« Je jure fidélité au Roi… »

Une opinion de Georges-Henry SIMONIS

serment magnette« Je jure fidélité au Roi, obéissance aux lois et à la constitution du peuple belge. »

Que de fois cette formule du serment est-elle proclamée en Belgique chaque année, voire répétée à maintes reprises au cours d’une carrière par un nombre incalculable de personnes ?

Parmi celles-ci, par exemple, les nouveaux bourgmestres et échevins issus des dernières élections communales, ou les nouveaux juges et procureurs, les professeurs, géomètres, les huissiers, les agents provinciaux, régionaux…

En Belgique, tout le monde prête serment ! Quelle en est la portée réelle ?

Est-ce à dire que deviendraient parjures celles et ceux qui auraient d’autres idées que celles qui prévalent aujourd’hui dans l’organisation de l’état belge ?

Le problème mérite d’être rencontré, car bon nombre de ceux qui prêtent serment sont en fait républicains plutôt que monarchistes, ou partisans d’un autre état que l’actuel ; ainsi en va-t-il de ceux, de plus en plus nombreux, qui prônent le rattachement de la Région Wallonne ou de la Région Bruxelloise à la France, à défaut d’aucune autre solution satisfaisante telles que le confédéralisme ou l’émergence de nouveaux états indépendants.

Ainsi, sans parler de l’émergence de plus en plus évidente du séparatisme flamand, constatons que, en Wallonie, lors des dernières élections provinciales, plus de 30.000 personnes ont voté non pour des candidats des partis traditionnels mais pour des candidats figurant sur des listes wallonnes ou républicaines.

Disons-le donc clairement : on peut préférer la république à la royauté et faire le choix du retour à la France même quand on prête, ou qu’on a prêté, le serment belge constitutionnel.

Bon nombre de citoyens estiment que, même réduite à un rôle purement et exclusivement  représentatif, une monarchie héréditaire n’est plus de mise aujourd’hui. Tel est le vrai débat, plus sérieux que celui qui spécule sur le nom du prochain roi ou de la prochaine reine.

Il n’est probablement pas non plus de mise de chercher à discréditer d’aucune façon les membres de la famille royale belge : le peuple belge est en quelque sorte solidaire de ce qu’ils sont devenus, au fil des ans. Mais il faut changer.

Cette décision de rupture avec la monarchie doit être encouragée et prendre place dans la conscience collective des Belges, quel que soit le degré de sympathie qu’ils puissent avoir pour les membres de la famille royale actuelle. Il est certain que, vu leurs grandes qualités, ceux-ci  pourront à l’avenir se consacrer à d’autres tâches éminentes au profit de la collectivité, si tel est leur choix ; ils pourront aussi, s’ils le souhaitent, poursuivre les rites de ces familles royales ou princières qui émaillent la planète, de Londres à Monaco… Mais désormais sans le moindre  pouvoir ni la moindre origine  constitutionnelle.

L’évolution doit aussi se faire dans le cadre de l’éducation des enfants : le personnage du « Roi », de « la Reine », des princes et des princesses, est omniprésent dans les contes, les légendes, les chansons enfantines. Les images aussi, dans des milliers de livres ou de films, plus célèbres les uns que les autres.

Que l’on conserve cet imaginaire collectif : soit ; mais que cela n’empêche pas les évolutions sociétales actuelles. C’est la loi de l’évolution depuis des siècles.

Que ceux qui font le choix d’un retour de la Wallonie à la France dans les meilleurs délais en soient bien persuadés : ce n’est pas leur serment au Roi qui doit empêcher leurs convictions, ni leur droit et leur liberté d’en parler.

Ce verrou doit sauter !

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5 réflexions sur “ « Je jure fidélité au Roi… » ”

  1. Bonjour ou bonsoir !

    C’est une question morale importante que vous soulevez avec cet article. C’est une amie devenue enseignante qui a soulevé chez moi la question il y a quelques temps vu qu’elle me demandait ce que je pensais alors qu’elle allait devoir prêter le serment de fidélité au Roi, à la Constitution et aux lois du peuple belge. Elle est aussi rattachiste de coeur et c’était pour elle un cas de conscience…

    En l’occurence, je lui ai bien évidemment conseillé de prêter le serment demandé tout en gardant ses sentiments et convictions de rattachiste à la France. Est-ce qu’en prêtant ce serment, nous sommes devenus des « traîtres » ? … Est ce qu’il y a trahison ? … Si l’on raisonne avec honnêteté morale et intellectuelle, je dis oui, il y a trahison « morale » puisque l’on jure fidélité à une personne qui est sensée symboliser un pays, une nation alors que dans le même temps l’on souhaite la fin de sa fonction et du pays. Idem pour la Constitution puisque l’on souhaite la changer pour la française. Idem encore pour les lois que l’on souhaite voir françaises et non plus belges.

    Je pense de plus en plus qu’être un rattachiste convaincu, c’est sortir en conscience de la nation belge pour en épouser une autre, ici la France et ainsi quelques part, entrer en résistance à l’instar du Général De Gaulle qui est parti à Londres en 1940 . Bon, je cite le Général à titre d’exemple, cela ne veut pas dire qu’il faille commencer à faire dérailler les trains et à se prendre pour Jean Moulin … Bref, dans cet état d’esprit, il n’y a pas de place pour jurer fidélité au Roi, la constitution belge et ses lois …

    Maintenant, il y a l’alimentaire et là, ce n’est pas encore la France qui nous remplit l’estomac, donc … Que chacun en tire ses conclusions en son âme et conscience…

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  2. J’ai prêté ce serment comme fonctionnaire mais dans mon esprit jurer fidélité au Roi ne voulait pas dire fidélité à une personne mais respect des règles édictées démocratiquement par le pouvoir exécutif; mon serment de fonctionnaire devait être traduit comme ceci: je m’ngage à respecter et appliquer les arrêtés exécutifs, les lois et la Constitution … textes tous modifiables par des processus démocratiques ….

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  3. Trahir la Constitution belge n’est plus nécessaire puisqu’elle permet aux pouvoirs régionaux d’agir seuls. Par exemple, si le Gouvernement wallon avait le courage de se lier aujourd’hui avec la France, la Constitution belge lui accorde déjà la possibilité de signer des traités internationaux sans limite et sans l’accord du fédéral. La Région wallonne est déjà pratiquement un Etat autonome de par la LOI mais la volonté des politiques ne suit pas; voyez comment certains responsables PS, CDH et ECOLO se veulent belges pour l’éternité et retourner au tombeau à rebours de la Babançonne. Sauf erreur pour Bruxelles, la Flandre et la Wallonnie peuvent déjà si elles le veulent se tourner le dos et vivre leur vie ! Tout est une question de volonté et la « dette belge » n’a d’obstacle que le nom. Quand la Hollande a lâché la nouvelle Belgique, elle lui mit sur le dos une dette publique quasi équivalente à l’actuelle. Qu’advint-il de cette dette? Elle fut inscrite au Grand Livre de la dette et tout le monde l’oublia. La dette fut remboursée deux ou trois générations plus tard si pas plus. Alors ? Monsieur Magnette devrait réfléchir avant de se discréditer comme professeur d’université en sciences politiques.

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