Les optimistes et les réalistes

Les médias sont dans leur rôle quand ils s’interrogent sur l’avenir de la Belgique. Ces jours-ci, La Libre a balancé entre le souci de rassurer ses lecteurs et celui de ne pas leur donner des illusions. Au final, Francis Van de Woestyne, l’éditorialiste du journal, a écrit hier que deux points de vue s’opposent : celui des optimistes et celui des… réalistes.
Voici un extrait de son article :

« L’avenir ? Il y a deux types d’attitudes possibles. Les optimistes et les autres, plus réalistes sans doute. A vous de choisir votre camp. Les optimistes donc, sont persuadés que le gouvernement, malgré les travers dénoncés, malgré les succès attendus de la N-VA aux communales, va réussir une législature courte mais particulièrement productive. Tant en termes socio-économiques qu’institutionnels. Si tout se passe comme prévu, le déficit de la Belgique sera proche de zéro à la fin de la législature et, tirée par l’économie allemande, la Belgique, toutes régions confondues, connaîtra une croissance qui fera tomber le chômage. En termes institutionnels, BHV sera scindé et la réforme institutionnelle la plus importante aura été votée en temps et en heures. En juin 2014, la N-VA ne pourra encore une fois que vendre des promesses et des chimères. Aller plus loin, ce sera démanteler le pays. Et ce n’est pas ce que Wallons, Bruxellois et Flamands attendent. Donc, tout baigne… Le gouvernement, aujourd’hui impopulaire, serait donc reconduit, comme le fut le Martens/Gol après quatre rudes années (1981-1985).

« Puis, il y a les autres, les réalistes ou les pessimistes. Que disent-ils ? La N-VA va atteindre des niveaux historiques aux communales d’octobre. De Wever va diriger la métropole anversoise… qu’il quittera en 2014 pour devenir le prochain ministre-Président du gouvernement flamand. De là, il bloquera la constitution du prochain gouvernement fédéral, refusera que les surplus budgétaires flamands servent à réduire le déficit belge. Et c’est ainsi qu’il pourrira la situation. Dès lors, la séparation de la Belgique finira par apparaître comme une issue salutaire non seulement aux Flamands mais aussi, surtout, aux francophones, qui ne pourront plus accepter les diktats de la N-VA. Voilà. Qui vivra, verra. »

V.d.W.

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2 réflexions sur “ Les optimistes et les réalistes ”

  1. J’ai lu avec intérêt les opinions de Jules Gheude et d’Alain Maskens publiées ces 4 et 5 juillet. L’argumentation relève souvent davantage d’une préférence a priori que l’on cherche à justifier que de l’objectivité, par ailleurs illusoire, sur l’appréhension du fait politique, tant celle-ci peut être subjective. Tout en sachant que dans des matières aussi complexes il subsistera toujours un degré d’incertitude par rapport à la pertinence des argumentations qui présideront aux choix, quels que soient les scenarii.
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    > En l’occurrence, le seul principe logique essentiel à ne pas perdre de vue étant que tout qui prend parti pour un scenario déterminé concernant la Wallonie ou Bruxelles, doit le faire sur base de ce qu’il estime vraiment être le meilleur possible pour les Wallons ou les Bruxellois et de l’expliquer. C’est pourquoi il est évidemment primordial d’entamer au plus tôt un débat public sur les choix d’avenir possible pour ces deux Régions (Etats en devenir ?) fort différentes l’une de l’autre. Le champ est beaucoup plus large que les choix tranchés, publiés, ici où là, pourraient le faire croire.
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    > Il faut en particulier en finir avec l’illusion d’une « Fédération Wallonie-Bruxelles », « Belgique francophone » qui n’ose pas dire son nom. Sans rejoindre tout à fait Bert Kruismans – l’humoriste de la RTBF toujours en quête du « bon Flamand » – qui déclare que Bruxelles est une ville « qui parle en français mais pense en flamand », tout montre que cette création est destinée à rester artificielle et très instable. Cette « Belgique francophone », si elle est anti-flamande, est également fort peu soucieuse de l’identité wallonne.
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    > Je n’aime pas le choix de termes guerriers de Jules Gheude qui parle de « dernière bataille » comme s’il déniait à la Flandre le droit – légitime – des Peuples à disposer d’eux-mêmes. Rien ne prouve que l’éclatement de la Belgique ne soit pas une bonne chose, en particulier pour les Wallons.
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    > On pourra objecter à mon opinion qu’elle ne se préoccuperait pas du destin des francophones de Bruxelles ou des environs. Wallon, je n’ai pas l’impudence de m’exprimer à leur place. C’est à ceux-ci de choisir leur avenir. Depuis Renan, pour les tenants d’un humanisme français, la conception moderne de la nation dépasse largement le cadre ethnique ou tribal. Elle trouve plutôt sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le sentiment d’une appartenance commune. Elle est ainsi à la fois extérieure aux individus, en même temps qu’elle est intériorisée et transmise d’une génération à l’autre. Alain Maskens a raison.
    > Le fort sentiment d’appartenance et de différenciation par rapport aux autres régions qui y est exprimé régulièrement montre qu’au-delà des difficultés liées au multiculturalisme, il y existe une identité forte. Laissons-la s’exprimer !
    > Quant à la forte solidarité des Wallons avec les Bruxellois dits francophones, celle-ci doit être réciproque et suppose, à Bruxelles, une même solidarité à l’égard de la Wallonie. Une solidarité concrétisée dans des engagements plus précis que ceux édictés sous les auspices de la Communauté française. Des accords bi-régionaux pourraient avantageusement remplacer le flou actuel.
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    > Pour les Wallons, confrontés à court terme à des choix imposés, il n’est plus temps de craindre l’avenir, mais de le préparer. Se donner les moyens de le comprendre avant qu’il ne devienne présent afin de l’affronter avec la dignité d’un peuple responsable. Aux acteurs politiques et sociaux, mais aussi aux intellectuels, de considérer ce dernier comme tel. On dit que le passage par le confédéralisme de dissociation qui se prépare n’est que l’antichambre du séparatisme ? Dans un premier temps, la Flandre s’en accommodera tout en maintenant – pour dix ans ? – le lien solidaire avec les Wallons. Lien qu’elle n’aura pourtant de cesse de vouloir rompre le plus tôt possible. La Flandre n’est pas tout à fait prête, il lui reste à parfaire ses préparatifs en utilisant au mieux la latitude que lui laissent le système de péréquation et la loi de financement des entités régionales. C’est là son intérêt, c’est notre chance.
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    > Malgré cela, au-delà de ces réflexions, faut-il pour autant négliger un aspect essentiel : jamais des raisons purement économiques n’ont été à la base de la création ou de la disparition d’un Etat. Et, en effet, on observe qu’une volonté politique forte n’est pas tenue de respecter des analyses économiques frileuses. L’exemple Slovaque est là –dans un autre contexte – pour le montrer. Pourquoi les Wallons n’auraient-ils pas, comme d’autres, le droit de croire en eux ?
    > Mais là aussi et pour cette raison, il y aura à arbitrer entre l’émotion et la raison. Comme l’écrivait Louis de Bonald dans ses «Considérations sur la Révolution française » : « Dans les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n’est pas de faire son devoir, mais de le connaître ».

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  2. @ Claude Thayse: j’ai quitté le RW pour le MG de Bernard Westphael qui est un viel ami et proche de Mélenchon, un rattachiste français. Nous n’en sortirons jamais sans la France! Le reste, c’est du bla-bla. Sans rancune. Yves Pierlot.

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