« Le Monde » découvre à son tour le rapport Lecou-Kucheida

Le rapport français sur la situation politique belge continue à faire parler de lui. Ce vendredi 25 mai, c’est Jean-Pierre Stroobants, correspondant du quotidien « Le Monde » à Bruxelles, qui s’est emparé du sujet.

C’est un rapport de l’Assemblée nationale passé inaperçu en France mais qui fait du bruit au royaume d’Albert II.

Une mission de la commission des affaires étrangères s’est rendue à deux reprises en Belgique, en juillet 2011 et janvier 2012, pour «chercher à comprendre les ressorts profonds de la crise» qu’a connue le pays. Après 541 jours sans gouvernement (record mondial battu), celui-ci a trouvé une issue à la fin 2011 mais il est vraiment «passé au bord du gouffre», écrivent les rapporteurs, Robert Lecou (UMP) et Jean-Pierre Kucheida (PS) dans leur document prudemment intitulé «La Belgique en quête d’un nouvel équilibre».

Ce regard extérieur devait forcément intéresser une population qui, pour être habituée aux interrogations existentielles et aux ressentiments réciproques des Flamands et des Wallons, s’inquiète quand même des divers pronostics quant à son propre avenir. Cette mission officielle qui commençait par souligner qu’elle avancerait «en s’abstenant de toute considération sur les nombreux scénarios qui peuvent être échafaudés» n’annonçait toutefois rien de très neuf.

Erreur ! Dans ce document de 110 pages, les députés brossent non seulement un tableau complet de l’histoire complexe de «ce pays qui mérite bien plus que l’indifférence dans lequel on le tient bien souvent» mais ils formulent des constats qui font mouche.

Comme celui-ci: «Le thème de la séparation est devenu une hypothèse de travail crédible pour les acteurs de la vie politique.» Et donc plus seulement pour les observateurs.

Au total, c’est un panorama assez sombre que la mission a retiré de ses entretiens en Belgique,  «comme si Flamands et francophones n’avaient plus grand-chose à se dire», relèvent les rapporteurs, soulignant le risque de ne lire la société belge qu’au travers du prisme communautaire mais évoquant, en même temps, l’omniprésence de celui-ci.

Echec complet

Pas étonnant, dès lors, que les députés aient cherché à en savoir plus sur le parti qui menace les derniers équilibres de cet Etat fragile, l’Alliance néo-flamande (NVA) de Bart De Wever. Ils ont rencontré ce dernier et concluent que sa formation menace tant le système traditionnel des partis que le système fédéral.

M. De Wever leur a expliqué que la Belgique n’est rien d’autre que «l’addition de deux démocraties» et «un échec complet».

Les proches du président De Wever ont vu rouge en lisant dans un magazine que celui-ci avait été qualifié par le rapport d’«idéologue froid» et que sa formation avait «une composante fasciste».

La première affirmation venait, en fait, d’une conseillère de l’ex-premier ministre Yves Leterme, la seconde d’un autre membre de la commission des affaires étrangères, lors de l’examen du rapport.

Protestant contre «une méconnaissance de la réalité flamande», un sénateur de la N-VA s’est insurgé contre l’image ainsi livrée de son parti. Karl Vanlouwe a cependant fini par donner raison aux députés français. Ils ne croient plus en l’avenir belge ? «Leur analyse est correcte, ils ont raison de se montrer inquiets», a-t-il expliqué au Vif-L’Express.

Jean-Pierre Stroobants

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