Intox / désintox

Ce texte nous a été envoyé par Roland, habitant d’une « commune à facilités ».

Comment on arrive à prouver « mathématiquement » des contre-vérités.

Extrait d’un tract de la N-VA reçu aujourd’hui dans ma boîte aux lettres (traduction) :

Le nombre de chômeurs non néerlando-phones reste élevé à Wezembeek-Oppem.

Le parlementaire flamand Mark Demesmaeker a demandé en octobre les pourcentages de demandeurs d’emploi dans Halle-Vilvoorde. Fin septembre 2011, 55,7 pourcent du nombre de chômeurs dans Halle-Vilvoorde étaient non néerlandophones. En même temps, Mark a constaté  que le nombre de participants aux cours gratuits de néerlandais à la VDAB (= FOREM de la région flamande) n’augmente pas.

En 2010, la VDAB a transmis seulement 12 dossiers au RVA (= ONEM) pour refus de suivre la formation en néerlandais. En 2011, il n’aurait pas dû y en avoir plus. Une telle transmission signifie que le dossier du chômeur concerné est transmis au RVA, qui sanctionnera à son tour. Jusqu’il y a peu, la langue était seulement un des éléments lors de la décision de transmission.

PLUS DE SEVERITE

Mark Demesmaeker : « Depuis septembre 2011, le refus de suivre une formation linguistique est aussi considéré comme le refus de suivre une formation professionnelle. Le refus d’une formation linguistique est désormais suffisant pour une transmission (de dossier). Le ministre Muyters (N‑VA) veut par là pousser les chômeurs non néerlandophones à apprendre le néerlandais. Je suis content de cet accroissement de sévérité et j’espère que ces mesures pourront repousser la francisation sur le marché du travail. »

Qu’est-ce que cela signifie à Wezembeek-Oppem ? Parmi tous les demandeurs d’emploi de notre commune (septembre 2011), 12,9 pourcent déclaraient utiliser le néerlandais comme langue principale, 71 pourcent le français et 16,1 pourcent une autre langue. Il est clair que la connaissance de néerlandais constitue un grand avantage dans la recherche d’un emploi. Il est grave que beaucoup refusent l’offre gratuite de la VDAB de suivre des cours de néerlandais !

Mon commentaire

Bizarre déjà qu’il ait obtenu des chiffres que l’on refuse en général de communiquer. Mais soit : aucune information ni sur la source des données ni sur l’échantillon, ni sur la période d’observation, …

Remarquez aussi qu’il existe une différence entre chômeurs ou « werklozen » (c-à-d indemnisés) et demandeurs d’emploi ou « werzoekenden » (pas forcément indemnisés).

Paragraphe suivant. Pourquoi ce pourcentage si important ? Parce que les « non-parlant-le-néerlandais » refusent de s’inscrire à des cours de néerlandais gratuits. Il est clair qu’un néerlandophone ayant terminé ses trois premières années de post-scolaire (je n’ose pas appeler cela des humanités) vers 18 ans fait donc partie des autres 44,3 % qui d’office trouvent un emploi « met de vingers in de neus ». On va d’ailleurs sévir à l’encontre de ces « non-parlant-le-néerlandais et refusant de s’inscrire à des cours de néerlandais gratuits », soit 12 cas signalés en 2010. Mais on promet que pour 2011, ça va chier ! Mais là, on n’a pas encore de statistiques…

Dernier paragraphe : Voyez donc la catastrophe que cela représente pour notre bonne commune : 12,9 % de demandeurs d’emploi avouent parler la langue de Vondel, 71 % celle de Molière et le reste (donc 16,1 %, soit plus que les premiers) une autre langue.

D’où le beau « Passendaele » (je n’ose pas appeler ça un Camembert) montrant en couleurs très symboliques et sans doute imposées « par défaut » par Excel :

– en rouge les vilains francophones

– en jaune les bons Flamands

– en bleu les autres.

Moi, je serais Flamand, je ne retiendrais que ce Passendaele et je voterais « direkt » pour le parti qui m’envoie ce tract !

Mais je suis francophone. Alors je me suis aussi procuré des statistiques (source : http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/648257/les-chiffres-de-la-tache-d-huile.html ) dont je retiens que, d’une part :

« Les données les plus claires, et sans doute les plus fiables, sont celles qui sont issues du scrutin communal de 2006… Des listes francophones se sont présentées dans les 16 communes des 35 que compte l’arrondissement Hal-Vilvorde. Sans surprise, ce sont trois communes à facilités qui présentent le plus d’électeurs francophones : Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem avec de 75 à 84 % de votes pour des listes francophones. Les autres, Wemmel, Rhode-Saint-Genèse et Drogenbos affichent respectivement 68, 64 et 41 %. Ailleurs, ce sont  Leeuw-Saint-Pierre (21 %), Tervuren et Beersel qui abritent le plus d’électeurs francophones. En moyenne, 84,37 % des électeurs ont voté pour des listes néerlandophones dans la périphérie, hors communes à facilités. Dans ces dernières, ce chiffre tombe à 31,32 %. Plus frais sont les résultats des élections législatives de juin 2010. Les listes purement francophones (sans la liste bilingue Probruxsel) recueillent 20,9 % des suffrages dans les cantons situés dans l’arrondissement Hal-Vilvorde. Côté francophone, on évalue à 80 000 le nombre d’électeurs francophones dans ces cantons, ce qui représente au bas mot une bonne centaine de milliers d’habitants. Les estimations les plus larges font état d’une présence de 150 000 francophones  dans la périphérie, la vérité se trouvant sans doute à l’intérieur de cette fourchette. »

Donc, dans ma commune, il y a (disons) 80 % de francophones.

Par ailleurs (même source) :

« S’ajoute à cela l’impact sur la périphérie de l’internationalisation de Bruxelles. Les étrangers représentent plus de 11 % de la population du Vlaamse Rand pour 5,8  sur l’ensemble de la Région flamande. Ces étrangers sont principalement originaires de l’Union européenne, des Etats-Unis et du Canada et sont installés surtout dans les communes de l’Est et du Sud-Est de la périphérie, soit Krainem, Wezembeek-Oppem, Hoilaart, Rhode-Saint-Genèse et Linkebeek. »

Par simple arithmétique, 80 % de francophones et 11 % d’étrangers, ça fait qu’il reste 9 % de néerlandophones. Vous me suivez toujours ?

Donc,

80 % de francophones ne « consomment » que 71 % de la manne.

9   % de Flamands « consomment » outrageusement 12,9 % de celle-ci.

11 % d’étrangers en « consomment » 16,1 %.

Si on divise les y % de la cagnotte par les x % de « profiteurs », les francophones sont les seuls à ne pas profiter du système. Ce qui est absolument le contraire de ce que montre le Passendaele du N-VA.

Ce qu’il fallait démontrer, non ?

Allez, amitiés à tous.

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