude : si démantèlement de la Belgique il devait y avoir, c’est nécessairement au départ de Bruxelles qu’il se produirait. S’il est vrai que Bruxelles compte de « nouveaux Belges » qui n’ont cure des problèmes communautaires – ils sont ici avant tout pour des raisons économiques, les (nombreux) Bruxellois wallons, les (plus rares) Bruxellois de souche et les milliers de Français établis à Bruxelles pour des raisons non-fiscales n’accepteront jamais la mainmise flamande sur Bruxelles.
    Je ne demande pas mieux que la Flandre prenne son indépendance, mais elle devra se faire SANS Bruxelles, région à plus de 90 % francophone.
    L’un de mes amis français, et non des moindres, m’a confié qu’il se sentait chez lui, à Bruxelles, et que tout y respire la France.
    Quant à moi, la solution (?) de « ville libre internationale » ne peut que seconder la solution qui a ma préférence : BRUXELLES, REGION FRANCAISE !

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  3. Je défends cette hypothèse depuis longtemps. J’ai déjà envoyé un courriel en ce sens à Charles Picqué, courriel resté évidemment sans réponse…
    Ce sont les bruxellois qui doivent proclamer leur indépendance et revendiquer les territoires occupés sans droit par la Flandre. Nous aurons d’emblée une internationalisation du conflit et l’obligation pour le concert européen à enfin se pencher sur la question belge et à démêler le noeud qu’il a noué à Londres en 1830 et 1831 !

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