La Wallonie s’invite dans les présidentielles françaises

Comme d’ habitude, l’élection  présidentielle française passionne les Wallons et  les Bruxellois francophones. Il n’est que Bel-RTL et la Première de la RTBF pour, dans leur chronique journalière, trouver la campagne morose, ennuyeuse, de bas échelle. Il est quand même paradoxal de voir ces deux stations de radio consacrer une part d’antenne journalière à un événement qui vole aussi bas !

Il n’entre pas dans les intentions de l’A.W.F., mouvement pluraliste, de prendre parti pour l’un ou l’autre candidat.

Cela ne doit pas nous empêcher de vous faire part d’écrits ou de paroles de candidats qui osent s’aventurer sur le terrain de la Belgique française. Cela nous change du couplet diplomatique du Quai d’Orsay qui concerne notre avenir : « ni ingérence, ni indifférence ».

Par contre, vous ne trouverez pas ici d’écrits des extrêmes dont les programmes sont en contradiction évidente avec les statuts de l’A.W.F. : ainsi, vous n’y trouverez nulle trace de Mme Le Pen, ni de Mme Arthaud.

Deux candidats se sont exprimés sans ambiguïté pour la réunion de la Wallonie à la France : Nicolas Dupont-Aignan, candidat gaulliste, et Jean-Luc Mélenchon, candidat du front de gauche. Ne boudons pas notre plaisir.

Vous trouverez ci-après des extraits significatifs du livre de J-L Mélenchon « Qu’ils s’en aillent tous ! » qui concernent la Belgique puis l’interview du candidat du Front de gauche par la journaliste de la RTBF Charline Vanhoenacker. Dans la dernière ligne droite qui précède le premier tour des élections présidentielles, nous nous ferions un plaisir de voir d’autres candidats parler de l’avenir de la Wallonie. Nous ne manquerions pas de répercuter sur notre site le contenu de leur déclaration…

Paul Durieux

       1 . Extraits du livre de J-L Mélenchon

 (…)

 A mesure que les problèmes sociaux s’accroissent, les solidarités se brisent. Les uns ont tendance à vouloir se séparer des autres pour pouvoir vivre mieux. C’est ce qui arrive en Belgique, par exemple. Les Flamands veulent se séparer des Wallons pour constituer une entité indépendante. Que feront les Wallons si un tel projet aboutissait ? Personne n’en souffle mot.  Pourquoi ?

 Tout le monde sait que la Belgique est un État totalement artificiel, inventé à une autre époque par les Anglais pour tenir les Français à distance des ports les plus proches de leurs côtes. Ceux qui aiment l’Histoire savent combien les Wallons se sont impliqués dans les démêlés français. On peut imaginer sans peine, dans le cas où les Flamands se sépareraient, que les Wallons veuillent leur rattachement à la République française.

 Nombre de Français — comme moi — s’en enthousiasmeraient. Pas vous ? Mais ce serait quand même un sacré changement du tracé des frontières dans l’Union. Ah ! mais, direz-vous, il y a le précédent de l’unification allemande. N’empêche ! Ça ferait vraiment une très grande France. Et quelques inquiets, pas vrai ? Notons que la réunification allemande aussi souleva des problèmes, même si on les a bien étouffés. D’autres cas de ce genre, à l’est de l’Europe ou au sud seraient autrement plus tendus. On ne peut prévoir grand-chose sur ce point. Mais on ne peut ignorer le sujet. Et notre devoir est d’y penser, même si on n’en parle jamais.

Et nous, Français, première population de l’Union dans quinze ans, premier territoire par l’étendue, deuxième PIB du vieux continent, puissance nucléaire, nous ne pouvons nous contenter d’attendre ce que trouveront utile de faire des ectoplasmes du genre du chrétien-démocrate belge Van Rompuy et de la baronne travailliste anglaise Ashton, ces poules mouillées de l’Union européenne élevées sous le parapluie américain. Au contraire, nous devons assumer et proposer, sans complexe.

(…)

Postface à la 2e édition d’octobre 2011

Un an après

(…)

Je veux parler encore d’Europe. Certes, j’y consacre de longues notes sur mon blog. Je sais à quel point le sujet ennuie tout le monde. On a tort. La partie du monde se joue là. En tout cas pour nous. Et l’incurable nullité des autorités qui la dirigent ne peut servir de prétexte à se dissuader d’agir. Ni de parler avec la puissance que nous donne notre pays.

 La France n’est pas la cinquième roue du carrosse, mais la deuxième puissance économique de l’Union, pour l’instant, après la sénescente Allemagne. Le trouble qui secoue l’Union est notre affaire intérieure (…).

 J’ai bien remarqué qu’on n’aimait pas du tout mes anticipations sur l’implosion de la Belgique ! Après avoir vu passer plus d’un an sans gouvernement du fait des ethnicistes flamands, le silence est tombé ! Dommage. Que la région capitale de l’Union européenne dont est issu le président permanent du Conseil européen soit dans cet état ne soulève aucune passion et guère de commentaires. Les feux de la rampe sont ailleurs. La question reste (…).  N’avons-nous rien à dire aux Wallons délaissés et méprisés ? J’ai donné ma réponse personnelle. Il faudrait ouvrir les bras.

Et ne pas repousser ceux qui voudraient venir. Cette idée court depuis au moins quatre siècles. Que m’objecte-t-on ? Rien. Des haussements d’épaules futiles. L’Histoire broie ceux qui se moquent d’elle. J’aime ma patrie républicaine, je ne siège pas chez les étourdis (…).

       2.      L’interview

Au micro de Charline Vanhoenacker (RTBF), Jean-Luc Mélenchon s’est prononcé pour un rattachement Wallonie-France si la Flandre devait jouer cavalier seul.

Le candidat du Front de gauche à la présidentielle française l’a annoncé, s’il était élu président de la République, il se prononcerait en faveur d’un rattachement de la Wallonie à la France.

Cette déclaration, il l’a faite à la journaliste Charline Vanhoenacker, de l’émission « Arrêt sur images » qui l’a interpellé à sa sortie de France 2, après l’émission « Des paroles et des actes ».

« Je crois que le cœur des Wallons est majoritairement républicain, a-t-il dit. Nous sommes unis par des liens extraordinairement forts ». Il a également promis de s’intéresser à la question quelle que soit l’issue de l’élection.

Pour entendre l’ensemble de la réponse donnée par Jean-Luc Mélenchon, voici le lien.

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5 réflexions sur “ La Wallonie s’invite dans les présidentielles françaises ”

  1. Mélenchon ne passera pas! Le duel se fera entre Hollande et Sarko(recommence pas). Aucun des deux n’a donné d’avis sur l’avenir de la Wallonie. Wait and see comme disent les Grands Bretons.

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  2. Il est naturel que la Wallonie s’invite dans le scrutin présidentiel.
    Tout simplement, et sans évoquer nos affinités ( elles ne datent pas d’hier), parce que l’Assemblée nationale fait aussi place ( une dizaine de mandats) aux Français qui résident hors de France et donc aussi en terres romanes de Belgique.
    S’intéresser à ces électeurs sans s’intéresser aussi à leur environnement serait pour le moins réducteur et quelque part opportuniste.
    Dommage que d’autres n’aient pas encore compris cela…ou qu’ils se réfugient derrière le paravent protecteur du respect de la souveraineté nationale!

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  3. L’enjeu des présidentielles françaises est extrêmement important. C’est la deuxième puissance européenne et en cas de réunficatikon, pas loin d’être la première. Attendons pour voir …

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