Spitaels, tu es là. Tout va bien !

Ce dessin, je l’ai fait il y a vingt ans…

Cette phrase, reprise en titre par le journal Le Soir, renvoie aux moments difficiles que Guy Spitaels a vécus récemment, mais il est permis de lui donner un autre sens, tant la Wallonie a besoin qu’on l’éclaire sur la situation politique actuelle. On pourrait le surnommer Spitfire, car sa parole est de feu : ce que dit cet intellectuel de haut vol, ancien président du Parti socialiste, ex-ministre-président de la Région wallonne, engagé très tôt dans le combat wallon, c’est qu’il faut arrêter de coller des rustines sur un pays qui n’en finit pas de se dégonfler. Ce discours ne pouvait pas laisser Béatrice Delvaux indifférente, elle lui a consacré son édito : ici .

Pour un aperçu de l’entretien avec Guy Spitaels : ici .

Nous y ajoutons l’essentiel de l’article, avec, surtout, la question que Béatrice Delvaux a eu le mérite de poser  :

Se rattacher à la France ?

C’est une solution défendable, répond Guy Spitaels. Mais si on consultait la population wallonne sur cette éventualité, il n’y aurait jamais de majorité.

Dans le bain médiatique actuel, on ne voit pas (encore) monter la vague du rattachisme, en effet, mais l’inimaginable est devenu envisageable, et le débat sur l’avenir de la Wallonie commence à peine. La classe politique doit cesser de s’accrocher au passé, selon Guy Spitaels.

Di Rupo est à la tâche depuis des mois. Que pensez-vous de son abnégation ?

(…) Elio mesure-t-il bien ce que veut le peuple flamand ? Sa stratégie est-elle de gagner du temps ? Je ne l’accable pas, mais la clarté maintenant n’est-elle pas aveuglante sur l’évolution de l’opinion en Flandre ? Et dès lors le moment n’est-il pas venu de nous demander : que voulons-nous ? (…)

La Belgique n’a plus de sens pour vous ?

(…) J’ai essayé de servir la Belgique comme vice-Premier. Mais y suis-je affectivement attaché ? Je ne cherche pas de subterfuge, ma réponse est non.

Vous êtes quoi, alors, si vous n’êtes pas belge ?

(Il marque une pause.) Comme il n’y a pas de solution, l’urgence est de définir le visage de la Wallonie. Elio Di Rupo et Charles Michel doivent définir comment ils vont gérer ces 3,5 millions de Wallons. Le fatras d’institutions actuel, ce coût, ces doublons ! Cela nuit aussi à notre crédibilité. Je n’entrevois pas ce que va devenir cette structure, cette salle de commande wallonne. (…)

Vous trouvez l’idée d’une Fédération Wallonie-Bruxelles bonne, factice, tactique ?

Je ne sais pas. Personne ne voit le plan B, je vous l’ai dit. Je suis né et j’ai travaillé dans une ville où les gens vivent avec Bruxelles. Physiquement, cette réalité m’est présente. Je suis à deux tiers temps à Ath, à un tiers temps à Bruxelles. Je connais donc beaucoup mieux que d’autres le lien entre Bruxelles et la Wallonie. Est-ce qu’il est assumé par tous ? Pas sûr. Même si je l’appelle de mes voeux. (…)

En conclusion :

La séparation du pays ne vous fait pas peur ?

Je ne sais pasmais il n’y a aucune solution dans le fait de céder toujours. Vivre ensemble, oui, mais avec des efforts des deux côtés. J’ai démarré ma carrière en 73 comme chef de cabinet de Leburton et je suis sorti en 94 avec la levée de mon immunité : j’en ai vu assez. (…)

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